‹ Exploration de Québec au lac St. Jean [microforme]Chapitre 21 sur 21 · CONCLUSION DE H. BLAIKLOCK SUS SON ESFLOS&TION · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE H. BLAIKLOCK SUS SON ESFLOS&TION

LAIKLOCK en faisant une revue générale de toute la ligne du pays parcouru comme moyens de communication avec le lac Saint Jean, dit :

je suis d'opinion qu'elle est décidément défavorable. La nature montagneusedu terrain fait qu'il est très douteux que l'on puisse trouver un chemin praticable, au moins à une distance limitée de la ligne d'exploration. L'extrême stérilité du sol et la nature rigoureuse du climat à une aussi grande élévation rendent le pays inhabitable pour au moins 70 milles, et les personnes que l'on y placerait pour l'avantage des voyageurs ou les gardiens des maisons de postes devraient être maintenues pendant quelques années au moins aux frais publics, ainsi qu'on le fait aux portages de Temiscouata et de Ristigouche.

En offrant ces remarques je ne veux pas dire que l'on ne pourait pas trouver une ligne de communication à travers le pays qui se trouve au Nord de Québec, mais il faudrait que cette ligne fût dans une autre direction que celle que mes instructions me prescrivaient de suivre.

Il y a bien peu de terres cultivables sur L nve Sud du lac à l'Ouest du Metaubetchoan, et cela seulement à l'embouchure de quelques rivières où l'on pourait peut-être faire douze à quinze fermes. La raison est qu'il y a une rangée de montagnes qui est la continuation de celles qui bordent le Saguenay, et, à quelques milles plus bas que la Baie des Ha! Hal, elles prennent une direction Nord-Ouest, et passant .tout près des rives Sud du lac Kauogsyni, elles sortent des rivIB du lac St. Jean à quelques milles à l'Ouest du Metaubetchoan : à l'Ouest de cette rangée, je ne conçois pas qu'il y ait aucune étendue de terres cultivables, mais à l'Est et jusqu'au Saguenay et sur les bords du lac, la terre est de la plus belle qualité ; elle est généralement de niveau et couverte d'une'crue magnifique du plus beau bois, le bouleau noir, le sapin, le peuplier, le bouleau blanc, l'érable blanche, le frêne et l'orme, avec une grande quantité de pins blancs et rouges ; le sol est composé d'un fonds de terre forte avec douze à dix-huit pouces d'un riche terreau noir et de marne, et susceptible de la plus belle culture ; ce pays est arrosé par un grand nombre de lacs et de rivières, et l'on y trouve plusieurs places de moulins magnifiques dans des endroits très-avantageux ; dans le fait, cette étendue de terre possède tous les avantages

nécessaires pour former l'un des établissements les plus riches et les plus étendus du district du Saguenay.

Avant de terminen ce rapport je suggérerai qu'il' est bien possible, qu'en explorant à quelque distance à l'Est de la ligne actuelle, on pourrait éviter une grande partie du pays brisé et montagneux qu'il m'a fallu traverser ; car, d'après des informations que j'ai récemment eues des chasseurs sauvages et autres personnes, j'ai appris qu'en suivant une passe qui se trouve dans la chaîne de montagnes situées entre la rivière Jacques-Cartier et Montmorency et 3 ui courent à mi-chemin entre ces rivières ans une direction Nord, l'on peut parvenir au plateau situé entre le lac des Neiges et le lac Jacques-Cartier, et cela par une montée graduelle sans rencontrer des montagnes bien escarpées. Une fois arrivé au sommet, on rencontre une étendue considérable de pays considérablement uni ; alors la direction serait parallèle à la ligne, et après avoir traversé le Upicabaw à quelques milles de sa source, on rentre dans la vallée Kishpahagan, sur la Belle Rivière, en suivant de là le cours djeau jusqu'à sa jonction avec la décharge du lac Kanogamishish. Ce serait à peu près le point central de l'établissement projeté ; et de cet endroit l'on pourrait tracer un chemin vers aucun point des rives du lac St. Jean que l'on voudrait.

Cette route, si on la trouvait praticable, serait une route plus directe qu'aucune de celles qui ont été récemment explorées pour parvenir au centre des terres cultivables.

CONCLVBION DE K- DUBEROER SUR SON EXPLORATION.

