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CHAPITRE VII L'été au grand lac des Ours

Ascension du Mackenzie en £anot d'écorce, — La touce. — La deverse du Grand Lac des Ours prend en glace au mois de Juillet. — Aspect des steppes, — Nouveaux as de réincarnation. — Pieuse ruse d'une jeune catéchumene. — Un été de quarante jours. Retour à Good-Hope, —

En 1867, J'étais revenu le 13 juin du Grand

Lac des Ours à ma résidence de Notre-Dame de Bonne-Espérance, au fort Good-Hope, dans le Bas-Mackenzie, après un séjour de plus de trois mois dans les steppes. Dans le dessein de préparer les pièces de charpente d’une chapelle, je repartis quatorze jours plus tard en canot d'écorce,|pour lelac des Ours, avec deux Indiens Peaux-de-Lièvre et un Dindjié ou Loucheux.

Ces trois sauvages devaient touer et conduire ma pirogue, pêcher, abattre des sapins et les équarrir pour les transformer en solives, poteaux et autres bois de charpente, grâce à une adresse native et à une bonne volonté qui les rendent, comme nos Métis, propres à exercer tous les métiers.

Julien Dénégounti, le premier, était fils

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et neveu de chefs. Son nom signifie : Un homme nous est né. Alexandre Aawié, le Ma ringouin, son compagnon, était un Indien du fleuve, orphelin de père et de mère. Quant au Dindjié Jean Vifazjié, je l’avais baptisé, en 1865, dans la région du grand lac des Esquimaux, au nord-ouest du fort Anderson. Aucun des trois ne connaissait le Grand Lac des Ours ni mème le fleuve Mackenzie, en amont des tochers-Remparts naturels du fort Good-Hope:

maisJe connaissais dès lors assez bien le trajet pour me passer de guide.

D'ailleurs, à moins qu'une forte hourrasque de vent du nord ne vint enfler notre voile aurique et nous permit de vaincre le courant rapide du fleuve Géant du Nord, ce voyage s'accomplit entièrement à la touée. Quand un des trois jeunes gens avait achevé ses deux heures de halage, il venait s'asseoir pendant deux autres heures à l'arrière du canot, pour le gouverner à la pagaie, tandis que le timonier qu’il remplaçait allait dormir ses deux heures à l’avant de l’embarcation, à la place du nouveau haleur de ligne. Cela leur faisait donc à chacun deux heures de marche sur le rivage, deux heures d’aviron et deux heures de repos. Grâce à ce système de navigation, nous pümes cheminer nuit et jour sans trop de fatigue, en ne prenant terre que trois fois par jour, aux heures de repas.

Néanmoins, eu égard à des cyclones sur lesquels je n'avais pascompté, je pus à peine péné-

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