‹ ExploitationChapitre 38 sur 89 · GU · texte numérisé non relu

GU

GR -— 50 à 60 chaque 1/2 longueur.

AR — 60 à 120 1/2 pied, 20 à 40 17/2 tête.

B2 — 10 et au-dessus sur le tour, 10 à 20 sur le

droit.

Nora. — Les indications portées dans les tableaux qui précèdent, ne peuvent être données pour certaines.

En effet, nous avons supposé, dans la construction du 4{°* tableau, que l’équarrissage à vive arête ou sur franc bois correspondait à l’équarrissage au 3° déduit ou, ce qui revient au même, que le côté de l’équarrissage à vive arête est égal au cinquième de la circonférence sur écorce. Or, cela n’a pas toujours lieu, surtout dans les petits arbres dont l’aubier et l’écorce ont une épaisseur généralement plus grande, relativement au diamètre total, que dans les très-gros chênes. Il est facile de s'assurer d’ailleurs, par un calcul très-simple, que pour qu’un arbre équarri au 5° ne renferme pas d’aubier il faut que le diamètre sur franc bois soit au moins égal aux 89 centièmes du diamètre sur écorce, ou que l’aubier et l’écorce n’aient ensemble qu’une épaisseur de 11 0/0 du diamètre total.

De même, on a pu remarquer que la plupart des bois de marine peuvent être classés par signaux et par espèces, d’après les côtés d’équarrissage mesurés au milieu et au petit bout avec une tolérance de 15 0/0 d’aubier à chaque angle. Or, on peut s'assurer aussi que pour que l’équarrissage au à° contienne 15 0/0 d’aubier à chaque angle, il faut que le diamètre sur franc bois soit les 77 centièmes du diamètre sur écorce, ou que l'épaisseur de l'écorce et de l’aubier soit au moins égale à 23 0/0 du diamètre total.

On voit, d’après cette observation, que l’épaisseur de l’écorce et de l’aubier, relativement au franc bois, joue un rôle important dans le classement des bois équarris et, comme cette épaisseur ne peut jamais être déterminée très-exactement tant que l'arbre est sur pied, il s'ensuit que les indications portées dans le 2° tableau ne peuvent être fournies que comme des données approchées. Ajoutons seulement que, pour tous les bois auxquels la Marine accorde la tolérance de 15 0/0 d’aubier sur l'équarrissage, ces indications sont plutôt au-dessus qu'au-dessous de la vérité.

ARTICLE I

Emploi des bois de chêne.

Nora. — Afin de faciliter l'étude et l'emploi des tarifs de recette de la marine, afin d’apprendre à distinguer sûrement les conditions que doit réunir une pièce de bois en grume pour être propre aux constructions navales, et la valeur particulière qu’elle peut avoir en raison de sa forme et de ses dimensions, nous allons indiquer l’emploi de chaque signal dans la construction d’un vaisseau, la place qu’il occupe dans la charpente du bâtiment et les qualités particulières que le bois doit offrir, selon lemploi auquel il est destiné. Dans cette nouvelle nomenclature, nous suivrons à peu près l’ordre dans lequel les divers signaux sont mis en œuvre.

$ I, — Emploi des pièces de quille, étambots, courbes d’'étambot, élraves et brions.

Quizze. — Pièce droite formant la base du bâtiment et placée dans son axe longitudinal. Elle reçoit les entailles des couples ou côtes qui composent la carcasse du navire. C’est sur elle que s'appuient, à l'avant et à l’arrière, l’étrave et l’étambot qui sont avec elle dans un même plan et dessinent les contours extrêmes du plan longitudinal. On superpose ordinairement sur la quille une contre-quille pour la renforcer, et sous la quille une autre pièce que l’on nomme fausse-quille. (P7. V, fig. 1; qg, quille; c qg, contre-quille; f q, fausse-quille.)

ÉramBorT. — Pièce droite qui se dresse à l'arrière

sur la quille de manière à former avec elle un angle plus ou moins obtus que l’on nomme quête. L’étambot porte les ferrures qui soutiennent le gouvernail. Il se relie à la quille par la courbe d'étambot, dont une branche est chevillée avec la quille et l’autre avec l’étambot. (PJ. V, fig. 1, étambot monté sur la quille : e {, éfambot; c e {, contre-étambot; fe t, faux-étambot; d, courbe d'étambot; q, chevilles.)

ÉTRAvE. — Pièce à forte courbure, formant l’avant du bâtiment; elle se relie à la quille par une pièce que l’on nomme brion. (PT, V, fig. 2, étrave montée sur la quille : e, éfrave; ce, contre-étrave; tm, talle-mer, 11 forme la base de la guibre qui termine le vaisseau à l'avant.)

Brion. — Pièce courbe, droite dans sa partie inférieure pour le prolongement de la quille et formant un coude dans sa partie supérieure pour ébaucher la base de l’étrave. (P/. V, fig. 2; b, brion; a, écart ou assemblage de la quille avec le brion ;

4, cg, f 9, comme dans la fig. 1.)

