Interrogatoire
Savoir bien interroger son malade, ne pas le laisser s'égarer dans des digressions inutiles ou des considérations accessoires, est une science que l'on ne peut acquérir que par la discipline rigoureuse des questions à poser, et le classement méthodique des réponses à recevoir.
Trois questions principales peuvent résumer l'interrogatoire.
A. — Le sang est-ii venu en dehors ou seulement au moment de la miction ?
La réponse, que l'on exigera nette et précise, permettra de ne pas tomber dans deux causes d'erreurs. On sait, en
eiret, que l'hématurie est essenliellement cnnstituée par l'apparilion du sang pendant les mictions. Or, d'abord chez l'homme le sang peut prendre son origine dans l'urètre antérieur seul (chaudepissc cordée rompue) et s'écouler parle méat en dehors des mictions; c'est alors, non pas une hématurie, mais une arélrorrkagie, dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Ensuite, chez la femme, le sang des règles peut, au moment des mictions, se mélanger à l'urine, et en imposer pournne hématurie qui n'existe pas. Il nous suffira d'avoir signalé ct'sdi?ux causes d'erreur, pour n'avoir pas à y insister.
B. — A (a suite de f/uoi le nmladv a-t-il uriné ihi samj '.'
Y a-t-il eu, ou non, Irnumatisme ?
C'est ici qu'il faut savoir faire préciser bien exactement le malade, et contrôler, si possible, ses assertions, car, bien souvent, il aura tendance à toujours rapporter l'origine du sang à un traumatisme même éloigné.
Toutefois, consécutive à un traumatisme de la région lombaire, l'hématurie sera vraiseniblement duc à une contusion rénale. De môme, ù la suite d'une fracture du pubis, on peut observer rhématiirîe due à la déchirure ilc l'urètre dans sa partie profonde.
Lorsque le malade a été sondé ou se sonde lui-même, et qu'il présente de l'hémaliirie, on peut songer à une faute de cathétérisme ou à une fausse roule. De même, à la suite d'un cathétérisme trop complètement évacuateur chez un prostatique en rétention, on peut observer des hématuries provoquées par la décompression vésicale trop brusque.
La recherche de l'influence des mouvements sur l'hématurie est extrêmement importante. Lorsque le sang est apparu dans les urines après une course à pied, à cheval ou en voilure, et qu'il a disparu très rapidement sous l'inlluence du repos, on doit toujours penser à la présence d'un calcul. Ces signes de l'hématurie des calculeux, sont bien nets et bien caractéristiques.
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Lorsque, an contraire, l'hémaiiirie est apparue sponlanémciit, sans cniise apparente, à l'improviste et qu'elle n'est pas ïnlIuencOe par le repos, il y a alors lieu de redouter la présence trunc lésion organique (Néoplasme, Tuberculose). L'ensemble des constatations négatives signalées ici a. à ce point de vue, une grande valeur diagnostique.
Enfin, lorsque l'hématurie est survenue à la suite de crise douloureuse ayant le caracl<;re de colique néphrétique, on devra penser que le sang vient du rein, et on pourra même désigner de quel rein il a son origine,
C — Qiieis sont /fs si/mplâmos conromilaiits qur présente Ip mnlailc ?
Lorsque le malade présenleen iiii^meti'uips qu'une fièvre intense tous les signes d'une maladie infectieuse bien caractérisée, au cours de laquelle le « pissoment de sang» n'est qu'un symptôme surajouté, il faudra penser aux hématuries qui »e produisent au cours de la variole, delà scarlatine, de la rougeole, de la fièvre typhoïde, de la lièvre jaune.
Des hématuries peuvent aussi s'observer au cours des maladies toxiques ou dyscrasiques, telles que l'ictère grave, l'intoxication phosphorée, le purpura, la leucocythémie, et c'est dans ces cas que l'hématurie, négligeable en elle-même, revêt une signification pronostique extrêmement grave.
Dans ce même ordre d'idées. Il faudra aus.si penser à riiéiiialiirie des hémophiliques. dont le diagnostic, le plus souvent fort difficile, se fera par les commémoratifs et la constatation de grandes plaques ccchymotiques.
Lorsque la présence, constatée auparavant, de l'albumine dans les urines, ou l'existence d'œdèmes ou d'accidents urémiques a éveillé le soupçon de néphrite, il faudra penser àla possibilitéd'une néphrite aiguë, cantharîdienne, éryaipélateuse, pneumonique, etc., mais alors l'hématurie est le
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plus souvent de courte durée et de médiocre abondance.
La notion climatérîque, les antécédents éttologiques, l'examen des urines pourront aussi faire penser à la possibilité des hématuries rencontrées dans les pays chauds et dues, soit à la filaire de Médine, soit au Distoma haematobium Bilharzi,soit au strongie. Les urines sont, dans fcs cas, bématochyluriques, et la coloration blanche qu'elles présentent et qui est due à une émulsion huileuse disparaît par l'addition d'étherdans l'urine. L'élément essentiel du diagnostic, qui est le parasite pathogène de ratl'ection, sera recherché avec l'aide du microscope. Dans les ras de (ilaire, l'examen du sang devra aussi être pratiqué.
Les douleurs qu'accuse le malade en période hémalurîque seront analysées avec soin. La douleur, à la fin de la miction, surtout lorsqu'elle sera jointe à la fréquence des mictions et à l'hématurie terminale, constituera la triade symptomatique de la cyslite, qui pourra permettre de localiser l'origine du sang dans la vessie. Encore fautil que ces signes de cystite soient nés avant l'hématurie, ou peu de temps après elle ; car, lorsqu'ils se montrent tardivement, on doit toujours se demander si la vessie n'a pas été alletnle de lésions secondaires ^ une lésion rénale primitive.
Il convient de signaler enfin les douleurs provoquées parles mouvements et de signaler aussi celles accusées si fréquemment à l'extrémité de la verge, par les malades alleints de calcul vésicat.