‹ Exploration de l'appareil urinaireChapitre 40 sur 144 · LES S0!1DES · texte numérisé non relu

LES S0!1DES

Hcs sondes peiivenl donner, il est nécessaire d'avoir uni bonne seringue, et l'une des plus avantageuses est oolli que j'ai l'ait fonslruire par M. Collin. Elle est essentiel lement con3titU('?e par un corps v.n verre de la conlenant-i iie loo grammes et aa piston qui est composé d'amiante Ses priniijiaiiv avantages sont avant loiit la stérilisation

facile. Elle peut être immergée toute montée dnns l'eau bouillante — sans aucun dommage — de plus elle est extrêmement douce et bien en maiti, et aisément démontable, ce qui facilite beaucoup le nelloyage mécanique.

Renseignements iloimés par tes sondt^s. — C'est avec ces instruments creux ou sondes, que l'on pourra explorer une vessie en mesurant sa capacité, sa lonicitr musculaire et son résidu.

i" Capacilé de la vessie. — La sonde étant introduite el la vessie vidée, on injecte dans le réservoir vésical avec une seringue graduée, une certaine quantité d'eau boriquée. Lorsque le malade éprouve nettement le besoin d'uriner, on s'arrête, on lit la division correspondant a la quantité d'eau injectée el l'on connaît ainsi quelle est la capacité de la vessie. C'est là une notion extrêmement importante pour mesurer le degré d'une cystite.

Il arrive cependant souvent, en opérant de cette manière, que le coup de piston n'est pas assez doucement donné, ou est un peu brusque, ou bien que l'eau borîquée employée est trop chaude ou trop froide. Dans ces conditions, la sensibilité vésiiale se trouve trop lot réveillée. C'est

hl^'l EÏPLOBATION DE t.K VESSIE

pour remédier à ces inconvénionts q tic l'on peut adapter au I pBvilloii de la sonde un petit entonnoir de verre que l'on |[reiii|ilit au fur et à mesure jusqu'à ce que le niveau du

liquide apparaisse dans l'entonnoir montant et descendant lnvee les mouvements respiratoires. On renverse alors Ist

■ •onde dans un verre gradué et la capacité est exactement

lonnue.

C'est là certainement une excellente manière de mesu- I rer la capacité de la vessie. Celle-ci, quiniesurcon moyenneï 300 à 3oo grammes, est très diminuée dans les cystites où

■ elle peut descendre à 5o, 3q et nii>me lo grammes seule-

ment.

2° Tonicité musculaire. — Par les sondes, on pourra Laussi apprécier la tonùilé musculaire de la vessie. En «ffet, lorsque le jet du liquide injecté ressort de la vessie K»vec une trajectoire horizontale et longue, on peut conpclure à la musculature énergique de la vessie. Lorsqu'au contraire le jet tombe verticalement formant angle droit avec la sonde, par la simple action de la pesanteur, on peut conclure que la musculature de la vessie est affaiblie on même nulle.

3" n^sidu vésical. — Les sondes penncHoiil aussi de connaitre si la vessie se vide complèlemcnl, ou s'il y a un résidu vésical.

On sait qu'on désigne sous le nom de résidu vésical la quantité d'urines stagnant inconsciemment dans la vessie pendant l'Intervalle des mictions. 11 révèle la présence d'un bas-fond, du soit à une déchéance du muscle vésical produite par le tabès on une cystite chronique, soit à un obstacle urétral engendré par un rétrécissement de l'urètre ou une hypertrophie de la prostate. La mesure exacte de ce résidu vésical commande des indications thérapeutiques précises.

Enlin les sondes

eltent de préciser souvent l'ori-

EXPLORAT ELU MÉTALLIQl E (('(3

gine d'une hématurie, et d'en indiquer sn provenance vésicalo. En effet, lorsqu'au cours d'une hématurie, on observe que les dernières gouttes évacuées parla sondesoni seules teintées de sang ou que le sang vient pur fi la fin, on peut souvent avoir des présomptions en faveur de l'origine vésicale de riiématurie.

Instiilmests pleins.