Toutes ces pièces doivent être en bois de chêne de la meilleure qualité, parce que ce sont elles qui ont à supporter le plus de fatigue dans la marche et la manœuvre du bâtiment. Elles doivent donc être exemptes de tous défauts et notamment de ceux qui seraient de nature à diminuer la force du bois, ou à occasionner des voies d’eau.

Le tarif de recette admet les quilles qui présenteraient un défourni (diminution sur l’équarrissage) au petit bout, pourvu que ce défourni n’existe que sur une des faces, et seulement sur une longueur égale au 4/6 de la longueur totale. Le motif de cette tolérance est que les pièces de quille doivent être entaillées sur une face pour s’assembler entre elles ou avec la courbe de brion par l’une de leurs extrémités. La même tolérance est admise pour l’une des faces de tour de l’étrave, en raison de son mode d’assemblage avec la branche du bricn. Quant à l’étambot, il est assujetti aux mêmes eonditions que la quille, sauf qu’il n’est pas toléré de défourni au petit bout; cette différence s’explique par son mode d’assemblage avec la quille (PI. V, fig. 1).

L’orme champêtre pourrait remplacer le chêne dans les pièces de quille et, en général, dans toutes les parties de la charpente qui sont sous l’eau. Mais cette précieuse essence est rare dans nos forêts et son prix est généralement supérieur à celui du chêne, bien que sa croissance soit beaucoup plus rapide (1). On en emploie cependant une quantité assez notable, dans les arsenaux de l’État, à la fabrication ou à la construction d’objets d'armement et, dans les chantiers du commerce, à la construction des navires de la marine marchande, des bateaux de pêche, etc. Ces bois proviennent ordinairement d’arbres plantés isolément dans des propriétés particulières, et ne présentent que rarement les dimensions et les qualités nécessaires aux grands emplois.

Les pièces de quille, élambots, étraves et brions sont rares dans nos forêts, du moins en première espèce.

(1) Le cahier des charges de 1857 autorise les fournisseurs de la marine à remplacer le chêne par l’orme champêtre dans la fourniture des pièces de quille de 17° et 2° espèces. On cite particulièrement en France le département du Nord, comme produisant des ormes propres aux grands emplois de la marine. |

$ II. — Emploi des varangues, genoux et allonges.

La membrure d’un vaisseau, autrement dit /es couples, se composent de différentes pièces énumérées ci-dessous et qui entrent dans leur assemblage suivant les formes qu’elles affectent. Ces formes leur sont imposées par le tracé du bâtiment à construire. En commençant par le bas, ce sont :

Les vARANGUES PLATES. — Pièces à une courbure qui s’entaillent par le milieu, se placent à cheval sur la quille, perpendiculairement à celle-ci, et s’étendent des deux côlés sur une certaine longueur, avec leur convexité par le bas. Ces pièces s’emploient dans la partie centrale.

Les DEMI-VARANGUES. — Pièces à une courbure accolées ou juxta-posées aux précédentes pour former le couple, lequel se compose, comme son nom l'indique, de deux plans de bois. Les demi-varangues se joignent bout à bout. — Les pièces qui forment les deux plans de chaque couples sont assujetties par des chevilles carrées en fer appelées gougeons. (PI, V, fig. 3, partie basse d’un couple du milieu d'un vaisseau à trois ponts : v p, varanque plate ; dv, demi-varanque placée devant ou derrière la varangue plate, dans le second plan de bois du couple ; g, quille; c, carlingue, pièce de bois placée parallèlement à la quille, à l’intérieur du bâtiment; //,

chevilles reliant la carlingue et la quille; À, gougeon.)

Les aexoux. — Ce sont des pièces à une courbure, placées à la suite des varangues et des demi-varangues dans les parties cintrées du couple. (PZ. V,

fig. 3, g, genou.)

Ees ALLONGES et les BOUTS D'ALLONGE. — Pièces à une courbure servant à compléter la formation du couple jusqu’à la partie supérieure du bâtiment. Cés pièces sont apposées bout à bout, les unes à la suite des autres, de manière que les joints ou écarts des pièces d’un plan correspondent à peu près au milieu des pièces de l’autre plan. (P/. VI, fig. 1. a, allonge; b a, bout d'allonge.)

Les VARANGUES ACCULÉES. — Ces pièces à une forte courbure s’emploient comme les varanques plates dans les parties moins plates de la cale des bâtiments. (P/. V, fig. 4, partie basse d’un couple de vaisseau vers les extrémités : v a, varangue acculée; 9, genou; c, carlhinque; q, quille.)

Les GENOUX DE REVERS. — Ce soni des pièces à deux courbures très-prononcées qui remplacent les varangues dans les parties aiguës de l’avant et de l’arrière. (P/ VI, fig. 1, coupe d'un vaisseau dans les parties fines et acculées : gr, genou de revers: c, carhinque; q, quille.)

