‹ Exploration de l'appareil urinaireChapitre 82 sur 144 · I. (iléiiard. l*romnce médicale^ a3 aonl 1886. Lvon · texte numérisé non relu

I. (iléiiard. l*romnce médicale^ a3 aonl 1886. Lvon

EXVMEN PHYSIQl E Dl HEIN 3o3

s'agit de malades obèses à gros ventre adipeux. Sous Tinfluence de cette position, les tumeurs du rein peuvent s'abaisser par leur propre poids. De plus, les mains de l'explorateur peuvent parfois la refouler en haul, en s'insinuant sous elle.

5" La position genu-pectorale (Plicque) peut fournir d'utiles renseignements quand on obtient le relâchement complet de la paroi ; une tumeur rénale s'abaisse alors vers la main qui supporte et soulève la paroi antérieure.

6^ La position latérale préconisée par Israël* consiste à placer le sujet dans le décubitus latéral sur le flanc du côté sain, les membres inférieurs étant en légère flexion; dans ces conditions la paroi abdominale est en plein relâchement; les viscères se portent vers le côté sain, et le rein tend à tomber en bas et en avant au-dessous des fausses côtes, à devenir plus superficiel et par conséquent plus accessible à la palpation. Le chirurgien doit être en face du malade ; une de ses mains est postérieure lombaire, l'autre est antérieure, abdominale, disposée de telle sorte que l'index et le médius de cette dernière main soient à deux doigts au-dessous des points de réunion des 9® et lo* cartilages costaux. La palpation se fait alors à contre-temps, c'est-à-dire que c'est pendant l'inspiration que les deux mains allant à la rencontre l'une de l'autre tâchent de surprendre le rein au passage.

D'autres chirurgiens qui se servent de cette méthode de palpation se placent non pas en face, mais en arrière du malade. La main antérieure peut alors plus facilement s'insinuer sous les côtes et aller à la recherche du rein.

C'est de cette façon qu'on peut interroger les reins malades, et qu'on parvient à en pratiquer souvent l'exploration manuelle alors que les autres modes de palpation,

I. Israël. Ueber Palpation gesunder und kranken Nieren. Berlin, klinisch, Wocheiisehrift, i88g, n*^ 8, p. 125, i56.

3o4 B:iPLOnATtON DU REIN

dans la position dorsale partU-ulièreincnt, reslaient muets.

Enfin lorsque la palpalion ne donne aucun renseig;netncnt par suite de la contracture presque invincible des parois abdominales, on a usé de moyens adjuvants pour s'en rendre maître.

Ainsi Bendersky ' a proposé d'examiner les malades dans un bain tiède, ce qui tend à rendre souple la paroi du ventre contracture,

Mayor* d'autre part a conseillé les onctions du ventre avec de la vaseline. Ce procédé permettrait de rendre trai-

Fir.. ijij- — P«lp»lioi

tables les ventres les plus réfractaires. et l'auteur s'exprime ainsi :

« Le rein paraît venir à nu dans la main... le viscère laisse l'impression très ticdc de sa forme et de sa consistance si spéciale, o

7° L'exn»ic/i en position i-hvi'-e du i«v.ïiw.— Dans les cas où il s'agit d'une tumeur siégeant dans un rein piéalaMcinent mobilisi', llartiuaiin a proposé pour arrivci' an tliii^noslic de placer l<( mnlade en pDsitii)n élevée du bassin. Sous

. ltv.i.lt-rsky. 1,1. I,i,

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i THÏSIQUE DU BEIN

celle influence, la tumeur viendrait prendre le contact lombaire s'il s'agit d'un rein, d'après cette loi qui veut que : u les tumeurs nées dans la partie supérieure de l'abdomen et tombées dans celui-ci, retournent, en vertu de la pesanteur, à leur point de départ, quand on élève le bassin »'.

RECHEHCaE DE LA SENSIBILITÉ RÉNALE

C'est par ces modes de palpation quels qu'ils soient qu'on pourra interroger par le palper bi-manuel la xp/isibilité du rein. En elï'et à l'état normal, le rein sain est insensible à la pression ; lorsque la pression méthodique exercée sur cetorgane par la palpation bi-manuelle réveillera de la sensibilité nette ou de la douleur, c'est que le rein est malade.

Nous signalerons ici une méthode de percussion un peu spéciale qui a été indiquée par Giordano.

a Si le malade étant debout ou assis, le chirurgien se place derrière lui, et percute à coups nets, avec le coté cubital de la main, en échelle, sur les deux côtés, et qu'il arrive à provoquer une douleur bien localisée, constante, parfois si vive que le malade se dérobe sous le coup, en frappant daus l'angle costo-vertébral, on peut presque sûrement afnrmer en présence d'autres symptômes de lésions rénales, qu'il y a là un rein malade... Ce simple signe peut nous fixer sur le côté à opérer', »

Les points douloureux à rechercher méthodiquement ont été étudiés par Bazy '.

Dazy recherche la douleur rénale en trois points:

I" Sous-coslal au-dessous du rebord costal;

I . ItarlinaDu. Coagi^t franfili de ctiirurgie. Paris, l8g0, ps^B Sol. ï. Giordano. Rapport à h SiKiiti întirn. Je thir, d« Braxelttt, igoS, p. 71 3. Bazy. Proie midUale du 3i> décembre i(|a3. Uingnoiiic de la pyélite t de la pyflo néphrite simple «l luberculeuM.

3oG EXPLORATION DU REIN

2® Lombaire au niveau de l'angle costo-musculaire ; ; 3*> Para-ombilical ou uréléral supérieur au niveau d'une ligne horizontale passant par l'ombilic et à trois travers de doigt environ de cet ombilic sur le bord externe du muscle grand droit, ou bien encore à Tentre-croisement d'une ligne horizontale passant par l'ombilic avec une ligne perpendiculaire menée par le point de Marc Burney. Ce point est le plus fréquent, et peut s'irradier à la vessie, réflexe pyélo-vésical\

4° Point urétéral inférieur donnant lieu au réflexe uréiéro-vésical, au niveau de l'orifice inférieur de l'uretère. Chez la femme, il faut pour le découvrir presser du doigt introduit dans le vagin, à peu près à l'union de la paroi antérieure avec la paroi latérale du vagin; chez l'homme par le toucher rectal, on presse contre le basfond vésical au-dessus d'une corne prostatique.

Si ce réflexe urétéro-vésical est souvent un précieux moyen de diagnostic pour reconnaître le rein malade, il n'en est pas moins vrai, qu'il peut parfois aussi soit faire défaut soit se trouver en faute.

Giordano* conteste la valeur de ce signe et rappelle à ce propos une observation de Nothafl:*: d'après cet auteur la prostatite chronique peut être le point de départ de fausses irradiations douloureuses, dont quelques-unes précisément en remontant vers les reins, font penser à des coliques rénales.

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