DIAGNOSTIC DE LA PVURIE
La pyurie est la présence du pus dans les urines. C'est un symptôme qui est extrêmement souvent observé et qu'il faut savoir analyser dans ses moindres détails.
Comme précédemment, à propos de l'hématurie, il convient de se demander:
1° L'urlue eontlent-elle réellement du pus?
C'est ici qu'il est nécessaire de rappeler qu'il ne faut jamais s'en rapporter au dire des malades qui ne peuvent apprécier la réalité de ce symptôme. Il est donc nécessaire non seulement d'examiner l'urine trouble dans ui^verre,
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mais aussi d'avoir recours soit aux réactifs chimiques, soil à l'examen microscopique du dépôt centrifugé des urines, qui motitrerii la présence du pus.
C'est ainsi que seront éliminées certaines causes d'erreur. Parmi celles-ci il convient de signaler la apermatorrhée, qui vient souvent polluer les dernières goultes d'urines, et la chylurie qui observée surtout dans les pays chauds est presque inconnue dans nos climats.
l'ne autre cause d'erreur réside dans la fermentation spontanée de l'urine. En effet Turine est souvent troublée simplement par le fait de la fermentation qui s'opère dans le vase qui la contient. On doit donc avoir soin de ne jamais faire porter son examen que sur une urine fraîchement émise. Ce principe, qui doil être absolu, permettra d'éviter deux sortes de méprises regrettables:
L'une consistera en ce fait que les urines claires à l'émission ne se troublent qu'après rerruidissemen,!, ce qui indique qu'elles contiennent Jans leur intérieur non pas du pus mais des uratesen quantité anormale. La confirmation de cette constatation sera faite en cliauffant ces urines: sous l'ialluence de la chaleur, les urines redeviendront claires.
L'autre méprise qui sera évitée en examinant lesurînes fratchement émises proviendra de ce fait que parfois, au cours d'une maladie infectieuse, les urines se trouvent véhiculer des bactéries qui se développent ensuite dans les urines en produisant une boue bactérienne.
Enfin une dernière cause d'erreur consiste à méconnaître la présence <le phosphates en excès dans les urines, car l'urine phosphaturique peut être facilement prise pour une urine purulente, el it est donc nécessaire de toujours penser à sa possibilité. L'erreur sera évitée en ayant soin d'ajouter une goutte d'acide acétique à l'urine supposée purulente: celle-ci sera clarifiée immédiatement s'il s'agit de phosphalurie et restera trouble si elle contient du pus.
3^8 EXPLORATION Dt REIN
2» Quels sont les caractères des urines purulentes ?
Les urines purulentes sont des urines troubles. Ce caractère peut passer complètement inaperçu si l'on ne regarde les urines que dans un vase : pour bien l'apprécier il faut regarder les urines par transparence dans un verre à expériences, ou dans une éprouvette graduée.
Au moment de leur émission les urines purulentes ont une teinte blanc sale uniforme dans toute leur étendue, mais lorsqu'elles sont laissées au repos, elles s'éclaircissent peu à peu et le liquide examiné se divise en deux couches : une inférieure qui constitue le dépôt, la supérieure qui représente l'urine.
Le dépôt est plus ou moins abondant, parfois il n'est constitué que par de simples filaments qui pour la plupart ont leur origine dans la muqueuse urétrale ou dans les glandes annexes de Turèlre ; d'autres fois il est constitué par des nuages floconneux restant en suspension sans s'agglomérer : presque toujours ceux-ci proviennent de la vessie, et sont l'indice de cystite légère.
D'autres fois, le dépôt est compact et homogène, il gagne le fond du verre où il forme une couche épais^se et crémeuse ; son origine esl alors presque toujours rénale.
Enfin parfois le dépôt est visqueux, épais, glaireux, adhérent aux parois du vase : il a souvent alors une origine vésicale.
L'urine placée au-dessus du dépôt peut rcvc^tir deux aspects principaux suivant qu'elle est claire ou trouble.
Si après le repos les urines qui surnagent sont claires, on peut penser que le pus a son origine dans la vessie, la prostate ou l'urètre.
Si au contraire le liquide qui surnage reste trouble, il y a bien des chances pour que l'origine du pus, soit au rein.
9° A quoi est due ta présence du pus dans les urines ?
Il peul prendro -son origine dans l'uiètre, la prostate, les reins ou la vessie.
a) Lorsqu'il existe des filaments dans l'urine, presi|ue toujours il faut incriminer une origine urétrale.
La manière de distinguer si les filaments viennent de l'urètre antérieur ou de l'urètre postérieur, ot leur difl'érenciation u été étudiée dans la première partie de ce livre („>irp. ,,).
A) Lorsque le pus est Iris aôondt/nt dans l'urine formant un dépôt considérable, épais et dense dans le Tond du verro où il se dépose, on peut conclure que le pus vient liu rein et traduit l'existence d'une pyonéplirosc évoluant depuis plusieurs années.
De même aussi lor5<|ue le pus apparaît dans l'urine d'une manière ùift-rmilteiite. En elVet lorsqu'un malade rend des urines tantôt limpides, tantôt troubles, on peut penser à l'origine rénale de la pyurie. Ce principe est cependant loin d'être absolu, car lorsqu'un abcès périvésical vient s'ouvrir dans la vessie, comme cela se rcn- (■untre au cours de l'évolution de certaines salpingites, il y a tanli')t urines claires, et tantôt pyurie.
De même le pus peut encore avoir son origine intermittente dans un abcès d'origine a ppendiculaire, ou encore, ainsi que j"ai eu l'occasion de l'observer une fois, dans un abcès venu d'un mal de Potl lombaire.
Les autres signes permettant Je préciser l'origine rénale du pus ne seront pas négligés, telle, par exemple : Vexplovati'in de lurelvrc qui du côté malade est augmenté de volume, boursouflé, douloureux à sa terminaison vésîcale.
qui montrer;
CljSlOUCi
semblable entre les deux orifices urétéraux; enfin,!:
ne inégalité
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séparation des urines qui dans les cas de pyurie rénale unilatérale permettra de constater d'un côté, de l'urine trouble purulente et de Tautre côté de Turîne claire.
c) Lorsque le pus vient de la vessie le dépôt est presque toujours constant et peu épais. 11 existe aussi des sjgiies de douleur vésicale à la palpation et à la distension.
Les antécédents et l'interrogatoire du malade permettront de reconnaître si la cystite a pris son origine soit à la suite d'un cathétérisme fait sans suffisantes précautions antiseptiques, soit à la suite d'une blennorrhagie, soit après rintroduction de corps étrangers dans la vessie, soit à la suite de développement de calculs de la vessie, soit enfin chez les prostatiques qui en rétention incomplète sont atteints de cystite chronique.
On devra aussi penser aux cystites survenues à la suite d'inflammations d'organes de voisinage qui sont si fréquentes chez la femme.
La cystoscopie permettra enfin de constater directement les lésions de cystites.