‹ Exploration de la région du Grand lac des Ours [microforme]Chapitre 47 sur 54 · DAT · texte numérisé non relu

DAT

Malheureusement, sa fille d’abord, puis sa femme ensuite y moururent, en 1867-68, ei, conformémentau go/fwen danite qui veut qu'on abandonne ou qu’on démolisse toute habitation dans laquelle une créature humaine a rendu l'âme, il quitta de nouveau sa demeure et vint la reconstruire à T'ou-koyintti, où je le trouvai ce jour-là avecson demi-frère et une vingtaine de Gens du Poil.

Je n'avais plus revu ces pauvres délaissés depuis l’année précédente, etilsavaientunesoif ardente de prière, de confession et de communion.Aussi,mereçurent-ils avec joieet m’obligèrent-1ls à passer deux jours en leur compagnie.

90 novembre. Je vis à T'ou-koyintti, une femme un peu volage à laquelle son mari, un chrétien solide, avait appendulediable derrière le dos, une grossière image de Metz qui représentait les tourments des damnés.

— « Vois, me dit d’un ton dolent ce mari peu aimé, vois ce que je suis obligé de faire, pour essayer de convertir ma femme ! Il n’y en a pas sur terre de plus revèche etdésobéissante. Cependant je sms le fils d'un Blanc, moi, et depuis que j'ai vu la mort de près, en 1867, je me conduis d'une manière exemplaire. Tou monde peut l’attester. Alors pourquoi n’en fuitelle pas autant. cette femme que j'aime, et qui me paye si mal de mon amour? Je Ini ai suspendu le diable dans le dos. afin qu'elle en : peur et qu'elle change de vie. Eh bien, je ne parviens pas à la faire trembler. »

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Tout en faisant à cette épouse légère une remontrance paternelle, j'engageai secrètement son mari à ne pas prendre les choses trop au vif, et surtout à ne pas mépriser sa femme en public, de crainte qu’elle ne l’abandonnât à la première occasion.

Huit jours avant mon arrivée, un chaman aussi bête que redouté, T'son-Zfiwd, la Dyssenterie, était mort dans ce camp et mort impénitent, en dépit du baptème qu'il avait reçu un an auparavant. Il n'avait cessé de faire la jonglerie jusqu à ses derniers moments, niant Dieu, blasphémant, déchiranten tout petits morceaux l'image du Christ-Rédempteur, et appelant à son secours son compère en chamanisme, Khé-rw6 les Pieds-tors.

Cette mort de réprouvé épouvanta tous les Indiens du camp. Ils m’assurèrent qu'on l’entendait plaindre toutes les nuits et appeler au secours du fond de son tombeau. Ce mème soir, comme j'étais à prendre mon repas, une ferme survint, qui nous dit d'un air égaré:

— « Ah! mes amis, Tsonkfwo n’est pas mort.

Vous devriez aller voir, car je viens de nouveau de l’entendre pleurer et appeler au secours.

Pourquoi notre Père ne bénit-il pas son tertre ? Cela ferait cesser les prodiges qui nous épouvantent depuis la mort de ce sorcier. »

Eu égard à ce qui m'avait été dit de la fin de -e malheureux, je ne pus pas accorder cette

énédiction ; mais après souper je m'en allai à son tombeau, afin de m’assurer si le jongleur

n'avait pas été enseveli vivant. Inutile de dire que je n’entendis ni bruit ni plaintes. C'était un effet de la terreur que cet homme inspirait encore après sa mort. Le printemps suivant, à cause de cette mème mort, le Soldat abandonna cette quatrième maison, et alla s'en construire une cinquième non loin du Mackenzie. Il n’y a aucune raison pour qu'il s’arrête en Si beau chemin, puisqu2 les bois de construction ne coûtent rien, dans le Nord.

92 novembre. Ayant appris, hier soir, qu'il y avait un autre camp de Gens du Poil à l’extrémité de la baie Smith, dans les bois, je résolus d'aller le visiter, après que j'eus fini avec les Gens du Soldat. Il y avait précisément chez lui un jeune Esclave que j'avais baptisé et mariéen 1869, Émile Dékké-woya, lequel devait s’en retourner dans ces parages ; car il y avait laissé sa femme et toute la famille de celle-ci. Lui, était orphelin. Il m'offrit de m'y accompagner, etj’acceptai aussitôt ses services gratuits.

