‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 84 sur 116 · IV. DB LA BOULURB · texte numérisé non relu

IV. DB LA BOULURB

Dès qu'un arbre est abattu, on remarque souvent sur la taille d'abatage une solution de continuité entre deux couches concentriques contiguës, de façon que ces couches ne sont point adhérentes. Cette fente circulaire constitue ce que Ton nomme une roulure {PI. IX, fig» 2). Quelquefois la roulure n'est que partielle, mais souvent elle forme un cercle complet, et alors l'arbre présente un cylindre creux de bois qui renferme un autre cylindre plein. Lorsque ce défaut règne sur toute la longueur de l'arbre et apparaît au pied et à la tête, la pièce est tout à fait défectueuse et il est rare qu'on puisse s'en servir comme bois d'œuvre. Mais assez souvent la roulure ne s'étend pas à une très-grande hauteur et n'a lieu qu'au pied, là où, selon certains observateurs, le moment de flexion est à son maximum quand

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t arbre est tourmenté par le vent. Dans ce cas* la pièce atteinte de roulure peut encore être d'un bon service, lorsqu'elle est employée dans son entier.

Néanmoins, comme Thumidité qui s'introduit et séjourne toujours dans la roulure peut être une cause de plus prompt dépérissement, et que d'ailleurs elle est toujours un obstacle pour le débit, une pareille pièce ne peut être employée dans les grandes constructions civiles ou navales que dans des conditions toutes spéciales, ou bien, si la roulure s'étend peu, qu'après une réduction de sa longueur.

La roulure est, comme la gélivure et la torsion des fibres, un défaut ou un accident, et non une maladie du bois ; mais la roulure ne se manifeste par aucun signe extérieur, tant que l'arbre est sur pied, et ne se montre que sur la tranche du bois abattu. Lia roulure n'est même pas toujours immédiatement apparente sur la taille d'abatage ; mais elle devient très-évidente, au bout de peu de temps, quand le bois est suffisamment ressuyé.

On constate souvent plusieurs roulures dans la même section d'un arbre et l'on remarque généralement que plus elles sont nombreuses, petites, rapprochées et superposées, moins elles s'étendent dans la hauteur de la pièce ; tandis qu'une roulure isolée, peu distante du cœur, circulaire et très-marquée, s'étend assez souvent jusqu'à l'extrémité opposée, et apparaît de la même manière aux deux bouts de la pièce.

Les couches ligneuses se formant entre l'écorce et

le bois, on attribue la roulure à toutes les causes qui peuvent occitsionner la séparation de Técorce d'avec le bois. Parmi ces causes, Duhamel cite en première ligne le vent. « Il est sensible, dit-il, que lorsque le D vent agite et plie en différents sens les jeunes arbres, î^leur écorce qui n'est presque pas adhérente au bois «peut s'en séparer dans quelques points, surtout » quand les arbres sont en sève et chargés de leurs )» feuilles. — En hiver, le poids du givre peut pro- » duire le même effet malgré Tadhérence de Técorce » au bois. Ce défaut, peut encore être produit par »les voitures dont les moyeux endommagent Técorce 1» et donnent lieu à une roulure ordinairement peu » grave qu'on nomme frottwe . »

Duhamel termine ses observations en affirmant qu'il a produit artificiellement des rou lures :

1* En détachant l'écorce du tronc d'un arbre et eb la remettant à sa place. Ce morceau d'écorce, aimi replacé, s'est greffé avec celle qui était restée adhérente au bois, il s'est formé de nouvelles couchea ligneuses, mais à l'endroit où l'écorce avait été séparée du bois, il est resté une solution de continuité, autrement dit une roulure ;

V En pliant bien fort de jeunes arbres dont 11 voulait rompre une partie du corps ligneux, il à occasionné dans leur intérieur des roulures qu'il a retrouvées quelques années après, quoique les plaies extérieures eussent été parfaitement cicatrisées-

Il a observé, enfin, que les baliveaux élevés datig un taillis sont plus sujets à être roulés que les arbres

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venus en massif et aussi que ceux qui ont crû isolément en plein air.

D'autres naturalistes prétendent que la roulure doit être attribuée exclusivement à la gelée qui, en détruisant le cambium sur certains points de l'arbre, occasionne la séparation en ces points de l'écorce d'avec le bois.

Si cette explication était exacte, tous les arbres de même âge, dans une même forêt, ayant subi les mêmes influences, devraient se trouver roulés de la même manière, et la position de la roulure indiquerait exactement Tannée dans laquelle la gelée précoce aurait eu lieu. Or, on a constamment observé le contraire sur des arbres roulés de même âge et placés dans les mêmes conditions climatériques.