A. Un des principaux instruments de letlo sorte est l'e,iplorateiir vésical motallique, principalement destiné à la recherche des calculs vésicaux. Il se compose d'une tige

- Eiplara

véaicsl inGUllique ào Guj'oti.

métallique pleine coudée à l'une de ses exirémités, et terminée à l'autre extrémité par un cylindre métallique qui sert de résonnateur et permet d'avoir l'instrument bien en main. Le tambour résonnalcur a été récemment modifié par M. Collin. GrAce à ce perfectionnement les sons rendus par les calculs sonl amplifiés. Il existe de cet instrument plusieurs modèles qui varieni Ruivanl la courbe

- Eïplor

inaalliqiit

: r^îonnaleur clc Collin.

qu'adopte leur extrémilé. Le numéro i est surtout utilisé

.chez les enfants, le numéro a chez les jeunes gens, le

luméro 3 est celui qui est le plus souvent usité, et le

iiméro â n'est réservé qu'aux cas d'hypertrophie pros-

iqae.

li^ Ell'LOnATlC"> l>E LA VESSIE

Pour introilnire cet inslnioient, on aura soin d'abord de mettre le malade sur un lit, dans \a position horizontale, puis d'élever l'^gèremenl son siège par un coussin, et de garnir enlin la vessie an préalable avec environ loo grammes d'eau boriquée. L'inlroduction proprement dile se fera suivant les règles habituelles du calhêlérisme. L'instrument est présenté d'abord au méat de l'açon

ôg. — L'eiplurali iniJre que

lqu*< est introduit dans l'urètre tnltTieur d«

ivité Jg »a eourburo soit tournée du cùlê de 1b face îiiterno

<lad«. Le tnlon ri^pi^r^ par le; buiitoiis du tambour rst

(pie la concavité de sa courbure regarde la lace interne de [a cuisse droite; la traversée de l'urètro antérieur est facile, et l'introduction se fait sans difliciiltée jusqu'au cul-de-sac du bulbe. Lk, l'instrument a tendance à tourner cl à être arrêté: à ce morne ni il convient de tendre la verge avec lu nuiia gauche (voir fig. 60) tandis que la main droite se borneà soutenir seulement l'instrument. Sous cette influence, la pénétration se fait dans la région membraneuse

EIPI.OIHTEl II MÉTALMQVE t 'l5

et le maiiiîhedt! l'instrument commence à s'abaisset'. A ce moment, la main gauche l&clie la verge et s'applique fortement sur la région pubienne qu'elle déprime, de manière à abaisser le ligament suspenseur de la verge. En mûme temps la main droite soutient simplement le manche

PiG, 60, — Ij IraclÎDii de la main gauche lur la vcTge pormet k l'inilruini-nl il(? >e lourncr de liii-mdmc. et de s'engager dans la région membranou^o. Le Uton repéré pur les linuloni du laniliour e>t toiirni' en lias, le bec etl d(in<; tourné en liaul.

qu'elle suit dans son abaisseinciil cl la traverst-e prostatique s'elTectiie le plus souvent sans diHicullés(voîr lig. Gi). Lorsque le bec de l'explorateur a pénétre dans la vessie, on perçoit facilement qu'il est libre de tous côtés dans la cavité vésicale. Lorsqu'en tournant le manche de l'instrument on vient à frapper la muqueuse vésicale, celle-ci n'est pas douloureust-meni impressionnée, lorsque laves-

explouation de la

e elle esl fnllammL'e comme par exemple, tout coiitart

sie est saine. Quand a

au roiirs de la liiberculose,

avec la muqueuse est reBscntî 1res douloureusement.

C'est dans nés conditions qu'on a grand avantage fi aneslhéiiier le canal ot ta vessie avant l'examen aveu une injection de lo renlimèlres cubes d'une solution stérilisée de stovaine à r/ioo. Une autre bnuue précaution à prendre également, est de faire donner au malade une heure en-

l'ii:. (ir. — Maruruvro [irqniliii'iim; ((Jtijoii). La niaiu gauel"' ■! aluîafc raKoiiienl I» lïsiu; nu-dcvanl du puliis, landb que- la m ioulBoaut sinipli-inant l'oiploralcur. lui [wrioet do iirogresser facili les n'gions nicmbranflUM>> et iiroilaliqHCi^.

viron avant IV-xamen un lavement ii garder couiposé avec I gramme d'anlipyrine et lo gouttes de laudanum.

On obtient très souvent, grâce à res moyens, une bonne st-dation de la douleur «t l'examen vésical n'en est que plus frurtneux.

C'est aussi de cette manière, qu'on peut pratiquer la ppreussion intmcésicafe. Celle-ei consiste à frapper avec lo bec de l'instrument, les parois vésicules, lantùt à droite, tantôt à gauche; sous cette influence, sont déterminées

C^PLORiTEin MÉrAU.IQI'F, j't7

des conlratïtions de la vessie, qui se mani Testent par des proéniineuces fugitives.

On peut également reconnailre de cette manière, les colonnes et les trabéciiles de la vessie. Lorsqu'on efîet, oii touche avec la pointe de l'exploraleiir une colonne ou un Irabériile de la vessie, on sent ulors un cahot caractéristique.

