‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 122 sur 153 · PLANCHES XLIV ET XLV · texte numérisé non relu

PLANCHES XLIV ET XLV

PTERIUM (BOGHAZ-KEUI). BAS-RELIEF PRINCIPAL DE LA GRANDE ENCEINTE

Lettre E du plan. Le bas-relief E se compose de neuf figures humaines, comme on peut le voir dans la planche 38; mais la planche 44 n’en montre que huit, la première à gauche étant restée en dehors de l’épreuve photographique. Ce

bas-relief principal, où viennent se rencontrer les deux cortéges, est malheureusement un de ceux où les contours sont

-peu de temps dans la saison où nous nous trouvions à Boghaz-Keui, et les

le plus effacés; il s’éclairait mal et pour tré plaques de lichen, par leur abondance, ont aussi contribué à rendre nos épreuves plus vagues et plus incertaines. C’est

pour cela que nous avons donné dans la planche 45 une seconde épreuve à plus grande échelle des trois figures princi-

pales du cortége de droite.

La première figure à gauche, celle qui manque dans la planche 44, a 1", 37 depuis dessous de ses pieds. Ceux-ci reposent sur deux rochers escarpés. La jambe droite est env eloppée d’une robe non can-

auche, sous lequel on aperçoit la poignée d'épée semi-lunaire, est appuyé sur le

la pointe de la mitre jusqu'au

nelée, l’autre est dégagée. Le coude g béton vertical. Cette figure est fruste ; il est impossible de distinguer si elle a tenu quelque chose dans la main gauche. Ses pieds correspondent, comme hauteur, avec ceux de la seconde figure et avec le haut du cadre du bas-relief précé dent. M. Texier (planche 78) n’a pas indiqué la poignée de l'épée.

La seconde figure a 1" 5o de hauteur; elle est coiffée de la mitre pointue et cannelée, son coude est appuyé sur le bäton vertical, ses pieds reposent également sur des rochers. On voit sous le coude gauche de ce personnage la poignée d’une sa main droîte porte, appuyé sur l'épaule, le sceptre terminé par une boule, sa main

épée dont la pointe reparaît derrière gauche tient une longue hampe verticale, peut-être une lance, qui descend plus bas que ses pieds. On en retrouve l’exte dans le rocher sous la main gauche. Entre le haut de cette hampe et la

trémité au-dessous du grand trou qui e mitre se retrouve la #andragore, sans qu’on puisse voir à quelle tige elle se rattachait et comment elle était portée. La jambe droite est fruste et paraît trop grosse : peut-être était-elle enveloppée ici aussi de la robe ouverte; la jambe gauche, en avant, est dégagée. M. Texier a oublié dans ce personnage la poignée et la pointe de l'épée, ainsi que le bäton sous le coude; il a changé une fois de plus le sceptre en massue, et, supprimant la partie inférieure de la hampe, il a fait de la partie supérieure une épée.

La troisième figure, qui forme la tête du cortége de gauche, en est aussi la plus grande : elle a 1" 78 de haut. Portée sur les épaules de deux personnages à mitres recourbées, dont les robes longues ont les pointes latérales que nous avons cette figure barbue tient de la main droite, appuyé sur

déjà remarquées planche 39, et dont les piedsne sont pas apparents, l'épaule, un sceptre dont la boule est un peu plus ornée que celle que nous avons vue jusqu’à présent ; présente la mandragore portée sur une tige contre laquelle sont dressées deux feuilles qui donnent à l'ensemble l’assa mitre pointue est cannelée, la poignée de son épée est visible. Au devant d’elle

à main gauche

pect d’une’fleur en forme de calic se trouve la partie”antérieure d’un taureau, coiffé aussi de la mitre pointue. Tout le relief du milieu de cette figure

a disparu. M. Texier a ajouté des pieds aux deux figures courbées qui portent ce personnage, il a ajouté aussi des cannelures sur leurs robes, mais il n’en a pas vu les pointes latérales. Du sceptre il fait une lourde massue, de l’appendice du coude une sorte d’ergot recourbé et de la mitre du taureau une corne. Il a indiqué aussi la poignée d'épée beaucoup trop grande,

La quatrième figure, qui forme la tête du cortége de droite, a 1" 58 de haut; elle est coiffée d’une mitre cylindrique, cannelée, et qui paraît aussi crénelée à sa partie supérieure ; sa longue robe à larges manches est cannelée ou plissée verticalement, ses cheveux tombent en une longue tresse sur ses épaules jusqu’à la ceinture qui lui serre la taille; on distingue trés-bien son anneau d'oreille. Portée sur un lion qui semble descendre des montagnes et dont la queue tombe en se recourbant à son extrémité, cette figure, qui paraît féminine, présente aussi la #andragore accompagnée de feuilles et d’un accessoire difficile à définir; son coude est appuyé sur un bâton vertical, et le taureau mitré est placé devant elle comme dans la figure précédente. Du béton qui soutient le coude, M. Texier fait une sorte de béquille, qu’il appelle un sceptre; ce qu'il a ainsi traduit dans le haut n’est autre chose, croyons-nous, que la main gauche de la figure apparaissant au-dessus du bras droit.