Les ALLONGES DE REVERS. — Pièces à deux courbures qui remplacent les genoux dans les parties aiguës de lavant et de l'arrière. (P/. VI, fig. 1, a r, allonge de revers ; a, allonge; b a, bout d'allonge.)

En résumé, on voit que, perpendiculairement au plan qui passe par l’axe de la quille, s'élèvent une suite de fermes doubles, composées chacune de deux rang de pièces de bois appliquées les unes à côté des autres et chevillées solidement ensemble. Ce sont les couples dont l’ensemble forme la membrure du bâtiment. Entre deux couples, on laisse toujours un intervalle de quelques centimètres qu’on nomme maille. Ces vides rendent la charpente plus légère et facilitent la circulation de l’air et l'écoulement de l’eau entre les différentes pièces Que des contacts trop multipliés feraient pourrir très-rapidement.

Les pièces qui servent à former la membrure ou les couples des bâtiments de la marine militaire sont en bois de chène. Ce que l’on demande spécialement aux bois destinés à cet emploi, c’est d’être sains, nerveux, exempts de défauts qui pourraient engendrer ou favoriser la pourriture et, par suite, compromettre la solidité et la durée du bâtiment. On concoit en effet que les pièces les plus importantes, celles qui forment la partie inférieure des couples, sont d'autant plus exposées à s’échauffer et à pourrir qu’elles sont placées dans un milieu moins aéré, plus humide et plus chaud. Mais les fortes gercures, Îles fibres

torses (1), de légères roulures, les nœuds sains et les cavités qui proviennent du sondage des pièces, ne s'opposent pas à leur emploi dans cette partie de la charpente. Les fortes gerçures et les fentes sont, au contraire, un signe qui atteste la qualité de ces bois comme force et durée; seulement, pour prévenir les voies d’eau qu’elles pourraient occasionner, on prend la précaution de les calfater après que les pièces sont mises en œuvre.

Le tarif de recette ne dit pas que ces pièces puissent être admises avec un défourni, mais on lit dans le cahier des charges de 4857, article 24 : « Sauf les exceptions portées au tarif pour les pièces de quille, étambots, mèches de gouvernail, bittes, baux, barrots de gaillard et étraves, l’aubier et les défournis ou fiaches existant aux angles des pièces ne donneront lieu à aucune réduction, lorsqu'ils n’excèderont pas, à chaque angle, quinze pour cent de la largeur de la pièce à l’endroit correspondant à l’aubier ou au défourni, et lorsque d’ailleurs les faces seront saines et sans défectuosités. — Le défourni ou l’aubier se mesurera sur les faces des pièces et non diagonalement, » — Cette tolérance est extrêmement importante et nous la signalons comme facilitant beaucoup la fourniture des bois courbants les plus rares par leurs formes et leurs dimensions.

Parmi les bois qui entrent dans la construction de la membrure, se trouvent des pièces à très-forte courbure que l’on ne rencontre que rarement dans nos forêts, du moins en 4° et 2e espèces, parce que dans les exploitations nous avons une tendance générale à ne réserver que des arbres droits et d’un beau port, comme étant moins dommageables aux sous-bois par leur couvert. Il serait cependant d’un grand intérêt pour l'Etat d’élever, dans les futaies comme dans les taillis, des chènes propres à fournir des courbes et des courbants à la marine, en réservant spécialement ceux qui, placés sur la limite des forêts, sur les lisières des coupes, ou sur le bord des chemins, affectent les formes les plus rares et les plus recherchées.

(1) Voir au chapitre suivant les défauts et qualités des bois.

Les varangues acculées, les genoux et les guirlandes qui arrivent dans nos ports proviennent, pour la plupart, de chênes qui ont crû isolément. On voit beaucoup de ces chênes plantés en haie ou en bordure le long des fossés qui servent de limites aux propriétés, dans les départements de l’ouest de la France. De là le nom de bois de fossé ou bois champêtre que l’on donne, dans les ports, aux pièces de marine qui proviennent de ces arbres. Ces chênes sont souvent viciés pas suite des élagages répétés auxquels ils ont été soumis; mais, quand ils sont exempts de vices, leur bois est réputé de la meilleure qualité et valoir celui des chênes d’ftalie. Tels sont ceux qui proviennent du Calvados ou des contrées voisines, et ceux qui viennent des Landes et que l’on désigne plus spécialement sous le nom de boës de Bayonne (1).

$ Ill, — Emploi des baux, courbes de pont, guirlandes et courbes de jollereau.