Enfin, on dit que la roulure plrovient aussi quelquefois du choc qu'éprouvent les arbres en tombant, lors de l'abatage. Ce fait est difficile à consta* te^, mais ce qui est certain, c'est que les coups de marteau dont on frappe les arbres réservés dans les éoupes produisent très-fréquemment des roulures partielles. [PL Xllfig. i .)

% y. CÂDRÀIVVRB BT POUIRITURB.

Lorsqu'on abat un vieux dbêne , la couleur du bois qui entoure le canal médullaire a souvent une teinte brunâtre plus foncée que celle des parties plus éloignées du cœur. Si en même teibps ks couches de bois du centre jparaissenl cbmme écrasées par la compression de celles qui les entourent, et si elles

semblent plus chargées d'humidité, c'est un signe que le bois du cœur est moins bon que celui des couches qui Tenveloppent , qu'il a déjà subi une altération dans sa qualité propre, et que Tarbre luimême était dépérissant. Cette décomposition du cœur des vieux chênes, effet naturel de la décrépitude, se manifeste souvent sur une section faite à la base de l'arbre; par des fentes qui partent du cœur et se dirigent vers la circonférence, comme les rayons d'un cadran. De là, le nom de cadranure sous lequel on désigne, d'une manière générale, le vice que nous venons de décrire, soit qu'il apparaisse au pied, soit qu'il se manifeste au petit bout d'une pièce de chêne, ou même dans le cœur des branches [PL X,fig. 1).

Quand le mal n'est pas ancien, la cadranure n'existe souvent qu'au pied de l'arbre, et alors il suffit de le tronçonner à une certaine hauteur pour pouvoir employer la partie saine comme bois d'œuvre dans son entier. Mais quand les bois sont cadranés dans toute leur longueur, ils ne sont plus propres aux constructions, parce qu'ils ont déjà perdu une grande partie de leur force et que le comiûencement d'altération ou de pourriture dont ils sont atteints ne tarde pas à faire des progrès rapides.

Les fentes de cadranure ne peuvent être confondues avec les fentes de gélivure, ni avec celles que Ton remarque fréquemment sur la tranche des bois nerveux [PL VIII, fig* 1) et qui jproviennent du retrait que prend le bois en se desséchant. Les premières ont un aspect noirâtre et ne s'étendent jamais

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au delà deft couches de bois cadrané dont le tissu est mou, quelquefois friable, et répand d'ailleurs une odeur de pourri facile à reconnaître. Souvent aussi la cadranure ne se manifeste au pied de Tarbre que par une seule fente ouverte et noirâtre, mais si on tronçonne la pièce à une petite distance du pied, les fentes augmentent en nombre et en ouverture, puis diminuent un peu plus haut pour augmenter encore. Au début, la cadranure n'est que le signe d'une maladie qui fera bientôt des progrès rapides dans l'arbre abattu, si on l'emploie dans son entier, et qui eût abouti à la pourriture complète et à la mort de l'arbre si on l'avait laissé plus longtemps sur pied. La pourriture que l'on appelle joowrnVwr^ rouge ou simplement le rouge, à cause de sa couleur (brun canelle), provient, comme la cadranure dont elle n'est que le développement, soit de la décrépitude des arbres surannés , soit d'un accident ou d'une maladie qui atteint l'un des organes principaux de la vie du végétal, avant qu'il soit parvenu à maturité. Quand le mal est ancien, le bois qui en est atteint devient cassant, friable, et finit par se réduire, dans l'intérieur même de l'arbre, en poussière fine qui ressemble à du tabac d'Espagne. Les arbres les plus vigoureux en apparence sont quelquefois en proie à cette maladie qui les ronge intérieurement, mais ce sont les bois tendres, à végétation lente, ceux surtout qui croissent dans des terrains humides et sans profondeur, qui y sont le plus exposés. Souvent donc ce mal n'offre pas de signe extérieur apparent.

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d^autres fois il se manifeste au pied de Tarbre^ entre le point d'attache de deux fortes racines , par des trous d'où Ton voit sortir une poudre grossière et brune semblable à celle de la chicorée à café ; mais, en général, quand la maladie existe, à un degré quelque peu avancé, dans la partie inférieure d'un arbre, on peut presque toujours la reconnaître au son creux que rend le tronc, lorsqu'on le frappe avec un marteau ou le dos d'une hache. Toutefois, ce son, qui indique toujours que le bois est altéré ou que l'arbre est creux à l'intérieur, ne peut pas faire préjuger d'une manière certaine la présence de la pourriture touge, parce qu'il existe d'autres maladies ou vices, tels que la grisette dont noM parlerons plus tard et la pourriture blanche, qui peuvent produire les mêmes désordres dans le corps d'un arbre sur pied.

