CAVITÉS DE LA FACE, NEZ, ORIFICE BUCCAL, BOUCHE ET PHARYNX
Fig. hh. — Rhinophyma. LE NEZ. — Figure 44 :
il s’agit d'un rhinophyma, qui fut excisé par décortication.
Mais ce gros nez, vous le reverrez (à part les deux bosselures adjacentes aux narines), lors de polypes muqueux volumineux, confluents, et récidivants.
Vous examinerez le nez (examen préliminaire, d'urgence, qui devra toujours être suivi des examens Spéciaux nécéssares) "M par Ule dehors: la forme, les bosselures, les inflexions brusques (coudure à la racine, d'origine syphilitique); la consistance, celle des narines, celle de l’auvent osseux; 2° par les narines, en relevant le lobule.
LES LÈVRES ET L'O- RIFICE BUCCAL. — Re- FIG. 45. — Bec-de-lièvre simple.
gardez toujours, la bouche fermée, si les deux commissures sont sur le méme plan.
Je rappelle seulement :
1° Le bec-de-lièvre, en donnant deux exemples (fig. 45 et 46);
Je n'ai pas besoin de dire qu'il faut toujours examiner le palais et le voile;
2° Certaines déformations des lèvres; d’origine traumatique : voyez l’ectropion, cicatriciel, de la lèvre inférieure, après brûlure, représenté figure 47;
3° Les tumeurs bénignes. On ne les examine bien que par la face muqueuse, en éversant la lèvre.
Voyez (fig. 48) cette bosse arrondie qui soulève la lèvre supérieure, en avant de la commissure ; elle était plus saillante encore du côté interne, où la muqueuse glissait sur elle, comme la peau, en dehors; sphéroïde, bien circonscrite, mobile, elle ressemblait à un kyste :
c'était, en réalité, un fibroadénome. — Mais
FIG. 46. -— Bec-de-lièvre bilatéral, avec saillie du lobe médian.
vous verrez des kystes de semblable aspect, surtout à la lèvre inférieure, et qui, à, précisément, s'ac- | cuseront, si vous éversez la lèvre, par la translucidité de leur paroi.
FIG. 47. — Ectropion cicatriciel de la lèvre inférieure, ; “ après brülure. Bien entendu,
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vous devez toujours penser à l’angiome, devant une « tumeur » labiale.
Mais l’ÉPI- THÉLIOMA est d'une fréquence particulière.
Voici (fig. 49) le cancroïde classique de la lèvre inférieure ; cherchez jusqu'où s'étend l'induration, à lactace externe, à la face muqueuse ; cherchez les.
ganglions sousmaxillaires.
Le cancroïde FIG. 48. — Fibro-adénome de la lèvre supérieure. | peut rester sta-
tionnaire, latent (du moins, en apparence), pendant des mois, mème des années; ailleurs, il creuse, il s'étend latéralement, il détruit peu à peu la lèvre, et vous constatez ce que montre la figure 50.
Mais, à côté de cette forme cancroïdale typique, il y a des.
épithéliomas, d’origine muqueuse, qui affectent une autre forme et une autre évolution. Voyez (fig. 51) cette masse rougeâtre, saignante, émergeant du rebord muqueux de la lèvre supérieure; «en relevant la lèvre, on découvrait une tumeur analogue à celle que représente la figure 52 (photographie prise dans un autre cas du même genre) une tumeur végétante, épithélomateuse, implantée sur la muqueuse, et dont il faut préciser les limites latérales et supérieures.
Le processus est le même Figure 53; mais l’épithélioma muqueux,
FIG. 49. — Cancroïde de la lèvre inférieure.
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né près de la commissure, se prolonge à la face interne de la joue. Toutes formes graves, malgré l'apparence de localisation muqueuse et la décortication facile de ces nappes épithéliomateuses.
LA BOUCHE. — Inspectez d'abord le vestibule, par l’'éversement des lèvres, par la rétraction des joues en dehors; vous verrez parfois, à la face muqueuse, l'ulcère simple, au niveau d'une dent érodée et proéminente; des ulcérationssuspectes,syphilitiques, néoplasiques qu'ilfaudra minutieusementanalyser.
Explorez les arcades dentaires. La manœuvre, représentée figure 14, et qu'on répète à la mâchoire supé- FIG. 52. — Epithélioma muqueux de la lèvre supé- rieure, permet de bien = s'o-
rieure : relèvement de la lèvre pour l'examen. rienter » dans le vestibule et le long des arcades.
Vous trouverez parfois, le long des arcades, appendue à la muqueuse
C gingivale, et recouvrant une ou deux dents, une excroissance rougeâtre, convexe, un peu bosselée, grosse comme une cerise, Comme une amande.
C’est l’épulis (fig. 54). Fibrome; sarcome : le plus souvent il s'agit d’une tumeur à myéloplaxes, relativement bénigne, en somme, mais qui n’en est pas moins un néoplasme; retenez ce premier fait, et retenez
FIG. 53. — Epithélioma de la face interne de la joue : examen.
FIG. 54. — Epulis.
FIG. 55. — Énorme épulis ossifiée, développée en dedans de l’arcade, sous le palais.
encore, que, la petite tumeur émergeant, à première vue, de la gencive, procède, en réalité, de l’alvéole, et qu'il faut exciser et curetter l'alvéole, pour en pratiquer une ablation rationnelle. On peut voir d'énormes épulis : la tumeur, représentée figure 55, en est un exemple. Indolente, elle s'était développée peu à peu, depuis une dizaine d’années: elle doublait le palais d'une épaisse voussure; elle était d’une dureté osseuse; et, si l’on en faisait le tour avec le doigt, on se rendait compte qu'elle ne « tenait », en réalité, que tout en dehors, au niveau de l’arcade dentaire. Effectivement, une rugine