Nous partimes du Port T'ou-koyinftti, le 22 novembre, à 5 heures du matin, par — 12° centigrades de froid seulement. Une véritable rareté, à cette époque de l’année. Grâce à une “glace presque dépourvue de neige et sur laquelle nous pûmes galoper sans raquettes, nous allâmes très vite. Nous longeñmes le rivage septentrional de la baie Smith, suivant la recommandation du poète :

« Lilus ama........

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e dire j'était spirait avant, abana s'en acken- ’arrète e Cons-

r, qu'il la l’exbois, je eus fin!

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et, douze heures après, nous avions dépassé l'archipel Ndou-intl'on, et allions camper à la

pointede la montagne Sieppe, Nont'yen-kfivè,

dont le précipice nous surplombait. Là, sur une langue de terre peuboiséeet appelée T'ésoutchô-nadäzé-èhta, Dékké-woya me raconta par quelle manière merveilleuse ces rivages, qui, disait-il, avaient été très peuplés autrefois, auraient été transformés en un immense el affreux désert.

RÉ

CITAPITRE XII

Racontars de Conjureurs.

Fin du Voyage.

Métempsycose.— Horrible fin d'un conjureur. = Kl/inchan-eye et ses révélations. — Je me rends dans les grands steppes de la baie Keith. — Retour périlleux sur la baie Smith. — Retour à Notre-Dame de Bonne- Espérance. — Ma derniere mission au fort Norman. — Je passe dans 1e Far-West.

99 novembre 1879. —«Jadis, commença Dékkè-woya, tous ces arbres que nous voyons autour de nous, ces voliers 42 perdrix blanches que nous avons rencontrés, ces bandes de rennes qui croisent notre sentier, ces troupes de loups qui les suivent, furent des hommes comme nous. Je n'ai pas appris pour quelle raison ni par quel moyen ils furent métamorphosés en arbres, en oiseaux ou en quadrupèdes; mais ce que l’on m'a assuré comme très positif, c’est que souvent ils reprennent leur première forme. Pendant le jour, ils demeurent tels que tu les vois; mais, la nuit venue, ils redeviennent hommes et persécutent les vivants. Seulement il n’est pas donné à tout le monde de voir ces merveilles, d'être témoin de ces transformations. Les chrétiens ne les voient pas et les prêtres encore moins; mais les conjureurs, les charmeurs les voient, et c’est

DS

D os

pourquoi on les appelle Voyants, Nakohun, ci pourquoi tant de jeunes gens aspirent à devenir conjureurs, même de nos Jours.

« Tiens, je vais te citer des faits qui te convaincront :

« Une fois, un de nos compatriotes partit pour aller visiter ses filets sur la glace d'un grand lac. La nuit venue, il ne put retrouver son chemin et arriva sur une partie du rivage qui lui était inconnue. Ayant aperçu la lueur d’un campement en plein air, il se dirigea vers ce bivouac pour y passer la nuit. Notre parent y fut bien reçu et bien traité. Ces étrangers étaient très gais et très polis. Ils faisaient rôtir du poisson devant le feu. Ils partagèrent avec lui leur repas et l’invitèrent à coucher chez eux.

«Mais le lendemain, à son réveil, tout avait disparu. Notre parent se trouva couché dans la neige, au bord du lac, et, en se levant, il effaroucha un volier de perdrix, qui s'enfuirent à tire-d’aile des petits trous de neige dans lesquels elles avaient passé la nuit.

« Tu vois donc, Père. que ces gelinottes avaient été des créatures humaines, dans les ténèbres; mais que, de jour, elles reprenaient leur première forme d'oiseaux. »

C'était la même croyance dont Ralli, on le sait, voulait me convaincre. Dékkè-woya entrait dans les détails.

« Une autre fois, continua-t-il, un de nos parents s'égara à la chasse. » — Toujours éea-

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rés, les Dènè, — « La nuit venue, il aperçut de la boucane dans la forèt et y courut. C'était un bivouac en plein air. Un inconnu très grand y était campé tout seul et faisait rotir une loche pour son souper. Cet étranger accueillit très bien notre compatriote, il partagea sa loche avec lui et le fit coucher à son côté. Le lendemain, à son réveil, notre homme se retrouva dans la neige à côté d'un grand sapin. C'était l'homme à la loche, ce sapin. Il venait de reprendre sa première forme aux premières lueurs du jour. »

Je me dispense de rapporter les autres récits du jeune Esclave. Loups, martres, rennes, écureuils eurent leur légenfle, avec quelques légères variantes, mais toujours sur le même thème fabuleux renouvelé des Grecs.

