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vages à enrepartir, à moins que l’on ne se fâche un peu; ce qui est toujours désagréable pour un pasteur des àmes. Le plus malaisé n'est pas de pénétrer chez les Indiens, c’est d'en partir quand on y est une fois installé,
Ce fut justement ce qui m'arriva. Entrés, disaient-ils, pour seréchauffer un peuet donner la main à leurs compatriotes,je vis bientôt mes deux gars, enthousiamés par la réception qui leur fut faite et par la viande qu'ils virent suspendue sur tous les boucans, dételer mes chiens, décharger mon traineau et transporter mon bagage dans la loge du chef. II me fallut y camper, en dissimulantmon mécontentement sous les apparences d'une joie feinte, à la grande jubilation de mes serviteurs. Pour me délasser de ma fatigue, je passai toute la nuit suivante à entendre les confessions de la peuplade. Mais puis-je me plaindre de ce travail alors que je n’agissais que dans ce but?
Ce même soir, un jeune homme de dix-sept ans, orphelin dès le bas-âge et élevé par ses grands parents, me demanda comme une faveur de le laisser partir avec moi pour le Grand Lac des Ours. J’y consentis volontiers; mais, le lendemain, son grand-père Ss’opposa absolument à son départ, bien que le jeune homme, qui s'appelait Jean-Marie, leur reprochàt de le traiter en esclave et en petit-chien, En route et parvenus bien loin de cecamp, mes serviteurs n'apprirent alors la cause de la résistance que les deux vieillards, tuteurs de ce jeune néo-
phyte, avaient opposée à ce qu'il entrât à mon service. Ils l'avaient contraint d'épouser malgré lui la veuve de son frère ainé, mort de la scarlatine l'été précédent, bien que cette femme eût près de quarante ans. Et cela « afin, disaient « ces vieillards simples et naïfs, que le jeune «homme suscitàt des enfants à son frère, mort « sans postérité. »
C'était, en effet, jusqu'alors une de leurs coutumes nationales.
Mais ce motif vraiment hébraïque, excusable et mème louäble chez ces circoncis, que je considérais certainement comme des descendants C'Israëlou d'Abraham, nel’était plus dumoment qu'ils avaient embrasséle christianisme, lequel défend commeincestueuses, les affinités matrimoniales ; comme injustes et invalides, les unions contractées par force et par crainte; comme illicites, les mariages clandestins.
Je regrettai alors vivement de n'avoir pu éclairer la religion de ces bonnes gens à cet égard; mais je dois ajouter que les deux vieillards avaient agi en toute bonne foi et conformément aux usages de leur nation.
Bien que la montagne Ti-della ait près de mille pieds d'altitude au-dessus de la rivière des Peaux-de-Lièvre, elle n’en accuse pas plus de 650, au-dessus du lac de l’Eau-renaissante ; ce quiexplique la formation du Glacier-fondant. Cetteéminence n'est pascependantun bourrelet continu ni un haut plateau de grande étendue. C’est un simple alignement de têtes de rocs
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granitiqueset arides, qui percent la nappe immense etnoire de la forêt, de distance en distance. Un soulèvement plutonien insuffisant et incomplet peut seul expliquer cette disposition | montagneuse, ainsi que la multitude des cours "4 l'eau souterrains qui traversent cette singu- "M lière chaine. Tr-della signifie terres alignées. ‘) Cet alignement de mornes chauves, qu’en- 0 toure une collerette hérissée de verts sapins, 0 constitue pourtant la ligne de faite des déserts D que je traversais. Elle commence avec le mont 0 Ru-warazj, à l'intersection de la rivière Lock- | hart avec le fleuve Anderson, sous le 68 de latitude nord et le 129° de longitude ouest; elle “N se continue ensuite dans les chaines Bédzi. chÔ 0 ct Ti-della, se bifurque au sud de la rivière
7 Peau-de-Lièvre, dans les deux chaines Afwè—
M tchô-détellé et Tchané:-tisou-chiw, pour aboutir 1 Lenfin à la chaine riveraine du Mackenzie, dont 5 elle divise le bassin de celui du Grand Lac des LOurs ainsi que du fleuve Anderson.