Ila pourriture blanche peut être produite par différentes causes et se montrer dans toutes les parties éà corps et des branches d'un arbre, mais on la qualifie différemment suivant sa provenance et le danger qu'elle présente pour les parties saines de bois qui se trouvât en contact avec elle. Celle dont nous voulons parler ici, et qui est plus spécialement connue sous le nom à^ pourriture sêehe, est de toutes les pourritures blanches k moins contagieuse* Ge vice prend sa source au pied on dans les racines de l'arbre, s'attaque ordinairement sui ctamir oommte te ^draûure et pénètre dans la tige où on le toit finir en pointe à des hauteurs peu considérables et que

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Ton peut mesurer en sondant la pièce avec une tarière. €e vice transforme le boi« quHl atteint en tine Mbstance sèche et mdle > cotonneuse , filandreuse^ fadie à désaggréger, de couleur jaune pâle passant successivement au blanc mat à mesure que le mal devient plus ancien ; mais, pendant longtemps, il reste circonscrit dans un nombre limité de tronches annuelles» sans s^étendre dans les parties environnantes dont le bois ne parait nullement souffrir du contact ou du voisinage des couches viciées. Les chênes qui croissent en terraift maigre, et les vieux arbres ^vés sur souche sont plus particulièrement exposés à ce genre de maladie (1).

Les chênes atteints de cette pourriture blanche ne peuvent être employés dans les constructions qu'après réduction de la partie vidée et appartiennent plus habituellement à la catégorisé des bois gras ou tendres é

Lorsqu'une des grosses branches qui forment la tête d'un arbre ou qui partent de son tronc vient à mourir et se brise, ou bien si Ynnè de ces branches encore en vie est rompue par le vent, cassée ou coupée par un délinquant, où retranchée par un élagage ininleliîgent, il resté au tronc un chicot ou moignon plus Ou moin^ fong dont les fibres pénètrent jusqu'au

(1) tes sols trop sabstantiefs produisent souvent aussi le même elTet txa le pîii gylrestrc.

cœur de Tarbre; et dont Fautre extrémité se termine par un faisceau d'escjuilles. Celles-ci s'altèrent promptement, absorbent Thumidité atmosphérique, retiennent les eaux pluviales, à la manière d'une éponge, et déterminent leur infiltration dans le chicot et dans le corps de Tarbre lui-même, suivant la direction des fibres. Cet accident constitue ce que Ton nomme une gouttière et se rencontre fréquemment dans les vieux arbres et surtout dans les chênes couronnés.

On nomme abreuvoir une espèce de gouttière qui se forme aux aisselles des branches, lorsque cellesci, par les grands vents ou par le poids de la neige ou du givre, se détachent partiellement du tronc. La blessure, tout en se cicatrisant, présente une cavité dans laquelle les eaux s'amassent, et d'où elles finissent par s'infiltrer dans l'intérieur de l'arbre.

Les gouttières et les abreuvoirs produisent ordinairement dans le bois d'un chêne un vice ou une maladie que l'on nomme la grisette^ et qui n'est autre chose qu'une décomposition plus ou moins avancée du tissu ligneux.

Plus le bois est tendre, plus les eaux de gouttière s'infiltrent facilement et déterminent rapidement la fermentation et la pourriture. Mais le danger que présente toujours une gouttière est plus ou moins grand, selon les circonstances dans lesquelles l'accident a eu lieu.

Si une branche arrachée, coupée ou rompue, n'est pas de trop forte dimension, il arrive souvent

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que la plaie se recouvre en peu d'années d'une couche de bon bois^ et se trouve ainsi à l'abri des influences extérieures. L'affluence de la sève peut alors arrêter les progrès de la pourriture dont le chicot peut être déjà attaqué, et la branche seule continuera à se décomposer lentement, sans grand danger pour la partie du corps de l'arbre qui la renferme. Le bois attaqué se transforme en une substance blanche, ou blanche jaunâtre, molle, filandreuse, spongieuse, complètement inodore, et forme dans le corps de l'arbre un amas de bois décomposé qui constitue ce que l'on nomme un nœud blanc ou une huppe. Gomme le nœud blanc est enveloppé entièrement de bois sain, on en purge facilement la pièce qui ne perd de sa valeur cpi'en raison de la grandeur de la poche que que l'on a dû faire pour enlever le bois décomposé. Mais si la plaie d'une branche cassée ou arrachée n'a pu être recouverte et protégée contre les agents extérieurs, la maladie progresse d'une manière continue et pénètre de plus en plus dans l'intérieur de l'arbre, soit en suivant les fibres de la branche qui peuvent l'amener jusqu'au cœur de l'arbre, soit en envahissant les fibres longitudinales du tronc, audessus et au-dessous de la branche , jusqu'à des distances souvent très-considérables. Dans ces circonstances, la présence du vice dans le corps de l'arbre se manifeste assez souvent sur la taille d'abatage par des taches, ou à l'extérieur sur Uécorce par le suintement d'une liqueur noirâtre, ou, sous l'écorce, sur le fil du bois par des veines de couleur

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rousse, grisâtre ou brunâtre, de telle sorte qu^en suivant la trace de ces taches on peut toujours remonter à Forigine et au foyer de la grisette. Ces taches et ces veines reçoivent le nom de flammes éê grisette {PL XI, fig. 1).

