I. - URÉTROSCOPIE DE L'URÈTRE NORMAL Général i lés
Avant d'abni'der l'étude urétroscopique de l'urètre il est utile d'examiner d'abord quelques généralités communes à toutes les portions de l'urètre.
La consistance, l'épaisseur de la muqueuse est essentiellement variable suivant les individus. Cette muqueuse est plus mince et plus fragile chez les individus dont les organes génitaux sont plus petits ou plus ou moins atrophiés, plus ferme et plus solide, au contraire, chez les sujets vigoureux.
La coloration de la muqueuse diffère aussi profondément d'un sujet à l'autre. Elle varie à l'état normal du gris rougeàtre au rouge sang suivant l'intensité de la vascularisation. Elle varie aussi suivant le calibre du tube urétroscopique employé. En effet, la paroi du tube peut par la pression qu'il exerce surtout lorsqu'il est un peu gros pour le canal auquel il est adapté, provoquer de l'anémie de la muqueuse. S'il appuie plus ou moins sur une paroi, il détermine sur celle-ci une pâleur localisée qu'un ob-
gS EXPLORATION DE l'uRÈTRE
servateur inexpérimenté pourra prendre pour pathologique, mais en faisant varier la position du tube, il est bie» facile de s'apercevoir que ces variations de couleur sont dues seulement à la présence du tube urétroscopique. De même, nous n'insisterons pas sur la coloration particulière de Turètre sous Tinfluence de la cocaïne qui fait légèrement pâlir la muqueuse.
L'aspect général de toute figure urétroscopique permet d'y distinguer deux parties importantes : La figure centrale ; La surface muqueuse proprement dite,
La figure centrale est constituée par un orifice représentant le centre du canal de Turèlrc. Normalement, en eff^et, le canal de l'urètre a ses parois accolées, de telle manière que sa lumière centrale est virtuelle. Au moment où l'on fait passer l'endoscope, ses parois s'écartent symétriquement au niveau de l'extrémité de l'instrument en présentant par leur béance un aspect semblable à celui d'un entonnoir dont le fond serait constitué par le centre du conduit urétral et dont les parois seraient cellesmêmes de l'urètre.
Cet entonnoir est plus ou moins marqué, plus ou moins bien dessiné, suivant la position que Ton donne au tube endoscopique. Si, en eff^et, on abandonne le tube à lui-même, l'entonnoir est peu marqué. Si on le pousse en cherchant à l'enfoncer, la muqueuse vient faire hernie à l'intérieur du tube endoscopique, l'entonnoir devient alors très court et s'efl^ace même presque complètement. Si, au contraire, on tire le tube à soi, l'entonnoir devient beaucoup plus profond, et si, en plus, dans l'urètre pénien, en solidarisant par une pression des doigts le tube urétroscopique avec la verge, on tire sur Tensemble, on peut alors former un très long entonnoir pouvant même prendre l'aspect d'un
UBÉTHOSCOPIE DE l'uRÈTRE KORHAL gg
véritable cylindre. Ces différentes manières d'examiner l'urètre présentent chacune leurs avantages.
En effet, lorsqu'on fait saillir la muqueuse dans le tube, on peut examiner de face des points bien localisés.
Lorsqu'au contraire, on tire sur la verge et sur le tube urétroscopique, on peut alors examiner les lésions de profil, et ce mode d'examen a un intérêt considérable, quand il s'agit de découvrir les petites inflammations glandulaires chroniques ne faisant qu'une petite saillie légère dans la lumière du canal.
Pour bien voir, et pour tout voir, il faut savoir alterner l'un et l'autre de ces modes d'examen.
De même encore, lorsqu'on veut examiner un point bien spécial de la muqueuse, on incline le lube urétroscopique sur l'axe de l'urètre; on se trouve alors en posîtion excentrique, si ia figure centrale est encore visible, — en position pariétale si elle a complètement disparu.
L'aspect de cette figure centrale varie beaucoup dans les différentes portions de l'urètre. Au niveau du gland, elle a la forme d'une petite fente ovale, au niveau de la région pénienne, elle est comme un point; au niveau de la région bulbaire, elle a la forme d'une fente verticale (voir planche en couleur, n" I, (ig. I\). Au niveau du veru-montanum, enfin, elle prend un aspect absolument particulier dû à la saillie du veru (voir planche I, fig. i et 3).
La surface de la muqueuse, proprement dite, présente des plis longitudinaux en forme de rayons de roue. Ces plis sont plus ou moins marqués suivant que la muqueuse est plus ou moins tendue et, par conséquent, suivant la grosseur du tube employé. Bien accentués dans un urètre sain, ils subissent des modifications dans l'urètre pathologique.
La muqueuse de l'urètre sain présente encore des stries longitudinales rougcàtres, de couleur plus ou moins vive,
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