Pour compléter la construction du bâtiment comme coque, on applique à l’intérieur et à l’extérieur des couples un revêtement de pièces de bois, juxta-posées longitudinalement, que l’on nomme Dordages et qui, avec les couples, forment la muraille du bâtiment. Ce revêtement prend à l’intérieur le nom de vaigrage, et les bordages sont alors des vargres. Les

(1) J’ai vu de ces chênes à Cherbourg et à Brest et j'ai élé frappé de leur qualité, comme force, et de la rapidité avec laquelle ils ont crû. Leur bois, dur comme de la corne, se prêterait mal à des ouvrages de fente; sa couleur est d’un blanc jaune rosé, et les couches concentriques annuelles atteignent souvent plus d’un centimètre d'épaisseur. Du reste, ces bois sont généralement courts, noueux, mal eonformés et fortement gercés; ils seraient d’un emploi difficile dans les constructions ordinaires et d’un mauvais usage comme sciages.

vaigres ordinaires se nomment vaigres de point ; les vaigres de plus forte épaisseur que l’on place dans les parties inférieures pour renforcer les fonds, se nomment vaigres d'empâture. (PI. V, fig. 3, v, vargres de point; ve, vaigres d'empâture.)

Le revêtement extérieur du vaisseau, ou la pose des bordages, n’a lieu qu'après le vraigrage ou le revêtement intérieur et l’établissement de la charpente des ponts. Cette charpente doit être très-solide, parce qu’elle sert à relier entre elles les membrures opposées de chaque bord, et parce que, dans les vaisseaux de guerre, les ponts sont surtout destinés à porter l'artillerie. Voici les principales pièces qui entrent dans cette construction.

Les Baux. — Ce sont des pièces à courbure légère que l’on place à l’intérieur du bâtiment, dans un sens perpendiculaire à la quille, pour recevoir les bordages ou planchers des ponts. Les baux s'appuient par leurs extrémités sur une sorte de corniche en bois que l’on nomme bauguière. Cette corniche est formée de forts bordages placés longitudinalement les uns à la suite des autres contre la membrure, et solidement chevillés avec elle. Les baux ont leur faxe convexe tournée vers le ciel, de manière à déterminer la forme en dos d'âne qu'il convient de donner à la surface du plancher des ponts, pour faciliter l'écoulement des eaux.

Dans les vaisseaux de guerre, on est souvent obligé de faire les baux de deux ou de trois pièces, à cause

de la grande disfance qu’il ya d’un bord à Pautre. De là, les dem:-baux qui arc-boutent l’un contre l’autre et sont assemblés et fortement reliés entre eux par des chevilles rivées où boulonnées.

Les baux qui sont destinés au pont supérieur ou pont des gaillards, prennent le nom de Garros de gaillard.

Les COURBES DE PONT. — Pièces courbes que l’on place aux angles des ponts avec les murailles ; elles sont formées par l'insertion d’une branche dans le tronc de l'arbre. Ces courbes ont chacune une branche chevillée avec un des baux et l’autre avec la membrure. Iles ont pour objet de maintenir lunion des ponts avec les parties latérales de la charpente. (PZ. VI, fig. 2, section d’un vaisseau à trois ponts, perpendiculaire à la quille : CV, couple du vaisseau; db, bordages; v, vaigres; v e, vaigre d’empâture; p b, plat bord; BG, barrot de gallard ; B P, bau de pont; D B, demi-bau ; bd p, bordages des ponts; f g, fourrure de qouttière, dans l'angle du pont avec la muraille; elle est percée d'ouvertures ou dalots servant à l'écoulement des eaux ; € p, courbe de pont; c p f, courbe de pont en fer; hr, hiloires renversées, placées dans toute la longueur du vaisseau pour relier les baux entre eux; ep c, épontille de cale servant à soutenir les nonts; e p, épontille de pont; e m, emplanture du mât; m, mât; b 2, bitte de pied de mât.) |

Les GuIRLANDES. — Pièces à forte courbure que

l’on emploie à l’irtérieur du bâtiment, à lPavant et à l'arrière, pour relier et solidifier les pièces de la membrure et empêcher l’écartement des bords.

La COURBE DE JOTTEREAU. — Pièce courbe, desti-

née à soutenir l’éperon saillant que porte l'avant du navire. L’une des branches du jottereau s'applique sur la membrure et l’autre sur cet éperon.

Les pièces que l’on emploie pour former la charpente des ponts sont : les baux, les demi-baux, les barrots de qaillard et les courbes de pont. Ces mêmes pièces servent aussi avec les guirlandes à relier et à solidifier les parties opposées des couples et à empêcher l’écartement des bords.

Les baux et les demi-baux entrent en très-grand nombre dans la construction de la charpente des ponts. On ne compte pas moins de 150 baux dans la charpente d’un vaisseau de premier rang. Le Montebello, vaisseau de 120, dont le modèle est à l'Ecole forestière, en porte 148. — Les baux et les demi-baux se font en bois de chêne, ou en bois de pin sylvestre du Nord, de pin Laricio et de pin des Florides. Mais la plus grande partie des bäux sont en bois résineux, et l’on n’emploie le chêne à cet usage que daus les ponts inférieurs et dans les parties de la charpente des autres ponts qui supportent le plus de fatigue, ou qui sont le plus exposées aux causés de destruction. La raison de la préférence que l’on donne au pin sur le chêne dans cet emploi, e’est que le pin étant plus léger que le chêne charge moins le bâtiment, et que d’ailleurs il dure et résiste au moins autant que le chêne lorsqu’il est mis en œuvre dans de bonnes conditions. On emploie aussi le pin en demi-bau, mais plus rarement que le chêne, parce que les chévilles qui servent à relier

les deux parties d’un bau tiennent moins bien dans le bois résineux.