On peut également préjuger de Tintensité d'une grisette d'après la couleur du bois sur la section des branches ou des nœuds rez- tronc. Ainsi la section d'un nœud ou d'une branche attaquée par une grisette encore peu avancée, affecte une teinte brun-chocolat très-caractéristique, et en travaillant le bois on s'aperçoit facilement qu'il n'a plus de nerf et qu'il est déjà décomposé. Dans cet état, le vice ne pénètre généralement pas fort avant et n'a encore attaqué que la branche. — Dans un degré plus avancé, le bois d'une branche grisettée est parsemé de points noirs et de points blancs ; ceux-ci sont produits par la section de fibres complètement décomposées (P/, XI, fig. 2) . C'est alors ce que l'on nomme une gri-sette blanche ou vive, l'un des vices les plus dangereux du chêne, à cause de la rapidité avec laquelle il se propage, même après l'abatage et l'emmagasinage de la pièce. — Quelquefois aussi les filets ou les points blancs sont remplacés par des filets ou des points de couleur jaune orange, qui semblent indiquer un degré de pourriture encore plus avancé- Dans ce cas, le vice pénètre généralement jusqu'au cœur, les fibres longitudinales du tronc sont attaquées jusqu'à une grande distance de la branche et le bois décomposé a souvent une odeur fétide et

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nauséabonde. — Mais si la section d'une branche rez-tronc présente une surface noire d'un tissu serré et sans odeur particulière, on est presque certain que le nœud est i^ain. C'est ainsi que les ouvriers disent que les nœuds noirs ne sont nullement dangereux et dénotent même une qualité supérieure du bois.

Dès qu'un arbre est abattu, il importe donc de rava* 1er rez-tronc toutes les branches, bosses ou loupes, et de visiter tous les nœuds, même les plus petits et les moins suspects, avec la tarière et la gouge, si on veut être parfaitement sûr de la qualité du bois. Si un vice est signalé, on le sonde dans la direction de la branche pour en constater la profondeur, puis on s'assure s'il n'a pas fait de ravages dans le corps de l'arbre, en entaillant le bois au-dessus et au-dessous du trou de sonde. Si le mal s'étend, au-dessus ou au-dessous de la branche, à une profondeur considérable, il ne reste plus qu'à tronçonner l'arbre à une distance convenable du foyer du vice, afin de s'assurer si le cœur lui-même n'est pas attaqué, et si les filets de grisette se sont suffisamment assainis pour que la pièce puisse servir comme bois d'œuvre dans les grandes constructions civiles ou navales. Lorsque le vice n'a pas encore envahi tout le corps de l'arbre et se trouve concentré, comme cela arrive souvent, dans les régions du cœur, on peut utiliser toutes les parties saines de la pièce, après les avoir purgées de tout le bois grisette, en ks débitant en sciages, merrain, etc.

Dans la marine, les arbres qui renferment des nœuds ne peuvent être admis en recette qu'après qu'ils ont été sondés et purgés de tout le bois gâté qu'ils pouYaient renfermer. Si les trous de sonde sont peu considérables, la pièce est admise sans réduction sur l'équarrissage ; s'ils sont profonds et de nature à diminuer la solidité de la pièce, celleci peut être rebutée, ou réduite dans les dimensions de son équarrissage en proportion de la grandeur des trous de sonde.

D'après ce que nous avons dit, on comprendra qu'une grisette peut se produire dans un arbre sans qu'elle soit nécessairement due à un abreuvoir ou à une gouttière. Un épanchement de sève dans la fente d'une roulure ou d'une gélivure produit quelquefois des effets analogues à ceux d'une gouttière, et il n'est pas rare de voir les parois de ces fentes atteintes de grisettes, ce qui se reconnaît à la teinte noire que prend le bois malade et à l'odeur qu'il exhale. Les taches que l'on remarque assez fréquemment sur la taille d'abatage des chênes ne proviennent pas toujours non plus d'une gouttière ; souvent elles sont dues à la présence d'une racine malade ou à des sucs colorés que charrie la sève. De couleur ordinairement plus foncée que les taches de gouttiè re, les taches de racine affectent toutes les nuances entre le gris et le noir ; elles vont en diminuant d'étendue à mesure qu'elles s'élèvent dans l'arbre et finissent toutes en pointe, à des hauteurs variables, mais que l'on peut assez facilement préjuger, soit en éboutant l'arbre à

