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raire en perçant un trou dans le champ de la fausse porte; mais il paraîtrait qu'ici le caveau est plus éloigné et que l’épaisseur est plus grande : ce travail est resté sans résultat. Quelque voie que l’on suive, que l’on continue cette percée, et qu'on la pousse à travers le massif tout entier ou que l’on cherche et que l’on dégage l'orifice supérieur du puits, il importerait de vérifier s’il y a dans l'intérieur du roc un caveau, et comment ce caveau communique avee le dehors. Il y a peut-être là une belle découverte à faire; la chambre funéraire du tombeau de Midas, si chambre il y a, n'a certai-
nement pas été atteinte par la fouille directe tentée au pied du roc; si, par hasard, l'ouverture du puits, placée dans un endroit d’accès difficile, a échappé jusqu'ici aux regards, on aurait toute chance de retrouver la tombe intacte et d'y recueillir peut-être, avec les ossements de lhôte qui l'habite, des débris authentiques et variés des arts et de la civilisation phrygienne.
Ainsi, le monument de Dekikli-tach forme comme le pendant du plus important des monuments de Doghanlou-déré-si; Yétude de la première de ces sépultures, que nous avons fait connaître dans toutes ses parties, peut conduire à mieux examiner la seconde et acheminer à d'importantes décou-
vertes. Nous avons encore à signaler, dans le monument de Delikli-tach, une particularité qui mérite
d’être relevée. M. Texier n'a point aperçu trace d'aucune espèce de décoration polychrome dans les
tombeaux phrygiens de la vallée de Doghanlou (1); or il n’en est pas de même à Delikli-tach, où de nombreuses parties du roc sont encore revêtues d’un stuc assez épais, sur lequel on distingue parfaite-
ment les tons rouge, noir et blanc. Les traces de couleur rouge sont abondantes, surtout sur la
face verticale du linteau marqué F (pl. VE, fig. 2, 3, B), et sur le soffite marqué E (fig. 3 et 5).
On distingue même encore très-bien sur le linteau supérieur plusieurs des grands anneaux rouges 8 f E & 8
qui l’ornaient autrefois (fig. 2); mais c’est surtout sur le soffite, protégé par sa situation, que cette peinture décorative s’est merveilleusement conservée; nous donnons (pl. VI, fig. 8) l'espèce de rinceau d’un dessin assez élégant, qui court sur ce soffite. Il s'enlève en blanc sur un fond noir, ou qui paraît noir aujourd'hui. Il demeure donc démontré que l'art indigène de l'Asie Mineure, cet art qui paraît avoir servi d'intermédiaire entre l'art assyrien et l'art grec, a connu l'usage des enduits colorés et s’en est servi pour suppléer à l'insuffisance d'une taille précipitée, pour cacher la couleur peu agréable ou le grain trop grossier de certaines pierres, pour faire valoir une moulure ou remplacer, par le dessin et par une différence ou une opposition de teinte, un relief absent. Les Grecs, qui ont fait, comme on l’a démontré de nos jours, un si heureux et si fréquent emploi de l'architecture polychrome, ont donc pu, sous ce rapport aussi, trouver en Phrygie et en frères
Lydie des exemples dont ils auront profité, et demander des inspirations à ces peuples, 1 des Hellènes ou tout au moins leurs cousins germains, qui habitaient entre l'Halys et la mer Égée. Avant de quitter le tombeau de Delikli-tach, signalons un dernier trait par lequel il méritait d'attirer l'attention. On voit encore, auprès de la porte simulée, gravés en creux sur le jambage intérieur de gauche, les deux caractères ci-contre, que nous reproduisons au cinquième de l'exécution; ils ont été réduits d’après l'estampage que nous avions pris sur la pierre; on remarque encore des traces de couleur rouge dans le fond de ces lettres. Comme on peut le voir pl. VI, fig. 9, on distingue sur la pierre, à côté de ces signes, quelques traces confuses d’un ou deux autres caractères. À quel alphabet ces lettres appartiennent-elles? Nous ne
(1) M. Texier a vu quelques traces de couleur rouge sur les filets du fronton et du larmier d’un tombeau de style
j; mais il n'en a point observé sur les
grec dorique, relativement moderne, qu’il décrit sous le nom de Gherdek-kaïaanciens ouvrages phrygiens : « En général, dit-il, dans tous ces monuments, je n’ai trouvé aucune trace de décoration polychrome. » Page 158.
