KUMBET. — TOMBEAU TAILLÉ DANS LE ROC
La façade de ce tombeau est exposée au nord-est. Elle fait face aux nombreux tombeaux, d’une époque plus récente, creusés dans le roc et situés à un kilomètre de distance, de l’autre côté de la vallée. On remarquera dans cette façade que l’axe de la porte n’obéit pas à la symétrie parfaite de la partie supérieure du monument; cet axe est reporté vers la gauche de plus de 0",20. Quelque défaut dans la masse du rocher primitif a pu motiver cette irrégularité.
Le bas-relief principal est d’une saillie assez forte, le relief des têtes des lions n’a pas moins deo",13, celui du vase est de 0",07. Les têtes sculptées entre les modillons, très-mal indiquées dans le dessin de Steuart, ne nous ont paru avoir
aucun intérêt particulier.
Il serait difficile de méconnaître, dans l'architecture de ce tombeau, limitation de la primitive construction en bois.
C’est dans l'ajustement des mutules ou modillons de la corniche horizontale que cette imitation est visible. Elle est plus flagrante encore dans la disposition des modillons et des denticules voisins, taillés perpendiculairement aux rampants du fronton.
Nous avons signalé (v. p. 106) des restes de stuc et de décoration peinte sur le tombeau de Delikli-tach; nous n'avons , Surtout aux pal-
pas vu trace de stuc sur la façade du tombeau de Kumbet; mais il y a encore dans certains creu mettes des angles, des restes de couleur rouge sarfaitement conservés. À l'intérieur, comme nous l'avons dit, page 140, une sorte de gorge égyptienne, qui fait partie de la corniche N située au-dessus de la deuxième porte, est décorée de
bandes verticales rouges (fig. 6 et 6”), dont la disposition rap elle l'ornementation peinte de gorges semblables dans les Le) Le) h F PF Poe
monuments de l'Égypte et de moulures analogues aux chapiteaux d’antes des propylées de l’acropole d’Athènes.
L’échelle du dessin de la façade dans la planche VII est de 0",02 pour mètre.
Il ne nous reste à indiquer, dans l'intérieur du tombeau, que l’espèce de banquette qui règne au pourtour de la pre-
mière salle ; sur cette banquette étaient posés probablement des vases ou des offrandes au mort qui reposait dans ce
caveau. Cette banquette a été conservée quand fut creusé
, Suivant notre opinion, la seconde salle. C'est là ce qui ex-
plique le seuil élevé, tout à fait inutile d’ailleurs, qui sépare les deux parties du tombeau et qu’on a divisé en deux marches du côté du second caveau.
La disposition de l’alcôve voütée recouvrant le sarcophage de la première salle se trouve reproduite dans les tom-
beaux creusés en face de Kumbet, de l’autre côté de la vallée. Dans plusieurs d’entre eux, e le est répétée trois fois ;
sur chacune des faces intérieures. Un autre
c’est-à-dire qu’un pareil sarcophage recouvert d'une voüte se trouve creus
tombeau présente ce motif deux fois répété seulement, sur la face du fond et sur celle de gauche. Celui-ci offre une
autre particularité, ce sont des restes de peinture où l’on distingue encore plusieurs compartiments divis
par des bandes
rouges. La disposition de ces compartiments rappelle tout à fait les peintures de Pompéi et celles de plusieurs chambres
funéraires romaines. Ces tombeaux sont généralement très-simples, aucun ne présente la richesse extérieure du tombeau dit de Solon; l’un d'eux a seulement des vases sculptés en bas-relief de chaque côté de la porte. D'autres tombes, plus simples encore, offrent une disposition particulière : ce sont des trous ou puits, de forme rec-
es de nos
tangulaire, assez profonds, et ouverts à la partie supérieure. Ils sont creusés dans le roc et rappellent les foss
cimetières. Une simple rainure encadrant l'ouverture à la surface du sol permettait de fermer la tombe par une dalle.
PLANCHE VIII