CHOIX DE LA MÉTHODE POUR EFFECTUER LE CATHÉTÉRISME DE L'URETÈRE
Après avoir examiné successivemenl toutes les méthodes et tous les procédés destinés à permettre de pratiquer le cathétérisme de l'uretère, il convient de se demander à quelle méthode il faut donner la préférence.
Or, de toutes celles qui ont été passées en revue, il semble que deux procédés seulement doivent être employés et que le cathétérisme de Turetère ne doit être pratiqué que :
Ou bien avec le cystoscope à prisme ;
Ou bien avec le cystoscope à vision directe.
Ces deux méthodes ne doivent pas être élevées en rivales, et chacune d'elles paraît avoir ses indications spéciales : Tune doit devoir suppléer l'autre dans certaines circonstances.
1" Indications du cystoscope à vision directe pour pratiquer le cathétérisme de l'uretère.
La méthode du cystoscope à vision directe pour effectuer le cathétérisme urétéral parait devoir être préférée et préconisée à toute autre dans plusieurs circonstances principales :
sy'l EM'I.onATION DE l.'lRËTÈBE ET DU DASSINET
1° Pour cathéli'riser un rein sain. — Lorsqu'il y a tiiïs indication» spécialefl ei formelles pour connaître exactement l'état de l'iiretoi'e ou d'un bassinet d'uu rein supposùsain, de faire le rathétérisine urétéral, — il parait évident qu'on doive utiliser seulement le eystoscope à vision directe.
En effet, nous verrons plus loin (voirp. /i5â) les dangers d'infection réels et absolument certains qui naissent de remploi du catliétérisme iiréléral fait avec le eystoscope à prisme. Ces dangers sont, au contraire, réduits au minimum, pour ne pas 'lire nuls, avec l'emploi du eystoscope à vision directe.
En effet, de cette façon, la sunde urêtérale sort de l'étuve où elle a été stérilisée pour pénélrer directement dans l'uretère, en prenant le seul contact avec les doigts aseptisés du chirurgien. Tout au plus pourrait-on redouter si la main n'est pas bien assurée, de toucher avec la pointe de la sonde, la pctroi vésicale infectée. Mais lorsqu'on a en face de soi, au bout du tube cystoscopique, l'orifice urétêral bien isolé, il est facile, avant de prendre la sonde, de toucher la paroi vésiralp voisine de l'orifice uréléral avec un tampon imbibé d'une solution de nitrate d'argent à a pour loo, et d'en obtenir ainsi la stérilisation momentanée,
Quoi qu'il en soit, en opérant avec soin et précaution, on peut dire qu'avec le eystoscope à vision directe, les dangers d'infection d'un rein sain sont sinon absolument nuls, du moins infiniment atténués.
•j" Pour coiinallre Iv fimctionuemetit rénal, lorsque l'application dtt séparateur est impomùle.
L'impossibilité d'application du séparateur peut se rencontrer, par suite d'anomalies anatoniiqties, lorsqu'il s'agit, comme dans deux cas que j'ai eu occasion d'observer, de fistules vésico-va^inules ayant détruit la paroi inférieure de la vessie et rendant toute application du séparateur impossible.
CHOIX DE I.A MÉTIIUD£ UK CtTIIËTÉIIISME Ji-^
[il! fail peut encore se prc-senlci' au t'ours d'une période iivancL'c (te la jjrossesse, soit dans des cas de cancers ou de libroiiie de l'uti-rus, etc., soït enfin loi-sque la cystite est telli^nienl accentuée que la vessie liorribicment douloureuse se contracte violemmtint et enipéclie l'application normale de l'instrumcnl.
C'est dans ces cas, que le cithétérisnie urétéral pourra se l'aire seulement avec le cjsIo(;ope à vision direcle car la caparité vésicale trop réduite d'une |iart n'adniettin qu'une trop petite quantité de liquide, et d'autre part la diniciitté de pouvoir obtenir un milieu vésical transparent rendront presque impossible le cathctérîsme avec le cyetoscopc à prisme.
.'(" A coté de ces cas principaux il acmlile que d'une manière générale poui' effectuer le calliélérjsme de l'uretère l'usage du cystoscope à vision directe doit être absolument préféré au cystoscope à prisme chez la femme. En effet, l'introduction directe d'une sonde dans l'uretère est chez la femme iine chose infiniment simple et facile : il est besoin à peine de quelques secondes pour passer de suite dans l'uretère,
Le cathétérisme double des ■> uretères est aussi inliniment plus facile avec le cystoscope à vision directe qu'avec le cystoscope à prisme.
\° De plus, avec le cystoscope à vision directe on peut faire pénétrer jusqu'au rein des sondes dont le pavillon large évasé ne pourrait passer dans l'étroit conduit du cystoscope à prisme, ce qui permet im lavage facile abondant «lu bassinet avec une grosse seringue ordinaire.
5* Il arrive aussi que iiiûnic dans des conditions normales, dans une vessie saine, la sonde urétérale maniée avec le cystoscope à prisme ne peut arriver à pénétrer dans l'orifice urétéral parce qu'elle bule ou passe pardessus sans pouvoir y pénétrer. J'ai observé â Berlin un cas semblable qui m'était montré par le I" Nit/e lui-
•j^yC EXPLORATio:* DE lVretère et du bassinet
même. C'est dans ces ras qu'on peut, au contraire, |)arfaitement réussir avec le cystoscope à vision directe. En effet, la sonde maintenue bien rigide par la présence du mandrin dans son intérieur, peut franchir le méat urétéral plus facilement qu'avec le cystoscope à prisme.
6** Enfin, un dernier avantage du cathétérisme direct de Turetère est qu'on peut de cette manière, infiniment mieux qu'avec toute autre méthode, se rendre compte que la sonde urétérale a bien réellement pénétré dans l'uretère et n'a pas glissé à côté. En effet, en maniant convenablement le tube cystoscopique, on parvient parfaitement à faire avec l'œil le tour de la sonde urétérale, à percevoir tout son pourtour, à constater que celle-ci est entièrement entourée de muqueuse et qu'elle s'enfonce dans la vessie, comme la hampe d'un drapeau fiché en terre.
2<> Indications du cystoscope à prisme pour pratiquer
le cathétérisme de i'uretère.
Les deux grandes indications où Ton doit avoir à se servir du cystoscope à prisme pour pratiquer avec lui le cathétérisme urétéral nous paraissent les suivantes :
1** Chez les sujets, obèses et congestifs. En effet, dans ces conditions, d'une part la position de TrondelcMiburg est dillicilement supportée, et d'autre part la vcvssic se déplisse mal à cause de la pléthore abdominale ;
2** Chez les sujets hommes dont le méat ou Turètre présente un calibre relativement petit, n'admeUanl pas le tube du cystoscope à vision directe.