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I. EXAMEN DE L'ÉCOULEMENT

L'écoiilemeot esl-ll «l'origine nrëtrale?

Avant toute chose il sera nécessaire de s'assurer que l'écoulement dont se plaint le malade est bien d'origine urétrale, et ne prend pas sa source dans une balanoposthite mal soignée ou même ignorée. Souvent, en effet, chez les individus atteints de phimosis, les lèvres d'un prépuce trop étroit empêchent la découveric complète du sillon balano-préputial, au fond duquel, à la faveur soit d'une ulcération banale, soit d'un chancre, soit d'une

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végétation, prend naissance un écoulement purulent dont la véritable origine peut être un instant méconnue.

Il n'est pas rare de rencontrer des malades dans ces conditions se faisant des injections urétrales répétées, se lésant même ainsi leur muqueuse urétrale en y développant de cette façon une urétrite chimique, lorsqu'un simple examen médical bien fait, aurait empêché ces désordres.

Examen physique de récoulement.

L'examen de Fécoulement doit être fait d'abord au point de vue physique.

On devra s'enquérir :

1° De son abondance , Est-il continu, se reproduisant une demi-heure ou une heure après une miction, ce qui est la marque d'une urétrite aiguë en cours d'évolution ? Ou bien n'existe-t-il qu'à l'état de goutte, ce qui est plutôt l'indice d'une urétrite chronique ? Pendant toute la journée ? Ou seulement le matin? (c'est alors la vraie goutte militaire^. Est-il si peu abondant qu'il n'arrive tout au plus qu'à se concréter à l'orifice externe de Turctre sous la forme de pellicules ou de petites croutelles, agglutinant les lèvres du méat, donnant lieu à ce qu'on appelle le méat collé ?

1° De sa couleur. Est-il blanc? jaune? vert? grisâtre? opalin? ou clair, limpide; chacune de ces teintes étant évidemment en rapport avec l'abondance plus ou moins considérable des cellules de pus dont est chargé l'écoulement.

3° De sa consistance. Est-il bien lié, ou avec des grumeaux, ou visqueux et filant, empesant le linge où il se dépose ?

Assez souvent Tccoulement se montre sous la forme d'une goutte claire comme de l'eau, qui ne se présente (|ue le malin, et qui pendant la journée, agglutine seulement Torifice urétral ; il s'agit là seulement d'une simple

EXAMEN DES SÉCnÉTIONS LIIKTR.VI.ES 5

urorrhée, que Diday avait décrite sous le nom de suintement niuqueux. Ce mucus est clair comme de l'eau et ne contient que de rares éléments épithélianx, aucune cellule de pus, et parfois, des microbes divers en petite quantité.

t^xiinien mlcroscopkiue de l'écoulement.

Plirs impot'lant est Ve.ramen nmroscopiqtte de l'ôcoulcmcnt qui permet de se rendre compte de la nature des microbes qui y sont contenus et de lit présence ou de l'absence de gonocoques. Celte recherche est absolument vidkpensable, car c'est le seul moj-en <!'éviter de grossières méprises, elle ne doit pas être unique, mais répétée fréquemment au cours d\in traitement bien conduit.

Néfexsiti- de provoquer la ri-act'ton de la muqueuse uréirale. — Au début, si le premier examen microscopique n'a pas montré la présence de gonocoques typiques, il est nécessaire d'avoir recours à la /•('«c/io». Voici en quoi elle consiste : après avoir fait uriner le malade, on lui injecte dans l'urètre une solution de nilralc d'argent à i/iooo soit avec la seringue (urètre an té rieur), soit mieux, avec le bock dans les deux urètres. On lui recommande ensuite de boire de la bière abondamment, le soir avant de se coucher, et si possible, de se présenter de nouveau à la consultation, le lendemain malin avant la première miction.

On constate alors l'une de ces deux alternatives : ou bien l'écoulement a augmenté notablement et contient des gonocoques typiques, ou bien il a diminué beaucoup, et c'est dans ce cas, que le traitement ti'efjreuve devient un véritable traitement curateur.

