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I. — rMPORTANCE DE L'URÉTROSCOPIE

L'urétroscopie est, à proprement parler, l'étude de la muqueuse urctrale sous le contrôle direct de la vue, au moyen de l'urélroscope.

Pour se faire une idée précise de l'utilité de l'urétroscopie, et de l'importaure capitale de l'examen direct du canal, il faut tout d'al)ord bien comprendre les services considérables que peut rendre ce mode d'examen dans les maladies de l'urètre, et particulièrement dans celle qui de beaucoup est la plus fréquente: l'urétritc chronique.

UdllItV (le l'im'tlroscopic diiiis l'uri'-trile elironique.

On sait aujourd'hui, «pie l'urélritc chronique est une maladie locale, et que les foyers d'infection qui l'entretiennent, sont dans riminensn majorité des cas, bien localisés et bien circonscrits. Connaître ces foyers, pour les traiter ensuite suivant leurs variétés, constitue le secret de la {^uérison de l'urétritc chronicpie.

Aussi, C()niprcn<l-on que les instruments cl les méthodes destinés à explorer l'urètre et ses annexes aient été nombreux et depuis longtemps employés. Parmi ces méthodes

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d'exploration, rendoscopic urétrale a réellement une valeur de premier ordre dans le diagnostic et le traitement des maladies de Furèlre.

Ce que le stétoscope est au cœur, ce que les rayons de Rœntgen sont aux fractures, ce que le laryngoscope est au larynx, ce que Tophtalmoscope est à Tœil, Turétroscope est à Turètre. Si, en effet, il n'est pas besoin du stéthoscope pour diagnostiquer grossièrement une lésion cardiaque, il n'en est pas moins vrai que l'utilisation de ce précieux instrument permettra de préciser et de localiser très exactement un souille cardiaque. De même aussi si le diagnostic de fracture des os était aisément donné par un ensemble de symptômes cliniques pathognomoniques, il n'en est pas moins vrai que les rayons de Rœntgen et l'écran fluorescent ont permis dans bien des cas de connaître exactement la direction du trait de fracture, et d'en déduire une thérapeutique appropriée et bienfaisante pour le malade. C'est exactement dans les mômes conditions, mais avec une nécessité plus grande encore, quel'urétroscope permet de localiser la lésion très exactement à telle ou telle partie de rurctre.

11 doit répugner, en effet, à tout esprit véritablement scientifique, d'instituer une thérapeutique active, contre un élément pathologique qui ne soit pas exactement connu, dans toutes ses modalités. Ce serait agir là tout à fait à l'aveugle, et réduire le traitement des urétrites à un traitement empirique qui n'est plus de notre temps.

Or, les parois urétrales échappent naturellement au regard, et les moyens ordinairement employés ne permettent de reconnaître que les grosses lésions urétrales.

Le but que se propose, au contraire, TUrétroscopie, est de voir la lésion urétrale localisée, de connaître sa situation exacte, son étendue et sa forme. Ce mode d'investigation permet donc d'appliquer à la muqueuse urétrale le principe de toute chirurgie rationnelle, c'est-à-dire de

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faire un diagnostic exact des lésions urétrales en les regardant directement, et de les traiter ensuite suivant le diagnostic posé.

Il est donc bien certain que pour connaître l'état de tous ces replis, de loutesces cachettes, une seule méthode convient: c'est la vue directe grâce à l'urétroscope.

C'est aussi l'urétroscope (]iiî, mieux qu'aucun autre mode d'exploration, permellra de parfaitement localisera telle ou telle partie de l'urètre les lésions localisées de l'urétrite chronique.

Si, en eiïet, l'examen des urines et des lllamonts qui y sont contenus, effectué dans plusieurs verres séparés, permet de différencier grossièrement le siège des lésions soit dans l'urètre postérieur, soît dans l'urètre antérieur, il n'en est pas moins vrai que co procédé est absolument iinpuissantà nous faire savoirsi les lésions sont situées dans telle ou telle portion de l'urètre antérieur, par exemple.

En effet, l'urètre antérieur a une longueur relativement considérable, et les mélhodes de traitement qui doivent èlre appliquées, aux lésions qu'il présente, sont dissemblables, et se font avec des inslriimcnts absolument différents, suivant que l'une ou l'aulre de ses parties est malade.

Des lésions des glandes de Littre de l'urètre pénien ne se traitent pas de la même façon que les lésions situées au niveau du cul-de-sac bulbaire. Kt comment èlre sûr de la localisation, si l'on n'a pas vu la place exacte de la lésion?

Seul l'urétroscope peut répondre à ce desideratum.

Ajouterons-nous encore qu'en dehors do la précision du diagnostic de localisation que periiicl l'urétroscopie, celte méthode donne aussi la possibilité d'agir localement d'une fiiçon très énergique et de traiter directement les lésions examinées? Si l'étude du traitement iirétroscnpiipte proprement dit ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage, la grande valeur et l'imporlanoc de cette mélhode thérapeutique doivent cependant être indiquées ici, et il con-

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vient de signaler combien il serait illogique de vouloir traiter chirurgicalement une lésion sans la voir, et de diriger « à Taveugle » ses manœuvres thérapeutiques.

Il semble qu'après tout ce que nous venons de dire, les critiques généralement adressées à la méthode urétroscopique doivent tomber.

