REIN DROIT HEIN GAUCHE
Globules rou^s très nombreux. Globules rouges très nombreux.
Leucocytes surtout polynucléaires très Leucocytes beaucoup moins abondants nombreux. que dans l'urine du rein droit.
Examen bactériologique. — La recherche du bacille de Koch est négative. L'urine des deux reins contient des microbes dont les uns prennent leGramm et dont les autres ne leprennent pas. On trouve principalement des dîplostreptocoques et d'autres microbes qui paraissent être des colibacilles.
Deux cobayes, inoculés le 17 mai avec l'urine du rein droit, sont restés indemnes de tuberculose.
11 s'agit donc vraisemblablement d'une infection banale; mais la séparation endo-vésicale des urines indique que le rein gauche, non tuméfié et cliniquement sain, émet des urines légèrement troubles et que le taux de ses éliminations est inférieur à celui du rein cliniquement malade.
Pour confirmer ces données inattendues, le 1)' Lapoinle lente de pratiquer l'épi^euve du bleu de méthylène pendant le cathétôrisme uretéral, et, pour ce faire, il essaie le cathétérisme cysloscopique avec le cystoscope à vision directe de Luys.
Deux tentatives infructueuses ayant été faites, M. Luys est appelé le 26 mai 1906. Pour obtenir la tolérance relative de la vessie.
TECIIMQLE ni CATlIKTEUISMFi: DE L URETEIIE '2'j \
le D'' Lapointe avait fait pratiquer, une heure avant l'examen, une injection de scopolamine-morphine avec la solution suivante :
Bromkydrate de scopolamine. . . i/a milligramme.
Chlorhydrate de morphine .... i centigpramme.
Le cysloscope étant introduit facilement, on constate tout d'abord que la vessie est extrêmement malade. Elle présente des fongosités saignantes et suintantes au moindre contact.
Néanmoins, l'orifice uretéral droit est vu au milieu de fongosités et cathétérisé directement avec une sonde n° 8. L'orifice uretéral gauche est beaucoup plus difficile à atteindre, car, à ce niveau, la vessie saigne énormément.
Cependant; après l'emploi de l'adrénaline en attouchements directs, on parvient à assécher complètement la muqueuse et à voir l'orifice uretéral gauche caché d'abord par un repli muqucux. Pour bien le voir, il faul déplisser la muqueuse avec l'extrémité du tube cystoscopique et une sonde n° 7 est alors facilement introduite.
Au moment où chacune des deux sondes est placée dans les uretères correspondants, on peut constater qu'il se produit une polyurie réflexe manifeste, et remarquer en même temps que les urines ont un aspect également trouble des deux côtés.
Quelque temps avant le cathétérisme uretéral, on avait fait une injection sous-cutanoe de bleu de méthylène. Les sondes urétérales furent laissées en place pendant deux heures et, pendant ce temps, on a pu constater que l'élimination du bleu de méthylène s'était faite sous forme de chromogène de la manière suivante :
RKIN DHOIT
f* heure : néant.
3® demi-heure : teinte verte nette.
4° demi-heure : la teinte n*est pas plus prononcée.
REIN GAUCHE
fe heure : néant.
3<^ demi-heure : teinte verte beaucoup moins foncée qu'à droite.
4*^ demi-heure : la teinte n'est pas plus prononcée.
La constatation du bleu de méthylène dans les urines de la mietion n'a été faite que 7 heures après la piqûre et l'élimination a persisté environ 48 heures.
Le rein gauche élimine donc moins bien le chromogène que le rein droit. De plus, l'étude de l'élimination du bleu de méthylène dans les urines des deux reins, à 1 aide du cathétérisme uretéral,
272 EXPLORATION DE l'uRETERE ET DU BASSINET
concorde avec les résultats de l'analyse chimique et de la cryoscopie faite sur les urines des deux reins à Taide du séparateur.
Résumé el conclusions, — La séparation des urines a montré que le rein gauche, supposé sain, était malade aussi, et que sa valeur fonctionnelle était même inférieure à celle du rein droit.
L examen bactériologique, négatif au point de vue de la tuberculose, fait pencher plutôt vers le diagnostic dhydronéphrose du rein droit, infecté probablement par une cystile intercurrente, avec nyélonéphrite secondaire du rein gauche.
L'état pathologique des deux reins contre-indique la néphrectomie du rein droit et ne permet d'envisager d'autre intervention que la néphrostomie, mais la malade quitte le service sur sa demande, en apprenant qu'on ne peut pas lui enlever son rein droit.