‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 50 sur 153 · LUN · texte numérisé non relu

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(5) C. I. Gr. 3991.

(6) Æ. N., V, 25, 43. Pline mentionne au même endroit, parmi les peuples. de la Galatie, les Thébaséniens, et on

sait que Thébasa était une ville de Lycaonie. (7) XII, 7, 3.

(8) Eckhel, D. N. F., p.271. C. I. Gr., p. 4368.

de la Phrygie, à l'endroit aujourd’hui appelé Oluburlu, ce qui nous ferait croire qu’elle appartenait à la province de Galatie, c’est ce fait, sur lequel nous avons insisté ailleurs (1), que la traduction grecque de l'Ixpex reRuM GEsraRuM dont on a retrouvé des fragments sur les murs d’un temple d’Apollonie, paraît être identiquement la même que celle qui se lit sur la paroi de l’Augusteum d’Ancyre (2). Certaines erreurs, certains contre-sens de la traduction grecque, qu'a signalés M. Mommsen, conduisent à croire que cette traduction n'avait pas été faite à Rome, que ce n'était pas une version officielle, due à la plume exercée des secrétaires de la chancellerie impériale; l'hypothèse d’une version commune pour tout l'empire paraissant invraisemblable, il est naturel de penser que cette pièce importante avait été traduite, au moment de l'achèvement du temple, dans la capitale de la Galatie, sous les yeux du légat impérial, par les soins et aux frais de ce Commune Galatarum qui avait fait élever l'Augusteum. En retrouvant à Apollonie la traduction qu'avaient adoptée les représentants de la nation galate, n’est-on pas autoris

à supposer qu'Apollonie appartenait à la province de la Galatie, et que la traduction rédigée dans la métropole galate et approuvée par le gouverneur avait reçu, dans toute l'étendue de la province, une sorte de consécration officielle? Aucun indice d’ailleurs ne nous autorise jusqu'ici à croire que le testament politique eùt été gravé sur les murs des temples de Rome et d'Auguste, élevés dans les villes de la province d'Asie; cette transcription sur la paroi de l'édifice d'une biographie d'Auguste, par Auguste lui-même, a peut-être été une idée dont les Galates seuls se seraient avisés. Dans ce cas, la répétition, à Apollonie, de la disposition adoptée à Ancyre serait une raison plus forte encore de rattacher Apollonie à la province de Galatie.

Quant à l'Isaurie, où Amyntas avait voulu placer, à Isaura Nova, la capitale de son royaume, il suffirait, pour nous autoriser à la comprendre dans la province de Galatie, de l’assertion de Strabon, que tout le royaume d’Amyntas fut placé sous un même gouverneur romain. Aucun texte ne nous indique qu’une exception soit à faire pour l’Isaurie, comme pour la Pamphylie et la Cilicie Trachée. Au contraire, Pline l'Ancien mentionne les Lystréniens parmi les peuples de la Galatie (3), et on sait que Lystre est une ville de l'Isaurie.

Quant à la Phrygie, une inscription en l'honneur d'un légat de Galatie, mentionnant, parmi les pays qui lui sont soumis, la Phrygie, montre que certains districts phrygiens , autrefois réunis au royaume d'Amyntas, étaient restés rattachés à la province de Galatie (4) ; ils composaient probablement ce que l'on appelait la Phrygie Parorée, limitrophe de la Pisidie. La Pamphylie fut parfois réunie à la Galatie, comme le prouvent et les historiens et les inscriptions (5); mais ce ne fut là qu'un accident, et, en général, la Pamphylie, trop petite pour avoir à elle toute seule un gouverneur, était plutôt unie à la Lycie (6). Quant à la Paphlagonie, la mention qu'en font les inscriptions de légats de Galatie, celle de Bellicius Sollers, celle de Cæsennius Gallus (7), que nous avons en double, prouve que les districts intérieurs de la Paphlagonie faisaient partie de la Galatie, tandis que la côte paphlagonienne avait été, sousle nom de Pont, rattachée, après la défaite de Mithridate, à la province de Bithynie (8). Le Pont Galatique et le Pont Polémoniaque, dont nous avons essayé ailleurs de définir les limites, sont mentionnés l’un et l’autre dans l’inscripton de Bellicius Sollers comme soumis à ce personnage, et c’est évidemment ces deux districts que veut désigner sous le nom plus bref de Pont l'inscription

(1): De Galatia provincia romana, p- 39-42.