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quelques centimètres du pied et en voyant dans quelle proportion. elles diminuent de largeur sur la nouvelle section, soit en sondant le bois taché avec ufietajrièpe. Quelle que soit leur couleur, à moins que lent étendue ne soit exagérée, ces taches n'empêchent pas que le bois ne soit employé dins les constiructions ordinaires, mais la marine ne teçoit pas de bois taché, parce qu'en raison de l'emploi qui en sera fait, oh ne peut rien fonder de certain sur Içur solidité et leur durée. On remarque en efiét que le tissu des parties tachées est presque toujours moins résistant, et absorbe plus facilement l'humidité at-mosphérique que le bois environnant ; ce qui ùlH dire que» même dans les constructions ordinaires, il est prudent de ne placer les bois tachés qu'à l'abri des' influences extérieures.

S VH. LUNoin.

jQe tous les défauts qui peuvent affecter la qualité des bois de chêne, la iunure est un de ceux qui se présentent le plus fréquemment et qui méritenllepltts de fixer notre attention, La Iunure ou lune apparaît, sur la tranche du bois, sous la. forme d'un cercle {PL X fig» 2) , ou quelquefois d'.uiji jarc de cercle, formé de plusieurs couphe^ annuelles, de couleur plus fonoée ou plus daijre que celle du bois euvironnant,,et(lont le tissu! est atteinâd*wie maladif qui ie rend plus parlicuUèrepijBnt accessible à la pourriture et à la vermoulure.

'246 QUALITÉS fiT DdFAim

Duhamel qualiQait ce défaut de double aubier et lui attribuait une grande iikiportance^ « parce que, » disait-il, le double aubier, qui est souvent de plus » mauvaise qualité que le vrai aubier, tombe bientôt » en pourriture ; ce qui fisdt qu'un arbre luné n'est )» pas même bon à être employé dans son entier, ni, » à plus forte raison, propre à être débité en bois de » sciage et de fente. «>

Quand un chêne est luné, la maladie apparaît presque toujours de la même manière aut deux extrémités de chaque partie du tronc découpé en pièces de bois d'œuvre, et, suivant que ta couleur du boi» luné est plus foncée ou plus claire que celle des couches voisines, on dit que la lunure est rimsse ou blanche* Quant à l'intensité du vice en lui-même, on peut la préjuger, d'une manière générale, d'après les circonstances suivantes :

1*" Quand la couronne de bois luné est formée d'un tissu poreux, spongieux, friable, imbibé de sève noirâtre ou brunâtre, exhalant une odeur fétide, on ne peut douter que les couches qui forment la lunure ne soient déjà plus ou moins altérées, et que le bois entier de la pièce ne soit compromis dans sa qualité. Dans ce cas, la pièce entière ne peut servir à aucun usage comme bois de service, et ne peut être d^itée en bois de sciage ou de fente qu'après avoir été purgée de toutes les parties viciées.

2* Quand le cercle de bois luné ne donne aucun signe d'altération, mais est formé de couches an* nuelles très-étroites dans lesquelles on n'aperçoit

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pour ainsi dire que des vaisseaux, on le considère comme un vice qui doit faire exclure la pièce des constructions, parce que la couronne de bois luné offre peu de solidité, et que> par la facilité avec laquelle elle absorbe Thumidité de Tatmosphère, elle s'altérera promptement et pourra communiquer la pourriture aux parties voisines. Les planches qui renferment du bois affecté de cette maladie sont bientôt atteintes de la vermoulure, après qu'elles sont mises en œuvre, et durent peu.. Il importe donc d^exclure les bois lunés des planches que Ton emploie en menuiserie, d'autant plus que, si la teinte de la lunure est blanche, elle ne laisse presque pas de trace sur le fil du bois, quand il est desséché, et que, dans le commerce, on ne fait point de différence entre ces planches et celles qui proviennent d'arbres parfaitement sains. Quant au merrain, il n'est pas de vice plus dangereux pour cette marchandise, parce qu'il est souvent difficile de le reconnaître, quand le bois est travaillé, et qu'il suffit d'une douve de bois luné dans une futaille pour compromettre la qualité et la conservation du liquide qu'elle renferme.

3^ Mais quand les couches annuelles qui forment la lunure sont aussi larges et aussi compactes qu'elles doivent l'être dans un bon bois de chêne, et qu'elles ne présentent d'ailleurs aucun signe d'altération, en un mot, quand la couronne de bois luné ne diffère absolument des parties voisines que par une coloration plus claire, il est évident, à priori, que ce genre de lunure est moins immédiatement dange-

reux que le précédent. Les bois qui en sont atteints ne perdent rien de leur valeur commerciale lorsqu'ils sont destinés au sciage, bien qu^ils soient plus particulièrement exposés à la vermoulure, mais ils sont réputés dangereux dans Femploi comme meirain, et on hésite toujours à s'en servir comme charpentes dans les grandes constructions, notamment dans la marine, parce que l'on n'a pas confiance dans leur solidité et surtout dans leur durée.