Ce moyen diagnostique par in réaction esl excellent cl donne très souvent d'oxcellenls résultats. Il faut cependant avouer qu'il n'en est pas toujours ainsi, car il existe sûrement des cas, où l'observalion ultérieure prouve que, en dépit de nombrcirsea irritations arlilicielles, le gono-

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coque persiste dans Turètre à Tétat latent et ne se réveille que longtemps après. C'est ce qui arrive par exemple, dans cette complication si tenace qui est constituée par Tinflammation chronique des glandes de Liltre.

Il ne suffît donc pas défaire une seule recherche, mais il faudra les multiplier, pendant plusieurs jours de suite, et à intervalles plus ou moins éloignés, surtout lorsque l'urètre n'a pas reçu de traitement local depuis quelque temps.

Technique de la recherche des gonocoques.

La méthode la plus simple est celle-ci : avec un fil de platine recourbé à son extrémité, préalablement stérilisé à la flamme et refroidi, on recueille au niveau du méat bien nettoyé auparavant avec un coton borique, une goutte de pus que Ton a eu soin d'obtenir après une pression légère du canal. Cette pression doit être exercée modérément de manière à ne pas provoquer des lésions des glandes par le fait d'une compression trop brutale ; elle doit être faite non seulement sur l'urètre pénien, mais également sur Turèlre périnéal, et scrotal ; et pour la bien efl*ectuer, on recommandera au malade de presser la paroi inférieure de l'urètre, en suivant avec la pulpe de son doigt, son canal depuis Tanus jusqu'au méat.

La goutte est alors étalée largement et non pas <( en tas », sur une lame de verre, et séchée à Fair. On fixe ensuite la préparation en la passant trois fois dans la flamme d'une lampe à alcool ou d'un boc Bunsen, puis on colore.

La meilleure coloration est certainement obtenue parle bleu phonique do Kuhne, dont la formule est la suivante:

AIrool absolu lo'^''

IJIeu de Méthylène i **''", oo

Faire dissoudre, et ajouter après a'i heures :

Kau phéniquéc à 5 "/o loo"

EX.\MEK DES SÉCBÉTIONS IBÉTRAIKS -

On laisse cuielfiues minutes la snlution agir, et on lave a l'eau courante. On sèche alors la lame de verre avec une soudlerie c[uelcoti({iie et on obtient ainsi en moins de cinq minutes une préparation prête à être examinée.

Comme on lo sait', le gonocoque est un diplocoque intra-leucory taire qui cependant ne pénètre jamais le noyau du leucocyte. Chaque élément à la forme d'un haricot ou d'un grain de café dont les parties concaves (encoche d'Eschbaum) se regarderaient.

Los caractères distinctifs et palhognomoniques du gonocoque sont :

La forme, qui est celle d'un haricot ou d'un grain de café toujours en diplocoqiies, réunis deux à deux, leurs faces légèremenl concaves situées en regard l'une de l'autre.

Le gratipemenl, toujours en amas, en petits tas, jamais en chiiincttes.

Les pruprii}li-s de coloration. Si les gonocoques se colo-j rent facilement par les couleurs d'aniline et en particulier par le bleu de méthylène, ils se décolorent aussi très aisément par la méthode de Gramm.

La situation. Ils soni intra-leucocytaircs.

Le nomhre. Quand le pus est nettement blennorrliagique, il y a toujours beaucoup de gonocoques. D'après Finger, l'existence de diplocoques tout !t fait clairsemés, siégeant intime dans les cellules, n'est pas probante.

i. — As|iecl tnicroscopiqiio dw gonoc(M]uei (Thoinol).

r .Marcel S.'p. Le gor

«c, l'ai

.Mgfi.

8 EXPLORATION DE lA HETRE

Il est certain qu'un œil exercé voit très rapidement s'il s'agit ou non de gonocoques.

Lesdcbutantsdoivent,aucontraire,avoirsouvent recours à la méthode de Gramni qui est fondée sur ce principe que le gonocoque est décoloré par la méthode de Gramm, tandis que les autres microbes banaux restent colorés.