ELATIVEMENT à la ligne d'exploration depuis Stoneham jusqu'aux bords du lac St. Jean je prendrai la liberté de. faire remarquer que :

1 . Jusqu'au 40| milles de la ligne Qu'environ, 48 milles et 1 3 chaînes du chemin que j'ai tracé l'on peut, mais à des frais considérables, ouvrir un chemin praticable; mais en ce qui regarde les établissements, je dois ajouter que, plus au Nord que les environs immédiats de la rivière Jaques Cartier, il n'est ■ pas possible dans cette direction (^beaucoup moins que vers l'Ouest) de pouvoir jamais espérer former des établisse-, ments parce que le sol est absolument stérile et le pays extrêmement difficile, brisé et montagneux.

2. D'après ce que j'ai pu observer pour le reste de la distance, entre les 40^ milles sur

la ligne jusque dans le voisinage du lac S Jean, je n'ai certainement vu aucun en droit favorable à des établissements, et je ne pense pas que le tracé du chemin, qui ne se trouve pas dans le voisinage d'endroits cultivés, aurait pu être raisonab'ement continué.

3. J'ai verbalement communiqué mes opinions à M. Blaiklock en le priant, s'il pensait comme moi, d'en informer le gouvernement afin de diminuer les dépenses en différant les opérations relatives au tracé du dit chemin jusqu'à ce que la ligne astronomique fut terminée ; ce monsieur a, je crois, agi en conséquence, vu que plus tard il reçut des instructions que, le 3 juillet, 1848, il me communiqua à l'effet qu'il continuât sans aucune assistance.

4. Plusieurs fois, dans le cours de mes excursions d'exploration, que j'ai eu occasion de remarquer qu'à quelques milles à l'Est de notre route immédiate, la plus grande partie du pays me paraissait beaucoup plus montagneuse que les environs de la ligne en question, pendant que, dans le même temps, le pays à l'Ouest me paraissait dix fois pire par rapport aux montagnes et au terrain brisé ; où, d'après les apparences, je serais très surpris si dans cinq milles quarrés l'on pouvait trouver cent acres de terres cultivables.

5. D'après les remarques quej'ai eu occasion de faire plusieurs fois, je me suis formé dans l'opinion, que je nourris encore, qu'il n'est pas probable qu'il soit jamais ouvert un chemin de communication dans les environs de la présente ligne astronomique; mais en même temps je prends la liberté d'exprimer mon opinion que le pays devrait être exploré du côté de l'Est, vu que je suis sous une ferme impression que cette exploration peut seule produire un rapport plus favorable, pourvu que les premiers explorateurs de cette section ne soient pas obligés de s'astreindre à une direction particulière avant que le pays ne soit auparavant parcouru par deux ou trois personnes en état d'en faire un rapport ; après quoi un chemin pourrait être tracé, s'il était nécessaire.

CONCLUSION DE M. FRICE SUR L'EXPLO- RATION BLAIKLOCK,

N vous transmettant en vertu d'une adresse de l'assemblée législative transmise à ce département par ordre, le 28 du mois dernier — les rapports ci-joints de M. Blaiklock et son assistant M. Duberger sur l'exploration qu'ils ont faite de cet'te partie du pays, qui se trouve située en arrière de Québec, en droite ligne avec le lac St. Jean, et de là

BXPLOBATION Bfi QUE6EC AU LAO 8T. JEAN.

dv

Ç jusqu'au Chiooutimi, oonfonnëment aux insr truotions de ce bureau, dont copie est aussi ' transmise — j'ai l'honneur de soumettre à son excellence le gouverneur-général (relativement à ces opérations) quelques remarques qui résumeront les informations précieuses sous le point de vue géographique et physique qui ont été recueillies en parcourant cette partie considérable de la province. Le résultat de l'examen du pavs peut avoir manqué jusqu'à un certain point par rapport au but que l'on avait en vue d'obtenir en dirigeant ces opérations vers le lac St Jean, tel qu'exprimé dans l'adresse de l'assemblée législative, datée le 16 juin, 1857, priant son excellence de prendre en considération s'il est expédient de faire explorer oatte partie du pays situé en arrière de Québec, dans une ligne droite jusqu'au lac St. Jean de manière à constater si dans cette localité le sol est propre à l'agriculture «t s'il a une valeur suffisante pour justifier le traoé,et plus tard l'ouverture d'un chemin entre ces deux localités ; mais elle est encore assez importante pour être du plus haut intéTÔtpour le gouvernment et pour le pays.