De ce point élevé, la vue embrasse, à l'Est, l'entière surface du lac de Dick, qui s'étend “immobile et blafard au milieu du noir océan de î la forèt. À l'ouest, ellesuitdans la mème plaine … sombre une profonde enrue de 2 à 300 pieds, qui lui indique, par un long zigzag de lumière et d'ombre, le cours de la Peau-de-Lièvre ou Ra-intisa-niliné, la rivière de l’Aile des Oies grises; un nom ancien qui fait de ce cours d’eau fougueux le rendez-vous périodique de la gent: aquatique. Au sud et au nord, la chaine
se prolonge à travers la forêt; mais le Grand Lac des Ours n’en est pas visible. Il se trouve placé à une trop grande distance sous l'horizon.
La descente orientale de Ti-della tut rapide. Aucune végétation n’obstruant notre progrès sur ce versant mollement capitonné de neige, nous nous assimes sur nos raquettes, à l'instar des Norwégiens, et nous laissämes couler jusqu’au pied du rocher, d’assise en assise, pendant que Bèh-foulé, qui conduisait mon traineau, se faisait trainer dansla neige, raquettes aux pieds, pour atténuer la vitesse de la descente, en remplissant l'office de frein.
Le lac de Dick mesure trois lieues de l’ouest à l’est, et deux du nord au sud. Une longue pointe basse et boisée s’avance de ce côté vers le milieu du lac, pour lui donner un aspect réniforme. Nous en trouvâmes la neige dure et tassée par le vent d’Est. Nous pümes donc y courir sans raquettes, ce qui nous soulagea beaucoup. À 6 heures du soir, nous bivouaquâmes sur la langue de terre susdite.
Depuis la rivière des Peaux-de-Lièvre nous avions suivi l’ancien sentier de chasse de la bande du Brülé. Il avait été visible jusqu'ici: mais au-delà de la pointe, le vent et la neige poudrante l’avaient tellement effacé et égalé au reste du lac, que nous marchâmes à l’aventure jusqu'aurivage oriental, espérant tou-
joursque ce chemin redeviendrait visible sous À
le vent, à l'abri de la terre, ou bien que nous y
Grand trouverions des vestiges äe la présence des irouve MN Indiens du Grand Lac des Ours.
s l'ho- ÿ Nous fûmes profondément déçus; car nous Ù n'y aperçûmes pas la moindre trace du passage rapide. NF de l'homme. es Drogrès li On nous avait dit, chez /e Brülé, que du lac | neige, "Ù de Dick à la baie Smith du Grand Lac des l'instar MN Ours, il existait un sentier pratiqué dans la ler jus- SN forêt à l’aide de la sape, et si fréquenté par se, pen- les Indiens Kha-tchô-Gottirè, que nous ne on trai- pourrions faire autrement que de le trouver. quettes L'entrée de ce portageétait, disait-on, indiqué la des- | par un petit sapin équarri et élagué. L'impor- È tant était de découvrir ce mai. A cette fin nous > l'ouest | nous mimes à longer le rivage oriental. longue Malheureusement, le vent avait accumulé té vers pendant l’hiver, tout le long de cette côte, un aspect " banc de neige dure de quatre pieds de haut, dure et qui ressemblait à ces barres formées par le ÿ donc y ressac des flots à l’entrée de certains cours oulagea d'eau. Il nous masquait complètement les bivoua - Labords de la terre. Comment un tel amas de ineige avait-il pu se former entre le passage re nous des Indiens et noire arrivée ? Je ne croyais ” se de la guère à la possibilité de ce phénomène. Cepensqu'ici ; dant mes serviteurs soutenaient que tel était le a neige cas et ne pensaient pas un instant à franchir le t égalé banc, pour retrouver le portage au-delà. I1s me S à l’a- firent perdre cinq grands quarts d'heure à louanttou- NF voyer inutilement devant cette muraille, cherle sous chant toujours à la surface du lac ce qu'ils re nous y MS pouvaient y découvrir, et se répandant en
———— ne
conjectures gratuites sur la disparition du chemin.