Cette méthode est la suivante :

Après séchage et fixage de la préparation, on commence par la colorer pendant quelques secondes, au violet phéniqué dont la formule est la suivante :

Violet de gentiane i*^'"

Alcool absolu lo"

Faire dissoudre, cl ajouter après a/i heures :

Eau phéniquée à 1 Yo loo*^''

On égoutte alors le violet et on le remplace sans lavage préalable par la solution iodo-iodurée dont la formule est celle-ci :

Iode 1'^''

lodure de potassium a^'"^

Kau distillée uoo"

On laisse en contact quelques secondes en renouvelant deux fois le liquide à la suiface de la préparation, puis on décolore par Talcool absolu. Enfin on colore le fond, en laissant agir pendant une minute c|uel(|ues gouttes d'une solution alcoolique d'éosine, dont la formule est la suivante :

Solution salurée d éosine dans lalcool à ijj**. i vol. Alcool à (j3" 2 vol.

On lave finalement à l'eau et on sèche la préparation : les gonocoqu**s sont ttMntés en rose et à peine visibles: les micr<)bt»s ordinaires, au contraire, sont fortement teintés en violet.

> SECRETIONS ihethales

Le microscope.

Les microscopes qui sont généralement aujourd'hui d'un usage courant sont tellement perfectionnés qu'on ne peut en préconiser tel ou tel modèle,

II est seulement bon de rappeler que pour examiner d'une manière complète une préparation afin de savoir si elle contient, ou non, des gonocoques, il faut employer un objectif à immersion, et un oculaire n" i. Quand, dans les cas douteux, on veut préciser un point il est alors bon d'utiliser un oculaire plus fort, n" 3 ou 3 ou même t\.

Ciilliire <lo l'écoiilenieiit.

Parfois lorsqu'il s'agira de faire sûrement le diagnostic des gonocoques, il importera de faire la culture de l'écoulement ou des filaments'.

Un milieu très souvent employé est le sérum-agar de Wertheim' qui est un mélange à parties égales de sérum, de sang humain et de gélose (gélose 3, peptone i, chlorure de sodium o,5, pour loo grammes de bouillon).

Plus tard on a substitué au sérum de sang humain, de la sérosité ascitiqne ou pleurétique.

De Christmas' a pu cultiver le gonocoque sur du sérum de sang de lapin coagulé par la chaleur.

Eiirin Bezani-on et GiifTon ont établi un milieu véritablement pratique pour la culture du gonocoque qui est le xang gélost!^.

I. Vuir »iir <'cue <|<iesti<>ii b iUiie Hi; Le h.lilcr, l.cs milieux Uc niUiirc .[u ([luiocoiiue. t'iiris, iij'h>, tiilli: snus l'iiispinilion du D' V, (rriCTmi.

3. Wenheini, tteii>ititdiluii|,' iIl's l>uii<>kukkciis Neissers >iiiue]<i(les l'IiiUcii Vrrfiilirei». Deulsi-h.- aifl. Worhrnsehrift, lo déi-einhrc 1891, l. Wll, |i. i35i.

:{. Uc CliriMiiiBs, Annales ,U: rinaUl'il l>aslciir, iH,,- et l<|O0.

i, BeBdiruii Cl (Jriffmi. Ciillurc ilii |joiion.i|iic sur le sunj; yéli'S*. Sucîvli- ik itw^l<f(V, 3u Juin irjoi.<.

lO EXPLORATIO» DE L IRETRE

Le sang gélose de Bezançon et Griffon permet d'obtenir des colonies caractéristiques de gonocoques et constitue un excellent milieu de diagnostic : d'autre part le gonocoque ainsi cultivé peut se conserver vivant pendant plusieurs mois.

Infections secondaires de la muqueuse nrélrale.

Si le gonocoque est l'agent pathogène de beaucoup le plus souvent observé au cours des urétrites, il n'en est

l-'iG. 2. — Microbes d'iofeclion iccondairs disposés eo chaincUc (Woasidlo) '.

pas moins vrai qu on peut trouver encore assez souvent dans les écoulements urétraux bien d'autres microbes.

Un de ceux qui sont le plus fréquemment rencontrés est un petit bacille court et grêle, disposé en amas un en chainette et extrêmement abondant. D'après Finger, il serait un des liôlcs habituels du cul-dc-sac prépulial. Te petit bacille se rencontre au cours des vieilles urétrites

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