Avant que le territoire du Saguenay fut exploré en vertu d'un acte de la législature du Bas-Canada en 182S — on connaissait bien peu de chose du pays qu'arrose le Saguenay ou ses nombreux tributaires, si ce n'est ce qu'on avait appris des personnes qui faisaient le commerce avec les tribus sauvages qui habitaient cette partie du pays oommunétuent appelée les Postes du Roi — quoique Oharlevoix, Champlain et d'autres historiens nous aient donné des descriptions des premières découvertes et explorations faites dans le pays sous le gouvernement français et du temps des établissements de missionaires par le ci-devant ordre des jésuites dans le Saguenay et le lac St.

Jean.

Parmi les informations obtenues le plus récemment sur le territoire du Saguenay on peut mentionner celles qui ont été fournies par feu Paschal Taché, écuyer, et le Dr.

DeSalles LaTerrière dont les renseignements précieux ont puissamment contribué à la passation de la loi et à l'appropriation votée pour l'exploration de cettd partie importante de la province sous des commissaires, dont le rapport avec ceux des arpenteurs employés à ce service, joints à l'exploration géographique faite par le lieutenant Baddeley, ingénieurs royaux, tels que pu- ' bliés par la législature, — ont développé à un point vraiment satisfaisant les ressources agricoles, commeicisJes et minérales du

pays exploré, plus particulièrement sur les rivières navigables et quelques fois dans les profondeurs des localités qui furent visitées par les divers partis'd'explorateurs engagés sous les commissaires.

On obtint pareillement une description assez correcte du pays exploré, des opérations combinées des arpenteurs employés par les commissaires, depuis Tadoussac jusqu'à la tête des eaux navi »ables du Saguenay, à environ 13 ou 15 milles de Chicoutimi, et des communications intérieures et par eau par la rivière Chicoutimi, le lac Kenogami et la Belle Rivière jusqu'au lac St. Jean, et du lac et de quelques-unes de ses principales baies jusqu'au 49e degré de latitude, à part l'exploration des cours d'eau inférieurs et de l'arpentage et de l'exploration depuis Trois-Kivières par le St. Maurice, ses lacs et la rivière Ouiatchouan jusqu'au lac St. Jean. Une partie de ces explorations, savoir, l'exploration de la rivière du Saguenay, depuis son embouchure à Tadoussac, sur le St. Laurent jusqu'au point où s'arrête la marée montante au-dessus de Chicoutimi, ayant été vérifiée et constatée avec exactitude par le relevé hydrographique du capitaine Bayfield, de la marine royale, — la vraie position géographique de ces localités se trouvant assez vérifiée, restait encore à vérifier la position relative entre Chicoutimi et le lac St. Jean, sans cela il ne fallait pas songer à établir des townships d'une manière satisfaisante dans le pays intermédiaire.

En cherchant à tracer cette ligne droite de la manière la plus avantageuse pour le service public, (bien que ce ne fut qu'une opération d'exploration), depuis Québec jusqu'au lac St. Jean, le gouvernement a cru que c'était une occasion favorable, (outre qu'il en fallait nécessairement constater l'exactitude de l'arpentage dans les champs) de relier par un arpentage et un mesurage régulier l'extrémité Nord de cette ligne droite aux opérations du capitaine Bayfield, terminées au point de la marée montante sur le Saguenay.

Ainsi donc, comme l'on avait trouvé expédient de prolonger l'arpentage du lac St. . Jean, ce projet fut autorisé par un rapport approuvé du conseil daté le 9 juillet, 1849 —ordonnant l'arpentage de la rive Est du lac St. Jean et le mesurage de la Grande Déchargé jusqu'à Chiooutimi, en même temps que l'exploration d'un chemin en ligne droite à travers la péninsule de Chicoutimi jusqu'à l'embouobûre de la rivière de ce nom sur le Si^enay.

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Chiviôre

M. W. F. Blaiklook, auquel fut confiée l'exploration de cette ligne jusqu'au lac St. Jean, reçut instruction de partir la ligne d'exploration à l'angle Sud du township de Stoneham, considéré comme le point de départ le plus favorable. La distance de ce point à Québec était connue par un mesurage régulier, outre que cet endroit se trouvait dans le voisinage immédiat des établissements florissants des environs du lac St. Charles et des grandes routes qui mènent à Québec; de là de tirer la ligne droite dans une direction astronomique Nord 15 degrés Ouest (calculée d'après les opérations de 1828) de toucher au lac St.

Jean à ou auprès de l'embouchure de la rivière Metaubetchoan, mesurer de là les rivières Est du lac St. Jean et le cours de la Grande Décharge ou de la rivière du Saguenay à Chiooutimi.

