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Si le revenu est variable, on doit considérer la superficie d’une part, le sol d’autre part, et calculer séparément leur valeur d’après les données de la question.
ESTIMATION DE LA SUPERFICIE, — Pour ce qui concerne l'estimation de la superficie, nous remarquerons que, dans une forêt quelconque, les bois sur pied peuvent toujours se partager en deux groupes distincts, savoir :
1° Les bois qui ont atteint ou dépassé le terme de leur exploitabilité commerciale ;
2° Ceux qui ne sont point encore parvenus à cette exploitabilité et n’ont, par conséquent, qu'une valeur d'avenir (1).
La première chose à faire sera donc de fixer le terme de cette exploitabilité qui variera selon les localités, selon l'essence, selon la croissance des bois et la destination des produits. Cet âge étant fixé, l'estimation du matériel sur pied devient facile.
En effet, pour les bois qui ont atteint ou dépassé le terme de cette exploitabilité, nous n'avons plus qu'à en estimer le volume, et à appliquer aux différentes parties des arbres (troncs, cimeaux et
(1) Annales forestières. T. V, p. 269. Principes pour l'estimation en fonds et superficie, par M. Parade, Directeur de l’école impériale forestière.
branches) les prix marchands, déduction faite des frais d'abatage, de façonnage, de transport, etc. En même temps nous avons à apprécier si la valeur de ces bois peut être réalisée en une seule année; ou bien si, en raison de leur quantité, l'acquéreur aura besoin d’un certain laps de temps pour consommer son opération, auquel cas il y aura lieu de tenir compte, d’une part de la perte d'intérêts qu’il éprouvera avant de rentrer intégralement dans son capital, et d'autre part de l’accroissement que les bois-prendront jusqu’au moment de leur abatage.
Pour les bois n'ayant point encore atteint l’âge d’exploitabilité, la question se réduit à rechercher quel sera, à cet âge, leur produit matériel et la valeur vénale de ce produit, puis à calculer, par une simple opération d’escompte, ce que vaut aujourd’hui cette somme.
EsrimaATIoN pu FoNps. — La valeur d’un fonds de bois, nous l’avons déjà dit, est égaie au capital qui, placé à intérêts composés, au taux ordinaire des placements de même nature dans la localité, serait susceptible de fournir, aux époques fixées par le terme d’exploitabilité, une somme équivalente au revenu net de ce bois. Mais, dans l’estimation que nous venons de faire de la superficie, on remarquera que nous avons déjà supputé la valeur du fonds pour tout le temps qui s’écoulera depuis le moment actuel jusqu’à l’époque assignée pour l'exploitation des peuplements existants, car on a compris dans cette
estimation non-seulement le matériel actuellement sur pied, mais encore le volume dont les bois s’accroîtront jusqu’au moment de leur exploitation. Il résulte de là que le capital du fonds ne pourra être considéré comme productif d’un revenu, qu'à partir du moment où les peuplements actuels seront abattus et remplacés par une nouvelle génération.
Cela posé, si nous considérons d’abord la partie qui renferme les bois exploitables, la valeur du fonds sera ce que vaut aujourd'hui le capital correspondant au revenu que donnera périodiquement cette partie de la forêt, lorsque les peuplements régénérés reviendront en tour d'exploitation. Ce revenu se composera :
1° Du produit des coupes principales qui seront périodiquement exploitées à l’âge fixé par le terme de la nouvelle exploitabilité ;
2° Du produit des coupes d'amélioration qui, si on les considère séparément, reviendront aussi périodiquement en tour d'exploitation, mais à des époques différentes des coupes principales.
Quant à la partie qui renferme les bois jeunes, la valeur du fonds se déterminera, comme nous l’avons fait dans le cas où le revenu est uniforme et périodique, en calculant ce que vaut actuellement le capital correspondant au revenu que donnera cette partie de la forêt après l’entière exploitation du bois qu’elle renferme. Ce revenu sera annuel ou périodique, continu ou discontinu, selon les combinaisons particulières de l'aménagement, et se com-
posera des produits des coupes principales et des coupes d'amélioration.
Ces différentes sommes réunies feront connaître la valeur brute de la forêt Pour avoir sa valeur réelle, il nous reste à déduire de la valeur brute le capital de la dépense.