Les baux de chêne de 1'° et 2° espèces sont assez rares dans nos forêts, parce que ce sont des pièces de grande longueur, d’un fort équarrissage et dont la courbure doit être très-régulière. Ceux de pin sylvestre étant souinis aux mêmes conditions, quant aux dimensions, à la forme et à la qualité des pièces, seraient aussi très-difficiles à trouver, surtout à cause des dimensions de l’équarrissage ; mais, jusqu’à présent, on n'en a point cherché dans les pineraies de France, sauf en Corse où les forêts de Laricio fournissaient naguère, sous ce rapport, de précieuses ressources à la marine.

Les baux étant des pièces de longueur, pour lesquelles on n’admet ni défourni, ni tolérance d’aucune sorte en ce qui concerne la qualité du bois, ne pourraient être fournis en grande quantité que par des arbres élevés en massif de futaie. Mais les bois qui viennent en futaie pleine n’atteignent pas toujours, à l’âge marqué par la révolution, les dimensions nécessaires pour suffire aux conditions d’équarrissage des pièces de marine de 1°° et même de 2e espèce. Tout au plus trouve-t-on aujourd’hui, dans les massifs de futaie de chêne ou de pin, des arbres qui, à l’âge d’exploitation, ont les dimensions nécessaires pour donner des barrots de gaillard. — Pour obtenir des arbres qui offrissent ces grandes dimensions à l’époque de leur exploitation, il faudrait que les futaies de chêne et de pin sylvestre fussent éclaircies beaucoup plus fortement qu’on ne le fait d’habitude, à partir du moment où les arbres ont atteint toute leur croissance en hauteur de füt (1); ou bien il faudrait, qu’au moment des coupes de régénération, on fit une réserve assez importante des arbres qui, par leurs formes et leur état de végétation, pourraient fournir, au bout d’un temps plus ou moins long, des

(4) Voir le Cours de culture des bois de MM. Lorentz et Parade. Livre 5°, chapitre 2°, article IE et XIV.

pièces de 1° et 2° espèces aux constructions navales (1). Sans cela, les baux de chêne, de même que les quilles et les autres bois droits de 1** et 2° espèces, seront toujours fournis en grande majorité par des arbres élevés sur taillis, lesquels ne peuvent jamais donner, à nombre égal, la même quantité (parce qu’ils sont souvent viciés ou mal conformés) de bois droits propres aux grands emplois, que des arbres de mêmes dimensions venus en futaie (2).

Les courbes de pont sont en bois de chène; ces pièces sont assez difficiles à trouver, du moins en quantité suffisante pour les besoins de la marine, aussi les remplace-t-on généralement aujourd’hui par des courbes en fer. Ces courbes ont aussi l’avantage d’occuper moins de place dans l’intérieur du bâtiment que les courbes de pont en bois; par contre, elles n’ont pas autant d’élasticité.

Le plancher des ponts se fait en bois de chêne et de pin. Les planches qui servent à cet usage recoivent le nom de bordages de pont. Leur largeur varie de quinze à vingt centimètres, leur épaisseur de quatre à douze centimètres. Les ponts et les faux ponts sont tout entiers bordés avec du pin, à l’exception de la partie voisine des bords, sur laquelle roulent les canons dans la manœuvre, qui est bordée avec du chêne. On évite aussi d’employer du bois susceptible d’un très-beau poli, le pin des Florides par exemple, pour border le pont des gaillards, parce qu'il

devient trop glissant.

(4) Voir le Cours de culture des bois de MM. Lorentz et Parade, Livre 5°, chapitre 22, article III,

(2) Dans la construction de la nouvelle flotte blindée, la Marine a généralisé l’emploi du fer, et les baux sont en fers laminés à double T.

$ IV. — Emploi des plançons, pièces de lour, préceintes et bois à deux bouges.

PLancons. — C'est dans Je but de se procurer des bordages de toutes dimensions que la marine recherche les plançons, pièces droites ou ayant peu de courbure que l’on débite à la scie dans les arsenaux.

Pièces pe Tour. — Ce sont des pièces à une courbure, destinées à être employées comme bordages à l'avant et à l'arrière, et à former les joues et les hanches du bâtiment. Les pièces de tour sont aussi employées comme les guirlandes.

PRÉCEINTES. — Ce sont des bordages de plus fortes dimensions que le reste du -revêtement, que l’on place à la hauteur des ponts et qui doivent recevoir les ferrures qui servent à la manœuvre des canons. (PI. VL, fig. 2.p, préceintes ; b, bordages; v, vaigres.)