93 novembre. — Le lendemain, nous dépassimes l’ilePlate, Ndou-nné-1cétli, et l'espèce de défilé que forment, de chaque côté de l’ile, les deux chaînes de Nont'yen-kfwè, au nord, et de Kfwè-ttsen kfwè,ausud. Nous passämes devant l'embouchure de la rivière Ak'a-{sè-yé-dié, ou des Saules secs, et les deux ilots qu'elle y forme, pour aller diner sur la pointe boisée Étché- kwéyé où la Queue allongée. J'ai déjà dit que la rivière des Saules secs est le déversoir à demi-souterrain de mon lac.

Nous atteignimes le rivage occidental de la baie Smith au nord de X/fwé-hh'a-tläné, dans une localité mmontueuseäontlesmamelonsdénudés et enfouis sous les frimas me firent l'effet

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de dunes de sable. Je n’ai pu constater leur nature. Le camp auquel appartenait Dékkèwoya était situé dans la forêt, non loin du lac. Nous y arrivàmes vers 3 heures, pendant que les hommes étaient encore à la chasse. Il ne s’y trouvait qu’un petit nombre de personnes,

Lorsque ces bonnes gens eurent appris que j'avais campé avec mes deux Indiens à Tsoutchô-naddäzé, la Pointe des deux grands sapins qui se voient de loin, ils manifestèrent leur étonnement :

— « Nous ne campons jamais sur ce rivage, sous la montagne du Steppe, me dirent-ils. 1l est plein de génies et hanté de mauvais esprits.

— « J'en ai averti notre Père, leur répondit Dékkè-woya; mais il n’en a tenu aucun compte. « Une excellente raison pour que nous «y campions », m'a-t-il dit, et, de fait, je vous assure que nous y avons très bien dormi.

— « Auriez-vous, par hasard, coupé les deux grands sapins qui s’élèvent à l’extrémité

de la pointe? s’écria quelqu'un. C’est un excel- k

lent point de repère.

— « C'est du bois vert, répondis-je. Nous l'avons respecté. Mais pourquoi cette question ?

— «Ah! c'est que ce ne sont pas des sapins, mais des hommes.

— « Voyez-donc! s’écria Dékkè-woye émerveillé et les yeux pétillants de joie. Voyez donc!

Je l'ignorais, sans quoi j'aurais déjà raconté}

leur histoire à notre Père, qui a faim de ces récits-là.

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Later leur — « Oui, dit AXhé-'wé le chaman, ce sont t Dékkè- deux ennemis, deux Tchippewayans qui, il in du lac. y a très longtemps, vinrent sur ce rivage pour ndant que piller les femmes et incendier les loges de nos sse. Il ne perents. Ils avaient à peine débarqué que nos personnes. compatriotes accoururent vers eux en grand

nombre. Alors, se voyantsurpris et perdus, les Tchippewayans levèrentles bras au ciel, et aussitôt, par le pouvoir de leur médecine, ils furent métamorphosés en sapins. Depuis ce temps-là, onles respecte, on ne les coupe pas, de craintede faire périr deux hommes devenus inoffensifs et qui ont été sévèrement punis. Nous avons pitié d'eux et leur laissons la vie.

— « En vérité, nos charmeurs sont d’une puissance étonnante, observa Zadialè. Tu as pu t'en convaincre par ce qu'on nous a raconté de Tson-kfwô. Le Soldat m’a dit, à moi, qu’ils avaient eu peur qu’il n’arrivât à ce conjureur la même chose qu’à La Lavette; car c’est aussi à Non‘éni que La Lavette ressuscita, il y a cinq ans. »

Je me rappellai alors qu’en 1867, le frère tadet de Lazare Békk'a-k'ayelli, Celui qui va chercher son lard, nommé Barnabé Bé-bærkrallèli, Celui qui va chercher sa viande, puis surnommé La Lavette, avait été le héros et la victime d’un drame épouvantable, soit qu’il eût été enterré à l’état de léthargie, soit, comme me le racontèrent ses parents, qu’il les eut trompés en simulant la mort et après leur avoir fait promettre de ne pas l'enterrer avant que

appris que ons à T'sounds sapins tèrent leur

r ce rivage, irent-ils. Il rais esprits.

leur répontenu aucun ur que nous fait, je vous dormi.