Dans le calcul de la dépense, on comprend les contributions, frais de garde, d’entretien, d’amélioration, etc. et, s’il y a lieu, la valeur des servitudes ou droits d'usage de toute espèce qui grèvent la forêt. Toutes ces dépenses seront capitalisées au même taux, et la différence entre le capital des recettes et le capital des dépenses exprimera la valeur nette, réelle et actuelle de la forêt.
JIT.
Cette manière d'estimer Ja valeur en fonds et superficie d’une forêt, considérée comme un capital placé en fonds de terre, s'applique à toutes celles
que le défrichement ne peut atteindre.
= Quant à la manière d'opérer en matière de cantonnement de droits d'usage, la marche à suivre, à l’égard des communes usagères dans les forêts de l'Etat, est tracée par un décret et une instruction administrative dont il ne nous appartient pas de discuter les dispositions. Disons seulement que l’intention du décret a été de favoriser lexécution des cantonnements par la voie amiable, en concédant
aux communes une part plus forte que celle à la-
quelle elles pourraient prétendre d’après les règles tracées par la jurisprudence.
Mais lorsqu'il s’agit de cantonnements dans lesquels un particulier intervient, soit comme usager, soit comme propriétaire, les mêmes raisons n'existent plus pour obliger ou justifier la libéralité du propriétaire envers l'usager. Dans ce cas, l'opération du cantonnement consiste à détacher de la forêt grevée une partie telle que, st on voulait la vendre immédatement, on püt en trouver un priz égal au droit capitalisé. Mais alors on se demande à quel taux on devra capitaliser la valeur de l’émolument usager? À cet égard, les tribunaux s’accordent assez généralement à prescrire l’emploi du taux légal, 5 p. 0/0, et plusieurs fois aussi ils ont prescrit l'emploi du même taux dans les calculs de capitalisation et d’escompte auxquels peut donner lieu l'estimation de la portion de forêt à abandonner en toute propriété à l'usager. Cette doctrine, qui nous paraît équitable lorsqu'elle s'applique au cantonnement des droits de communes usagères dans les forêts de l'Etat, ne nous semble pas admissible dans le cas où un particulier intervient dans le cantonnement, soit comme usager, soit comme propriétaire. Nous pensons, au contraire, qu'après avoir capitalisé l’émolument usager au taux légal de 5 p. 0/0, le propriétaire est autorisé par la loi elle-même, à employer le taux des placements en biens fonds dans les calculs relatifs à l'estimation de la portion de forêt à abandonner à l'usager, puisque la loi le force à se servir de cette
monnaie pour se libérer, c’est-à-dire, à donner aux usagers, en propriété, une portion de forêt qu’il a achetée ou qu’il pourrait vendre au prix de son revenu capitalisé au taux ordinaire des placements en biens fonds dans la localité.
La question du taux à appliquer à la capitalisation de l'émolument usager et aux calculs relatifs à lestimation du cantonnement est très-importante à faire décider, avant l’opération, par les parties lorsqu'il s’agit de cantonnements amiables, ou par les tribunaux dans le cas de cantonnements judiciaires. [Il en est de même de la question des frais de garde et d'impôt. Cela fait, on détermine la partie de forêt dans laquelle on se propose d’asseoir le cantonnement, puis on estime les parcelles qu’elle renferme, en opérant séparément sur celles qui diffèrent entre elles par l’âge des bois ou par les conditions de la végétation, et en prenant pour base de l'estimation de chaque parcelle le revenu net qu'elle pourra fournir à l’âge correspondant au terme de son exploitabilité commerciale.
Telles sont les règles générales à suivre dans l’estimation de la valeur en fonds et superficie des propriétés dont la culture en nature de bois doit être conservée. Mais si, dans le problème d'estimation, on introduit la condition que le sol pourra être cultivé, au gré du propriétaire, soit en nature de bois, soit comme champ, comme pré, etc., l’estimateur devra rechercher d’abord la valeur en fonds et superficie de la propriété, comme si elle devait rester boisée; puis
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il calculera la plus value qui résulterait du défrichement de la forêt et de sa transformation en terre arable, en pré, etc., en tenant compte des frais que le changement de culture occasionnera. La comparaison de ces deux résultats fera connaître la vraie valeur de la propriété, et fera ressortir l’avantage ou la perte qui résulterait de sa transformation en terre arable.