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I. CARACTÈRES PHYSIQUES DES URINES

Couleur. — Normalement, la coloralioii de l'urine est jaune ambré, mais elle peut variei- dans de grandes limites depuis la teinte très pâle, jusqu'au brun noir, en passant par le rouge ou le rouge brun. Chacune de ces ditréreules teintes a sa raison d'êlre dans l'état de concentration plus ou moins marqué de l'urine.

L'urine p<ile, incolore, se rencontrera dans la polyurie, que celle-ci soit duc à l'ingestion plus grande de boissons, comme cela a Heu normalement après les repas, ou qu'elle soit causée par le froid qui, diminuant la sueur, active, au contraire, d'autant plus, la sécrétion rénale, soit enfin qu'elle soit causée par des états nerveux tels que ceux produits par des émotions vives (urine nerveuse des concours) ou par la migraine.

Les urines Toncées, au contraire, s'observent dans tous les états où la quantité d'urine émise est peu considérable : ce sont ceux qu'on observe dans la fièvre, par exemple, ou lorsque la quantité de liquide ingéré est peu considérable ou enfin, lorsque pendant les chaleurs, la sueur devient plus abondante.

La coloration de l'urine peut encore nous donner des renseignements importants. Elle peut être, en effet, révélatrice de l'ingestion de certaines substances. La rhubarbe, le séné, la santonine, le safran, la gomme gutte donnent à l'urine une coloration jaune plus ou moins accusée, qui peut aller jusqu'au brun verdàtre. C'est dans ces cas que Ion pourrait croire, à première vue, à la présence de pigments biliaires dans l'urine. Le moyen d'éviter celte erreur, quand il y a eu ingestion de rhubarbe, est de verser de l'ammoniaque dans l'urine. Dans ce cas, elle prend alors une coloi-atîon rouge intense.-La garance, le bois de campéche, la betterave, les baies d'airelles, les

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tniires, reDdent l'urine rouge. La Tuschine colore également l'urine en rouge. Le bleu de méthylène lui donne une coloration verte ou bleue. L'acide phénique, employé en pansement, te goudron, le salol, le naphtol, la résorcine, donnent à l'urine une teinte verte olivâtre, quand ils sont en petite tguantité, et noirâtre quand ils sont ph quantité notable. Le sulfhuai enfin, donne lieu à un pigment noir spécial de l'urine.

Enfin, l'inspiration de certains gaz, tels que l'hydrogène arsénié, rend les urines noires.

La coloration de l'urine peut aussi permettre de déceler dans leur intérieur, la présence de produits pathologiques.

Lorsque les urines contiennent du sang, elles peuvent être rouge vermeil, rouge groseille ou rouge grenat. Mais elles peuvent être aussi rouge foncé, même brunes, couleur feuille morte, et devenir même parfois noirillres, cnuleur de goudron ou de café.

C'est dans ces derniers cas rjue la quantité de sang contenue dans l'urine est, en général, ronsidérable. Lorsqu'au contraire, le sang est en très faible quantité, l'urine peut n'avoir qu'une nuance légèrement jaune verdâtre ; plus souvent, elle s'obscurcit légèrement, en prenant simplement une teinte de fumée,

La teinte rouge des urines n'est cependant pas toujours caractéristique de la présence du sang, car on doit aussi supposer possible la présence de rhémoglobine dans l'urine. C'est l'examen microscopique qui permettra d'établir ce diagnostic.

Lorsque l'urine contient du pus, elle devient blanc sale, couleur d'orgeat, ou blanc jaunâtre, parfois grisâtre.

Lorsque l'urine contient de la bile, sa couleur devient brun verdâtre, rouge brun nu jaune foncé. Pour reconnaître si réellement une urine est ictérique, on a recours à la réaction de Gmelin, bien connue. Dans un verre à expériences, on verse quelques gouttes d'acide nitrique ni-

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tr#rux. Fui«, on fait lentement glisser le long des parois du rerre^ Furine ictérique ; on observe alors une série de T^pnen colorée», qui sont, en allant de haut en bas, vertes, blffuen, violettes, rouges et jaune orangées.

A coté des urines ictériques, nous devons aussi signal#^r les urines hémaphéiques que Ton rencontre dans certaines affections du foie. C'est alors que les urines sont de couleur rousse. La réaction de Gmelin ne produit pas la série des colorations, mais, sous Tinfluence de Facide nitrique, Turinc prend seulement une coloration rouge plus intense (couleur acajou).

