DE L'ESTIMATION EN MATIÈRE DES BOIS SUR PIED
ARTICLE I
Généralités.
L’estimation en matière des bois sur pied est une opération qui peut avoir pour objet : ou de calculer la possibilité d'une forêt, c’est-à-dire, de fixer en bloc la quotité, en mètres cubes, des produits de toute espèce qu’elle peut fournir annuellement ; ou de déterminer le volume des produits de chaque espèce abandonnés à l'exploitation dans une coupe à vendre sur pied.
Une coupe est une étendue déterminée dans une forêt pour y abattre le bois en totalité, ou avec réserve d'un certain nombre d'arbres. Asseoir une coupe, ou faire l'assiette d'une coupe, c’est désigner son emplacement.
Dans les futaies, la possibilité des coupes principales s'établit par volume et s'exprime en mètres cubes. La possibilité des coupes d'amélioration se
fonde sur /4 contenance et s'exprime en unités de surface. — La détermination de la possibilité par volume consiste à évaluer pour un temps limité, ordinairement une période de la révolution, le volume actuel des bois à abattre, en coupes principales, et le volume dont ces bois s'accroîtront jusqu'au moment de leur exploitation. La somme du volume actuel et du volume futur, divisée par le nombre d'années de la période, exprime la possibilité ou le nombre de mètres cubes à exploiter chaque année, en coupes principales, pendant la durée de cette période. La recherche de la possibilité principale des futaies comprend donc deux opérations &'<tinctes : l’estimation du volume actuel, et le calcu! du volume futur des bois à abattre dans un temps donné. Dans la pratique, ce travail se complique en outre de détails particuliers à chaque forêt et d’expériences d’accroissement qui sont plus spécia!ement du ressort de l'aménagement (1). Nous n’aborderons pas ici l’examen des procédés dont on se sert pour calculer l’accroissement futur des bois ; nu nous bornerons simplement à dire, dans le cours de ce chapitre, comment on procède à l'estimation du volume actuel des bois à comprendre dans le calcul de la possibilité des futaies, et comment on doit appliquer cette possibilité dans l’assiette et lestimation des coupes annuelles à vendre sur pied. Dans les taillis, la possibilité des coupes princi-
(4) Voir notre Cours d'aménagement.
pales s'établit par contenance. Elle s'exprime en unités de surface et s'obtient en divisant l'étendue totale de la série par le nombre d’années de la révolution. Chacune des. coupes à exploiter successivement a, par conséquent, la même étendue, et ses limites sont fixées à l’avance sur le terrain ; mais les produits de chaque coupe ne sont pas assujettis, comme dans les futaies, à un rendement déterminé.
Chaque année, les agents forestiers, chefs de service, dressent un état des coupes à exploiter dans leur circonscription pour l'exercice suivant, quelquefois même pour deux exercices. Ce tableau 1indique la nature des exploitations à faire dans chaque coupe, la quotité en mètres cubes des produits à lournir par les coupes dont la possibilité est basée 1? le volume, et l'étendue que l’on veut donner à elles qui s’exploitent par contenance. — Ce tableau, auquel on donne le nom d’£fat d'assieite des coupes, est soumis à l’examen et à l’approbation de l'Administration centrale, qui contrôle et quelquefois modifie les propositions qu’il renferme, et le renvoie ensuite aux Agents chargés de la direction des opé-
ons forestières.
n terme de métier, on comprend sous le nom d'opérations de riartelage celles qui ont pour objet la désignation des arbres à réserver ou à exploiter dans les coupes, et l'estimation en matière des bois à vendre sur pied.
Dans les coupes de taillis, les arbres ou baliveaux de toutes catégories que l’on veut réserver sont
marqués, à la racine ou au pied, du marteau de l'Etat, savoir : les baliveaux de l’âge et les anciens, d’une seule empreinte; les modernes, de deux empreintes sur deux blanchis; cela s'appelle #arteler, marquer où baliver en réserve. L’estimation en matière des bois abandonnés à l’exploitation se fait en même temps que le balivage, ou immédiatement après.