Cependant, des expériences feites en Danemarck pour mesurer la ténacité des bois lunés ont prouvé que le bois dont les couches annuelles offrent une texture satisfaisante et ne diffèrent des voisines que par une coloration plus claire est plus résistant, dès qu'il est desséché, que le bon bois des couches environnantes, et même que le bon bois d'arbres non lunés. « Tou- » tefois, ajoute l'auteur (1) auquel nous empruntons » ce renseignement, dans la limite de durée de ces » expériences, les bois à anneaux blancs, ou blancs x> jaunâtres, absorbent plus d'eau, quand on les imi> merge, que le bois qui les enveloppe. C'est le seul » défaut qui puisse faire hésiter à employer les bois ni à anneaux blancs. Si donc on ne met en place les bois » à anneaux blancs, qu'après les avoir complètement » desséchés , s'ils sont, dans un vaisi^eau, à l'abri de » l'humidité, de manière que leur dessicci^tion oon- » tinue, leur emploi offrira beaucoup moins de dan- I» ger qu'on ne pnourrait le supposer.

(1) W n. H. Fimch, underBkibf^^m99ter. Copenhague, 1835.

DBS BQis d'obuyrë. 249

» Les expériences que Von vient de rapporter ont » été faites sur des bois dont la texture et la coloration ^ sont normales et dont. quelques couches annuelles » seulement offrent une coloration différente. Mais » le cas inverse peut se présenter, et l'on voit quel- » quefois, dans du bois de qualité inférieure (bois » gras)> un plus ou moins grand nombre de couches » qui possèdent tous les caractères de texture, et de » coloration des meilleurs bois. Dans ce dernier cas, » il est évident^ à première vue, que l'anneau ne » porte aucun préjudice à la solidité de la pièce; » mais pour s'en convaincre on a soumis ces deux » natures de bois à des expériences analogues aux D précédentes, et on a trouvé que le bois de l'anneau i> a, sous tous les rs^ports, des qualités supérieures.avk » bois qui l'environne. »

Remarquons bien que ces expériences n'ont porté que sur des bois lunés qui ne donnaient aucun signe d'altération, et n*ont eu pour ^bjet que de mesurer la ténacité de ces bois. Loin de contester les résultats de ces expériences, nous ajouterons que l'aubier aussi, tant qu'il est encore intact, est souvent plus dur et plus tenace que le bois de cœur du chêne. Mais la ténacité n'est pas la qualité principale de cette précieuse essence, et c'est plutôt pour son élasticité et sa durée qu'elle est surtout recherchée pour les grands emplois. Or, il est constant que ni l'aubier ni le bois luné ne peuvent être comparés, sous le rapport de la durée, au bois de cœur du chêne lorsqu'il est sain ; et, à défaut de sujets d'observation, on se

rendra facilement compte de T infériorité de Faubier et du bois iuné^ en remarquant avec quelle facilité ce bois se dessèche et, tour à tour, s'imprègne de rhumidité atmosphérique ; avec quelle avidité il absorbe Teau dans laquelle on le plonge ; comUen il est poreux ; combien sa fibre est sèche et dénuée de cette substance grasse, d'apparence gommeuse ou gélatineuse, qui revêt et incruste le tissu des bons bois de chêne, et assure leur conservation. Pour nous donc la lunure est, suivant son degré d'intensité ou d'avancement, une maladie ou un Ytce qui compromet les principales propriétés du chêne et qui, un peu plus tôt ou un peu plus tard, se transformera en un foyer de pourriture, longtemps avant que les couches voisines de bon bois soient atteintes de décomposition (1).

Duhamel attribuait la lunure à ce que les arbres qui en sont atteints ont crû dans des terrains maigres ou secs, ou à une maladie quelconque qui attaque

(1) Des ouvriers fendears de U Francbe^omté m'ont affirmé qu!iis avaient débité en merrain les bois d*une coupe d'ensemencement dont presque tous les arbres abandonnés étaient atteints de hinure plus ou aoiiu foncée, et qu'étant revenus sur le même point, 9jua après, pour débiter de la même manière les arbres abattus dans la coupe définitive, ceux-ci s'étaient trouvés lunés comme les précédents, mais avec cette différence que la maladie avait fait de très-grands progrès depuis l'exploilfltiott précédente. Dans la coupe d'ensemencement, les arbres abat^ tus étaient atteints de lunures jaunâtres ou rousses dont le tissu était encore exempt de pourriture, tandis que dans les arbres abattus» lors d.e la coupe définitive, les couches de bois luné étaient généralement noirâtres et en pleine décomposition.