La cinquième figure, la seule dans le cortége de droite qui paraisse appartenir au sexe masculin, a 1" 30 de haut. Elle a le même costume que la plupart des figures de l’autre cortége et l’on voit la poignée de son épée dont l'extrémité reparaît derrière;"elle porte de la main gauche une hache à deux tranchants, appuyée sur l'épaule, et, comme la précédente figure, elle est debout sur un lion posé horizontalement sur des montagnes et dont la queue est redressée, Ce personnage, qui se retrouve, semble-til, dans le bas-relief P (planches 5o et 51), s'appuie sur un bâton incliné que tient sa main droite et qui repose sur la tête du lion; au-dessus de cette main se voit une sorte de petit monstre sans bras, dont la tête est formée par la mandragore et dont les pieds ont aussi des chaussures recourbées. Au coude de cette figure, placé en arrière, nous voyons le même appendice dont nous avons déjà parlé. M. Texier exagère encore cet appendice ; il fait de la hache une sorte de croix, et il donne au petit monstre une tunique qui n'existe pas.

Les sixième et septième figures ont un costume identiquement pareil à celui de la quatrième déjà décrite: l’une a 1° 26 de haut, l’autre 1” 18. Toutes deux ont des chaussures recourbées et sont portées sur un aigle à deux têtes dont l'envergure est de o" 85 ; leurs mains sont portées en avant, leurs coudes sont appuyés sur des bétons verticaux, elles ont xième figure, tandis qu’il est en réalité

aussi des pendants d'oreilles. M. Texier fait tenir le bâton par la main droite de la &

sous la pointe du coude; il met dans la main droite de la septième une fleur que nous n’avons pu voir, et il déplace encore le béton qui est bien ici aussi sous la pointe du coude.

Pour juger de la forme de l'aigle, qui est peu visible dans notre planche, il suffit de se reporter à la planche 68, qui reproduit l'aigle d’'Euiuk. Celui qu’a dessiné M. Texier ne ressemble pas à l'original. Du reste, nous sommes obligés de

le répéter, les dessins de M. Texier ne reproduisent aucunement le caractère des figures de Boghaz-Keuï. Ainsi, dans ce

bas-relief et dans presque tousles autres, il semblerait, d’après lui, que la plupart de ces figures ont le torse nu: il n’en

est rien; les grandeurs proportionnelles ne sont pas plus exactes ; d’après l'échelle placée au bas des planches, toutes ces

figures, presque sans exception, sont trop grandes d’une quantité variable plus ou moins importante.

La paroi E’, qui vient dans le plan après le bas-relief E, est formée par un bloc de rocher, non dressé et de peu

d'épaisseur, qui laisse voir le jour dans les angles. Il ne semble pas qu'il y ait jamais eu aucune sculpture sur cette

paroi.

PLANCHE XLVI

PTERIUM (BOGHAZ-KEUI). IASILI-KAIA. BAS-RELIEF DE LA GRANDE ENCEINTE

Lettres G G' du plan. Nous décrirons plus loin, avec la planche 48, les figures qui sont sculptées sur la paroi F

du plan. Elles sont du reste semblables à celles qui existent en G et;G’, ici représentées, et à celles qui les suivent.

Ces figures, au nombre de sept dans la planche 46, ont la même coiffure, la même robe cannelée, le même béton

sous le coude, les mêmes chaussures recourbées que les sixième et septième figures du grand-bas relief E ; seulement

elles n’ont que 0" 80 de haut. Elles portaient la #andragore, qui est encore très-apparente à la première figure et à la

sixième. La tête de la premiére figure a été détruite en creusant une petite niche rectangulaire, aux angles arrondis,

idemment postérieure à l'exécution des sculptures. Après la troisième figure vient une fente du rocher et les lignes

du bas-relief remontent haut et bas de 0” 10, ce qui indique un mouvement du sol survenu depuis que les bas-reliefs

ont été faits. Dans les trois dernières figures la queue de la robe est plus allongée, celle de la dernière est cannelée ou plissée obliquement. L’accessoire placé sous le coude, et que nous avons appelé jusqu’à présent un #dton, prend ici parfois une forme plus large, plus pleine, assez difficile à expliquer.

Au-dessous des deux dernières figures saillit de dix à douze centimètres un contre-fort, une sorte de piédestal au bas du-

quel nous avons fait une fouille qui nous a permis d'indiquer, dans la planche 38, la partie qui en est enterrée. Le second retour latéral de la gorge qui le termine démontre que l’anfractuosité marquée G/' (voir planche 37) est contemporaine

de ces bas-reliefs et n’a jamais porté aucune sculpture. La face H porte deux figures semblables aux précédentes, de même

dimension, et placées seulement un peu plus haut ; la mandragore que portait la seconde se voit encore. Le retour H' en

porte une, de peu de relief, assez fruste et placée encore un peu plus haut; enfin la paroi I en offre encore cinq, toujours semblables et de même hauteur. Les trois dernières sont très-frustes et placées notablement plus bas. M. Texier (pl. 77) à supprimé les mundragores encore visibles près de ces figures et le piédestal G'; il a exagéré et mal rendu le bäton placé sous chaque coude; enfin il n’a pas vu les cinq dernières figures placées sur la paroi I, qui est du reste

très-inégale et criblée de fentes et de trous.

PLANCHE XLVII

RIUM (BOGHAZ-KEUI). IASILI-KAÏ

Page 1