Dans les coupes de futaie, on balive tantôt en réserve, comme dans les taillis, et tantôt en délivrance. Le balivage en délivrance consiste à marquer sur deux blanchis, l’un au corps et l’autre à la racine, les arbres qui doivent être exploités. Soit que l’on marque en réserve ou en délivrance, on procède en même temps à l'estimation des arbres abandonnés, afin de pouvoir arrêter le martelage et les limites de la coupe aussitôt que le volume des arbres désignés pour être abattus atteint le chiffre de la possibilité.
Les principaux procédés qui sont employés dans la pratique des estimations sont au nombre de quatre, savoir :
L’estimation par le comptage et le cubage individuel des arbres;
L’estimation à vue d’œil et par pied d'arbre;
L’estimation à vue d'œil, par hectare ou par virée ;
L’estimation par places d’essai.
ARTICLE Il.
De l'estimation par le comptage et le cubage individuel des arbres.
$ I. — Exposé de la méthode. .
Ce mode d’estimation trouve son application ja plus importante, et un emploi à peu près exclusif, dans le calcul de la possibilité par volume des coupes principales de futaie. Dans ce cas, étant connue la surface à parcourir par ces coupes dans un temps déterminé, on dénombre tous les arbres à exploiter en mesurant le diamètre de chacun d’eux, et on les classe par catégories, dont chacune renferme tous ceux qui ont sensiblement la même hauteur et dont les diamètres sont compris entre des limites assez rapprochées, 07,20 à 0°,25, 0°,25 à 0°,30, par exemple; on détermine par des expériences le volume moyen, ou volume type, d'un arbre pour chaque classe de diamètre, et on multiplie ce volume type par le nombre d’arbres appartenant à la même catégorie. Faisant ensuite la somme de tous ces produits, on obtient le volume actuel total des bois à abattre en coupes principales dans un temps donné et, quand on ne veut pas tenir compte du volume futur dans le calcul de la possibilité annuelle, on la déduit immédiatement de ce matériel total en le divisant
par le nombre d’années qui devra être employé à le réaliser.
Cela posé, nous allons voir comment on peut procéder au mesurage des dimensions de la tige des arbres, au calcul du volume réel des arbres types et, subsidiairement, aux expériences qu'il est toujours utile de faire à l’occasion de la recherche de la possibilité des futaies.
$ IT. — WMesurage des dimensions de la tige des arbres.
Les dimensions que nous avons besoin de connaître sont, avons-nous dit, la grosseur et la hauteur des arbres. La grosseur s'exprime par la circonférence ou le diamètre mesuré à hauteur d'appui, 1 m. ou 1°,33 du sol ou, pour mieux dire, à l'endroit où la tige commence à prendre sa forme régulière. La mesure de la circonférence est plus rigoureuse que celle du diamètre, maiselle est plus difficile à prendre exactement, et l’usage a généralement prévalu, surtout dans les comptages qui ont pour objet la détermination de la possibilité des futaies, de mesurer les diamètres avec le compas forestier.
Pour mesurer exactement la circonférence, on enroule le ruban gradué autour de l'arbre, de manière à figurer une section perpendiculaire à l’axe. À cet effet, on fixe avec une pointe l'extrémité ou le zéro du ruban sur l'écorce, puis on le déroule et on l’applique sur la tige en faisant le tour de l'arbre.
