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EXPLORATION DE L URETERE ET DU BASSINET

cet examen fut immédiatement pratiqué avec mon séparateur et donna un résultat des plus nets.

Tandis que la sonde droite laisse écouler par éjaculations rythmiques et régulières, de l'urine claire et absolument limpide, la sonde gauche, au contraire, ne fournit que de l'urine complètement trouble : la difiTérence des deux échantillons d'urine est tout à fait caractéristique et déjà on peut dire qu'il s'agit d'une pyonéphrose gauche. L'examen des urines séparées, pratiqué par M. le D' Mauté, donne le résultat suivant :

Volume. . . .

REIN DROIT

REIN GAUCRE

VESSIE

IICS8

iocc,2

Urée par litre. .

Point de congélation. . . .

Indice de réfraction. . .

1 0 Quelques globules rouges avec de rares leucocytes (dans la proportion des éléments du sang).

i» En grande quantité :

Leucocytes polynucléaires, constituant une pyuric

1° Leucocytes polynucléaires abon danU (Pyuric);

u« De rares cellules

microscopijj u e

20 Quelques

Sédiment.

épithélialcs vési-

nette ;

cellules vési-

cales ;

2» En petit nombre

cales.

3'* Des cristaux d'oxa-

dans les mêmes

late de chaux.

proportions que du cote opposé, (j lo-

bules rouges, cellules vésicales.

Le diagnostic de pyonéphrose gauche étant ac(|uis par le séparateur il convenait de préciser encore davantage 1 état du l'cin gauche. C'est dans ce but cjue le cathétérisme de l'uretère gauche fut pratiqué très facilement avec mon cystoscope à vision directe le ai novembre i()o5. (^e jour-là, précisément, la malade se trouvait en période hématurique. La vessie examinée au cystoscope paraît tout à fait normale et les orilices urétéraux semblent également absolument normaux. Une sonde urétérale, n" 7, pénètre facilement jus- (ju'au rein et permet de recueillir de l'urine neftoincnt sanglante. Pendant ce temps, une sonde Nélaton, placée dans la vessie, re-

MESURE DE LV GAPAClTi: DL BASSINET

cueille l'urine de l'autre rein qui est claire. L'analyse chimique des produits séparés est de nouveau examinée par M. le D' Mauté, ce qui donne le résultat suivant :

Volume

REIN DROIT

REIN GAUCHE

ncc

Point cryoscopique. .

Urée par litre. . .

— io,6a l3»^5o

Urates amorphes

abondants.

Cristaux d'acide uri-

Très nombreux globules rouges.

Très nombreux leucocytes polynucléaires, constituant une

Sédiment

i que.

1 Assez nombreux glo-

1 bules rouges, en

quantité environ

véritable pyuric. Quelques petites cellules épithéliales rondes du rein ou du bassinet.

10 fois moindre

Larges cellules épithéliales en

que du côté opposé, et cellules vésicales.

amas arrondies, avec un gros noyau, et qu'il est difficile de localiser.

Nombreux cocci en diplocoques

et en amas.

La sonde urétérale étant maintenue en place, la capacité du bas^ sinet est alors mesurée : elle est à peine de 2 centimètres cubes ; le bassinet n'est donc sûrement pas distendu.

Gomme il y a dans ce cas présomption de calcul rénal, la malade est envoyée à la radiographie. Cette radiographie fut faite quelques jours après dans le laboratoire de M. le D' Béclère, à l'hôpital Saint-Antoine, et la malade revenait me voir avec l'indication suivante : « L'examen du cliché obtenu ne permet pas de conclure à la présence ou à l'absence de calcul. »

Kn présence des résultats fournis par tous ces examens on pouvait penser qu'il s'agissait ici seulement d'une pyélite simple. Aussi, pendant environ un mois, des lavages du bassinet gauche furent pratiqués à des intervalles de 8 jours. Ces lavages, faits avec une solution de nitrate d'argent à i/iooo, faisaient cesser presque aussitôt l'hématurie pendant environ 4 jours, puis au bout de ce temps elle reparaissait. Quoi qu'il en soit, leur résultat fut nul. Aussi une intervention rénale fut-elle décidée d'un commun accord avec le D** Alexandre.

2()2 EXPLORATION DE l'uRETERE ET DU BASSINET

En effet, la séparation avait bien montré qu'il s'agissait d'une pyonépbrose gauche ; la mesure de la capacité du bassinet avait prouvé que ce bassinet n'était pas distendu, enfin, les deux analyses chimiques, qui avaient permis d'étudier le fonctionnement du rein gauche, permettaient d'affirmer que ce rein gauche fonctionnait normalement.

La conclusion était qu'il fallait se garder absolument d'enlever ce rein gauche, mais que seule la néphrotomie était indiquée.

Celle-ci fut pratiquée parle D'Alexandre et par moi, le 37 janvier 1906. Après une longue incision lombaire le rein est sorti à l'extérieur, et, le bassinet étant exploré par sa surface externe, je sens nettement la présence d'un calcul dans son intérieur. Le rein est alors fendu sur son bord externe. Puis le parenchyme rénal est effondré jusqu'au bassinet. L'index, introduit dans l'intérieur du bassinet, ramène alors facilement un calcul qui paraissait extrêmement mobile dans le bassinet. Ce calcul qui semble très dur mesure 12 millimètres de long sur 11 millimètres de large. L'uretère paraît absolument normal. Les lèvres de la plaie rénale sont alors réunies avec deux plans de suture au catgut ; enfin, trois étages de sutures réunissent les plans musculaires et superficiels.

La guérison complète se fil sans incidents, et revue par le D*" Alexandre un an après l'intervention, la malade se trouvait en excellent état.

On voit donc d'après ces trois observations quel intérêt ily a à connaîlre d'une manière précise avant de commencer une opéralion sur le rein, quelle est la capacité exacte du bassinet.

Les principaux avantages de cette méthode semblent les suivants :

1** Dans la lithiase rénale, les hydronéphroses, les pyonéphroses simples non tuberculeuses, la mesure exacte de la capacité du bassinet permeltra de décider avanl Tintervention si Ton doit prati(|uer la néphrolomie ou la néphreclomie.

Nous ne prétendrons pas que ce mode de diagnostic doive à lui seul trancher complètement et définitivement la question, mais il n'en n'est pas moins vrai (|u'il ai)por-

MESURE DE LA CAPACITÉ Dl BASSINET 298

tera sa part contributive précieuse pour la détermination de Tune ou de l'autre de ces deux interventions.

2® Lorsque la capacité du bassinet a été reconnue très notablement augmentée et qu'on en a déduit la nécessité de la néphreclomie, il y a grand intérêt à pratiquer d'emblée celle-ci au cours de l'intervention, de manière que, dans les cas de pyonéphrose, le rein soit enlevé tout entier, sans incision préalable, ce qui empêchera l'infection de la plaie par le pus rénal et permettra une réunion par première intention, sans drainage, comme cela a été le cas dans la deuxième observation qui a été relatée ici.

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