Voir La Clini'iur, iS juilicl i9i>6, paRe
iCo EXPLOtlATIOS DE LA VESSIE
visser un bouchon mélaliîqiie perforé, muni d'un embout. A une des extrémités du tube se fixe un tuyau de caoutchouc qui relie le tube de verre k un flacon rempli de formol pur, â l'autre extrémité, est un tube de caoutchouc directemcut en rapport avec une trompe à eau.
Le maniement de cet appareil est exln^menient simple ; il suffit d'ouvrir le robinet de la trompe à eau pour faire le vide dans le tube stérilisateur. Ce vide as))ire l'air qui vient barboter dans le formol, et se charge de vapeurs
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de fonnaldéhydc. Ces vapeurs, constamment fraîches et continuellement renouvcl<ies, ed'ectueni une slérilisntion compli-te des instruments situés dans l'inlérieurdu tube, apri's un quart d'heure d'usage.
Le grand avantage de ce principe de stérilisation dû au D' Suarez de Meniloza (de Madrid)' es! outre la sécurité compU'te qu'il peut donner au point de vuf de la désin-
1. SiiarCf lie Meiidohi. — Cntupic renilu du \IV' con^ri' Mailrid, tecliun de Cliinirgir )^n<!ral», HjOk, fg* il>j3.
TFXIIMQLE DE LA CYSTOSCOPIE A PRISME l6l
fection, son innocuité absolue envers les instruments, qui, quelques délicats qu'ils soient, ne sont jamais détériorés parce mode si simple de stérilisation. On sait en effet que lorsqu'on laisse séjourner les cystoscopes à prisme dans une étuve à trioxy méthylène, leur appareil optique s'altère, ce qui les rend impropres au service. Avec cet appareil, au contraire, ils ne subissent jamais la moindre adultération du fait de la stérilisation qui peut être effectuée complètement en un quart d'heure.
B. Essai. — On doit essayer Tinstrument avant de le stériliser, vérifier si le courant fonctionne convenablement, si la lampe s'allume bien et si les lentilles de tout l'appareil optique sont bien claires et transparentes. Enfin on s'assurera que la lampe est bien froide, et qu'elle est incapable de provoquer une brûlure de la muqueuse.
Préparation du malade.
Le malade doit être dévêtu et ne garder que sa chemise. Il doit être placé dans le décubitus dorsal, les genoux plies et écartés — le siège légèrement relevé venant affleurer le bout de la table d'examen.
On a dû s'assurer auparavant que Vurètre est bien perméable avec un explorateur à boule olivaire n* 23; s'il présente des rétrécissements, ceux-ci devront être soumis auparavant à la dilatation.
La vessie doit offrir une capacité (Vau inoins 80 grammes, encore avec cette minime capacité la vision est-elle presque toujoursdefectueuse.il sera donc indiqué en principe, de ne pratiquer la cysloscopie qu'après avoir, par un traitement approprié, rendu tolérantes les vessies par trop enflammées.
Lorsque la nécessité d'un examen immédiat s'impose, il sera bon pour calmer la sensibilité de la vessie, de faire prendre au malade une demi-heure avant l'examen, un
lOa EXPLORATION DR LA VESSIE
petit lavement à garder contenant 2 grammes d'antipyrine et 10 à 12 gouttes de laudanum.
L^anesthésie locale par Tusage d'une solution stérilisée de stovaïne à i/ioo en instillations dans la vessie pourra aussi rendre des services mais il ne faudra pas trop compter sur son effet. Une dernière ressource sera d'employer l'anesthésie générale au chloroforme.
Enfin le milieu vésical doit être transparent. Pour obtenir ce but, de grands lavages de la vessie seront effectués avec de l'eau boriquée tiède — jusqu'à ce que l'eau sortant de la vessie et recueillie dans un verre soit parfaitement limpide.
Dans les cas d'hématuries d'origine vésicale, les lavages à l'eau boriquée bien chaude arrêtent souvent le sang pendant un temps assez long pour permettre l'examen. D'autres fois on devra recourir avant l'examen à l'emploi d'une solution d'antipyrine à 1/20 dont on injectera de [\o à 60 grammes et qu'on laissera agir sur la muqueuse vésicale pendant quelques minutes avant Texamen.