M. George Duberger fut joint à M.

Blaiklock comme assistant: il devait explorer le pays à la distancé de 5 ou 6 milles de chaque côté de la ligne dans le but de choisir l'endroit le plus favorable pour le chemin mentionné dans l'adresse; et conjointement avec les opérations de M. Blaiklock d'explorer le pays dans une ligne droite à l'Est depuis l'embouchure de la rivière Metaubetchoan, pour la construction d'un chemin à travers la péninsule jusqu'à Chicoutimi.

. MM. Blaiklock et Duberger ayant fait l'arpentage et les explorations prescrites par les instructions d'une manière vraiment satisfaisante et scientifique, on pourra mieux apprécier les résultats de cet important service en lisant le rapport de ces messieurs.

Le premier pour tout l'arpentage est une partie des explorations, et le dernier pour son exploration et relevé d'une ligne de chemin de Chicoutimi au lac St. Jean, et son exploration depuis le point de départ jusqu'au 40e poteau de mille où l'on s'apperçut qu'il était inutile de chercher plus longtemps une ligne de chemin à travers un pays qui n'est nullement propre à l'agriculture, et brisé par des chaînes de montagnes escarpées, tandis que cette exploration entraînait des dépenses considérables sans avantage important pour le service public.

En examinant les opérations faites par MM. Blaiklock et Dubierger, telles qu'elles sont indiquées dans les plans de M. Blaiklock qui accompagnent ce rapport, il paraîtrait que, bien que l'on puisse tracer jusqu'à la rivière Jacques-Cartier et probablement quelque peu au-delà une bonne ligne de diemm en continuation du ohemin actuel

auprès du point de départ à Stoneham, cependant la nature escarpée et montagneuse du pays pendant plusieurs milles à l'Est ou à l'Ouest de la ligne d'exploration, fait qu'il est impossible de tracer ou même d'ouvrir un chemin d'aucune espèce, pendant que le soi, à cause de sa nature pierreuse n'est nullement , propre à la culture, sauf quelques lisières de terrains isolées dans le voisinage des rivières qu'ils ont traversées dans leurs explorations respectives.

Bien que l'exploration du pays depuis Stoneham jusqu'au lac St. Jean, en coupant d'une manière transversale les rangées de moiitagnes qui se dirigent Nord-Est et Sud-Ouest; n'a pas eu de résultats favorables du moins en ce qui a rapport à la recherche des terres cultivables propres à des établissements, M. Blaiklock, dans le relevé du lac St. Jean et de la Grande Décharge et des isles nombreuses situées à la décharge du lac, rapporte que les terres sur les deux bords de la rivière sont d'une excellente qualité et tout-à-fait propres à des établissements ; pendant que M. Duberger fait un rapport également favorable des terres qui sont situées sur les bords de la Belle Rivière et dans tout le pays généralement qui forme la péninsule de Chicoutimi.

Relativement à l'impossibilité d'ouvrir un chemin de communication sur ou dans les environs de la ligne d'exploration depuis les derrières de Québec jusqu'au lac St.

Jean, M. Blaiklock fait rapport que, d'après les informations qu'il a recueillies, il est probable que l'on pourrait trouver une ligne de chemin plus t\ l'Est, en suivant le pays qui se trouve entre les rivières de Jacques-Cartier et Montmorency jusqu'à la hauteur des terres, et de là la source des rivières Upika et Belle Rivière, au Nord jusqu'à la vallée ou l'étendue de terre cultivable dans la péninsule de Chicoutimi déjà mentionnées.

En terminant, je dois faire remarquer ici que les connaissances topographiques obtenues sur cette partie du territoire du Saguenay qui a été le champ des opérations conjointes de MM. Blaiklock et Duberger sont, je le conçois humblement, d'un grand intérêt, d'une intpcrtance profonde pour le gouvernement et pour le pays, vu qu'elles décident enfin si cette partie du pays exploré est propre à l'agriculture, c'est-à-dire cette partie qui s'étend depuis la chaîne de montagnes qui bordent la vallée du St. Laurent jusqu'aux coteaux qui bordent la vallée du lac St. Jean, et qui se dirigent à l'Est vers la Baie des Ha I Ha I et forment

ensuite ces montagnes élevées qui sont suspendues au-dessus do la rivière du Saguenay ; corroborant ainsi les ^descriptions que l'on avait déjà du pays depuis St, Urbain et Ste. Agnès jusqu'à la Grande Baie ou Baie des Ha! Ha! dans le Saguenay.