Je n’envisageais pas sans ennui la nécessité où nous allions nous trouver d'ouvrir un sentier neuf dans une contrée inconnue, en ne nous œuidant que d'après la boussole, lorsque je fus frappé par la piste d’un carcajou, qui, venant résolument du large, s’entonçait tout droit vers le rivage en passant par-dessus le banc. Cette piste était trop directe pour qu’elle ne décelât pas un sentier tracé par l’homme. La sente d’un animal est toujours sinueuse et indécise. Ce glouton ne pouvait avoir passé en ces lieux sans un dessein déterminé, les habitudes de ce plantigrade le portant à suivre à la piste chasseurs et trappeurs, parce qu’il vit du produit des chasses, descaches-à-viande qu'il pille, des appâts à trappes qu’il dérobe, des petits animaux à fourrure qu’il y trouve pris et qu'il met en pièces. Le carcajou est essentiellement voleur de grands chemins.
Je me faisais ce raisonnement à une bonne distance du rivage, tout en suivant les pas arrondis du glouton. Alors je hélai mes serviteurs en les avertissant de la trouvaille que je venais de faire, et leur enjoignis d’accourir. Mais ils s’en défendirent.
— « Nous avons déjà vu cette piste, me crièrent-ils. La neige n’y est pas plus dure qu'ailleurs. C’est une fausse piste, Viens-t-en plutôt sur nos brisées. » Et ils se dirigérent vers le sud.
ion du Mais je continuai à suivre la trace du carcajou,notremaitre en perspicacité, etj'atteignis icessité le rivage avec elle. Comme le glouton avait sentier franchi le banc en ylaissant l'empreinte de ses e nous oriftes, je le franchis aussi et retrouvai aussitôt que je le chemin sur le versant oriental. C'était un qui, ve- sentier Creux, bien battu et à peine poudré par ut droit la dernière neige. Le grand banc lui avait e banc. servi d'écran et de digue. Ainsi que je l'avais elle trié ce banc était antérieur à l'ouverture du me. La chemin, et c'est ce qui avait dérouté mes use et hommes. Je me faisais done un peu path-finder ; r passé l instinct du sauvage me venait. Je m'en né, les réjouis. Joyeux de ma découverte, je remontai SANTE sur le banc de neige et criai une seconde fois aux ce qu'il | deux Indiens de venir. Mais j’entendis Hyacin- Viande the dire avec humeur à Arsène:
détohe. sud Ah! il parle faussement. Comment un otre L<r r'ançais AU rait-1l assez d'esprit pour découvjou est « vrir ce ‘ue nous, Âommes, ne pouvons pas Lu «trouve: :
bonne LD ave2t: -sphisme dicté par l’amour-propre les pas froissé, mer ..:11 Dènè continuèrent leur inus servi- tile battue. &:.ant à moi, déposant sur le sen- > que je tier mes raquettes afin qu'ils les missent sur noms. le traineau, je me mis à arpenter le chemin, en laissant mes néophytes se débattre à leur aise ste, me sur lose, | ne tee 5 lus une heure s’écoula sans que je les Hate 2! aus onir, et je me demandais déjà si je igérent ne ferais pus sagement de camper en attendant
mes hommes, lorsqu'ils accoururent enfin,
essoufflés. Bèh-foulé criait avec enthousiasme:
-— « Yazé, yazé! Étin! yédarinéyé. Dène
honnèé ttsenyédarinéyé. Un peu, ua peu! néant!
Tu es puisssant. Tu es plus puissant que les « Hommes (les Déné). »
Ils venaient pourtant de se prouver à euxmêmes que ce n’était pas me faire un grand honneur que: * ? comparer à eux.