Le mesurage des diamètres avec le compas forestier est plus expéditif, mais pour faire un emploi convenable de cet instrument, il y a plusieurs pré-
cautions à prendre. D'abord il faut s'assurer de sa bonne confection, en ce qui concerne l’exacte graduation de la grande règle et le jeu régulier de la règle mobile. Il faut en outre, dans le maniement de l'instrument, que la grande règle soit toujours appuyée contre le corps de l'arbre et perpendiculairement à son axe. L’instrument ainsi plagé, on fait mouvoir la règle mobile de manière à serrer légèrement le corps de l'arbre entre les deux petites règles; on lit alors une première fois la mesure du diamètre sur la grande règle, puis une seconde et une troisième fois, en présentant l'instrument sur toutes les faces de l'arbre, et on prend la moyenne entre ces différentes mesures pour la grosseur ou le diamètre de l’arbre à sa base. La grande règle étant divisée en centimètres, le mesurage des diamètres avec le compas forestier peut se faire de centimètre en centimètre, ou de deux en deux, ou de cinq en cinq centimètres, selon le degré d’approximation que l’on recherche. Mais lorsqu'on opère de cinq en cinq centimètres, 1l est bon, pour éviter les erreurs de lecture, de faire correspondre les chiffres 10, 15, 20, 25, etc., aux graduations 7 1/2, 12 1/2, 17 1/2, 22 1/2 centimètres de la grande règle. Cette précaution est surtout utile lorsqu'on opère sur une grande échelle, par exemple dans les comptages de possibilité, et que l’on est obligé de confier l’opération à des ouvriers ou à des subordonnés peu intelligents où peu soigneux. On preud d’ailleurs, contre ces ouvriers, toutes les mesures nécessaires
pour assurer la fidélité et la bonne exécution de leurs opérations.
Jusqu’à présent, nous ne nous sommes occupés que du comptage des arbres et du mesurage des diamètres, Or, il est bien clair qu'avant de les classer d’après leurs diamètres, pour appliquer le même volume type à tousfceux d'une même catévorie, il est nécessaire de tenir compte de leur hauteur. On comprend, en effet, que suivant les terrains et les autres conditions de la végétation, les arbres de même essence et de même diamètre peuvent avoir des hauteurs très-inégales et, par conséquent, des volumes bien différents. Si donc on tient à calculer la possibilité avec quelque approximation, il faut bien tenir compte de cette circonstance et, pour un même diamètre, faire des catégories séparées et calculer un volume type distinct pour les parties ou parcelles d’une même forêt, dont les arbres présenteraient des différences sensibles sous le rapport de la hauteur. De là la nécessité, en certain cas, de rechercher la hauteur moyenne des arbres d’une même catégorie.
Le moyen le plus sûr et le plus simple de l’obtenir, c’est de choisir quelques arbres qui, à simple vue, paraissent avoir la hauteur moyenne de tous ceux de la même classe, de les faire abattre, et d'en mesurer la longueur quand ils sont par terre. Mais ce moyen n’est pas toujours praticable et, dans bien des cas d’ailleurs, il est bon de savoir mesurer la hauteur d'arbres sur pied. On se sert, à cet effet, d'instruments appelés dendromètres, au moyen des-
quels on peut obtenir, sans calcul, la hauteur d’un arbre ou d’une partie d’arbre en fonction d’une longueur mesurée horizontalement sur le sol. On en a imaginé de très-ingénieux, mais qui ont l’inconvénient d’être trop compliqués ou peu portatifs. Nous ne nous occuperons que des plus simples, parce qu'ils sont aussi les meilleurs.
La planchette ordinaire, ou dendromètre-planchette, est un rectangle aux deux extrémités duquel sont appliquées, sur l’épaisseur des petits côtés, deux petites réglettes en cuivre (P/anche I, fig. 14). Ces régleties débordent le côté supérieur du rectangle, de facon à présenter une ligne de mire déterminée par un trou O formant oculaire à l’une des réglettes, et par une fenêtre que traverse un fil horizontal F formant objectif à l’autre. L’arête inférieure AB de la planchette est divisée en centimètres et en millimètres à partir du point A; elle est parallèle à la ligne de mire OF, et distante de cette ligne d’une longueur fixe égale à 0,10. Le fil horizontal qui fait objectif porte un plomb P. L’instrument se tient à la main, à l’aide d’un anneau fixé au centre de la planchette du côté opposé à la graduation AB.
