INCONVÉNIENTS DELA CYSTOSCOPIEA PRISME
Les avantages de hi cystoscopie à prisme no vont pas sans certains inconvénients qu'on peut ainsi résumer :
1» La nécessité d*uu long apprentissage.
11 est impossible à un débutant de réussir du premier coup un examen avec le cystoscope à prisme, et pour établir un diagnostic d'après les données recueillies par la vision au prisme, il est de toute nécessité d'être rompu depuis longtemps aux manœuvres cystoscopiques.
2" Le renversement et la déformation des images.
Tout d'abord le prisme renverse les images, mais il les renverse dans un seul et môme sens qui est le plan vertical. Dans le plan transversal au contraire, les images gardent leur situation réelle, c'est-à-dire que Tœil voit à droite ce qui est bien réellement à droite et (juc ce qu'il perçoit à gauche est bien réellement à gauche. Au contraire ce qui est en avant apparaît en arrière, et les portions postérieures de Timage apparaissent antérieures.
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S'il est certain qu'après un certain temps d'exercice, on parvient fort bien à faire la part de ces renversements et à interpréter correctement une image cystoscopique, il n'en n'est pas moins vrai que l'œil doit y être habitué par un long exercice.
De plus aussi, le prisme déforme les images, et c'est là une grosse difliculté pour connaître la grandeur réelle des images perçues au cystoscope. Suivant la position donnée au prisme, plus ou moins rapprochée de l'objet, on aura une image plus ou moins grande, et il faudra une longue expérience pour savoir de suite quel volume attribuer à telle tumeur vésicale.
S"* La nécessité d'avoir une vessie tolérante.
11 est certain qu'il faut pour obtenir une bonne vision, que les parois vésicales soient sufiisamment écartées les unes des autres, sans quoi on n'obtient qu'une vision trouble ou obscure. Or bien souvent, en dépit de l'emploi de l'anesthésie locale par la stovaine, et de tous les petits moyens que nous avons indiqués plus haut, la vessie se contracte très douloureusement et ne se prête à aucun examen.
C'est dans ces conditions qu'on se voit forcé de renoncer à tout examen avec un cystoscope à prisme.
4" La nécessité d'avoir un milieu transparent.
Il faut en effet que le milieu liquide au travers duquel se fait la vision, reste constamment transparent. Cette condition, qui est essentielle, est parfois extrêmement difficile à réaliser quand on a affaire soit à une cystite intense, soit à une pyurie rénale abondante, soit enfin à une hématurie d'origine prostatique, vésicale ou rénale. 11
l68 EXPLORATION DE LA VESSIE
est juste de dire qu'avec une bonne irrigation, on vient parfois à bout de ces inconvénients mais il est aussi des cas dans lesquels les obstacles deviennent absolument insurmontables et où Ton est obligé de renoncer à tout examen.
On a encore cherché à tourner cette difliculté en remplissant la vessie non pas avec de l'eau, mais avec de l'air sous pression qui constitue un milieu restant constamment transparent, mais la vision des parois vésicales faite dans ces conditions avec le cystoscope à prisme est défectueuse.
Nitze* lui-même a complètement déconseillé cette méthode en insistant surtout sur ce fait, que les parois vésicales sont alors comme tapissées d'un vernis brillant qui rend l'examen bien difficile.
5<* La nécessité de tenir i'instrument à une certaine distance de l'objet à examiner.
11 est impossible, en effet, d'avoir une vision nette si le prisme est trop près de l'objet à examiner: aussi est-il nécessaire pour bien voir de mettre l'instrument à une certaine distance. Lorsque certaines déformations de la vessie empochent cette manœuvre, la vision avec le cystoscope à prisme devient très malaisée. C'est ce qui arrive chez la femme enceinte par exemple.