(2) Mommsen, Res gestæ Divi Augusti, ex monumento Aneyrano et Apolloniensi. Berolini, in-8°, 1865, p: xxvr. (3) 4. N. F. 13.

(4) Voyez l'inscription de L. Bellicius Sollers, Hamilton, 4sia Minor, M. Append. 178. Henzen, 6912.

(5) Tacite, Hése., IL, 93 Marini, Atti, p. 766.

(6) C1. Gr.

70, 4271, 4240, 3548, 3532, 4238 % Voir de Galalia provincia, p. 49, n. 1. (7) De Galatia Provincia, p. 102; Hamilton, Appendix, 138. (8) Strabo, XIT, 3, r. Eckhel, D. W. r. Il, p.306. De Galatia provincia, p. 5o.

de Cæsennius Gallus (1). On a supposé avec beaucoup de vraisemblance que le Pont Galatique et le Pont Polémoniaque, réunis, formaient une province procuratorienne, dont le gouverneur, chevalier romain, était subordonné au légat de Galatie, comme le procurateur de la Palestine au légat de Syrie (2). Ce sont les deux inscriptions citées plus haut, celle de Bellicius Sollers et celle de Cæsennius Gallus, qui prouvent que l'Arménie Mineure, ou Arménie sur la rive droite de l'Euphrate,

ut aussi rattachée administrativement à la Galatie, au moins à certains moments; au second siècle, elle dut dépendre plutôt de la Cappadoce, devenue une province importante, gardée par une ou deux égions (3). La Cappadoce même, quand, depuis Vespasien, elle reçut un légat consulaire, fut, vers a fin du premier siècle, réunie plusieurs fois à la Galatie, ou, pour mieux dire, il arriva souvent, jusqu'à Trajan, que les deux provinces n’eurent qu'un même gouverneur, qui commandait ainsi à

oute l'Asie occidentale. Ce fut là une combinaison que l'on paraît avoir essayée à plusieurs reprises; à

l'épreuve, on reconnut sans doute que la main d’un seul homme pouvait difficilement tenir serré

out ce faisceau de provinces, et, à partir de Trajan, la Galatie continua toujours de rester, avec les

annexes énumérées plus haut, Cappadoce (4).

sous un légat prétorien, tandis qu'un légat consulaire administrait la

Après Dioclétien et pendant le cours du quatrième siècle, chacune des annexes de la province de Galatie devint à son tour une province séparée; nous trouvons alors les provinces de Pisiir, de Lycaonre, d'Isaurie, de Poxr Porémoniaque, de Diosponrus, de PapHLAGoNtE. Quant à la Galatie, ce n'est que dans les dernières années du quatrième siècle, peut-être sous Arcadius, et par Eutrope, qu’elle aurait été divisée en deux provinces, la GaLATIA PRIMA, qui avait pour capitale Ancyre, et la GaLariA sgcunpa ou Sazuraris, dont le chef-lieu était Pessinunte (5). La Galatie première est gouvernée par un consulaire ; la Galatie seconde, comme la plupart des provinces voisines, par un simple præses.

Le premier gouverneur de la Galatie, sous Auguste, fut M. Lozzius M. filius, l'ami d'Horace , le

consul de l'an 21; nous ne savons s’il avait amené avec lui des troupes, mais la province ne parait pas

en avoir eu besoin, et semble plutôt avoir accepté avec empressement son incorporation à l'empire. Le seul ennemi contre lequel, à cette époque, la Galatie ait pu avoir à se défendre, ce furent ces populations insoumises qui, retranchées dans la partie la plus inaccessible du Taurus, infestaient de là tout le bas pays. Mais ce fut de la Syrie, et non de la Galatie, que partirent les expéditions dirigées contre ces pillards, contre les Clitæ et les Homonadenses (6). Le gouverneur de la Galatie ne parait pas avoir eu ordinairement d'armée à sa disposition; nous ne voyous pas qu'une légion ait stationné à demeure en Galatie; selon toute apparence, le légat n'avait sous ses ordres, en temps ordinaire, pour maintenir la tranquillité dans la province, qu'une ou deux cohortes, appuyées sur les milices provinciales.