Voici comment on fait usage de la planchette :
On se transporte à une distance horizontale de 10 mètres de l’arbre que l’on veut mesurer ; on place la ligne de mire OF dans la direction du rayon visuel aboutissant au point C dont on veut avoir la hauteur. Dans cette position, le fil à plomb FP vient battre le côté inférieur de la planchette, et forme un triangle
rectangle FAK, semblable au triangle OCD formé dans l’espace par la longueur CD, l’horizontale OD et la ligne de visée OC. Le côté FA est l’homologue de OP et le côté AK l’homologue de CD. Mais OD — 10 mètres et FA — 0,10, c’est-à-dire que OD — FA X 100 ; donc, CD — AK x 100. Ce qui revient à dire que le nombre de centimètres et de millimètres marqués par le fil à plomb de A enK, exprimera en mètres et en décimètres la hauteur CD, à laquelle on ajoutera la hauteur DE que l’on mesurera directement pour avoir la hauteur cherchée CE.
La planchette est un instrument très-commode et qui donne la hauteur des arbres avec l’approximation désirable. Mais elle exige que l’on stationne à 10 mètres, ou bien à 20 mètres en doublant la longueur AK interceptée par le fil à plomb, ou bien à une distance quelconque, auquel cas on n’obtient plus la hauteur directement, mais par un calcul de proportion.
On évite ces inconvénients en se servant du dendromètre à base variable de M. Regneault (P/. Z, fig. 15).
Cet instrument est formé de deux règles ajustées à angle droit et divisées toutes deux en centimètres et millimètres. L'une A B supporte les pinnules, l'autre CD porte le fil à plomb ; cette dernière glisse à volonté dans une rainure, en restant perpendiculaire à AB, ce qui permet de donner à OC une longueur exactement égale au centième de la distance
du pied de l’arbre au point de station et, par conséquent,-de choisir à volonté ce point de station. On se sert, du reste, de ce dendromètre comme on se sert de la planchette. |
En prolongeant suffisamment la règle AO de O en B, ce dendromètre peut servir à mesurer sans déplacement la hauteur H', en lisant la graduation interceptée par le fil à plomb de O en B.
Pour opérer avec l’un ou l’autre de ces instruments, il faut être deux: l’un des opérateurs met l'instrument en station, l’autre lit les graduations. Mais on peut éviter cet inconvénient en se servant de la planchette à perpendicule de M. Bouvart, inspecteur des forêts.
La construction de cet instrument (P/. I, fig. 6) est fondée sur les propriétés des tangentes.
Deux planchettes rectangulaires sont juxta-posées de manière à laisser entre elles un espace libre dans lequel se meut, autour d’ur axe placé en À, un perpendicule terminé par un arc gradué; la graduation est double et symétriquement tracée des deux côtés de la ligne de foi du perpendicule. Une ouverture pratiquée dans le bas de la planchette laisse apercevoir la graduation, et un index fixe coïncide avec le zéro lorsque la ligne de visée est horizontale. Un ressort muni d’un bouton R donne ou ôte la liberté au perpendicule.
Lorsqu’on se sert de ce dendromètre et qu’on vise le haut de l’arbre au moyen des pinnules placées en V et V', le perpendicule, obéissant aux lois de la pe-
santeur, maintient sa ligne de foi dans la verticale, et l’arc que l’index mesure indique langle d’inclinaison du rayon visuel. Si la graduation était établie en parties aliquotes du cercle, comme celle des éclimètres, il faudrait, pour avoir la hauteur, multiplier la distance horizontale qui sépare l’observateur de l'arbre par la tangente de l’angle d’'inclinaison, et par conséquent se servir de tables ; mais les divisions du limbe étant celles qui correspondent aux angles dont lestangentes, pour le rayon 1, sont 0,01, 0,02, 0,03, 0,04, etc., etc., il suffira de multiplier la distance horizontale par le nombre qu’indiquera l'index pour avoir la hauteur cherchée.
Voici comment on se sert de l'instrument : on se place en un point d’où l’on puisse apercevoir à la fois le pied de l’arbre et le point de la tige dont on veut connaître la hauteur; on vise successivement ces deux extrémités par les pinnules V et V',on donne la liberté au perpendicule en pressant le bouton R pendant la visée, et quand le perpendicule est redevenu immobile, on le fixe dans la position qu'il a prise en lächant le bouton. On lit chaque fois la graduation qui se trouve sous l’index, on fait la somme des deux cotes lues et on multiplie la distance horizontale par cette somme; le produit donne la hauteur cherchée à partir du sol.