Dzan-You, qu j'avais pris en flagrant délit de malveillanceet de mauvais vouloir, était tout penaud. Il gardait le silence en se mordant les lèvres pour s'empêcher de rire. A la fin pourtant, il éclata:
— «tin, douyé! EÉltin, douyé! assou ink- «ronhé nenli on? Néant, c’est remarquable!
« Néant, c’est remarquable ! Est-ce que tu se- « rais sorcier ? »
Cejour-là, cependant, nousdinâmes par cœur, encore par la faute de ces deux têtes dures.
Apeine avions-nous cheminéune seconde heure de concert, que nous rencontrâmes un heau troupeau de rennes qui pacageait sur un petit lac entouré de lichen. Ces gentils animaux avaient déjà fait mainte piochade dans l’épaisse couche de ces cryptogames, pour y prendre leur repas. Aussitôt, sans écouter ma défense, Hyacinthe s'empare de mon fusilà deux coupset de ma pe re à poudre, et court sus aux rennes, suivi de son compagnon, qui me laisse seul:
dans la forêt à me débattre contre mes quatre chiens. Ces animaux, sourds à ma voix, comme leur conducteur, poussèrent des hurlements
siasme :
é, Dèné {néant !
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ir, était mordant
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sou ink- ‘quable!
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ar cœur, dures.
le heure n beau un petit nimaux épaisse prendre léfense, coups et rennes,
ise seul :
quatre comme ements
DU GRAND LAC DES OURS ai
V9 affreux et se démenèrent comme diables en 7 cau bénite, afin que je les laissâsse courir après cette proie opime. J’eus bien du mal à D maitriser leur humeur belliqueuse et ce ne fut qu'après un grand quart d'heure, lorsque rennes et chasseurs se furent considérablement éloignés, que la fougue de mes coursiers se calmaun peuet qu’ilsrevinrentà des sentiments plus raisonnables. Puis le froid me saisit; car il était encore de — 40° centigrade, et il m’obli- } gea à faire un violent exercice pour rétablir la circulation du sang. J'avais aussi une grande faim et n’entrevoyais pas sans ennui la perspective où je me trouvais d'attendre longtemps encore mon diner.
Sur ces entrefaites, un grana loup blanc se présente à moi du côté opposé à celui par lequel mes gars s'étaient éclipsés. Il avait acouru sur notre sentier à l’appel de mes chiens. Un loup est chose si vulgaire, dans ce beau pays, que la présence de celui-ci ne m'émut pas plus que ne l’aurait fait celle du plus hétif roquet. Je saisis ma hache, courus sus à bête et la mis en fuite incontinent. Mais je ompris alors qu'il serait prudent de faire du Jeu et je fis choix d’un lieu propice au bivouac. y creusai la neige à l’aide de mes raquettes, y disposai les branches de sapin, j'abattis ‘quantité d'arbres morts que j'empilai en bùcher, etj'allumai un grand feu. Ces soins ne me prirent pas moins de deux heures. Depuis longtemps je n’entendais plus bigonner mes
hommes, et je craignis qu'il ne se fussent éga- # rés. Je revins alors à mon traineau pour le | conduire au campement; car la nuit avançait. | A mon grand déplaisir, Brutus, mon chien con- ! ducteur, fidèle aux maximes de son homonyme ! de la République romaine, Brutus avait brisé ! ses liens, en rongeant son harnais. C'était un ! de ses péchés mignons quand il s’impatientait. | Et cependant, la bonne bête s'était contentée de ! cet exploit, sans profiter de sa liberté. Un hurlement qui retentit alors dans les ténèbres, à quelques pas des chiens, m’apprit aussi que c'était sans doute le voisinage peu rassurant de Messer Leu qui avait porté Brutus à s’émanciper de la sorte. | Après avoir rattaché les traits du chien, je conduisis mon équipage vers le feu, où je disposai le bagagt pour la nuit. Mais j’eus le soin : d'attacher mes chiens à côté du campement, de crainte qu’ils ne suivissentle loup ou d’autres rennes. Quant au monstre, voyant que j'étais gardé par plus forts que lui, que j'étais possesseur d’un grand feu, et armé de trois bonnes haches anglaises, tranchantes comme des rasoirs, 1lm'adressa deux outroiscris lamentables en guise d'adieux, et s’en alla porter ailleurs ses investigations cynégétiques et autres.