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is-je. Nous te question : Î s des sapins,

{rois jours se fussent écoulés, parce qu’il devait ressuciter le troisième jour, comme Jésus- Christ.

Faut-il croire qu'il redoutait d'être enterré vivant, sachant avec quelle hâte les Peaux- Rouges procèdent aux obsèques des trépassés,sans mêmeattendre que vingt-quatre heures soient écoulées ? Ou bien faut-il admettre que cet homme voulut en imposer à ses compatriotes en donnant à croire qu’il était un saint?

Je n'ose me prononcer absolument; mais voici le fait.

La Lavetie mourut ou parut être mort, et ses parents, au lieu de respecter ses dernières volontés et de veiller son corps pendant trois jours, pensèrent que le chaman avait parlé dans son délire. Ils ne tinrent aucun compte de sa recommandation, et se hâtèrent de le coudre dans sa couverture de laine et de l'enterrer non loin du camp. lis entourèrent le tertre de piquets et se contentèrent de ne pas lever le camp aussitôt, ainsi quele go/fiwen l'aurait exigé; mais résolurent de demeurer à la même place jusqu'à ce que les trois jours fussent écoulés, afin de voir ce qui arriverait.

Or, toujours d'après les Indiens, il arriva que, le soir même des funérailles, pendant la nuit, nuit noire, pleine de bourrasque et de chasse neige, les chiens du camp firent un tapage infernal autour du tombeau de La Lavette,

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DU GRAND LAC pys OURS 457 d'où partaient appels réitérés.

Mais on n'eut Sarde d'aller Secour heureux Jongleur. Personne n'en eut le courage, et le Camp {out entier demeura glacé d'effroi. Le lendemain Seulement, Quand il fit jour, on se hasarda timidement à aller voir.

l'était fini, cette fois. La Lavette était bien mort, mais auparavant il] était venu S‘ulever la Couche de ter

des plaintes lugubres et des

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ceul, Débarrassé En partie de cette Couverture, l'infortuné allait Peut-être parvenir à se tirer

» Ct mé- S'était précipitée ur le faux-mort et ne l'avait étranglé bel] est age rongé et dé.

ainsi que ses bras. Ceux-ci étaient tenlus en avant, et ses ongles, enfoncés en terre le chaque côté de la fosse, Semblaient encore inier de soulever le pauvre Corps émacié, que h mort avait Surpris dans cette affreuse po- Ntion .

Si cet homme élait un hypocrite et s'il avait lu jouer au ressuscité, pour en imposer à la

ule, i] faut avouer que son orgueil impie lait été cruellement châtié.

Novembre, — Dy Camp de Dékkè-woya,

j'avais espéré pouvoir gagner le fort Norman et la baie Keith par la route ordinaire. À ma grande déception, personne n’y était encore allé, et il aurait fallu ouvrir le chemin de nousmêmes, Tadi'alè et moi.Je ne m’en sentis pas la force. A trois, je m'y serais décidé. Faute d'un second compagnon, je dus me résoudre à aller y

camper de nouveau chez le Soldat, pour entre- à poser les victuailles que mes bons néophytes Æ m'avaient vendues. Je repartis de chez eux , dans l’après-midi du 24 novembre, de manière … à aller recamper au bivouac des deux arbres- :

Tchippewayans, et le 25 au soir je couchai à T'oukoyintti, où je passai toute la journée du 26.

Sur le soir, il arriva chez Yéttanétel le vieux conjureur infidèle, louche, bête et borgne que J'avais rencontré, l’année précédente, au camp du Petit-Chien, Déindjié-tchô, le Grand Loucheux,que les Anglais avaient baptisé par déri sion Clinch-an-eye, Celui qui guigne d’un œil

Après m'avoir vainement demandé le bap tème, cet homme, qui passait pour un gran sorcier malgré sa stupidité, eut ensuite l'au dace de s’enorgueillir devant moi de la subi mité de ses révélations.