Les préceintes de tour sont celles que l’on emploie à l'avant et à l'arrière; elles ont.une courbure plus forte que celles qui s'appliquent dans la partie centrale de la muraille.

Bois À DEUX BOUGES. — Ce sont des pièces à deux courbures dans deux plans différents, que l’on emploie comme les préceintes, ou dont on se sert pour dessiner la forme extérieure de l’arrière du vaisseau.

(PI. VII, fig. 1, coupe longitudinale de la muraille d’un vaisseau faisant voir le boisage : c, cou-

ples ; P R, préceintes ; P B, plat bord; S 1, sabords de la 1° batterie : S 9, sabords de la 2° battere; S 3, sabords de la 3° batterie; S G, sabords des qaullards ; m, maille où écart de deux couples.)

Les plancçons, les pièces de tour, les préceintes de tour et les bois à deux bouges sont des signaux qui servent au bordage intérieur et extérieur du bâtiment. Ces pièces s’emploient entières, ou refendues à la s£ie en madriers plus ou moins épais, selon la place qu'ils doivent occuper. Les hordages les plus épais, après les préceintes, sont ceux qui occupent la partie la plus évasée de la coque; les autres vont en diminuant d’épaisseur en se rapprochant de la quille ou du plat bord.

La plus grande partie des bordages sont en bois de chêne ; Les uns proviennent du débit des pièces que nous venons d’énumérer, les autres nous arrivent tout façonnés des provinces de la Baltique, et sont soumis aux conditions de recette indiquées dans le tarif ci-après.

Tarif spécial de recette des bordages de chène de la Baltique.

mn ue LR

PORTS LONGUEUR MINIMUM DE |ASSORTIMENT de de 7" meer lensemble de chaque PROVENANCE. | Minima. |[Moyenne. |Largeur.| Epaisseur. | fourniture. décim. | décim. |centim. | centim.

AO 96 28 10à12 | 5/9), = Dee. vo 96 | 24 |10à12 | 1/95) 70 ss ira ae Steutin. 70 85 | 24 | 5à19 Memel …. . .. de 28 L : 7 Kæœnigsberg 1 54 85 | 22 | 5 à 7 1/2

44h EMPLOI DES BOIS DE CHÈNE.

Le pin sert aussi quelquefois à cet usage, mais seulement dans les parties voisines du plat bord. On prétend même que le pin sylvestre ou du Nord de bonne qualité, le pin des Florides et le mélèze pourraient être employés comme bordages dans les parties basses de la coque, sous l’eau, et qu’ils feraient

“un aussi bon usage que le chêne. Mais ces bois deviennent trop

rares pour recevoir cet emploi en grand. Il serait donc d’un grand intérêt pour notre pays d'arriver à produire en France du pin sylvestre qui püt remplacer celui que l'on fait venir des provinces de la Baltique, pour les besoins de la marine impériale. Nous avons vu une quantité considérable de bordages de pin dans les magasins de Cherbourg, et nous pouvons affirmer qu’ils ne sont pas supérieurs en qualité à ceux que l’on pourrait tirer des forêts de Bitche et de Haguenau. Mais nous reconnaissons que ces forêts, dans l’état actuel de leurs peuplements, ne pourraient fournir que des quantités peu importantes de ces bois, parce que la largeur des bordages de pin exige que les arbres dont ils proviennent aient des dimensions en diamètre, défalcation faite de l’aubier, que l’on ne rencontre pas communément dans les conditions actuelles d’exploitation des pineraies de ces contrées. On en jugera du reste par l’extrait que nous donnons ci-après du tarif général de recette des bois de marine.

Tarif spécial de recette des bois résineux de la Baltique.

LONGUEUR ie | moyenne suivant] LARGEUR = & | L Z Z.

DÉSIGNATION | concueur. IRAEQTenAnses, ou = 5 Re sjulre Des pièces. | minima. | 5 | .= © = |oauèrre. | & = Seb Es 2IUUE s |%;= S|= | minimum. = an ne décimètre.ldéc| déc. |[déc| centim. \centim.

Bilions ronds... 70 85| 85 85| 928 »

Poutres à huit pans dites à la hollandaise. . 50 76| 76 76 26 26 Poutres/1r° clas. 54 85, 85 8) 28 28 carrées è dites à l’anglaise .|22 clas. 54 85| 85 85 26 26 [se] . ° Æ | d SIÈSE = = a | Z = = = AlFSa = |S | Bordages et 5, 6, 7 bouts de borda- 7 1/2,8 DES SES de ue ...(90! 54 |110! S5 60| 20 | 26 (81/2, 9] (2) 10, 11 je | |

Les plançons, les pièces de tour, les préceintes de tour, les bois à deux bouges doivent être exempts de tous défauts, tels que la roulure, la gélivure, la torsion des fibres (3), etc., qui

(1) Les tolérances à l’égard de l’aubier, des nœuds et des fentes seront indiquées dans le cahier des charges.