Mes engagés ne revinrent qu'à 9 heures du soir, assez penauds, bien qu'ils eussent tué un | renne gras. J'en conclus qu’ils s'étaient réel | lement égarés au milieu de l'obscurité, et qu'ils MN reconnaissaient avoir agi avec légèreté en mc
sent éga- M | pour le M
| laissant ainsi tout seul pendant cinq grandes heures. De plus, Dzan-You avait perdu ma
avançait. poire à poudre, une belle corne de bœuf du Cap hien Con- S montée en nickel. Aussi je ne les reçus pas JMONÿME LS avec enthousiasme: car j'étais mécontent de és de IS M leur escapade. C'était une journée perdue.
ait UN :
… Après s'être disputés l’un l’autre pour dé- “ cider qui des deux irait chercher le renne tué, avec mon traineau-à-chiens, Bèh-foulé se
atientait.
tentée de !:
. Un bur- SN {ésoua, et Dzan-You bücha la provision de bois nèbres, à M sec pour la nuit et le lendemain matin.
\usSI que Bèh-foulé retourna de la viande à onze heures rassurant
avantminuit, etce fut tout au plus si nous pûmes [souper une heure après. La viande était grasse et succulenie; mais nous n'avions pas marché
us à S'é-
chien, je plus de quatre heures, ce jour-là, et je n’avais ù je dis- fait qu'un seul repas dans toute la journée. us le soin 2NComme la veille et l’avant-veille lui avaient ment, de Mressemblé, je dus signifier à mes gens que 1 d’autres : #
j'étais las de leur lambinage et que j'entendais sormais faire de bonnes journées de marche.
Isdemeurèrentimpassibles; carilsnese propois bonnes aient rien moinsque de demeurer tout le lendee des ra- Main au bivouac, à se goberger de viande entables fraiche, me promettant d'un air mystérieux ailleurs : Met ense faisant de joyeux signes d'intelligence, tres. … que nous réparerions bientôt le temps perdu. eures du #Ils ne daignèrent pas s'expliquer davantage, t tué un :#® pour le moment.
ent réel ) Je ne voulus pas consentir à perdre une nouet qu’ils SF velle journée; mais, comme nous nous étions ié en mc + couchésà 2 heures du matin, il n’était pas moins
ue J'étais 1s pOSSES-
de 9 heures quand nous nous réveillâmes, le ! lendemain; et cette journée fut encore écourtée. Une heure après notre départ, nous renconträmes un grand chemin sous bois, qui avait été battu et foulé par toute une horde voyageant à la raquette, et je compris la joic M de mes gens, la veille au soir. Ce chemin, que ! nous attribuâmes naturellement aux Kha-tchü- » Gottinè du Grand Lac des Ours, ou gens du Poil, gens delaGrosse-Pointe, devait, pensionsnous, nous conduire tout droit au bord du lac ! des Ours, puis au fort Norman ensuite. Dur et bien foulé, nous pouvions y courir sans ra- ! quettes et y dégourdir nos jambes, dont les nerfs étaient lésés et endoloris par ces pesantes et obstruantes machines.
Effectivement, le chemin se dirigeait en ligne droite vers l'Est, à travers une forêt de grands sapins très vieux et assez clairsemés. Nous : apercûmes même bientôt à l'horizon, à une distance considérable et beaucoup au-dessous du plateau que nous traversions, la nappe éclatante dela baie Smith, dont la masse noire des forêts nous séparait encore. Jusqu'à une heure de l'après-midi, nous arpentâmes allègrement cette route bénie; mais, au moment où nous ven atteignions le point culminant de laligne de faite, qu'occupaient les restes d’un grand camp les
‘abandonné, la route se dirigea brusquement ! vers le nord, en nous révélant qu’elle était la voie suivie par la hordedu chef le Brülé, c'est-àdire des Peaux-de-Lièvre des steppes, pour se
âmes, le M
'e ÉCOUrous ren- Jois, qui ne horde is la joie
min, que »
(ha-tchô- % gens du
)ensionsrd du lac e. Dur et sans ra-
dont les :
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s,. Nous !