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les arbres et qui se guérit après un certain t^nps. Il a observé en outre que ce défaut se rencontre surtout dans les arbres qui ont crû aux expositions de Test et du midi , et, dans ce cas, il présume qu'on doit Tattri-* buer soit à un coup de soleil qui a desséché Técorce et l'aubier du côté où l'arbre a été frappé, soit au verglas qui, pendant les grands froids de l'hiver, aura endommagé l'écorce et l'aubier du côté opposé au soleil.

L'auteur que nous citions tout à l'heure prétend que la lunure est produite par les couches de terre, de nature différente, que les racines de l'arbre ont dû traverser pendant son existence, et, tout en remar^ quant que la lunure blanche est moins mauvaise que la lunure rousse, il attribue les différences de couleur de la lunure à la coloration particulière des sucs que la sève a charriés pendant le séjour des racines dans les différentes couches de terrain su<perposées. Enfin, dans beaucoup de localités ou cette maladie est aussi appelée gelure, on l'attribue exclusivement à des froids excessifs qui ont gelé l'aubier, en totalité ou en partie, pendant les hi^ vers rigoureux. Quant à nous, nous n'hésitons pas à nous ranger à cette dernière opinion, d'autant plus que nos observations personnelles nous ont conduit à remarquer que la lunure se rencontre surtout dans les forêts, ou dans les cantons de forêts tels que certains bas-fonds, oii les froids se font sentir d'une manière plus constante et plus intense, et que les couches de bois luné correspondent le plus

ordinairement aux années d'hiver jigoureux, comme 1789 et 1830, par exemple. Tous les ouvriers fendeors (et ce sont ceux cpii connaissent le mieux les défauts du chéhe) que nous avons vus travailler dans les coupes, sont aussi de cet avis et citent également les hivers de 1789 et de 1830 comme ayant produit beaucoup de lunures, notamment dans les forêts de chêne de TEst de la France ( 1 } .

Quant à la différence entre la lunure blanche et la lunure rousse, nous croyons qu'elle n'existe que temporair^nent, et que la couleur rousse ou brunâtre de la lunure indique tout simplement un degré plus ou moins avancé de la maladie qui, au début, affecte toujours une couleur blanchâtre ou Uanche jaunâ-^ tre. Que si la couleur blanche jaunâtre de la lunure persiste plus ou moins longtemps dans un arbre que dans un autre, cela tient à la plus ou moins grande vigueur de la végétation et à la qualité du chêne qui en est atteint, les arbres les plus vigoureux et dont le bois est de la meilleure qualité résistant toujours mieux et plus longtemps aux causes de destruction quelconques dont ils sont attaqués, que les chênes tendres et à v^élatton leiite.

(1) On a rcmarqaé aussi qa*une lanare sitaée dans les coachcs voisines du cœur ne s'élève pas à une grande hauteur dans le tronc de Tarbre, et qu'an chêne peut être luné dans presque toute sa longueur, sans qoe le vice existCi au gros bout si l'arbre a été coupé en terre, an petit bout si la section de la pièce a été faite près des branches au-dessus ou au-dessous de la naissance du houppier. Ces observations (endraienl encore à confirmer l'opinion qur la lunure doit être attribuée ii la gelée.

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La lunure est toujours plus ou motos apparente * sur la trândie d'un arbre franchement coupé, maië ^i le bois reste exposé à Pair et au soleil, ou %^'A est seulement ressuyé et misa l'abri de Thumidité^ la tiamte de la lilnure se fond quelquefois avec celle des 4ou** ches voisines, suHout si la lunure est blancli^, de teUe sorte qu'on n'en voit plus de trace; Mais, pour peu que r<m soupçonne la présence d'une lilnuré dans une pièce de charpente, par exemple, on peut la faire reparaître en versant de l'eau sur la traftehe, ou mieux encore en éboutant la pièce à quelques centimètres. De même, lorsqu'on veut purger un lot ou une fourniture de merrain des pièces qui peuvent être atteintes de c^tte maladie, on trempe successivem^it chaque douve dans de l'eau, et l'on voit aussitôt, soit sur la tranche, soit sur le fil, si le bois présente des traces de lunure ; on prend même souvent la (précaution, dans les arsenaux de la guerre^ d'arroser le& douves avec de l'eau chaude, afin de faire mieux ressortir la différence de couleur à larquelle on reconnaît les bois lunés (1). Enfin, pour le merrain, comme pour les planches ou' pour le morceau d'une pièce de charpente éboutée, on peut encore reconnaître la lunure en mouillant la tranche du bois à un bout, et en soufflant fortement dans le sens des fibres à l'autre hout ; si le bois est luné,

(1) L'caa chaude s'emploie pcul-élre aussi dans le but de faire fondre les substances grasses, comme le suif, dont on se sert quelquefois pour enduire les couches de bois lune, et que Peau froide ne suffirait pas à faire reparaître.

l'air insufflé par un bout passe à travers la pièce, ce qui se reconnaît aui petits globules qui se forment à Tautre extrémité sur la tranche mouillée.