— «J'aitroisgrands protecteurs dansles bo me dit-il, qu'il faut que je te fasse connaitré C'est le corbeau, é'a-tson, l'aigle pêcheur haliète, f'ou-taë, et le vison ou foutreau, 4 — wa. Tous trois chantent pour moi pendant pp nuit. de

l'alié Ami, sage à fait Tout

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rt Norman aire. À ma ait encore in de nousentis pas la Faute d'un dre à aller pour entres néophytes e chez eux de manière eux arbresje couchai à la journée

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dansles bok se connaitré " pècheur outreau, (4 oi pendant

tement du

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le vois souven chante: «

lourri. »

l0uveau :

Je n’en dout

— « Ah! vraiment ? C’est du transcendant.

El que te dit de beau le corbe

Si peu harmonieux ?

— « Le corbeau! il me Chante : « Na-tilokkioëne, lon, sè {a ndyondétrié. Ey!

ÿohè! Ey! y! ey! yohe! yohé! Au commegn- Monde, dans les Steppes devant moi on a rêvé. Tra la la la ! »

— (Mais, mon ami, les chants deton Corbeau n'ontpas l'ombre du sens commun. Cette phrase

au, dans ses Chants

eyl ey!

arides,

ni tête, Voyons un peu mainte-

nant ce que te dit l'aigle pêcheur.

L’aicle! continua l'halluciné, comme ‘Mporté par l'élévation de ses pensées, ah ! je

t pendant les nuits d'été, etil me

Va-kkè, yatin tch6 l'a-tékhicin ; Jakkèsin dinlloué étén déha !» — Au ciel, j'ai entendu le Mugissement des EAUX ; du ciel

l te rapporte du poisson ! » L'aigle m'en à donné, de ce poisson céleste, et je m'en suis

Je haussai les épaules de Pitié et fis grâce à l'aliéné des Chants de son VisOn, « Mon pauvre ami, lui dis-je, sage à te soigner, si tu ne veux la perdre tout ‘fait, » Mais le Charmeur ne m'écoutait pas.

lout entier à ses ravissements,

ta tête n’est Pas solideet je t’en-

il Ss’écria de

— «Ce n’est pas tout, cela. Mon bonnet 4ssi Chante pour moi, pendant la nuit. Je suis k seul dont Je bonnet chante. »

ais nullement. Les Indiens se

ÉD Lo RE PU Éd 2 D ES En dd id

pâmaient d'un fou rire. — « Et que te dit ton J bonnet ? » lui demandai-je. | k — « Mon bonnet! Il me chante: « Édé-dé- L yél'ié! Édé-déyér'ié! Je me rève moi-même! 8 Je me rève moi-même! » L C'était avec de telles inepties que ce pauvre fou essayait de se donner pour voyant et pro- Hi phète. Tels sont tous les conjureurs danites. Ab uno disce omnes. Li 27 novembre. -- Ayant appris chez le Soldat I qu'il existait un sentier battu, entre sa demeure | et le fort Norman-Franklin, à travers la mon- “ ;

tagne de l’Armoise, Æl6-{sen-éwa, je me rendis à ma mission de Ste-Thérèse par cette à. voie, qui me fit traverser 19 lacs ou grands MA marais. Le 30, à2heuresde l'après-midi, j'étais M UV rendu chez moi, et, sans délai, je metransportai de dans les steppes T'a-tta-ttsôghè, chez les Es- Mel claves, mes ouailles. J'y fis dix baptèmes, en- MS tendis toutes les confessions, et m’en revins ji camper à la mission, le 4 décembre. tait

Le lendemain j'étais déjà en route pour la Es cabanedu Soldat, que je ne devais atteindre que ‘os le 9. J'étais arrivé au bord de la baie Smith dns le 8, au soleil couchant. Le rivage en étant, de pres ce côté, un-steppe aride et sans arbres, il n'y IxIEt avait pas à hésiter : il fallait traverser la baie sur le champ, ou bien revenir sur nos pas jusqu’à la forêt, pour camper.

Nous préférâmes aller de l’avant, bien que, le soleil s'étant couché fort rouge, un vent vio lent ne fût à craindre. Nous eûmes du calme

Tou ar 11 d — € est c anis.