une disssous du ppe éclaoire des ne heure grement où nous ligne de
| c'est-à-
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ndcamp »
était la «
rendre de leur territoire habituel de chasse
à la montagne Ti-della, où nous venions ide la rencontrer. C'était sur ses brisées que nous avions marché, et son chemin ne pouvait “plus nous servir, parce qu'il s'éloignait du Grand Lac des Ours, à partir de ce point culuinant.
Ce fut une grande mystification pour mes “engagés et une nouvelle cause d’ennui pour #moi-mème. Nous dûmes donc rechausser nos raquettes, après notre repas, et nous frayer un sentier neuf dans la grande neige jusqu’à la baie Smith, que nous atteignimes néanmoins “le lendemain, après avoir descendu une succession de mamelons dénudés qui ressemblent des dunes.
On ne peut rien voir de plus désolé que les ages du Grand Lac des Ours, dans la baie Smith, à moins que ce ne soit celles de la baie Keith. Les grèves du premier de ces golfes sont plates, vastes, composées d'assises calcaires que recouvre un épais revêtement de lichen lanc ou mousse d'Islande.
La forêt, en quelques endroits, s'arrête à eux kilomètres du rivage; mais le plus sou- … vent elle en est à une lieue, excepté sur la côte mord. Par-ci par-là seulement se tordent sur les rochers de petits sapins cacochymes, pauvres nains devenus le point de mire de tous les rennes du lac, qui viennent s’y gratter, s'y frotter sans cesse, pour détacher leur iourde et immense ramure d'ivoire. Ces baliveaux ou
arbres à ramures, éfé-khènèé (1), ainsi que les nomment les Indiens,sont tellement battus par les vents et enracinés dans le sol pierreux, que leur boisen est vrillé comme descolonnestorses. Ils n’ont plus forme de sapins et ressemblent à des buissons épineux. Il leur pousse même de véritables épines. Leurs rameaux biscornus descendent vers la terre et se tordent désespérément faute de pouvoir conserver leur direction naturelle. Morts avant leur développement complet, on voit surgir du milieu ! de leurs branches de longues baïonnettes de bois dur, qui ressemblent à la corned’un narval. : Copiées, dans mes dessins, d’après nature, les formes extravagantes de ces étranges conifères ne seront admises par aucun botaniste; encore moins par quelque artiste que ce soit.
Je ne suis pas allé deux fois au Grand Lac des Ours par la même voie. Chaque année, j'ai varié mon itinéraire, et si je portais sur ma carte tous cestrajets en rouge, elle en serait diaprée. L'année suivante, voulant absolument : éclaircir lemystère qui planaiït sur la véritable source de la rivière des Peaux-de-Lièvre, que Richardson disait s'échapper du lac des Ours, au lieu de franchir la montagne Ti-della par
() Fait étrange, il entre dans la composition de ce
mot, formé F9 DRAporItIon, un terme qui appartient | aux Dana de l'Alaska, le mot {ékhen, au genitif-possessif 8
tékhèné, bois, arbre. Les Danites orientaux disent dé{chen, 4 délchin, et les Dindjié, dœtchran. Par quel hasard ces BSs
Indiens ont-ils préféré l'emploi d'un terme de l'ouest, au
lieu de dire étè-détchèné ou été-tchénè? Ces LERenee de
diffusion du langage seront toujours insolubles,
que les
attus par eux, que estorses.
mblent à mème de iSCOrnus it désesver leur déve-
u milieu
acttes de |
nnarval.
ture, les conifères ste ; ensoit.
rand Lac née, J'ai sur mA en serai!
solument
véritable bvre, que les Ours, ella par
ion de ci
ntdélchen,
l'ouest, au blemes de bles.
ppartient -possessil #
asard ces |