‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 90 sur 116 · DE LA CONSERVATION · texte numérisé non relu

DE LA CONSERVATION

» s^affranchir de ces diverses conditions , qu'une » faible pression de 2 ou 3 mètres d'eau pouvait » remplacer la force d'ascension de la sève et qu'il 9 suffisait que le bois fût encore humide et pénétré » de sève pour que le liquide conservateur pût pé- » nétrer dans son tissu, faire écouler la sève qui s'y » trouvait renfermée, en occuper la place et y dépo- » ser les matières qui doivent assurer la conservation » du bois.

» En agissant ^r des bois abattus depuis deux ou » trois mois au plus et encore remplis de sève, en » faisant pénétrer le liquide conservateur par une » section transversale opposée, on peut, sous cette » £adble pression, opérer la pénétration dans un »; temps qui varie de quelques heures à deux jours » au plus, suivant la grandeur de la pièce de bois et 9 la nature de l'arbre.

» Toutes les solutions aqueuses peirreirt ainsi pè-^ » nétrer le tissu du bois et y déposer ensuite la ma- » tière qu'elles tenaient en dissolution ; de nombreux p essais ont maintenant constaté que le sulfate de » cuivre était le sel qui assurait le mieux la conserî> vation du bois exposé dans les circonstances atmo- D sphériques les plus défavorables.

» Tou» les bois se pénètrent dans leur partie vi- T) vante qtie parcourt naturellement la sève qui s'é- » lève dans leurs troncs ; mais chez beaucoup d'ar- » bres la partie la plus âgée, le cœur du bois, ou 1» certaines parties plus denses de chaque couche * annuelle sont promptement obstruées et devien-

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» tient étrangères à ce mouvement des liquides dans » le tronc de Parbre. Ces parties ne se pénètrent pas i) de liquide conservateur, mais ce sont celles qui, » naturellement, sont presque inaltérables et ré- » sistent à^ toutes les causes de destruction. Il résulte » de ce fait que, dans les bois à cœur dur comme le » chêne (1), c'est Faubier qui se pénètre et devient » aussi inaltérable que le cœur lui-même ; que, dans » les bois dont le cœur ne durcit pas et qui sont t facilenâent altérables dans toute leur épaisseur, » comme le hêtre, le charme, le bouleau, l'aune, le » sapin, toutes les parties étant perméables devieni> nent inaltérables par la pénétration complète du ï> liquide conservateur» qui assure ainsi à des bois i> de très-mauvaise qualité une durée plus grande » qu'à du cœur de chêne de première qualité.

D L'sq^plication la plus étendue de ce procédé a été » faite sur le chemin de fer du Nord. Depuis 1 846, » 80,000 traverses (2) préparées par M. Boucherie » ont été posées sur ce chemin. Celles en service » depuis 1846 qui ont été bien préparées, sont au- » jourd'hui exactement comme le jour où elles ont » été posées ; leur état de conservation, au bout de » huit ans, est tel qu'il n'est pas possible de prévoir » une limite à leur durée.

(1) Il eu est de même du pin et do mélèze dont le cdear est fortement imprégné de résine concrète qui obstrue les canaux. L^aubier seul de ces bois peut être pénétré par le Kquide conservateur.

(2) Aujourd'hui plus de i, 1^00,000 traverses (environ 150,000 mètres cnbes) préparée^ par M. Boucherie, sont posées sur les chemins de fer du Nord, d'Orléans, de l'Ouest, de l'Est et du Midi.

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» Ces traverses sont en bois de hètrei de charme; » de bouleau et de pia ; préparées, elles reviennent » aux prix des traverses en cœur de cbène, et on les » préfère à ces dernières.

» L'administration des lignes télégraphiques con- SI firme l'efficacité de ce procédé d'injection appli* » que aux poteaux en bois de pin qui portent les fils » des télégrai^es âectriques.

» On sait que des poteaux de cette sorte, lorsqu'ils i> ne sont pas préparés, s'altèrent très-rapidement, » surtout au niveau du sol. »

La conclusion à tirer du rapport que nous venons de citer, c'est que les bois qui sont le plus sujets à la vermoulure et à la pourriture, quand ils sont expo-* ses aux variations de l'atmosphère, peuvent, dans les mêmes conditions, acquérir une durée beaucoup plus longue, lorsqu'au préalable ils sont injectés de sulfate de cuivre, et remplacer les bois précieux, au moins dans certains emplois. C'est donc une décou^ verte très-importante que celle du docteur Boucherie, et elle mérite d'autant plus notre attention que la préparation des bois par l'emploi du sulfate de cuivre et par la seule force de la pesanteur n'est pas une opération très-coûteuse, puis(pi0, au dire même des industriels qui exploitent l'invention de M. Boucherie, la dépense ne dépasse pas en totalité 1 3 à 1 7 fr. 50 cent, par mètre cube de bois préparé, et consiste, pour la plus forte partie, dans le prix du sulfate de cuivre dont il faut 5 à 6 kil. par mètre cube. Mais hâtons-nous de dire que si une dissolu*