Déjà nous avons dit que Ton jugeait surtout de la qualité relative des bois de chêne d'après le développement des couches annuelles et la nature de leur tissu. Mais les chênes les plus nerveux, pas plus que les chênes les plus tendres, ne présentent presque jamais des accroissements en diamètre bien réguliers. Le plus souvent, au contraire, on remarque, même dans ceux qui présentent le plus d'homogénéité dans la formation de leurs accroissements successifs, des zones concentriques formées de plusieurs couches annuelles sensiblement plus étroites que celles qui précèdent et qui suivent. Quand ces zones n'affectent pas une coloration différente du reste de la tranche, et que d'ailleurs il existe une proportion convenable entre le bois d'automne et le bois de printemps de chaque couche, on ne peut pas les considérer comme un défaut. Mais si ces zones sont formées de couches tellement étroites qu'on n'y distingue plus que des vaisseaux, le bois pourra être très-accessible à la pourriture sèche et à la vermoulure, surtout s'il y a interruption complète ^s rayons médullaires sur la tranche formée par ces couches. Cet état constitue donc un vice qui peut avoir la même importance que la lunure, et qui est plus difficile à observer parce qu'il n'est pas accusé par une différence de coloration l)ien tranchée.

DES BOis d'œuvrk. 255

s VllI. riOTTUfte, BflTR'icOICB, TROUS »1 VERS.

Lorsqu'une partie de Técaree d'un chêne a été enlevée par une cause accidentelle, telle que le frottement des essieux d'une voiture, la chute d'un arbre voisin, les blanchis destinés à recevoir une empreinte de marteau etc., si le liber placé à l'intérieur de l'écorce a été attaqué, il se forme toujours à l'endroit meurtri une couche de bois mort qui se recouvre d'une nouvelle^ écorce et que rien ne décèle à Textes rieur. C'est ce que Ton nomme une frotture {PL XII, /S^. 1 } . Ce vice est extrêmement fréquent, mais il n'a pas toujours beaucoup de gravité, parce qu'en général il s'étend peu. Cependant si, sous la roulure partielle qui limite la frotture à Textérieur, on s'aperçoit que le bois a une teinte verdàtre ou brunâtre différente de la couleur générale des autres couches, c'est un indice qu'il y a un commencement d'altération ou de pourriture dont il importe de purger la pièce avant de la mettre en œuvre, soit en l'entamant avec l'herminette et la gouge, soit en la tronçonnant quand la maladie a pris trop d'extension. — Les éperons ou crochets en fer dont se servent les délinquwts ou les élagueurs, pour monter aux arrbres, produisent des effets analogues. La piqûre du crochet dans l'écorce laisse une trace ordinairement visible à l'extérieur, et détermine à l'intérieur un épanchement de sève qui produit une tache noire plus ou moins large sur le bois et occasionne souvent la

256 QUALITÉS ET DÉFAITTS

pourriture. Ce défaut, de même que la frotture dont il n'est qu'un diminutif, se manifeste surtout dans le débit du chêne en merrain, et peut être une cause de plus ou moins grand déchet dana la fabrication .

Bien que les frottures laissent toujours une trace sur Técorce du chêne, elles ne sont pas toujours a}^parentes dans les bois abattus, après qu'ils sont écor^ ces ou équarris ; mais souvent elles se trahissent, sur Tune des faces de l'équarrissage^ par des flammes de couleur foncée, ou simplement par des lignes noires ou des fentes d'éclat trè^fines qu'il fout toujours visiter et sonder avec soin, quand on veut s'assurer de la gravité du vice et de la qualité du bois.

Le défaut nommé entrécorce n'a pas non plus d^ gravité. Cet accident peut se présenter sur un point quelconque d'un arbre, et résulte ordinairement de la soudure de deux branches entre elles ; on le rencontre surtout dans les arbres fourchus dont les branches sont très-rapprochées. L'entr'écorce n'a. d'autre effet que de diminuer la force de la pièce, par suite de la séparation des fibres du tronc et de la branche qu'il renferme.

Les trous de vers proviennent de plusieurs espèces de larves. Ceux que produisent les gros vers du capricorne ne sont pas dangereux en ce sens qu'ils n'occasionnent pas de pourriture, mais, quand ils sont nombreux, ils peuvent avoir pour effet d'affaiblir la pièce attaquée. Ceux que produisent les petits vers sont beaucoup plus à craindre, surtout ceux qui sont dus à la larve d'un insecte appelé le Lymextlon

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