L'argument si souvent donné, que la méthode urétroscopiquc ne nous apprend rien que nous ne puissions prévoir d'avance par les signes cliniques, ne nous semble pas devoir nous arrêter longtemps.

Il suflit, en effet, de jeter un coup d'oeil sur les figures que nous publions, pour comprendre comment, grîlce à la seule méthode urétroscopique, le voile mystérieux jeté sur les causes de certaines urétrites rebelles s'écarte, pour laisser voir en pleine lumière la véritable cause de l'échec des traitements précédemment suivis.

Quant aux accidents qui peuvent résulter de l'emploi de la méthode, tels que Tépididymite, la cystite, etc.. il suffira de renvoyer le lecteur aux chapitres de la technique.

Jamais l'urétroscope ne doit servir à diagnostiquer des lésions inflammatoires aiguës, difl'uses et récentes; il ne doit être utilisé que dans des conditions bien précises que nous spécifierons plus loin. Et dans ce cas, lorsqu'il est mené doucement et avec précaution, jamais il n'occasionnera le moindre accident.

En résumé rurrtroscojtc doit rire actuellement considéré comme un instrument liahituel d'exploration uré traie. Il donne , au point de vue diagnostic, des renseiynements infiniment plus précieuj' qu aucun autre mode d'inrestigation, et permet au point de vue thérapeutirpie, d'ayir d'une tnanirre précise et étonnamment efficace.

Du reste, quand on a pratiqué pendant quel(|ue lein|)s la méthode endoscopique, que ce soit dans l'urètre ou

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dans la vessie, et qu'on en n bien en main le manuel opé* ratoire et instrumental, on a peine à concevoir qu'on ne se serve pas toujoursde ce précieux mode de diagnosticet de traitement, essentiellement pratique et puissant.

Les points congestifs, les ecchymoses, les infiltrations gélaliniformcs de la muqueuse, tout cela se voit admirablement, et, quand on sait prendre son temps, quand on a un bon outillage, on a conscience de faire véritablement oeuvre scientifique, chirurgicale et utile.

Importance eonsidt'-rnlile de l'Urélroscopie pour diMermlner la guêrisoa absolue d'une urétrttc.

Il est inutile d'insister sur l'énorme importance qu'il y a à savoir si un malade préalablemcut atteint d'urétrite est, ou non, eomplèlcmcnt guéri. C'est là, comme chacun sait, un point capilal, car il permettra d'éviterdes conséquences lointaines, aussi falnles i[ue terribles.

Certes, pour apprécier la guérison, la recherche attentive de l'écoulement du malade resté plusieurs heures sans uriner, et l'examen minutieux des filaments qui peuvent être conleniis dans l'urine, peut donner de précieux renseignements ; de même le massage do la prostate, et l'exploralion de la muqueuse urétrale tendue sur un bénique, pourront toujours nous fournir de précieuses indications. Mais il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de ces recherches, on est |>nrfois bien désagréablement surpris par des récidives, en apparence inc\pli(|uabl('s, et qui, dans les cas où le mariage a élé |>rémaluréiuont permis, peuvent avoir des suites fatales.

Aussi, d.ins ce dernier cas particulier, devrail-ou s'entourer de toutes les précautions possibles, aliu d'éviter pour l'avenir, un désastre. Parmi ces précautions, la plus importante, est l'examen minutieux de toute la muqueuse

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urétrale à l'aide de lurétroscope, car, c'est ainsi qu'on pourra avoir les renseignements les plus rigoureusement précis, pour apprécier la guérison absolue, et donner au fiancé le « bulletin de santé » qui lui permettra d'aborder le mariage en toute sécurité morale et physique.

Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici Topinion des P" Oberlander et Kollmann sur ce sujet*: « Quelle que soit l'apparente bénignité du cas observé, on ne doit pas se contenter pour en apprécier la guérison, d'une seule recherche, mais on doit pratiquer plusieurs examens non seulement à quelques jours d'intervalle, mais aussi à des semaines de distance... et chaque fois, il faudra avoir soin d'urétroscoper,le malade n'ayant pas uriné depuis 5 ou 6 heures, et surtout de ne pas se servir de cocaïne... On examinera tout le canal d'un bout à l'autre, et, on pourra être assuré que la guérison est complète, lorsque le canal examiné remplit toutes les conditions suivantes:

(c La muqueuse doit présenter des plis normaux, et une striation longitudinale parfaite. 11 ne doit y avoir aucune différence au point de vue de la coloration, entre les points primitivement malades, et les parties restées saines. L'épithélium doit être partout aussi brillant. Les lacunes et les glandes de Littre doivent présenter des conduits excréteurs non irrités, les infiltrations périglandulaires et les cicatrices des ghmdes disparues ne doivent faire aucune saillie à la surface de la muqueuse, et se présenter (!omme toutes les autres parties, avec une surface épithéliale, saine.

« Les autres cicatrices qui ont pu se produire, et qui sont sous-épithéliales, ne doivent plus pouvoir se distinguer, et doivent être recouvertes d'une surface épithéliale d'un aspect et d'un éclat normaux. »

I. Oberlander et Kollmann. Die chronische yonnorrhoe. Lci|)7.i{]^, 'QO') P- '6^-

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