Pour reconnaitic lu présence de corps é/ra/if/ers de la vessie, on promènera l'instrument dans toute la cavité vésicale, en tournant le bec dans toutes les directions ; tantôt on enfoncera profondément l'instrument vers la paroi postérieure, tantôt, au contraire, on l'attirera vers le col, tantôt on abaissera le in»ncbe de l'instrument de manière à explorer la paroi supérieure, tantôt, au contraire, on élèvera le manche, en tournant en bas le bec de l'instrument, de manière à explorer la paroi inférieure. Dans ce dernier cas, il arrive parfois, que, lorsque la prostate est fortement hypertrophiée, il existe un cul-dc-sac rétroprostatique tellement accentué, que le bec de l'instrument ne peut en explorer le fond, et c'est ainsi (|ue les corps étrangers qui y sont situés peuvent échapper à l'exploration.

Pour éviter celle cause d'erreur, on aura quelquefois intérêt à pratiquer l'exploration vésicale avec cet instrument, soit dans la position droite, soit dans la position à genoux-.

Le lontact de rcxploraleur métallique avec tin calcul visical donne une sensation extrèmenienl nette et précise non seulement au toucher, mais aussi à l'ouïe, un calcul d'acide urique rend un son clair, nettement perceptible a petite distance ; un calcul phnsphatîquc plus mou, ne donne qu'un son sourd. Les dimensions du calcul peuvent aussi être aisément connues lorsque, par une série de contacts, on touche ce calcul depuis son extrémité postérieure, jusqu'il son extrémité antérieure. On peut aussi reconnaître qu'un calcul est libre ou enclavé, suivant qu'il est possible, nu non de le nioliiliseï' avec l'explorateur.

l48 EXPLORATION DE LA VESSIE

L'exploration des tumeurs de la vessie par Texplorateur métallique, ne donne que peu de renseignements, sauf dans les tumeurs qui sont extrêmement dures. Cette exploration doit môme être tout à fait contre-indiquée, car elle provoque bien souvent des hématuries, qui peuvent être redoutables.

B. Les explorateurs à boule olivaire peuvent aussi servir pour explorer la cavité vésicale, mais les renseignements qu'ils donnent, manquent la plupart du temps de précision, et ne fournissent presque jamais de résultats certains.

C. Le lithotriteur peut, dans bien des circonstances, être un instrument précieux dans la recherche soit de corps étrangers de la vessie, soit de petits calculs vésicaux, qui ont pu échapper à l'explorateur métallique. Mieux que l'explorateur métallique aussi, le lithotriteur permettra de déterminer la mesure exacte des calculs vésicaux.

L'exploration des tumeurs de la vessie, faite par les sondes ou par les cathéters, ne donne jamais de renseignements précis. Tout au plus pourrions-nous citer le cathéter en cuiller de Kuster, qui se compose d\in cathéter métallique, lequel porte sur sa convexité un œil très large, qui permet d'arracher, dans la lumière de cet hmI, des parcelles de tumeur, de manière à en permettre Texamen. D'une manière générale, on peut dire que c'est à la seule cystoscopie qu'est dévolu le rôle de rexamen des tumeurs de la vessie.

3" L*oxploration digitale de la vessie.

Cette exploration surtout depuis rusage,si courant aujourd'hui, de la cystoscopie, est de moins on moins employée.

i:\rF.ORvrio.N digitale iVj

Elle consiste chez la femme, à dilater tout d'abord considérablement l'urètre, puis à pratiquer l'exploration de l'inlérieur de la vessie avec le doigt qui y est introduit.

Cette méthode a été surtout préconisée et employée par Simon (de Heidelberg)*. Cet auteur employait pour dilater l'urètre de la femme des spéculums coniques de différentes grosseurs — dont le plus gros était de deux centimètres — il avait souvent recours à l'anesthésie chloroformique pour faire son examen, ou tout au moins à l'anesthésie locale par la cocaïne.

Chez l'homme, celte exploration ne pouvait se faire que par l'incision sanglante exploratrice de l'urètre au périnée, qui a été pratiquée par Volkmann- et par Thompson^, ou par l'incision de la vessie au-dessus de la symphyse pubienne.

Cette exploration digitale permettrait de reconnaître les trabécules, les diverticules, les incrustations de la vessie, ainsi que les saillies prostatiques ou des tumeurs urétérales ou vésicales.

I. Simon. Ueber clic Methoden die W eibliclier Urinblasc zug^angen zu ma» clien und ùber die Sonderung^ des Harnieiters beim Weibe. ]'ol!:inann Sammlung klin. Vorirùfje, 1875, n® 88.

a. Volkmann Beitràfje fiir Chirurgie. Leipzig (1875)»

3. Tliompson. Exploration oF ihe bladder by perineal section of tlie urethra. Lancet, i883, n® 5 ou 6.

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