LES HAUTEURS DU LAC JACQUES CARTIER
t,OUS classerons sous le nom de " Hauteurs du lac Jacques Cartier toute cette région de montagnes dans lesquelles prennent leurs sources les rivières Montmorency,
Jacques Cartier, Batiscém, Ste. Anne,
Malbaie, Chicoutimi, Upica, Kouspagen,
Metabetehouan,Ouatchouan et les confluents
de la rivière Croche. Le seul fait que cette
région de montagnes est la source d'un aussi grand nombre de rivières considérables,
est une indication par lui-même de la nature
et de la configuration du terrain. Il n'y a
que de hautes montagnes à plusieurs mille
pieds au dessus du niveau de la mer, qui
puissent par l'abaissement de leur température condenser sur leurs flancs boisés la
vapeur d'eau dont sont chargées les brises tiè-
des de nos étés excessifs. Il n'y a que de
hautes montagnes aussi qui puissent accumuler sur leurs cimes altières et dans les
ravins profonds qui les s< parent ces amas
de neiges, nous ne disons pas éternelles
mais suffisantes au moins pour alimenter
pendant 10 mois de l'année les cours d'eau
rapides et souvent navigables que nous
avons nommés. Les hauteurs de Jacques
Cartier sont pour nous ce que sont pour
l'Europe les Alpes et les Pyrénées. Là
bas sont des glaciers éternels où s'arrêtent
les limites de lavi gttation. Ici nous arrivons à une altitude ou le> bois feuillus font
place aux arbres verts plus robustes. Nous
aurions aimé à donner ici le journal des arpenteurs chargés de l'exploration, mais il
n'a pas encore été dépose au ministère de
l'agriculture. Nous aurions également
aime à enregistrer ici le rapport.de l'exploration de M. Blaiklock de Stoneham au
lac Kenogomi par le lac Jacques Cartier,
mais ce document ne se trouve pas non
plus dans les archives du gouvernement. Il
'ne nous reste donc que l'expl ration de M.
Blaiklock en 1849 de Stoneham à la rivière
Metabetchouan, aidé de M. Geo. Debergers,
chargé par le gouvernement d'alors de faire
le tracé du chemin. Au reste toute la région des hauteurs de Jacques Cartier offre
la même configuration à très-peu près, et
tout en pouvant suivre les gorges des mon-
tagnes de manière à tracer un chemin praticable, il n'en est pas moins vrai que le pays n'est qu'une succession de montées et de pentes rapides, séparées seulement par d'étroites vallées. Les arpentages que nous donnons, ayant été faits avec la plus minutieuse exactitude, pourront guider le lecteur dans son appréciation des difficultés que nous avons eu à vaincre dans tout le trajet.