Lluria. Conyrbsde Madrid^ igoS
SgS EXPLORATION DU REIN
rieure, et dont la courbure augmente sous Taction d'une branche composée d'une série d'onglets articulés les uns avec les autres.
Cet intéressant instrument se rapproche beaucoup du deuxième modèle de cloisonneur de Lambotte et du diviseur vésical gradué de M. Cathelin, dont il est certainement un perfectionnement. En effet, il évite avec une grande adresse les deux critiques formulées plus haut contre ce dernier appareil.
Tout d'abord, il ne cloisonne pas la partie supérieure de la vessie, l'auteur s'étant parfaitement rendu compte de l'inutilité de ce cloisonnement. Il réserve tout son effort utile pour établir le barrage indispensable du bas-fond vésical, et il le fait d'une façon fort habile.
FiG. i43. — Lo cloisonneur vésical gradué de Boddaert (membrane rentrée).
Ensuite, au lieu de n'établir son barrage qu'indirectement, et par contre-coup, si l'on peut ainsi s'exprimer, il le fait directement et va droit au but (|ui est le bas-fond vésical.
De plus, le barrage établi par la branche à onglets, (|ui entraîne une membrane de caoutchouc « offre une résistance suHisamment grande pour ne pas être déformée, comme cela se produit parfois avec l'appareil Cathelin. au cours de divisions vésicales faites avec des vessies qui se contractent ' ».
Enfin, si l'auteur invoque en faveur de son cloisonneur l'avantage d'être gradué, ce n'est, du moins, (|ue pour pou-
I. Boddaerl. .{nimlcs (jén.urin., i*''" décembre ifjo'i, p. 810.
Ai'i'AHLir. DE HODUAEnT 399
voir enfoncer phis ou moins profondément sa membrane séparatrice dans le bas-fond vésical. Mais il ne semble pas que, plus ici qu'ailleurs, la notion de la capacité vésicale doive avoir un rapport quelconque avec la séparation intra-vcsicale des urines.
Quoi qu'il en soit, ce sont là autant d'avantages marqués qui constituent pour te cloisonneur de M. Boddaert une supériorité incontestable sur l'appareil de M. Cathelin qui lui avait servi de modèle. ^.
L'intéressante tentative de M. Bûddacii a particulièrement attiré mon attention, car, dans les nombreuses re-
11 cloiionncur vpsical gradui! da Botldaerl.
cherches que j'avais faites sur le cadavre, j'avais eu une idée presque semblable, et ce n'est qu'après de multiples expérimentations, que je l'ai abandonnée, pour établir le modèle définitif de mon séparateur.
Quelles sont donc les raisons do cet abandon ?
Tout d'abord, M. Boddaert avail, il est vrai, parfaitement bien vu la nécessité de déprimer le bas-fond vésical, et de creuser un puits entre les deux uretères. C'est ce qui fait que, dans l'ensemble, lorsque sa membrane est déployée, son instrument et le mien ont presque tout à fait la même forme. Mais il y a entre les deux appareils une diiïérencc essentielle et capitale.
4oo
ËlPLOHAtlON DU HËlN
En effet, tandis que la membrane séparatrice du cloisonneur vésical de M. Boddaert s'enfonce dans la muqueuse vésicale et la déprime en créant ainsi sur ses côtés, deux bas-fonds, au contraire, ses deux sondes évacuatrices restent toujours dans la partie supérieure de cette membrane, de telle sorte que Turine venant des uretères vient s^accumuler dans la partie toute inférieure et déclive et, celle-ci ne peut être évacuée que lorsque, s'accumulant, elle a atteint le niveau des sondes. Il y a donc là manifestement une stagnation des urines séparées (voir fig. i46
FiG. i45. — Le cloisonneur vésical gradué de Boddaorl (membrane déployée).
et 147), et, si Ton veut bien se reporter aux expériences sur le cadavre que j*ai publiées page 439, on verra qu'il y a là une cause manifeste d'inexactitude, car la miscibilité des urines devient possible dans ces conditions. Les sondes d'un bon cloisonneur doivent se trouver comme dans mon séparateur : en bas et à la partie déclive (voir fig. i48), au lieu d'être placées en haut. Leur rôle essentiel est d'évacuer immédiatement par siphon, l'urine qui arrive des uretères, et non pas de la laisser stagner.
Peut-être, la membrane du cloisonneur gradué est-elle aussi trop courte dans le sens antéro-postérieur, et ensuite
trop mince. Dans sa plus grande longueur, la membrane séparatrice ne mesure seulement que 5 centimètres. (Lettre manuscrite du constructeur, en date du 23 décembre igoA-) Or, cette longueur me parait insullisantc. En effet, la longueur totale de ma cloison séparatrice mesure 7 centimètres, et lorsque, pour faire des essais, j'ai tenté de la réduire à 5 centimètres, je n'ai plus eu de bonne séparation: c'est ce qui s'est passé dans l'observation 83 de mon livre'. Lorsque la membrane est trop courte, les
b'ic. i4G. — Dans le cloisonncur de Boddscrl. U londo évacuttrico est haut, et laisM dans lo bas-fond véiical un ri^idu d'urine ilagnante et par et
sjquenl miiciblc.
urines filent par derrière, au niveau de son bord postétérieur.