La sécurité garantie à la province par l'administration du légat, la soumission des montagnards adonnés au brigandage et la suppression des petites tyrannies locales expliquent la facilité avec laquelle les Galates se plièrent à leur situation nouvelle. Il semble même, autant que l'on peut en croire des témoignages que nous n'acceptons que sous toute réserve à cause de leur caractère officiel, il semble que les Galates se soient réjouis du changement. Différents indices nous conduisent

(4) Henzen, 6812, 6813.

(2) De Galalia provincia, p. 53, note 1.

(3) De Galatia provincia, 54-56.

(4) Sur cette réunion et cette séparation de la Cappadoce et de la Galatie, voir de Galatia provincia, p. 56-61.

(5) Le nom de Galatia Salutaris provient sans doute des sources thermales qui jaillissent sur plusieurs points de la province, ainsi à Aïach, à Germa, en différents endroits de l’Haïmaneh. (6) Voyez l’excursus de M. Mommsen, de P. Sulpicit Quirinü titulo Tiburtino, dans son livre intitulé Res gestæ Divi

Augusli, p. 118, 126.

à ce résultat : c’est ce surnom de X<£acrnvot, Augustaux, que prennent les trois tribus galates, la ville d'Ancyre et une de ses tribus (1); c'est surtout la magnificence que déploya la nation galate dans l'érection et la décoration du temple qu’elle consacre ax Dieu Auguste et à la Déesse Rome

(O:G Sbasrd zat Pour) ; c'est l'éclat des fêtes que donnèrent, à l’occasion de cette consécration

et des jeux quinquennaux qui en rappelèrent l’anniversaire, les princes de la nation, les fils des anciens tétrarques. Nous reparlerons, dans la suite de cet ouvrage, avec plus de détail, de ce temple, l'édifice le plus soigné peut-être et le plus voisin de la perfection qu’ait vu naître en Orient le siècle d'Auguste, autant que nous pouvons en juger par les ruines des monuments dont quelque chose est arrivé jusqu'à nous. Le temple paraît avoir été achevé et dédié dans les deux ou trois dernières années du règne d'Auguste, sinon au commencement du règne de Tibère (2). L'inscription de l'ante de gauche, qui mentionne cinq célébrations des jeux pendant le règne de Tibère, et les noms de ceux qui firent à cette occasion des libéralités à leurs compatriotes, nous indique le moment où les noms gaulois disparaissent rapidement de l'usage

pour être remplacés par des noms purement grecs et latins; les noms d'étymologie celtique, très-

fréquents parmi ces tétrarques du dernier siècle de notre ère dont nous parlent les historiens, se rencontrent encore dans les premières de ces listes qui nous retracent les libéralités des grands seigneurs galates à l'occasion de la fête (ÿ Ilaviyoexe), mais manquent déjà dans les dernières. Dans les inscriptions grecques et latines, en assez grand nombre, qui ont été trouvées à An-

cyre, et qui toutes sont postérieures à la grande inscription de l’Augusteum, c’est à peine si

on trouve un nom, un seul, auquel on pui

e, faute de l’expliquer par le grec ou le latin, supposer une origine celtique (3). Il est probable que les chefs de la noblesse galate se hâtèrent, dans les années qui suivirent l'annexion, de donner à leurs fils des noms qui témoignassent du peu de goùt qu'ils avaient pour l’ancien ordre de choses, et de leur ferme volonté de se fondre sans r

istance dans l'unité romaine. Dans la Gaule européenne, ce fut aussi vers cette époque, chez la génération qui naquit après la conquête, que s’opéra ce même changement (4).

Après M. Lollius, voici les noms des légats de Galatie qui nous sont connus. Renvoyant à notre étude sur la province romaine de Galatie pour les raisons qui nous ont conduits à compléter de telle ou telle manière tel ou tel nom, à fixer la date de tel ou tel gouverneur, nous nous bornerons ici à donner la série telle que nous avons été amenés à l’établir (5).

M. Lollius M. filius, 25 av. J.-C.

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