D'autres fois enfin, il faudra avoir recours'au cystoscope irrigateur et renouveler plusieurs fois pendant Tcxamen, le contenu vésical.
Technique proprement dite.
Toutes ces précautions étant prises, on commence par remplir la vessie soit avec de Peau boriquée, soit simplement, avec de l'eau bouillie.
La quantité à injecter dans la vessie devra être en moyenne de i5o grammes; si Ton mettait trop de liquide, on risquerait de distendre outre mesure les parois vésicales et de se trouver ainsi trop éloigné du point à examiner.
Si, au contraire, on introduisait moins de liquide, les
TECHSIQUE DE LA CÏSTOSCOPIE A PRISME IDJ
parois trop rapprochées du bec de rinstniment empêcheraient la manœuvre facile du bec du cystoscopc et rendraient la vision peu nette.
Quoi qu'il en soit on procède ensuite à l'introduction du cystoscope. Cette introduction sera pratiquée comme celle d'une sonde béquille après avoir lubréfié l'instrument avec de la glycérine stérilisée en suivant la paroi supérieure de l'urètre. La direction du bec du cystoscope sera toujours faciiemcnt et constamment connue par la présence du
- Applicalloii dii Cjstosco|io A |i
(NiUe).
petit bouton, qui, placé sur le pavillon de l'instrument, sert de point de repère. Lorsque le bec de l'instrument est amené près de la prostate, le pavillon est fortement abaissé et l'instrument pénètre alors farilement dans la vessie : on s'aperçoit de ce fait lorsque la béquille de l'inslnimcnt possède sa pleine liberté dans la cavité vésicale et tourne sans difficultés dans tous les sens.
A Cl- inomeul on adapte au [javîllon de l'instrument la fourche qui amène le courant, et alors seulement on allume la lampe en établissant le contact électrique. La lampe doit toujours être maintenue à une certaine distance de la pai'oi vésicale et ne jamais s'y appliquer directement.
l6â EXPLOnATION DF. LA VESSIE
On procède alors à l'examen complet et méthodique de toute lu vessie.
Le premier point de repère à chercher est le col : pour cela, on retire peu à peu l'instrument et on voit tout à coup apparaître dans le champ visuel un croissant rouge sombre, c'est le pourtour du col. En repoussant un peu en arrière l'instrument, on explorera toute la cavité vésicale en faisant tourner le hec du cystoscopc autour de son axe ; puis on examinera principalement le bas-fond de la vessie en tournant h- bec du < vstoscope en bas.
cjslostope i priime
Le meilleur point dt- repère pour trouver les orilîces urétèraux nous semblu d'assimiler la circonférence du pavillon du cyBtosropeâ un cadran de pendule. Se repérant alors sur le petit bouton indicateur, on iromniencera par disposer le bec du cystoscope de manière qu'il réponde fi 0 heures, c'est-à-dire tourné tout à fait en bas el sur la li^u médiane. Après avnîr trouvé le col, on repousse l'iiistrunient de a centimètres i/a environ en arrière, puis falnanl tourner le cystoscope autour de sou axe, on s'ar-
■angu
c ruiinière que le petit bouton indicateur
i>convi':me.\ts de la cystoscoime a piusme i65
responde à 8 heures pour le côté droit, à 4 heures pour le côté gauche : on est sur l'orifice urétéral.
La faute commune est le plus souvent d'être trop éloigné du bas-fond vésical; il suffira pour bien distinguer chaque orifice urétéral d'élever le pavillon du cystoscopc et la verge, ce qui rapprochera le prisme et la lampe de la paroi inférieure, et fera découvrir les uretères.
Un autre bon point de repère dans cette région est le muscle inter-urétéral qui se montre sous la forme d'un léger relief transversal lumineux; c'est en suivant celte ligne jusqu'à ses extrémités qu'on ne peut manquer les uretères.
Lorsque toute la paroi inférieure de la vessie aura été examinée, il faudra ne pas négliger l'examen de la paroi supérieure, car souvent des lumeurs y sont implantées qui resteraient inexplorées.
Pour ce faire, on abaisse fortement le cystoscope et la verge et on rapproche ainsi le prisme et la lampe de la paroi supérieure qui sera examinée méthodiquement d'avant en arrière.