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CHOIX DU TAUX D'INTÉRÊT OU DE PLACEMENT

Le taux de placement d'une somme placée à iii« térêts n'est autre chose que le rapport du revenu net

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au capital qui le produit. Si le capital est fixe, le taux varie avec le revenu et dans le même sens que le revenu. Si le revenu et le capital varient à la fois, le taux varie dans le rapport de ces deux sommes. Réciproquement, si le taux et le revenu sont fixes, le capital reste invariable ; si le taux est fixe et le revenu variable, le capital varie dans le même sens que le revenu •

Le taux de placement des capitaux engagés dans Findustrie dépend ordinairement des chances commerciales attachées au genre de spéculation que Ton embrasse. Plus les risques à courir sont grands ou nombreux, plus le taux doit être élevé. C'est ainsi que dans le commerce les placements ne se font guère au-dessous de 6 p. O/q et atteignent souvent le chiffre de 20 p. 0/oetplus.

Les placements en fonds de terre sont les plus solides, c'est-à-dire, les moinshasardeux ; par contre, ils donnent, relativement, les revenus les moins élevés. Le taux de ces placements peut différer avec les pays, mais il est à peu près le même dans chaque contrée, et il s'établit d'après les prix moyens qui servent de base aux transactions commerciales de même espèce. En France, le taux des placements en fonds de terre est généralement compris entre 2 et 4 p. O/q, suivant la richesse des provinces et l'intensité des populations. Ce taux peut varier, dans chaque localité, pour un temps plus ou moins long, suivant les circonstances politiques ou commerciales qui affectent le revenu des propriétés et l'emploi des capitaux ; mais

les oscillations du taux moyen ne dépassent guère V4 ou '/, p. 0/0 ; rarement l'écart atteint 1 p. O/q.

Il existe donc, dans chaque localité ou province d'un grand pays, un taux bien déterminé et bien connu qui sert de base aux placements des capitaux en fonds de terre, et, ce taux une fois établi, il n'appartient pas à la volonté d'un individu de le modifier. Ainsi quand, dans une localité, on dit que les terres arables rapportent 4 p. O/q» cela signifie que la terre vaut 25 fois le revenu net annuel que l'on en peut tirer. Réciproquement, quand la terre se vend et s'achète communément sur le pied de 25 fois le revenu net annuel qu'elle peut fournir, cela veut dire que les placements en fonds de terre se font généralement au taux de 4 p. O/q.

Eu égard au taux de placement, ce que nous disons des terres arables s'applique également aux propriétés forestières, c'est-à-dire que, dans chaque localité, le taux des placements en fonds de bois est établi d'une manière fixe et à peu près immuable. Si ce taux est de 4 p. 0/0, comme celui des placements en terres arables, cela signifie que, dans la localité, les forêts peuvent être constituées, traitées et exploitées, de manière à fournir un revenu net qui, par rapport au capital producteur, représente un placement de ce capital au taux de 4 p. 0/o«

Le rapport du revenu au capital placé en terres arables ou en fonds de bois ne peut jamais être plus fort ni plus faible que le taux admis dans la localité pour les placements de même espèce. En

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effet, si ce taux est de 4 p. O/o et qu'un capitaliste achète pour 100,000 fr. une propriété, a^rieole ou forestière, susceptible de produire un revenu net annuel de 5000 fir., cela prouve simplement que Tacquéreur a fait une bonne affaire ; car, s'il voulait revendre sa {Hropriétë, il pourrait en trouver un prix égal à 25 fois le revenu ou 1 25,000 fr. Si au contraire la même propriété a été payée 200,000 fr., on peut affirmer, toute question de convenance à part, que l'acheteur a fait un mauvais marché. Donc si, par des soins plus intelligents ou par des améliorations quelconques apportées dans la culture, le propriétaire d'une ferme ou d'un bois parvient à augmenta* le pro« duit net de sa propriété, dans une proportion plus forte que l'intérêt des frais consacrés à son amélioration, la valeur réelle et capitale de la propriété se trouvera augmentée dans le même rapport, sans que le taux de placement cesse d'être le même. Inversement, si le revenu net d'une propriété vient à diminuer, soit par négligence ou défaut de soin du propriétaire, soit par des causes indépendantes de sa vdonté, la valeur capitale de la propriété se trouvera amoindrie dans la même proportion, sans que le taux sui»sse aucune variation.

Donc, quelles que soient les conditions dans lesquelles la propriété se trouve placée, eu égard à sa constitution actuelle et au revenu que l'on en peut tir^, ces conditions n'ont aucune influence sur le taux de placement ou d'intérêt à employer dans les calculs d'estimation de la valeur capitale, parce que le taux

des {lacements en biens fonds dans une localité est indépendant, d'une manière générale, de la nature de k propriété à estînier.