ù tu

te dit ton

« Édé-déoi-même!

ce pauvre ntet pros danites.

z le Soldat a demeure rs la mona, je me par cette ou grands idi, j'étais ransportal ez les Es-

èmes, en- |

a’en revins

te pour la eindre que aie Smith n étant, de res, il ny "ser la baie 108 pas jus-

, bien que, in vent vio , du calme

jusqu'au tiers de la baie effectivement à Souffler.

vent piquant de l'Est, glace vive la neige poud

aussi brûlante que de

La nuit nous Surprit d rersée. Elle nous Cacha h montagne du Steppe

ans Cette longue traentièrement ]a vue de » QUI aurait PU guider itre marche, et NOUS fit perdre le sentier. Par méprise, Tadiralè suivit longtemps une andenne crevasse de la glace ressoudée puis déouverte par le vent, et semblable à un sentier lacé par un traîneau. À la fin, je m'aperçus jju'elle était Parallèle aux deux rivages, qu’elle US avait fait tourner le dos au vent d'Est ue us devions avoir surla joue droite, et qu'elle ilait nous Conduire immanquablement au ümp de Kfwé-kk'a-tlané. j' hdi'alé; mais, lorsqu'il lui fallut ret itier perdu, il mefit décrire d’inter iÿ2agS, relant sur ixiété facile à imaginer.

Tout à Coup, l'enfant se retourn ar il courait devant les chiens :

— « Mon Père, la tête me tourne. Malheur !

est comme si je décrivais des cercles inces-

a vers moi;

ünts. Je ne sais plus où je suis ni Où je vais. \ tu n’es Pas apte à nous conduire sur le

eq ps,

rivage septentrional, nous sommes perdus, il nous faudra coucher sur le lac. Mes jambes gèlent ; je ne les sens plus; et l'intérieur de mes mitaines est dur comme roche. Mes pauvres mains! mes pauvres jambes! »

Et l’enfant se mit à pleurer.

— « Plutôt que de coucher sur je lac, je marcherai, s’il le faut, toute la nuit, » lui ré- à pondis-je.Je tirai mes mitasses et les lui enfilai autour des jambes. J'enlevai mes moufles et les lui suspendis au cou. « Moi, je fais assez de mouvements pour me réchauffer sans ceia, luif dis-je. Je passe devant, suis-moi fidèlement avec les chiens. Hourra! en avant, et agite-toi tant que tu pourras, au lieu de marcher recoquillé comme un escargot. »

Je décrivis un angle droit avec la directio qu'avait suivie Tadi'alè, et je me mis à couri de toutes mes forces, les mains nues et le jambes sans mitasses. J'avais si chaud que j4 transpirais et fus obligé de relever les oreil lettes de mon kolback. Leschiens mesuivaien de près. Il n’y avait donc aucun danger. Envi ron dix minutes après, mes pieds rencontraien .un sentier dur, queje jugeai aussitôt être cel que nous avions suivi pour aller chez Dékké woya, le2i novembre; mais Tadi'alè ne voul ni le reconnaitre ni le suivre, tant il était d sorienté.

— « Écoute, lui dis-je, je suis sûr de moi.

sentier va chez le Soldat; seulement il no faut marcher contre le vent. » Et je me mis

nl

»erdus, il s jambes érieur de Mes pau-

rie lac, je

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s lui enfilai moufles et

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fidèlement et agite-toil archer reco-

la directioi mis à cour s nues et le haud que jé rer les oreil me suivaien anger. En\i encontraien itôt ètre celil chez Dékkè ralè ne voul til était di

ür de moi.

ent il no t je me mis

courir. « Et si tu ne veux pas me suivre, ajoutai-je, eh bien, vas où tu voudras. Bonne nuit ! »

Quand l'enfant vit mon assurance, il prit le parti de me suivre. Moins d’une demi-heure après, la sombre silhouette de Nont'yen-kfrot se dessina au milieu de la poudrerie.

Le pauvre enfant pleura de joie en revoyant la terre, et cependant il s'obstinait encore à me soutenir qu'il ne connaissait pas ce rivage et que nousétions égarés.

— «Tu le reconnaitras demain, de jour, iui dis-je. En attendant, campons ici, puisqu'il s’y trouve du bois mort à discrétion, et du sapin vert pour le campement. »

Nous bivouaquâmes sous le promontoire du Steppe-Montagne.

Le lendemain, nous arrivämes chez le Soldat, et le 10, je repris le chemin de Non- ‘ni, sans passer par le camp de Kopa, vu qu’il existait un autre sentier qui, de cette baie, se dirigeait directement sur l'archipel Ndou-intl'on.