(2) Les cahiers des charges fixeront les proportions suivant lesquelles les bordages de chaque épaisseur devront entrer dans les fournitures : ne pourront être classés comme bordages ceux où le cœur serait compris entre les deux faces, ou marqué sur les deux faces, ou même marqué sur une seule face, s’il pénètre jusqu’au milieu de l'épaisseur.

(3) Voir au chapitre suivant les défauts et qualités des bois.

ne permettraient pas le débit en bordages. On conçoit, en effet, que les bordages qui proviendraient du débit d’un bois tors ou virant n’auraient pas toute la solidité désirable, parce que, dans le sciage des pièces, les fibres seraient coupées à plusieurs endroits et perdraient beaucoup de leur force. Mais, pour les pièces de chêne que l’on doit employer comme bordages, on n’exige pas que le bois soit aussi dur, aussi nerveux que pour les autres parties de la membrure, parce que les bois très-nerveux sont les plus disposés à se fendre, et que les grosses fentes pourraient occasionner des voies d’eau.

Le hêtre peut aussi servir au bordage extérieur des bâtiments, mais seulement dans la partie de la coque qui est sous l’eau. Le vaisseau le Conguérant qui a été construit sous le premier Empire et qui a été démoli depuis peu d’années, était bordé avec du bois de hêtre qui a fait un très-bon usage. Le défaut que l’on reproche surtout au hêtre, c’est qu’il se voile beaucoup quand il est mis à sec, et que son bois se pique et s’altère promptement quand il est exposé aux alternatives de sécheresse et d'humidité. On avait espéré pouvoir remédier à cet inconvénient en employant du hêtre injecté et quelques bâtiments de transport ont été bordés d’un côté en chêne et de Pautre en hêtre injecté. Mais il a été reconnu que le sulfate de cuivre ne se fixe pas dans le hois à l’état de combinaison; l’eau de mer, qui filtre toujours en plus ou moins grande quantité par les murailles du bâtiment, l’entraîne avec elle dans le fond de la cale, et y produit une atmosphère toxique, dangereuse pour la santé de l’équipage.

$ V. — Emploi des bites, mèches de gouvernaïl, jas d'ancre.

Les grrtes sont des pièces droites qui sont fixées debout à peu de distance des mâts. Ces pièces sont garnies de trous, de ferrures et de rouets pour la

manœuvre des mâts supérieurs et des vergues.

BV 9.2. 0 1, bitte.)

La MÈCHE DE GOUVERNAIL. — Pièce principale qui recoit le trou dans Îcquel passe la barre destinée à manœuvrer le gouvernail. (P/. VII, fig. 2, gouveruail de vaisseau : M G, mèche de gouvernail; a, trou de la barre ; b, entailles pour les ferrures destinées à porter le gouvernail.)

Le as D’ANCRE. — Pièce à faible courbure embrassani la verge de l’ancre au-dessous de l’organeau. Dans l'emploi, le jas d’ancre se compose de deux pièces de bois juxta-posées perpendiculairement au plan des becs, et destinées à empêcher l’ancre de tomber à plat au fond de la mer quand on mouille.

Les POUTRES, SOLIVES ET ACCORES sont des signaux de déchéance provenant de bois viciés ou fendus. — Les accores en particulier servent à soutenir le bâtiment sur cale pendant sa construction.

De toutes les pièces de bois qui sont employées dans les constructions navales, la mèche de gouvernail est celle qui présente le plus fort équarrissage. De plus la pièce doit être tout à fait droite et sans défourni, le bois sain, nerveux, exempt de tout défaut et particulièrement de la torsion des fibres. C’est dire combien ces pièces doivent se rencontrer rarement dans nos forêts; cependant, on ne voit pas dans le cahier des charges au due aux fournitures de la marine que ce signal se paie

avec prime, comme les quilles et les étambots de 4'° espèce, ou comme les courbes de 14'° et 2° espèces. Cela tient peut-être à ce que la mèche de gouvernail peut avoir une tout autre forme que celle qu’on lui voit dans la figure 2, PI. VIL, surtout depuis la modification que l’on a dû apporter à la construction de l’arrière dans les bâtiments à hélice, et à l’usage qui s’est introduit depuis peu de substituer le fer au bois dans la partie supérieure de cette pièce.

ARTICLE III

Bois résineux.

$ I. — Des résineux qui servent aux constructions navales.

La marine emploie dans ses constructions une quantité considérable de bois résineux parmi lesquels figurent au premier rang les pins sylvestre, laricio et des Florides.

Le sapin et l’épicéa ne sont employés dans la marine militaire qu'à des ouvrages de menuiserie. Ces bois proviennent, pour la plus grande partie, des provinces de la Baltique (Russie, Suède et Norwége), et sont fournis à nos ports sous la forme de billons ronds, de poutres équarries à quatre ou à huit pans et de planches de diverses dimensions.

