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DES QUALITÉS ET DES DÉFAUTS DES BOIS D OEUVRE

ARTICLE lÎ.

De la structure des bois.

Après avoir énuméré dans les chapitres précédents les qualités que l’on exige des bois de marine, et les défauts ou les vices particuliers dont doivent être exempts les bois destinés aux différentes parties de la construction d’un vaisseau, nous allons indiquer les moyens d'apprécier les qualités diverses des bois d'œuvre en général, nous ferons connaître ensuite la nature des défauts ou des vices qui portent atteinte à leur organisation.

Comme tous les corps organisés, les bois sont soumis à toutes les vicissitudes de la vie. Tant qu'ils végèlent, ils sont exposés à des accidents et à des maladies qui peuvent altérer leur constitution et, quand ils sont morts ou abattus, ils se décomposent plus ou moins lentement, selon leur qualité, sous l'influence de l'air, de la chaleur et de ‘humidité. Pour pouvoir apprécier les qualités diverses des bois et se rendre compte des causes d’altération et de

destruction auxquelles ils sont exposés, il faut remonter à leur constitution anatomique.

Le bois est intimement composé de cellulose (1) et de Zignine. I renferme en outre des principes minéraux qui, par la combustion, donnent de 1 à 5 p- 0/0 de cendres.

La cellulose constitue les membranes propres de tous les tissus élémentaires, dans les cavités desquels sont renfermés des principes divers, fécule, sucre, gomme, matières azotées éminemment fermentescibles.

La Zgnine ou lgneux est un principe toujours lié à la cellulose. C’est la matière qui incruste la cellulose des organes élémentaires pour constituer le bois.

« Le bois est formé de couches annuelles, dispo- » sées concentriquement autour de la moelle, dont » les plus extérieures sont les plus récentes. Chaque couche ligneuse peut ètre formée de fibres, de parenchyme lgneux, de canaux résinifères, de vaisseaux disposés en faisceaux longitudinaux, entre lesquels s’interposent les rayons médullaires » qui se dirigent de la moelle à l'écorce. Les fibres » et les rayons ne manquent jamais et constituent souvent à eux seuils le bois (conifères). Les vais- » seaux ne se rencontrent que dans les bois feuillus, les canaux résinifères que dans les conifères. Le

(1) La cellulose est un principe immédiat neutre, c’est-à-dire, dans lequel l'hydrogène et l’oxygène sont dans les proportions nécessaires pour former de l’eau. — La lignine est un principe surhydrogéné.

parenchyme ligneux fait souvent défaut. Tous ces tissus ont leurs parois composées de cellulose. Ces parois de cellulose sont elles-mêmes incrustées plus ou moins de lignine.

» Les différents éléments du bois ne sont pas toujours uniformément répartis et de forme constante dans l'épaisseur d’une même couche; en général, ils déterminent au bord interne de celleci un tissu plus lâche et plus mou que celui du bord externe. On appelle Ooës de printemps et bois d'automne, ces deux régions habituellement différentes d’une même couche, en raison de la saison dans laquelle chacune d’elles s’est principalement développée.

» Les fibres constituent essentiellement la masse du bois et ne manquent jamais; elles en forment la partie la plus compacte que l’on dirait pleine à l'œil nu. Elles varient suivant les essences en longueur et en diamètre; leurs parois peuvent être plus ou moins épaisses, jusqu’au point d’obstruer presque entièrement leur cavité centrale; elles sont tantôt uniformément réparties les unes à côté des autres, tantôt groupées en faisceaux droits et parallèles entre eux ou plus ou moins ondulés. C’est en partie de ces circonstances que résultent les bois durs et les bois tendres, ceux à grain fin ou à grain grossier, ceux qui sont aptes à la fente et ceux qui y sont impropres.

» Les varsseaux sont disséminés longitudinalement au milieu du tissu fibreux; ils ne se trouvent

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pas nécessairement dans tous les bois. [ls manquent complétement dans les conifères. Généralement d’un plus gros diamètre que les fibres et à parois plus minces, ils sont le plus souvent visibles à l'œil nu, surtout sur une section transversale où ils apparaissent sous forme de trous. Les vaisseaux existent toujours dans les bois feuillus.

» Les canaux résinifères s'observent chez beaucoup de conifères et manquent dans les bois pourvus de vaisseaux dont ces canaux paraissent être les représentants; ils sont composés d’une cavité étroite, longitudinale, rayonnanie et entourée d’une couche de cellules d’une nature spéciale, très-petites, délicates et serrées. À l'œil nu, ils apparaissent sur la tranche du bois sous forme de perforations analogues à celles des vaisseaux; et vus sur le fil, ils représentent de petites lignes longitudinales brunes ou rougeâtres, en raison de la résine concrète qui s’y trouve accumulée.

» Les canaux résinifères sont très-apparents dans les pins et le mélèze; ils sont très-rares et peu visibles dans l’épicéa ; dans le sapin, le cèdre, les genèvriers, l'if, on ne rencontre plus que quelques cellules résinifères disséminées dans le bois. » Les rayons médullaires apparaissent sur la tranche du bois sous la forme de lignes rayonnantes plus ou moirs longues; suivant le fil, ils déterminent des taches nacrées, des maillures plus foncées ou plus claires que le bois. La forme, la grandeur et le nombre de ces maillures dépen-

dent de la direction du débit, de la hauteur des rayons, de leur nombre. Elles sont les plus grandes possible, quand le bois est coupé dans la direction des rayons eux-mêmes, c’est-à-dire, quand il est

débité sur maille ; elles sont les plus petites possible

au contraire, quand le débit est perpendiculaire à ces mêmes rayons.

» Les rayons médullaires sont plus ou moins apparents à l’œil nu, mais ils ne manquent jamais. Leur longueur est très-variable dans un même bois, mais leur direction est toujours perpendiculaire aux couches qu'ils traversent.

» La couleur du bois est sujette à quelques variations Suivant le sol, l'exposition, l'altitude, le climat. Tous les bois sont blancs dans leurs premières années, même l’ébène. En général ils ne conservent pas cette couleur. Le dépôt de lignine qui, en incrustant leurs tissus, les solidifie, et de l’état d'aubier les fait passer à l’état de bois parfait, est généralement accompagné d’un dépôt de matière colorante, spéciale pour chaque espèce, de sorte que souvent la coloration plus ou moins foncée d’un bois est un indice d’une lignification plus complète. Cependant il est des espèces dont la lignine n’est associée à aucune matière colorante, et dont la solidification ou transformation d’aubier en bois parfait se fait sans qu’il se produise de changement de couleur; ces bois restent blancs : charmes, érables, etc. Chez d’autres, il ne se produit en quelque sorte jamais de bois parfait : bois blancs. :

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