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II. — CRITIQUE DE LA MÉTHODE DE LA SÉPARATION

ENDO-VÉSICALE

Les principaux reproches que Ton peut adresser à la méthode de la séparation eudovésicalc des urines peuvent se résumer en trois groupes principaux:

I" La séparation endovésîcale ne fournit pas Turine

rénale pure.

La critique la plus importante qu'on a opposée aux résultats fournis par le séparateur est que cet instrument founiitnon pas lUirine )uhia Ip pitre y nuiis C urine forcement mélangée avec les produits de la vessie qu'elle a du traverser. C'est

CRITIQUE DE LA SÉPARATION EnDO-VÉSICALE J67

là l'opinion dt: Rovsiiig par exemple' qui déclare qu'il ne fera jamais une séparation d'uHne sans avoir au préalable pratiqué la cystoscopie. C'est aussi ropinion de Rafin de Lyon qui l'a résumée dans une formule souvent répétée après lui : a La séparation endovésicale n'est ni microscopique, ni bactériologique. »

Ces termes contiennent assurément une part de vérité, mais lis sont peul-étre un peu absolus, et susceptibles de recevoir quelques objections :

1° Tout d'abord te cathétêrisme urétéral pratiqué dans l'uretère du coté malade, alors qu'on recueille l'urine du rein sain par une sonde placée dans la vessie, ne duDoe pas de renseignements plus exacts ; l'urine du rein du côté sain se souillant au contact de la vessie, infectée.

a" Ensuite dans une analyse d'urines séparées, pourquoi ne tenir compte que d'un seul élément d'appréciation ? la présence des bacilles ou du sang? Il y a cependant d'autres éléments, — le volume des urines, le dosage de l'urée, le point cryoscopique, etc. — qui conservent ici toute leur valeur, et qui pourront servir de grands éléments d'appréciation pour connaître le bon ou mauvais fonctionnement d'un rein.

Nous pouvons <:iter à l'appui de cette assertion deux ou trois observations dans lesquelles le séparateur a permis d'atlîrmer que les produits des deux reins élant semblables, les reins étaient indemnes, et que la vessie était seule malade.

De plus, au point de vue hhtologiqiie, il faut savoir, ainsi que l'ont bien indiqué MM. Tuilier et Mauté ', que dans tout échantillon d'urine obtenue par le séparateur, il existe à l'état normal un sédiment important formé principalement d'éléments figurés qui sont :

I. BoTÛng, in Verhiadlnn^n der Dentsrhea Geullichafl fiir Chirorgie.

Vierandretittigter Comjrist abgebalUn tu Berlin, 36-19 -^pril xjoS, |>. 83. 1. TuFfier ei MauU. Annales giniL-urin., igoû, p. 4l8.

I® Des globules rouges en assez grand nombre et dont la présence est constante ;

2® Des leucocytes dans la proportion des leucocytes du sang;

3® De très nombreuses cellules de la vessie appartenant aux couches superficielles de la vessie.

Il y a donc à tenir un grand compte de la présence presque constante de ces éléments dans tous les échantillons d'urine obtenus par le séparateur et savoir ne pas conclure, si Ton trouve des leucocytes dans les deux échantillons comparés ensemble, qu'il y a une pyurie bilatérale — mais bien plutôt pouvoir apprécier si d'un côté ces leucocytes se trouvent dans la proportion des leucocytes du sang — et de l'autre en nombre tout à fait anormal. Il faudra au contraire aussi savoir reconnaître dans l'examen du sédiment les petites cellules épithéliales arrondies, de la taille d'un leucocyte, qui si on les rencontre en grand nombre d'un côté seulement, pourront être attribuées presque sûrement au rein.

De môme pour les cylindres. « Les cylindres localisés à un des reins acquièrent également de ce fait une importance particulière, et en présence d'une simple hématurie microscopique même si, comme c'est la règle, il existe des deux côtés du sang d'origine vésicale, on pourra afiirmer une hématurie rénale du côté où l'on aura constaté des cylindres hémali(|ues *. »

Si donc l'examen histologique du sédiment obtenu par séparation est, aucontraire de ce qui a été dit, extrêmement important — par contre, nous serons les premiers à reconnaître que la séparation endo-vésicale ne nous donne pas, dans cerlains cas, des renseignements absolument précis au point de vue bactériologique.

En effet, il existe trop souvent dans la vessie des lésions

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