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tion de sulfate de cuivre, substituée à la sève et à tous les principes pernicieux qu'elle renferme, a pour effet de retarder la décomposition et la désorganisation des tissus ligneux, cette préparation ne peut rien changer à la structure propre du bois, et, par cimséquent, ne doit rien ajouter à sa qualité sous le rapport de la ténacité et de Félasticité (1). Que si, par exemple, une traverse de hêtre injectée de sul-^ fate de cuivre peut remplacer avec avantage, sous le rapport de la durée, une traverse du chêne le meilleur, il n'est pas présumable que le hêtre, quelque préparation qu'il subisse, puisse jamais remplacer le chêne ou le pin dans les grandes constructions civiles ou navales.

J)escriplion et destin d'un chantier de préparation des bois au sulfate de

euiere (PI, XIII),

A. Cuve placée à environ 10 mètres au-dessus du sol et contenant de l'eau saturée de sulfate de cuivre,

(i) Certains constrnctears sont même portés à craindre qu'une dissolution de sulfate de cuivre, substituée à la sève, ne nuise à Télasticité des bois de charpente en les rendant plus a^tes à se dessécher complètement. Par confere, j'ai entenda exprimer l'opinion que Ton pourrait peut-être remédier au défaut d'élasticité du sapin» et à sa trop grande disposition à se dessécher à l'air dans certains emplois comme la mâture, si on le pénétrait d'un sel déliquescent, tel que le chlorure de cuivre ou autre, qui entretiendrait toujours une certaine humidité dans le bois. Quant à moi, je crois que le plus grand progrès possible à faire dans cette voie serait d'arriver à utiliser l'aubier des bois de construction, comme le chêne et |e pin, en l'injectant d'une substance qui puisse sup« pléer II ce qui lui manque pour être aussi durable que le bois parfait.

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Cette eau y est montée par une pompe H placée dans une seconde cuve F au pied du chantier.

B. Tuyau de plomb par oii descend Teau de la cuve À pour pénétrer dans les bois disposés sur le chantier.

C, D, I>, E. Conduits formés d'arbres creusés en gouttière et disposés en pente, de manière à ce que les eaux qui suintent des bois saturés reviennent dans la cuve F, en traversant un panier G, qui con^ tient le sulfate de cuivre.

Le tuyau B se prolonge et repose sur le conduit C ; il présente, de deux en deux mètres environ, des orifices auxquels on a adapté des tuyaux en caout* chouc, b, b^, b^'y terminés chacun par un ajutage à robinet.

La cuve F contient une couche de gravier et uno: couche de paille pour filtrer Teau qui y entre.

Préparation de$ bois»

La tronce I est destinée à être débitée en traverses de chemin de fer. Sa longueur est doublé de celle de ces traverses. On la dispose sur des cales de manière que ses deux extrémités aboutissent au-dessus des conduits D, D' dont on a réglé Técartement en conséquence. On scie la tronce par le milieu presque^ totalement (on laisse environ 5 à 6 centimètres de hauteur non sciés) . On renforce la cale du milieu pour augmenter la largeur du trait de scie. On introduit au bord du trait de scie et circulairement

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Une corde pour le boucher extérieurement» On supprime alors la cale du milieu, ce qui a pour effet de faire rapprocher les deux parties de la tronce et de serrer la corde. On obtient ainsi au milieu de la tronce un espace i?ide parfaitement clos. — Auprès du trait de scie on fait un trou oblique jusqu'à cet espace, et on y introduit l'ajutage d'un des tuyaux en caoutchouc. Le robinet étant ouvert, le liquide du tuyau B, qui est soumis à une forte pression, pénètre à travers les fibres du bois, et on le voit, après 2 à 3 minutes, suinter par les deux bouts de la tronce dans les conduits D et D^ — L'opération dure vingt-quatre heures environ. Les eaux qui suintent de la tronce sont ramenées par les conduits C, D, D', E, dans le panier 6 où elles reprennent du sulfate de cuivre, et dans la cuve F où elles se purifient, et sont remontées dans la cuve À au moyen de la pompe H, pour servir de nouveau. — M, est une tronce qu'on a préparée de la même manière que la tronce I, mais qui est destinée à être débitée dans toute sa longueur. On a fait le trait de scie entre la partie propre au service ou à l' industrie, et la patte de l'arbre qui doit en être détachée. — Dans la tronce N et la tronce L, la patte est remplacée par un fort plateau de chêne qu'on fixe à un des bouts de la tronce au moyen de crampons en fer. C'est entre ce plateau et la face de la tronce qu'on place circulairement la corde, et c'est à un trou du plateau qu'on adapte l'ajutage de l'un des tuyaux en caout^ chouc. — On serre fortement le plateau contre

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