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II. CARACTÈRES PRINCIPAUX DES URINES PATHOLOGIQUES

ictères prmcipaux des urmcs pal

3l6 EXPLORATION DU REIN

qiies, deux seulement seront particulièrement examinées I® l'hématurie y t.^' la pyiirie.

1» DIAGNOSTIC DE L'HÉMATURIE

L'hématurie, ou « pissement de sang », se caractérise essentiellement par l'apparition du sang pendant les mictions.

C'est un symptôme de premier ordre, qui doit être recherché dans presque toutes les maladies des voies urinaires, car il est d'observation courante.

Les principales questions à résoudre lorsqu'on est en présence d'une urine sanglante sont les suivantes :

1° L*urine est-elle réellement sanglante?

Le premier soin à prendre lorsqu'un malade dit avoir observé sur lui-même ce symptôme, est de s'assurer s'il a rendu vraiment dn sang. Celte constatation est le plus souvent facile, même à première vue, car la présence du sang dans l'urine donne à ce liquide un aspect trop caractéristique pour qu'on puisse longuement hésiter. Néanmoins, pour simple que soit, généralement, ce diagnostic, il n'en est pas moins vrai que parfois, la quantité de sang mélangé à l'urine est si minime, que la teinte du liquide est à peine rosé, et qu'on peut hésiter.

C'est alors qu'il faudra recourir de suite au microscope qui, en montrant dans le dépôt urinaire, des hématies bien caractérisées, établira alors sûrement le diagnostic. Et c'est ainsi (ju'on ne s'en laissera pas imposer soit par certains dépôts d'urates, soit par certaines matières colorantes, (|ui, mélangées à Turine, sont déterminées par l'ingestion de substances variées, telles que la fuscliino, la

i L^HÉHATtaiE

garance, le bois de campôche, lit betterave, les baie» d'airelles ou de mûres, etc.

C'est aussi de cette manière qu'on pourra éliminer rhémoglobînurie.

tes données du microscope pourront être aussi confirmées par cellesdu spectroscope.On sait que, lorsqu'on regarde dans cet instrument après avoir interposé une mince couche de sang, on voit deux bandes noires au milieu de la partie jaune du spectre, à droite de la ligne D, et à gauche de la ligne E de Frauenhofer.

Ces deux bandes caractéristiques de l'oxyhémoglobine, ont la propriété intéressante, de se confondre en une seule, si l'on vient à ajouter au liquide qui contient du sang, quelques gouttes de sulfliydrate d'ammoniaque.

Tels sont les moyens, absolument certains, pour reconnaître la présence du sang dans l'urine. Mais à côté de ceux-ci, nous en signalerons d'autres plus simples ipii ne nécessitant pas l'usage d'un appareil compliqué, peuvent, dans certaines circonstances, rendre les plus grands services, et donner un renseignement immédiat.

L'un de ces moyens simples consiste à tremper un linge blanc dans l'urine ; si le linge reste rouge en séchant, c'est qu'il est imbibé de sang.

Un autre moyen plus précis consiste à faire bouillir dans un tu lie, un peu de l'urine à examiner. Sous l'inlluence de la chaleur, l'albumine du sang se coagule, et se précipite ensuite au fond du vase.

Sabrazès' enfin a indiqué aussi un moyen simple de reconnaître la présence du sang dans l'urine. Cet auteur prend 10 centimètres cubes d'urine dans laquelle il fait tomber dix gouttes d'eau oxygénée à la volumes. En présence du sang, il se dégage une colonne d'écume, qui mettra plusieurs heures à se dissiper.

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ESPLORATIOS 1

2" QueU sont les carnctères de l'urine sanglante?

Pour étudier les caractères de l'urine sanglante, ii faut examiner successivement le dépôt et l'urine.

Le dépôt est, tantôt constitué par du sang pur, tantôt par un mélange de sang et de pus. Dans ce dernier ras, il y a souvent là des présomptions i'i établir en faveur d'une cystite.

D'autres fois, le dépôt est constitué par des caillots plus ou moins volumineux, à formes variables.

Les seuls dontla forme soit véritablement intéressante, sont ceux qui sont appelés >i caillots moulés » et qui se produisent dans deux circonstances principales. Tantôl ils viennent de la prostate et du col vcsical, et se moulent dans l'urètre; tantôt ils se moulent dans l'uretère; ils sont alors minces, ressemblant à des vers de terre el mesurent une grande longueur. Seuls ces derniers son! véritablement caractéristiques de leur origine.

La coloration des caillots est le plus souvent noire, rouge foncé ou rouge vif : parfois, quelques-uns soni blanchâtres ou grisâtres. Dans ces derniers cas, ils sont, soit librineux, soit purulents, et ils reçoivent alors vent improprement des malades, l'appellation de u i ceaux de chair ".

L'urine sanglante est plus ou moins teintée, et la gamme de sa coloration varie du rouge clair ou rose, au rouge criatant ou groseille, U est loin d'être exact qu'on doive juger la quantité de sang rendue dans l'urine, par la coloration du liquide. Sans doute, plus les urines se rapprochent de la couleur normale du sang, et plus elles contiennent d'hématies. Mais il ne faut pas oublier d'autre part, que la puissance colorante du sang est considérable, et qu'une petite quantité de sang peut colorer vivement et fortement une grande quantité d'urine.

DIAGNOSTIC DE l'iiÉMATURIE 3iQ

D^autres fois i^urine sera brune ou noire; soit couleur feuille morte ou marc de café, ou de suie. C'est dans ces cas qu'il serait absolument erroné de croire que le sang qui colore l'urine en noir vient sûrement du rein, car il est de notion bien certaine que des hématuries vésicales et uniquement vésicales comme celles d'une tumeur de la vessie, par exemple, donnent lieu à des urines noires. La coloration brune ou noire des urines sanglantes se rencontre le plus souvent lorsque la quantité de sang est minime et qu'il y a eu un séjour un peu prolongé des hématies dans le réservoir urinaire.

3"" Quelle est la cause de Thématurle ?

L'origine de l'hématurie, qui nous occupera seule ici, devra être recherchée méthodiquement :

1® Par l'interrogatoire, 2® Par l'examen des urines, 3** L'examen physique du malade, 4® L'examen instrumental.

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