Pour éviter les multiplications, on pourrait placer sur le revers de la planchette une petite table où on les trouverait toutes faites.
< HI. — Délermination du volume réel des arbres types.
Les arbres ayant été dénombrés et classés par catégories de diamètres, on en fait abattre un certain nombre choisis, dans chaque catégorie, parmi ceux qui paraissent offrir la forme et la hauteur qui se rapprochent le plus de la moyenne des arbres de même essence. Considérant un de ces arbres en particulier, on décompose la tige en billes de un ou de deux mètres de longueur, jusqu'à ce qu’on arrive à la partie supérieure qui, eu égard à sa forme, peut être regardée comme un cône. On cube chacun des billons comme un cylindre de même longueur et de grosseur égale au diamètre mesuré en son milieu. On cube séparément l’extrémité supérieure de la tige comme un cône régulier. On fait la somme des volumes de tous les cylindres et du cône terminal, et l'on obtient avec une très-grande approximation le volume réel de la tige.
Pour obtenir le volume des branches, on distingue dans chaque catégorie les arbres très-branchus, moyennement branchus, et peu branchus ; on établit ainsi trois classes dans chaque catégorie ; on fait débiter et façonner séparément toutes leurs branches en bois de corde et en fagots. On cube exactement les bûches de chauffage et les fagots, par les procédés que nous avons décrits pages 42 et suivantes, et on obtient ainsi, pour chaque arbre d'expérience, le volume réel de tout le bois compris dans les branches.
La somme du volume réel de la tige et de celui des branches représente le volumé réel de l’arbre sur lequel on opère. En répétant cette expérience sur un certain nombre d'arbres de chaque catégorie, on en déduit des moyennes qui représentent le volumie de l’arbre type pour chaque classe de diamètres.
Quand on procède aux calculs et aux différentes opérations que nous venons d'indiquer, pour la détermination du volume réel des arbres types, il est bon de recueillir ces données avec un certain ordre, et de les consigner dans un calepin spécial d’'expériences, dont nous donnons un modèle aux pages 238 et 239.
Lorsqu'on fait de ces expériences, soit à propos de la détermination de la possibilité des futaies, soit en vue de l'estimation en matière des arbres à abattre dans les coupes annuelles, on s’enquiert naturellement de la destination et de l’emploi des produits de chaque forêt. Dès lors, on est conduit à rechercher, par catégorie d'arbres, le rendement du mètre cube brut de bois de travail en marchandises fabriquées, et le rapport du volume brut du bois de service au volume des mêmes pièces débitées selon les usages du commerce de la localité. Ces nouveaux coefficients sont très-importants à connaître par les Agents chargés d'exécuter les aménagements et de procéder à l'estimation en matière et en argent des produits à vendre dans les coupes. En effet, on sait que, dans la fabrication du merrain par exemple,
DES BOIS SUR PIED. 237 à volume égal deux pièces de bois de même quahté, mais de dimensions différentes, fourniront des produits inégaux, et que le rendement de la plus forte en diamètre sera plus avantageux que celui de la plus faible. On sait aussi, que, à volume égal, le rendement en sciages du chêne et du sapin varie avec la forme et les dimensions des pièces; que si, par exemple, un chène tortueux ou de petite dimension ne peut fournir, avec beaucoup de déchet, qu’une petite quantité de planches, ou du sciage de médiocre qualité, souvent il est possible d’en tirer un parti plus avantageux en le débitant en bois de charronnage ou en traverses de chemin de fer, etc. On sait encore que l’équarrissage et le débit des hois de construction entraînent un déchet plus ou moins considérable selon la destination des pièces; que, pendant que la marine ne recoit que des bois équarris à vive arête ou à peu près, les bois de commerce ne s’'équarrissent souvent qu'au quart sans déduction ; qu'enfin, la destination et par suite la valeur en argent de ces bois dépendent le plus souvent de leurs dimensions en diamètre et en longueur.