EXPLORATION DE LA PROSTATE ET DES VÉSICULES SÉMINALES
Quoiqu'il en soit, l'expressiondesvésicules étant recueillie dans un verre, on doit l'examiner au microscope comme il a été indiqué plus haut pour l'expression prostatique.
3° Exploration uréiroscopique des vésicules séminales.
L'exploration uréiroscopique des vésicules séminales se réduit simplement à l'examen de l'utricule prostatique et des canaux éjaculatcurs par le moyen d'un tube urétroscopique.
Cette inspcclion est le plus souvent diUicile à effectuer — et elle n'est véritablement profitable que dans les cas où les canaux éjacnlateurs sont malades — car à l'état de santé, l'utricule prostatique ainsi que les canaux éjacnlateurs sont à peine visibles.
L'exploration pratiquée de cette manière peut rendre de grands services lorsqu'on se trouve en présence de troubles de l'i^jaculation, comme par exemple dans les cas d'éjaculations sanglantes.
L'observation suivante en est un bel exemple :
Obs. — Ejiicatntions sanglanles guéries par des injections d'une solution de nitrate d'anjenl, faîtes dans l'utricule prostatunu,
J. O..., Iioiiiiiic de 3/1 ans, avait uu 3 ans auparavant, une blcnnorrhaf^ir, coinpiKjiit'c «l'orcliiio Ji'oilc- Depuis ccUe rpoi^tic, il a continui> à avoir un légct* (Toiiletiiont, surtout abondant le malin; lorsqu'il se présente on mai ijjo'i, cetéeoulcincnt recueilli au microscope ne conlietit <|nc Jes Ieucoi\ les et Ucs cellules. Les urines sont très irouhIcK dans les ^ verres où elles sont examinées. La prostate présente un lobe droit nettotuent scusible cl douloureux. L'urètre présente une bride périnéale très nette à l'olive n" ao.
Le traiieniont institué consista, à cette époque, en massages de la prostate, et en passafîcs de béniqués jusqu'au n° 54.
Sous cette influence, tout écoulement avait complètement cesse, les urines étaient limpides, sans trace de filaments.
54 EXPLORATIOÎi DE l'uRÈTRE
Un examen urétroscopiquo, fait le a5 mai 190^, montra que presque tout Turètre était en bon état, mais que, cependant, au niveau du veru-montanum, on pouvait apercevoir sur la partie latérale droite de l'utricule prostatique, un petit orifice donnant un peu de suintement blanchâtre.
Cette constatation ayant peu attiré l'attention, étant donnée l'absence d'écoulement et de filaments dans les urines, fut négligée ; et le malade resta dans cet état jusqu'en décembre icjoA-
C'est à ce moment, soit 7 mois après, qu'il se présenta de nouveau, n'ayant toujours aucun écoulement, conservant des urines limpides, mais se plaignant d'avoir depuis un mois et demi, des éjaculations sanglantes. C'est en présence de ce symptôme si net, que l'urétroscopie permit de voir très nettement que le veru-montanum, hypertrophié, était déjeté à gauche, et que dans sa partie latérale droite, on pouvait voir l'orifice de l'utricule prostatique, volumineux et enflammé. Sur cet orifice fui appliquée une i)ointe de crayon de nitrate d'argent; puis, le massage de la proslate montra que si la prostate était normale, la vésicule séminale droile, au contraire, était nettement douleureuse. Il n'exislait, cependant, aucune trace de noyau d'induration, ni dans la prostale, ni dans la vésicule séminale.
Le 3o janvier 1905, un tube urétroscopique n** aG, ayant permis de bien examiner le veru-montanum, donne la faculté d'injecler dans l'intérieur même de rutricule prostati(jue à l'aide d'une longue et très fine canule en platine, quel(|ucs gouttes d'une solution de nitrate d'argent à 5 j)Our 100. Aussitôt après cette injection, il est très aisé de se rendre compte de la ])énélration du nitrate, par ce fait (|ue le veru-monlanum tout entier élait devenu turgescent, aussitôt I injection, de plat (|u il était avant.
Le 7 février 1905, le malade nous dit <|u*il a eu une très légère douleur du côté du testicule droit, à la suite de cette intervention, mais que, par contre, il a constaté, d'une façon indubitable, la diminutioti du sang dans ses éjaculations.
Une deuxième injection de nitrate d'argent fut faite ce jour même, dans les mêmes conditions que précédemment.
Le 18 février, une grande amélioration était de nouveau notée par le malade, et une troisième injection semblable aux précédentes était pralitpiée. 11 revenait, enfin, nous voir hî 22 février 1900, nous déclarant qu'il n'avait phis trace de sang dans ses éjaculations, et qu'il se sentait en parfait état.