les retrouvons ni dans les inscriptions du tombeau de Midas et d'un autre monument voisin, ni dans les inscriptions lyciennes données par Fellows. Le signe ZX, par une coïncidence que nous nous bornons à indiquer, se rencontre au contraire sur les monnaies celtibériennes, où M. de Sauley lui :
igne la valeur À en le regardant comme propre à la Bétique (1). On ne peut se défendre, à ce propos, de songer aussi à la forme qu'a la lettre À dans certains alphabets latins archaïques, où il est ainsi figuré, A, ou À. Il n'y a plus iciidentité, mais sensible analogie. Quant au second caractère, on serait porté à y chercher, à première vue, un groupe formé de deux, ou peut-être de trois lettres. Il semblerait que c’est un À auquel serait lié un N; mais cet A aurait alors une forme toute différente, dans ce groupe, de celle du caractère voisin, auquel nous étions portés à assigner cette valeur. Les ligatures sont-elles d’ailleurs bien dans les habitudes des écritures primitives ? Dans les inscriptions phrygiennes des monuments de Doghanlou, toutes les lettres sont sévèrement isolées et les mots même séparés par des points. Il y a là une énigme sur laquelle on n'aurait pu essayer de jeter quelque clarté que dans le cas où, au lieu de deux lettres, on aurait eu une véritable inscription, une suite de mots pouvant offrir un sens. Toujours est-il que l'alphabet employé à Delikli-tach ne semble pas avoir été tout à fait le même que celui des longues inscriptions de ce que l’on appelle quelquefois «la vallée des rois de Phrygie. » Les ressemblances, comme disposition et comme style architectural, sont pourtant assez frappantes pour que nous croyions devoir attribuer à une même période artistique et à une même race le tombeau situé au pied de l'Olympe mysien, dans le voisinage d'Harmandjik, et ceux qui ont rendu célèbres les pittoresques clairières de Doghanlou, auprès de Seïd-el-Ghazi, au centre du plateau phrygien.
Les rochers qui environnent Delikli-tach présentent en assez grand nombre de petites excavations, en forme de niche, qui paraissent faites de main d'homme, mais qui ont trop souffert pour que l’on puisse mesurer aucune d'elles ou en dresser le plan. Il est, par conséquent, difficile de deviner quelle a été leur destination. On distingue aussi les traces de marches. On peut voir, dans la planche V, quelques degrés qui conduisaient vers la partie supérieure du groupe de rochers où est creusé le tombeau. Malgré toutes nos recherches et nos questions, nous n'avons pas pu découvrir dans le voisinage le moindre ves
ge d’une ville dont ceci aurait été la nécropole.