Lorsque Furine renferme des substances graisseuses elle devient blanchâtre, laiteuse, opalescente : c*esl ce qu^on appelle la chylurie. Les urines chyleusessc rencontrent, par exemple, dans la HIariose.

Transparence* — L^urine normale est transparente au moment de son émission. Lorsqu'elle est laissée au repos, on voit apparaître dans son intérieur, un nuage auquel on donne le nom de mucus ou de dépôt muqueux, qui est presque uniquement constitué par des cellules épithi;liales de la vessie et de rurètre.

Kn se refroidissant, Furine peut parfois présenter un dépôt abondant et boueux, qui souvent, inquiète considérablement les malades. Ce dépôt, presque toujours du à la précipitation d'urales, a ceci de particulier qu'il disparait coniplétenicnt lorsqu'on chauffe légèrement les urines.

D'autres fois, sans que le malade ressente le moindre trouble, et sans qu'il y ait lieu de suspecter la moindre lésion de l'appareil urinairc, les urines sont complètement troubles à rémission et pourraient être prises facilement à première vue, pour des urines purulentes. Il suflit, pour éviter celte erreur éminemment regrettable, de verser (fuelques gouttes d'acide acétique dans leur intérieur. Lorsque ces urines restent troubles en dépit de cette ad-

E\AMEN CUMQUE DES UHIKES 3ll

dilion, on peul affirmer que l'on a affaire à une urine pathologique. Lorsqu'au contraire, elles s'éclaircissent rom- [ilètemenl, c'osl que seul le trouble qu'elles présentaient c'était du qu'il la préoipitation de carbonates et de phosphates, en trop grande quantité dans l'urine. Ces urines phospha tu riqiies s'observent, Boit souvent chez les dyspeptiques, soit aussi simplement, chez les sujets qui onl absorbé des eaux minérales alcalines.

L'opacité des urines purulentes peut être plus ou moins accentuée. Tandis qne parfois, l'urine trouble redevient bientôt claire sous l'influence du repos, en laissant déposer au fond du vase un dépôt bien délimité, d'autres l'ois, au contraire, l'urine présente du trouble sur toute sa hauteur. C'est dans ce dernier cas que l'on doit toujours [)révoîr et craindre des lésions profondes du

Coiislstnntic, — La consistance de l'urine normale est peu dinêrente de celle de l'eaii. Lorsque les urines sunt fortement purulentes, la consistance du liquide augmente : l'urine peut alors avoir une consistance qui rappelle celle d'une solution de gomme ou de mucilage.

Odeur et saveur. — L'odeur de l'urine est particulière, elle est sut generh. comme on le dit généralement.

Certains médicaments modifient sensiblement l'odeur de l'urine. Ce sont : le copahti, la térébenthine, qui lui donnent l'odeur de violette. Certains aliments ont aussi une influence marquée sur l'odeur des urines : ce sont les asperges, l'ail. le jambon fumé.

La fétidité présentée par certaines urines est souvent en rapport avec certains phénomènes de putréfaction, qui se sont opérés dans l'intérieur de la vessie,

La saveur normale de l'urine est légèrement salée et onuTc; cette saveur est <raiitant plus prononcée, que

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l'urine est plus concentrée. Enfin, au cours de la glycosurie, l'urine devient franchement sucrée.

iluantité. — La quantité d'urine rendue par un sujet sain ou malade doit ôlre appréciée en la recueillant pendant 24 heures de suite. La quantité moyenne d'urine rendue en 24 heures est de i 200 à i 5oo grammes.

Les urines seront d'autant moins abondantes qu'il y aura des sueurs plus marquées, des selles profuses, une fièvre intense, ou enfin, des boissons moins abondantes.

La polyurie peut, au contraire, être l'indice d'états pathologiques importants, tels que le diabète, l'azoturie, l'hystérie, ou les néphrites.

Réaction. — L'urine normale est acide, et rougit le papier de tournesol. Chez les sujets normaux, les urines peuvent devenir alcalines sous Tinfluence de certains aliments, comme les raisins, les prunes, les groseilles, les pommes. De même l'usage prolongé des eaux minérales alcalines rend également Turine alcaline. Si les urines neuires ou faiblement acides n'ont pas, au point de vue pronostic, une grande importance, les urines franchement alcalines sont presque toujours en rapport avec des lésions prononcées de la vessie.

D'autre part, les urines très acides peuvent donner lieu, par le fait même de leur composition particulière, à un ensemble de symptômes intéressants, qui a été étudié sous le nom de « syndrome urique » *.

Le Syndrome Urique.

Il est fréquent de rencontrer dans les consultations des Voies Urinaires des malades d'aspect arthritique ou de

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