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NÉCESSITÉ DE RECLEILLIR SEPAREMENT i/lRINE DES DELX REINS 353
avait démontré en comparant la sécrétion des deux reins pendant plusieurs périodes successives de 2^ heures, que les quantités d*eau et d'urée éliminées par le rein sain subissent des variations beaucoup plus considérables que celles éliminées par les reins malades.
En 1902, Ilyès et Kovesi', faisant boire à différents malades I 800 centimètres eu bes d'eau de Salvator et en recueillant par le cathélérismc urétéral les urines des deux reins, avaient constaté que du côté sain il s'élimine beaucoup plus d'urine qu'avant Texpérience et que cette urine présente un A plus faible; du coté malade, la sécrétion ne change guère. Les recherches du P' Albarran confirmèrent et complétèrent celles d'Uyès et Kovesi.
La polyurie expérimentale est basée sur les deux lois suivantes établies par Albarran : 1" « Le rein malade a un fonctionnement beaucoup plus constant que le rein sain, et sa fonction varie d'autant moins d'un moment à l'autre que son parenchyme est plus détruit.
2" Lorsqu'un des deux reins est seul malade, ou plus malade que l'autre, si la fonction urinaire vient à être troublée, il modifie sa fonction moins que l'autre: l'écart entre les deux glandes s'exagère surtout par les variations dans le fonctionnement du rein sain. »
Technique de Vépreuvc, — On recueille séparément les urines du rein droit, et du rein gauche pendant quatre demi-heures consécutives. Au moment même où l'on commence à recueillir les urines on fait une injection souscutanée de 2 centigrammes de phloridzine et à la fin de la i"^*" demi-heure, on fait boire trois verres d'eau d'Evian.
Résultats, — Les résultats obtenus sont variables et doivent être examinés dans trois groupes différents d'après Albarran :
1° Lorsqu'un rein est très détruit et que l'autre sain fonctionne
I. Ilycs et Kovesi. Der Verdauungsversucli uni DIeustc der funklionnellen Nicrendiîiçnostik. Berlin, KUn. U'oc/i., 190a, n" iT).
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â peu près seul, les courbes d'élimination du rein sain sont celles d'un rein ou normal ou légèrement exagérées ; du côté malade la courbe indique un fonclionnement presque nul, sans modifications importanlesd*un moment à Tautre.
2* Lorsque les deux reins fonctionnent y un seul étant malade, le rein sain présente dans la demi-heure qui suit Tingestion de Teau une polyurie marquée, qui s'accuse souvent davantage dans la demi-heure suivante pour diminuer ensuite. Du côté du rein malade la polyurie est d'autant moindre que la lésion est plus grave.
Lorsque le rein sain sécrétait déjà plus d'urine avant Texpérience, l'écart des deux courbes s'exagère pendant la polyurie.
Lorsqu'au début de l'épreuve, les deux reins sécrétaient la même quantité d'urine, on voit que la polyurie devient plus active du côté du rein sain.
Lorsque le rein malade était polyurique par rapport à l'autre au début de l'expérience, on voit la courbe du rein sain se rapprocher de la sienne, le plus souvent même l'atteindre et la dépasser.
Kxceptionnellement, en cas de lésion rénale peu importante, on peut observer que la polyurie du rein malade est égale ou mc'^me plus marquée que celle du rein sain ; ce fait a été observé par Albarran dans les pyélonéphrites calculeuses et dans la tuberculose rénale au début.
La concentration moléculaire de l'urine varie dans le rein sain inversement à la quantité d'urine. Pendant la polyurie, elle s'abaisse pour le rein sain, pour remonter lorsque la quantité sécrétée devient moindre. La concentralion moléculaire de l'urine du rein malade ne varie que dans des proportions beaucoup moindres. Les courbes de l'urée, des chlorures et de la phloridzine sont analogues à celle de la concentration moléculaire.
3" Lorsque les deux reins sotU malades les dift'érences entre
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les courbes des deux reins sonl moins accusées que lorsqu'un seul rein est malade.
D'après Albarran, ce procédé serait celui qui nous renseignerait le mieux pour établir d'une manière constante :
1° Quel est le rein qui fonctionne le mieux ?
2** Quel est le rapport approximatif dans la valeur fonctionnelle de chaque rein.
Enfin la polyurie expérimentale permet de se rendre compte jusqu'à un certain point de la suractivité dont un rein est capable, en présence d'une perturbation accidentelle et d'indiquer sa capacité d'accommodation à un surcroît de travail, ce qui constitue une donnée pronostique importante lorsqu'il s'agit de poser les indications d'une néphrectomie.
Quoi qu'il en soit et en résumé, la séparation des urines touche à toutes les questions rénales, et si cette méthode, actuellement, doit être toujours appliquée, par tout médecin désireux d'établir un diagnostic exact d'une lésion rénale, elle doit surtout être toujours effectuée par le chirurgien qui se dispose à pratiquer une intervention sur un rein.
Aussi comprend-on que cette intéressante question ait depuis longtemps occupé les chirurgiens et que de nombreuses méthodes aient été proposées.