Après avoir quitté Delikli-tach, nous mettons deux heures à descendre la petite vallée et à gagner le Rhyndacos, que nous traversons à gué pour passer sur la rive droite. Il forme encore ici une petite rivière large de huit à dix mètres, qui fait tourner d'assez nombreux moulins. Sur une hauteur au-dess
is du fleuve se trouve le gros village ture de Aohimoul, où nous nous arrétons pour lire des inscriptions. Le bourg, où les eaux vives abondent, est plein de fontaines, et chacune de ces fontaines n’est autre chose qu'une pierre tumulaire. Ces tombeaux présentent une disposition toute particulière. Dans chacun d'eux, une ou deux portes figurées et divisées en panneaux, flanquées de pilastres ornés, sont surmontées d’arcatures en plein-cintre comme celles qui ornent quelques-uns de nos tombeaux du moyen âge; au-dessus des arcatures s'élèvent de petits frontons ou gäbles triangulaires très-aigus, ce qui rend la ressemblance encore plus frappante. Les panneaux sont ornés; les motifs diffèrent d’une tombe à l’autre ; sans parler des moulures qui forment les encadrements, on trouve, dans le champ des panneaux ou dans les tympans de ces portes simulées, ici des oiseaux ou des dauphins, là des bandelettes et des guirlandes, ailleurs le bouclier échancré des Amazones ou une corbeille. Tous ces tombeaux sont du temps de l’empire romain, comme le démontrent, outre le style des monuments eux-mêmes, les caractères et l'orthographe des inscriptions. On trouve aussi plusieurs de ces marbres dans une petite ville voisine, Taouchanlou, et ils sont très-nombreux à Aïzani, d'où ils auront été apportés à Mohi-
(1) Essai de classification des monnaies autonomes de l'Espagne, pl. VI. Conf. Mionnet, Supplément, t. 1, pl. IV, figure 38.
moul et à Taouchanlou (1). Enfin, on rencontre encore parfois les mêmes formes, quoique avec un caractère d'originalité moins marquée, à Koutahia et dans les environs. Ici, point de ces grands sarcophages en manière d’auge qui abondent du côté de Brousse; mais la tombe figure presque toujours une porte plus où moins ornée. N'y aurait-il pas là un souvenir et une imitation de l’ancienne architecture funéraire des Phrygiens, de ces grands tombeaux creusés dans le roc, avec leurs portes simulées, que l'on retrouve du pied de l'Olympe mysien au centre du plateau phrygien, de Delikli-lach à Doghanlou-dérési? C'est ainsi que la tradition de l'architecture étrusque s'est conservée en Toscane jusque dans les temps modernes, et que l'architecte du Palais Pitti était, peut-être sans en avoir conscience, le continuateur et le disciple des générations depuis si longtemps disparues qui ont couronné de massives et indestructibles murailles tant de collines italiennes.
Les murs de soutènement d’un lavoir situé au pied du bourg de Mohimoul contiennent plusieurs inscriptions. Deux d’entre elles ont été copiées par M. Le Bas, qui les donne dans ses additions à la Mysie, sous les numéros 1774 et 1775. Je n'y trouve pas de variante importante à signaler. En voici une qui se trouve au même endroit, ct qui lui a échappé, plongée qu’elle est dans l’eau, à l'intérieur du lavoir :
Sur une stèle encastrée dans le mur, lettres de 0",02.
EYNHOPOCKAMAMIAC Suvodoos #(ai) Après EYNPOPRYIRTAYKYTAT Zuvodpo viG Vaururér- QMNHUHEXAPIN @ pviune Jde *
ETOYEXAPIN ÉTuvs )
Synphoros et Ammias à Synphoros, leur fils chéri, en souvenir de lui et de l’année qu’il a passée sur la terre,
Suveépos est un nom propre qui ne se trouve pas dans la seconde édition du dictionnaire de Pappe. L’abbréviation K pour KAÏI est connue. Âuwée est un nom de femme qui se rencontre déjà dans trois inscriptions (C. Z. Gr. nn. 2518, 2748, 34456) dont deux sont de l'Asie Mineure. La formule äzove ypw est tout à fait inusitée; je n’en connais pas d'autre exemple, et ne hasarde que sous toutes réserves la traduction que j'en donne. Je ne me dissimule pas combien cette locution, ainsi entendue, laisse à désirer au point de vue de la grécité ; mais tout, dans ces inscriptions, les noms et l'orthographe, montre qu'elles sont de basse époque, et qu'elles appartiennent à une population mêlée et assez peu lettrée. Il faut bien trouver un sens à une formule dont le déchiffrement ne peut présenter aucune espèce d'incertitude. L'inscription est de la plus belle conservation.
Dans l'intérieur de la ville de Mohimoul, sur un tombeau qui sert de fontaine. L'inscription est gravée sur les archivoltes de la double arcature. Lettres de 0,015.