Si In membrane séparatrice est notoirement trop courte, elle est peut-être aussi bien mince pour assurer un bon cloisonnement. En elTct, elle devra, pour remplir ce rôle, appuyer assez fortement sur la muqueuse, s'enfoncer profondément entre ses plis, et par là devenir passible de Hombrciix reproches, parmi lesquels nous signalerons ; la profondeur trop grande des puits vésicaux permettant la
L. Liiyi. Ln srparnllnn (le l'ariiir îles ileiix reins, l':iris, Mass'in, :()oi.
stagnation d'une trop gra nde quantité d'urine non évacuée (voir fig. 1^7) et la douleur ini^vilablc d'une pression continue trop arrfrili!i'H\
rloiton du lu bas-fond ifsical. — Los sundcï j>1a{ alagnsnto cl psr conBéi|ucnl miscibles.
Buddaert déprime fortement
laut laisscnl un rûsîdu d'urine
18. — Stliim» imilé de lUckeriUlh '. lëparaleur Lujia ■«turc le cloiironnemenl. Les sondes placée!
à U parLe inférieure du bas>fond racuoillcnl mesure de sa prodncli
Un autre ineonvénient du cloisoiineiir vêsical gradué ri'side dans la nécessité de rabattre les sondes latéralement, une fois l'instrument introduit dans la vessie. En
li-ll.. Tl«: Linre.
SKP,\ti\TErn i.rïs /|o.1
effet, chaque sonde viendra bien, il est vrai, se mettre en contact avec la intiqueiise véâicalc, mais ne parviendra pas à venir chercher l'urine qui est accumulée dans les bas-fonds. De plus, ce « retournement u est nettement et sûrement offensif, et provoquera certainement le saignement d'une muqueuse enflammée.
Enfin, les sondes sont minuscules, et pourront î^tre facilement bouchées soit par un caillot sanguin ou dc!^ grumeaux de pus.
Il n'en est pas moins vrai que l'appareil de Boddacrt constitue un instrument intéressant, — principalement par l'ingéniosité avec laquelle la membrane séjiaratrioe effectue son déploiement.
11" Séparateur Luys.
Le principe essentiel qui dirigea constamment mes recherches et auquel je suis resté toujours fidèle dans la construction des types successifs de mon séparateur, fut d'élever une cloison Planche datvi cet étroit espace compris entre le milieu dos orifices ttréléraua: et l'orifice urétral. De celte manière, on devait recueillir de chaque côté de la cloison, le produit séparé de chaque rein, pourvu toutefois qu'on prit lu soin d'assurer un libre cours it l'urine au dehors, en ne la laissant pas s'accumuler dans la vessie.
Ce principe dérivait du reste de la simple cotislatation des conditions anatomiques. En effet, l'urine de chaque rein reste sé|)arée de celle du côté opposé tant qu'elle est contenue dans l'uretère, elle no tend à se mélanger que dans le court espace compris entre l'orifice urétéral et l'orilice urétral (pourvu, bien entendu, qu'elle trouve à s'évacuer facilement au dehors par ce dernier, au fur et il mesure de sa production). Il sullisait donc de trouver
4o4 EXPLORATION DU UEIN
le moyen d'élever dans ce court espace une cloison suffisamment haute, pour que les orifices urétéraux fussent situés sur ses parties latérales et non pas au-dessus d'elle.
Chacun sait, en effet, que les trois éléments du trigone, c'est-à-dire l'orifice urétral, et les deux orifices urétéraux droit et gauche, ont entre eux des rapports d'une constance remarquable. La distance qui sépare les deux orifices urétéraux l'un de l'autre oscille toujours entre 20 à 3o millimètres; de même la distance qui sépare le milieu de l'espace inter-urétéral de l'orifice urétral, est toujours sensiblement la même et mesure environ 25 à 3o millimètres. La fixité de ces rapports est absolue et complètement indépendante des dimensions de la vessie.
De plus, on sait que la région du trigone vésical est une des plus inextensibles de la vessie.
De ces données anatomiqucs, il est facile de formuler cette conclusion :
A des points de repère toujours fixes, toujours semblableSj doit con^espondre un instrument de dimensions fixes et uniformes.
C'est ce qui fut mon guide dans mes premières recherches, pour la construction de mon premier modèle de séparateur, présenté à l'Association française d'Urologie en octobre 1901.
Premier modèle du séparateur (1901).
(Modèle abandonné.)
Cet instrument se composait de 3 parties réunies les unes aux autres dont l'ensemble présentait la courbure d'un explorateur vésical inélallique de Guyon.
Des 3 parties deux étaient latérales et étaient constituées par les sondes (|ul à leurs extrémités présentaient sur leur face externe et leur face interne des ouvertures.
La pièce intermédiaire était munie d'une scie à chaîne
PREUIED MQUKLE (ii1AM>0>Kk) III ski>abatki:h I.UIS 4ll5
qui pouvait être tendue et détendue par l'action d'un volant situé au niveau du manche; elle était recouverte
Fie. 1/19. — Promior modèle (aliandonné)!!!! scparalouT Luji
ipiratcur.
par une chemise de caoutchouc et ta manœuvre du volant permettait d'élever entre les sondes ou d'abaisser une cloison séparatrice.
i5o. -^ SéptnIeuT hajt l" modtle (abandonné) a l'homme.
Il en existait deux modèles de construction iilirntiquc, mais de longueurs différentes, l'un pour l'homme, l'aiilre
pour la f
E\PI.UH VTIU5 Dl MEIH
KiG. ir>i. — Avec ce premier modèle (sbindonnè) du sépsraLfor Lini, il eii>lail parfois uii pi^lit Cul cic sac rÉtro- prostatique dans lc(|ucl les urines pouriieDt ■0 mélBnger,
l'in. iTii. — Il fliit nécessaire avec k> prp
Luis d'appliquer avec l'index introduit .. .
le rectiim alin d'éviter la niiicibïlitc des uri
moji-'le (al>andunné) du wparaleur
le rectum la paroi vésicale contre
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