Le mélèze est peu employé parce qu’il est rare, et qu'il est surtout assez difficile de s’en procurer qui ait des dimensions convenables. Les bois de cette essence qui arrivent dans nos ports proviennent de l’Adriatique et sont connus sous le nom de mélèzes de Trieste. Le mélèze peut servir à des

emplois importants tels que baux, barrots de gaillard et bordages, quand il a des dimensions suffisantes et qu’il est de bonne qualité.

Le pin sert à faire des baux, des demi-baux et des barrots de gaillard qui sont assujettis aux mêmes conditions de recette que les baux et barrots de chêne. li est aussi très-recherché pour bordages, mais son emploi spécial et essentiel c’est la mâture. Le pin sert exclusivement à la mâture des bâtiments de la marine militaire, parce que de tous les bois résineux le pin est le plus résistant (1), le plus élastique et le plus durable. On le préfère au sapin, dont on fait usage cependant dans la marine du commerce, parce que le bois de sapin ne renfermant pas de résine se dessèche promptement et profondément, qu'il est sujet à s’échauffer, à se pourrir et dure peu, parce qu’il est moins élastique et que les mâts de cette essence ne se redressent pas exactement, comme ceux de pin, quand ils ont été courbés sous l’action d’une pression forte et quelque

(4) Ge qui fait la véritable supériorité du pin sur le sapin, c’est la résine concrète qui imprègne ses tissus et le garantit contre toutes les causes de destruction dont sont plus particulièrement menacés les bois prompts à se dessécher. Quant aux autres qualités, des expériences faites en 1846, par une commission composée de forestiers et d’ingénieurs civils, militaires et maritimes, ont consialé que les sapins des forêts du département de l’Aude, arrondissement de Limoux, offrent une plus grande force de résistance ou de tenacité que les autres bois résineux (le pin des Florides excepté), tels que le pin du Nord, le pin du Canada, le mélèse de Trieste, l’épicéa et le sapin de Trieste que l’on emploie dans les chantiers de la marine à Toulon.

peu prolongée. Mais les pins que nous produisons en France n’ont ni les dimensions, ni les formes, ni les qualités de bois réclamés pour la mâture, et jusqu’à présent on a préféré pour cet usage le pin sylvestre du nord de l’Europe, le pin des Florides (pinus australs), et le pin laricio ou de Corse.

Le pin laricio peuple des étendues considérables en Corse et ses excelientes qualitéssont bien connues de nos constructeurs. À son sujet, on lit ce qui suit, dans un mémoire adressé à M. le Ministre de la Marine par un ingénieur qui fut chargé, vers 1845, de parcourir les forêts de la Corse et de faire connaître approximativement les ressources qu’elles peuvent offrir aux constructions navales : « Le pin » laricio croît dans des sols granritiques très-peu profonds, son grain est fin et serré, ses couches » annuelles sont étroites, ce qui est le caractère (1) » des bois de bonne qualité; son tronc très-droit » parvient à une très-grande élévation sans branches » et semble destiné par son port à la mâture; la résine y est abondante, ce qui lui assure de la flexibilité et de la durée. Son aubier varie de 20 à » 30 centimètres sur le diamètre et, dans certaines » localités, il n’est que de 8 à 10 cent. » — L'auteur de ce mémoire ajoute que, dès 1787, on tira de la

(1) Un bois résineux dont le grain est fin et serré est généralement de bonne qualité, mais on n’en peut pas dire autant de tous les bois dont les couches annuelles sont étroites, car pour le chêne notamment, plus son accroissement est rapide, toutes circonstances égales d’ailleurs, plus son bois a de qualité.

Corse un grand nombre de mâts des plus fortes dimensions, et que pendant 10 ans, de 1812 à 1822, les pins de Corse suffirent à lPelimentation du port de Toulon. Enfin, dans ces dernières années, on a constaté que ces forêts renfermaient encore un bon nombre d'arbres propres à donner des mâts, des mâtereaux, des plancons, des baux et des espares. La difficulté est de sortir ces bois des forêts qu'ils peuplent et de les amener jusque dans les ports d'embarquement de la Corse. Or, en tenant compte des dépenses que coûterait l'établissement des routes nécessaires à la vidange de ces produits, et en affectant cette dépense uniquement à la produchon forestière actuelle, on a calculé que ces bois rendus à Toulon coùteraient à l'Etat moins cher que ceux qu'il fait verir du nord de l’Europe et des Florides, On va même jusqu’à affirmer que si ces forêts étaient convenablement traitées et aménagées, leurs produits suffiraient aux approvisionnements de nos arsenaux en bois résineux, et notamment en mâtures qu’il est si difficile de se procurer à présent, et dont la rareté augmente tous les jours.

En présence de ces faits, nous croyons utile de faire connaître les conditions générales que doivent présenter les bois résineux dont on se sert pour la mâture dans les constructions navales.

$ Il. — Proporlions el classement de la mâture par degré de qualité el d’utililé.

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