ATOAAYCTOCTYPANNOCPOYHOCEYTYXWITATPI Âmékauoros, 'Tépavvos, Poüpos, Ebréye marpt pvduns épuv, MNHAHCXAPINKAIDIATATHAUHT PIZ& CH ta rép unrpà Con.
Apolaustos, Tyrannos, Rufus, à leur père Eutychos, hommage à sa mémoire, et à leur mère chérie encore vivante.
(4) Nous avions entre les mains des croquis de ces tombeaux; mais nous avons jugé inutile de les donner, ayant trouvé dans l'ouvrage de M. Le Bas (Voyage archéologique, Asie Mineure, pl. 34 et 35, gr. f) deux monuments qui présentent tout à fait la même disposition, et que l’habile crayon du dessinateur chargé de la partie graphique de l’ouvrage a reproduits dans tous leurs détails.
Ibidem, sur un tombeau. L'inscription est gravée sur le panneau. Hauteur des lettres, 0w,015.
MIOPHCTATNOTYNAIKICOIAMNHALHCXAPIN Mibpns Tarvé, quvauxt Dole, vpn you, na eldio 16. KAIEIAIOIW
Mithrès, fils de Tatnos, à sa femme Soia, et à son fils.
Tout est étrange dans cette inscription, les noms qu'elle contient, qui ont tous une physionomie asiatique et barbare très-marquée, l'orthographe, qui est aussi fautive que possible. Ni le nom de Tatnos, ni celui de Soia ne s'étaient encore rencontrés. L’o remplace, à la fin de Tatnos, la diphthongue , et à la fin du datif d'iws, lo; so pour iMw. L'emploi de idos à la place des pronoms possessifs, surtout à la place du pronom de la troisième personne, a déjà été signalé (page 55).
Ibidem.
APTEMACACKAHMIAAHTATPIMNHMHCXAPIN Apreuëe Acnrddy rarpt uvfuns yépwv.
Ibidem.
APIANOCKAITEIMOKPATHCKAIBEPONEIKHC Àpravds La Teruoxoérne xat Bepoveiunç
MHTPIKAITATPIZWNTITONEYCITAYKYTATOICMNH parpt nai marpt Cüvre Voveüor VauxuTéros uv
Arianos et Timocratès et Béroniquès à leur mère (morte) et à leur père vivant, parents chéris.
16 Japiv.
sgoviæns est une variante nouvelle du nom connu B:gevézne, forme macédonienne de Depevixns.
culs
A Evren-heui, village situé à quatre heures de Taouchanlou , sur la route de Koutabia, nous trouvons le fragment suivant d’une inscription funéraire.
AATE YTOYK Bn HNOIAOCA Mjnvéquos A[nu- HTPIOCKYPI Argus Kupi]r- PAP SE MINE PNS RTS œ marpi ÿAux- YTATUAUNHA vréro pv HCXAPIN ns Jépuv.
Taouchanlou «la ville des lièvres, » est une petite ville de six cents familles où il y aurait sans doute aussi des inscriptions à trouver. Un accident nous empêcha de nous y arrêter. Au-delà de Taouchanlou le pays devient assez laid. Les collines qui bordent des deux côtés la plaine sont nues ou couvertes de taillis assez maigres. Les arbres deviennent rares ; depuis Iéni-keui, dans tous les villages, les maisons sont en briques crues, et non plus entièrement en bois, comme dans l'Olympe et dans la moyenne vallée du Rhyndacos. Après le village d’Æenné, la route gravit une colline, traverse un étroit plateau, puis quitte le bassin du Rhyndacos pour passer dans celui du Sangarios. On descend vers la plaine de Koutahia par une charmante petite vallée; deux murs de rochers abrupts et gris, où un arbuste même ne trouverait pas à enfoncer ses racines, rehaussent encore la verdure des vergers et des prairies que parcourt et qu’abreuve un aimable ruisseau.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE IT