Je ne rentrai à ma résidence de N.-D. de Good-Hope que le 18décembre, après quarante etun jours de voyage et après avoir parcouru plus de 260 lieues anglaises, à pied età la raquette. J'avais traversé par deux fois 165 lacs de toutes dimensions et 13 cours d'eau.

En janvier 1877, je renouvelai le même voyage avec Tadi'alè et un jeune Bâtard-Loucheux nommé Tchané ou le Vieillard. Mon but était l'installation au lac des Ours de mon suc-

cesseur dans cette mission, M. Georges Ducot, de Bordeaux, un jeune missionnaire arrivé en 1874. Cette expédition circulaire dura 45 jours: mais je m'en revins par le Mackenzie et décrivis ainsi un immense cercle. Après avoir triomphé de tous les dangers, je manquai de périr avec Tchanè presque à la porte de la mission de Good-Hope, par suite de l'intensité extrème du froid, — 49° 30° centigrades.

jointe à un vent violert du nord, qui faillit paralyser nos forces et mème celles de nos chiens, et faire de nous tous des cadavres.

Je n’ai pas la prétention de raconter ici tous ‘les événements de ma vie de missionnaire etde coureur-des-bois sousleCercle polaire arctique. Un sixième volumeseraitnécessaire, si je voulais ne rien omettre; mais alors je risquerais fort de produire la satiété et peut-être pis encure.

Je dois donc me borner à ces pages.

Je donnai ma dernière mission aux Indiens du Grand Lac des Ours de mars à juin 18%8.

J'eus l’occasion d’y voir une soixantaine de Danè Sécanais, venus du versantoccidental des Montagres-Rocheuses, sous la conduite d’un petit chef de très farouche réputation, la Tèle du Castor blanc, Tsa-pfut-pd.

Ces Indiens sont blancs, avec de grands yeux noirs fendus en amande. Je n’en ai pas vu un seul qui eût les yeux bridés ou obliques. Leurs

nd

38 Ducot, arrivé en A5 jours; , et décriès avoir inquai de rte de la l'intensité ntigrades.

qui faillit es de nos davres.

ter icitous inaire etde e arctique.

D, sl je vollà risquerals

tre pis en-

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ux Indiens juin 1878.

antaine de idental des duite d’un ion, la Tête

rrands yeux as vu ul ques. Leur

immes et leurs filles sont belles et ressemblent un peu à des Tamoules. Comme ces Hindoues, dles portent des anneaux dans le nez; mais les les insérent dans le septum et non dans l'une ou l’autre narine.

Les Peaux-de-Lièvre m'ont dit qu’ils étaient hrgement circoncis.

En retournantdansle Bas-Makenzie, en 187, jitais bien résolu à y demeurer jusqu'à mon répas, n'estimani pas de fin plus enviable que k m'endormir et de reposer au milieu de mes hers enfants des bois. Dieu en décida autrenent.

Une blessure interne que je me fis à la] pitrine, dans mon dernier voyage d'hiver, noccasionna une hémoptysie telle que je dus hercher un climat plus chaud et des cieux lus cléments.

Au mois de mars 1879, je partis pour le lac ithabasca, après avoir passé l'hiver à la mis-

n lever la carte, que daigna publier la Royal feographical Society, de Londres, avec un pport circonstancié de mes excursions dans tte contrée.

Au mois de juinsuivant, je m'embarquai bur le lac la Biche et remontai la rivière ithabasca jusqu'à ce magnifique et pittoresque assin, qui se trouve dans le district et future rovince de la Saskatchewan.

| On m’y confia la fondation d'une mission

on de la Providence. Je pus explorer les |!

buches et les deltas de la rivière la Paix et J

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ou réduction chez les Tchippewayans lac Froid et de la rivière Castor, et je j chez eux les fondements de la mission-fer de St-Raphaël, au lac des Hameçons.

J'y ai passé des jours heureux jusqu’en l'4 née 1883, qui vit mon retour définitifen Fra Maisle récit de mes longs et nombreux voya dans les vastes prairies du Far-West ner pas être contenu dans ces pages. Il former sujet d’un ou de deux autres volumes, si bienveillants lecteurs me font l'honneur d

cueillir favorablement celui-ci.

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Ærmile Petitot del. d'apret 14 cards le Sir John Franklin , de 1895.

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TABLE DES MATIÈRES

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