On a quelquefois dit que le taux des placements en fonds de bois devait être plus életé que celui des placements en fonds de terre arable, en d'autres termes, qu'une ferme avait plus de valeur qu'une forêt susceptible du mtoie revenu, parce que les propriétés forestières ne donnent pas des produits aussi réguliers que les champs, et aussi parce que les forêts, ne pouvant pas s'affermer comme les champs, exigent toujours de la part du propriétaire une certaine somme de temp6 et de soin dont il peut s'affranchir à l'égard des autres, propriétés, en les louant à un fermier. Cette opinion ne nous parait pas fondée, parce que, aux raisons dont on l'appuie, on peut en opposer d'autres tout aussi concluantes pour la combattre. Et d'abord, il est clair pour tout le monde que les dangers qui menacent la production d'une forêt, tels que les incendies, les coups de vent, les ravages d'insectes, etc., trouvent leurs équivalents dans les accidents météoriques de toute sorte auxquels les récoltes des champs, des prés, des vignes sont incessamment exposées. En second lieu, si la valeur des produits forestiers est soumise à des fluctuations qui ne permettent pas de compter sur un revenu parfaitement régulier et uniforme, les récoltes des champs sont exposées à des variations analogues que le propriétaire est obligé de subir, directement s'il exploite lui-même ou si les fermages lui sont payés en nature, indirectement par une ré-

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duction sur les prix de fermage, si la propriété estesLposée à des dangers périodiques prévus d'avance, ou si le fermier a à supporter un accident qui compromet le fruit de son travail. De plus, tandis que les produits agricoles doivent nécessairement se récolter et se vendre à des époques à peu près fixes, quel que soit le prix de ces denrées, le propriétaire forestier peut attendre le moment favorable à l'écoulement de ses produits, en restreignant ou en suspendant ses exploitations quand le bois se vend mal, en donnant plus d'extension à ses coupes quand les produits sont recherchés. Enfin, si le propriétaire d'une forêt ne peut s'affranchir absolument de tout soin à l'yard de sa propriété, peut-on dire que le propriétaire d'une terre soit toujours exempt de souci vis-à-vis du fermier auquel il a loué ses champs, non-seulement en ce qui concerne le paiement régulier de son ferms^e, mais encore en ce qui touche la manière dont sa propriété est soignée, cultivée, entretenue ?

On objecte encore qu'une forêt est presque toujours unepropriétéimportante,indivii»ble, inaccessible aux petites fortunes et, par conséquent, difficile à vendre, parce qu'elle se trouve en dehors de la concurrence qui s'exerce toujours entre une foule d'amateurs pour l'achat des petites propriétés. Cela est vrai jusqu'à un certain point ; mais remarquons d'abord, en passant, que les effets ordinaires de cette concurrence, de cette envie de posséder qui anime les populations des campagnes, sont de leur faire payer la terre à des prix exagérés et nullement en rapport avec le produit qu'elles

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en peuvent retirer. En second lieu, de ce qu'une pro* priété n'est accessible qu'à de grandes fortunes, il se peut bien sans doute qu'on ne trouve pas à la vendre à tout moment comme un bout de champ ou de pré, mais ce n'est pas à dire qu'elle ait moins de valeur, relativement, qu'une propriété de moindre importance ; car, si elle dépasse les forces d'un individu, elle pourra convenir à plusieurs qui s'associeront pour l'acquérir et l'exploiter. N'a-t-on pas vu en effet les capitalistes les plus intelligents rechercher avec avidité les forêts, surtout les plus importantes, que l'Etat a mises en vente dans des moments de crise financière, et les payer à des prix qui, en raison de la difficulté des circonstances politiques , n'étaient pas inférieurs à ceux qu'ils auraient pu raisonnablement donner d'une ferme susceptible du même revenu ?

Ajoutons enfin qu'un propriétaire forestier peut toujours plus facilement attendre le moment favorable pour la vente de sa propriété, que le propriétaire d'une vigne ou d'une .ferme, parce qu'une forêt, ou même un bois quelque peu important, est presque toujours constitué de telle façon que le propriétaire peut, dans un moment de gêne ou de besoin , exploiter une partie de la superficie par anticipation, en attendant l'occasion favorable de vendre sa propriété.

.Concluons donc, qu'à moins de circonstances exceptionnelles, la propriété forestière a autaiit de valeur, à revenu égal, que toute autre propriété foncière, et, conséquemment, que le taux admis pour les placements en terres arables, dans une localité, est

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celui dont on doit $e servir dans les calculs qui ont pour objet la détermination de la valeur en fonds et superficie dune forêt située dans la mime contrée.

Article III.

RECEIERCHE DU REVENU.

% I. DO MODB Dl CONSTITUTION IT DE PRODUCTION DES PEOPAliTis

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