ÉNONCÉ DE LA QUESTION
L'estimation de la valeur en fonds et superficie d'une forêt ou d'une portion de forêt est une opération qui a pour objet de déterminer la valeur en argent Qu'elle représente actuellement pour le propriétaire, ou pour le capitaliste qui serait disposé à l'acheter en vue de placer son argent en fonds de terre, aux conditions ordinaires des placements de même nature dans la localité.
Lorsqu'il s'agit d'une propriété ordinaire, d'une terre arable, d'un pré ou d'une ferme, chacun sait
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que sa valeur réelk, positive et commerciale, autrement dit sa valeur comme placement de fonds, abstraction faite de toute considération étrangère, telle que la convenance dans un but d'industrie, d'agrément, ou de spéculation, chacun sait, disonsnous, que cette valeur dépend exclusivement du revenu qu'elle rapporte ou qu'elle peut rapporter et du taux des placements en fonds de terre dans la loodité. D en est de même des pr(^riétés forestières. Mais la culture des bois est très-différente de celle des champs, et, tandis que les fruits d'une terre arable peuvent se récolter tous les ans, la production d'un sol forestier ne peut se réaliser périodiquement qu'à des époques assez éloignées et qui peuvent varier, au gré du* propriétaire, dans de très-larges limites. Or, il est évident h priori, que le revenu ou la production en matière et en argent d'un bois doit singulièrement différer suivant l'âge auquel on l'exploite; que si, par exemple, un massif de chêne peut produire à 1 5 ans une certaine quantité de bois de fieu ou de petite industrie, le mtoie massif serait susceptible de fournir un produit matériel bien plus important, sous le rapport de la quantité et de la qualité, et par suite un revenu en argent bien plus considérable, si on reculait le terme de son exploita* tion de 50, 80 ou 100 ans. Par contre, on remarque aus^, à lumière vue, que tout retard apporté à l'exploitation d'un bois se traduit, pour le propriétaire, par la perte des intérêts de la somme qu'il aurait pu réaliser en exploitant plus tôt et par la var-
leur des bois qui se fussent reproduits depuis cette exploitâtiou. D^où ce principe d'économie forestière : que pour tirer cPun bois k revenu en argent le plus avantageux, au point de vue de la valeur industrielle et commerciale de la propriété , il faut exploiter ce bois à ïûge où la plus^-value que les produits acquiè^ rent annuellement, cesse de dédommager le proprié^ taire du sacrifice qu il fait en différant ï exploitation ; et réciproquement, que pour obtenir la valeur réelle, industrielle et commerciale d'une forêt, il est nécessaire de prendre pour base de cette évaluation le revenu net que Ton peut tirer de la propriété, en exploitant les bois à Tàge oii les produits satisfont le plus complètement les intérêts pécuniaires du pre* priétaire.
De ces considérations il résulte que» pour procéder d'une manière régulière à l'estimation de la valeur en fonds et superficie d'un bois> d'une forêt ou d!une portion de forêt, il est nécessaire de connaître :
1^ Le taux auquel se font les placements en fonds de bois dans la localité;
2^ La valeur nette du revenu à l'âge ou les bois doivent être exploités, pour que les produits soient le plus profitables à l'intérêt pécuniaire du proprié^ taire,
Article II*