A part l'objet de l'exploration, on a obtenu des informations correctes sur la surface générale et la physionomie du pays, sur la direction des chaînes de montagnes et le cours des rivières qui arrosent cette partie extraordinaire de la province, que ce soit des tributaires du St. Laurent ou du Saguenay, et toutes ces informations sont données avec soin sur les plans d'opérations de M. Blaiklock ; pendant c|ue l'on a constaté d'une manière tout-à-fait satisfaisante Sue la péninsule de Ghicoutimi et le pays es environs du lac St. Jean et à l'Est de la Baie des Ha ! Ha ! offrent par la qualité de leur sol un champ étendu aux établissements et à> l'agriculture.

Le tout très-respectueusement soumis.

J. H. PRICE, Commissaire des terres de la Couronne.

SrOTBE ÇONaUBION.

I ES la première partie de cette étude nous avons suffisamment établi croyons nous, l'impossibilité de livrer à la culture les Hauteurs du Lac Jacques Cartier et comme conséquence lepeu d'avenir de cette infertile région. Nous compléterons notre opinion par celle de M.

Drapeau qui nous dit :

La colonisation est nulle dans le comté de Québec en conséquence du sol qui est extrêmement rude et montagneux, en arrière des premières montagnes qui servent de bordures à la belle et magnifique vallée du St. Charles et du St. Laurçnt. Il n'y a encore aujourd'hui que deux cantons qui soient arpentés dans les limites de ce comté, Stoneham et Tewkesbury, situés en arrière de Charlesbourg, au-delà et autour desquels on ne trouve partout qu'un triste désert qui n'est fréquenté que par quelques rares chasseurs ei qui n'a pas encore été exploré.

En arrière de St. Jôachin, sur le bord occidental de la rivière Ste. Anne, se trouve la paroisse de St. Féréol qui s'étend sur une longueur assez considérable, laquelle renferme une population de 882 âmes. Le sol de.

cette paroisse étant considérablement élevé .et par conséquent très exposé à la rigueur du climat et des vents, les récoltes y éprouvent quelquefois des dommages assez sérieux.

L'orge, le seigle, l'avoine, et les patates y sont les principales récoltes. Il n'y a guè-

re plus de 1,600 arpents oui soient ense* menoés chaque année, sur les 3,800 acres qui sont en état de culture.

C'est donc Trente lieues de montagnes arrides et inhabitables en grande partie que le chemin projeté devra traverser pour arriver aux terres cultivées du Lac St. Jean situées au Nord de la Belle Rivière, car il est impossible que les colons au sud d'Hebertville fasse un détour considérable en remontant le Lac jusqu'à Métabetohoan pour prendre le chemin proposé. En consultant l'ouvrage de M. Drapeau nous trouvons que les cantons qui sont appelés plus particuliè- . rement à profiter de cette nouvelle voie de communication. ont une population approxivative de 600 habitants, non compris les sauvages qui s'adonnent exclusivement à la chasse, et une étendue défrichée approximative de 1000 acres de terre comme suit.

Metabetchouan...ll8 fimes 188 acres.

Charlevoix 137 " 235 "

Roberval 266 «' 512 «

Ouayatchouan.... 62 "

Depuis le dernier recensement l'augmentation peut être portée à 200 familles peutêtre qui se serviraient de ce chemin. L'entretien en hiver ou en été d'un pareil che* min exigerait une population de 10,000 âmes au moins pour qu'il fut passable.

Mais on répondra peut-être que ce chemin servira aux nouveaux colons venant de Québec et se rendant au lac St. Jean. Erreur ! ' ■ Les colons se rendent en été lorsque la saison leur permet de passer quelques jours sous un léger abri en attendant la construction de la maison en billots. Et l'été la route du fleuve sera toujours plus courte et moins. coûteuse pour le transport des colons et de leurs ustensiles de ménage.

En résumé le seul moyen pratique selon nous de favoriser la colonisation du Saguenay c'est de relier le lac St. Jean avec le centre judiciaire et le chef-lieu du comté, par de bonnes voies de communication se ramifiant dans les cantons les plus éloignés. Puis de relier Chicoutimi à Québec par une ligne de vapeurs régulière arrêtant à tous les principaux points de la côte du Nord. A quoi servent donc les sommes fabuleuses dépensées à la construction des quais trop célèbres de la Malbaie, des Eboulements? Peut-on concevoir que des cen- ' très de population aussi considérables que Chicoutimi, Grande Baie, Malbaie, Eboule- ^ ments, Baie St. Paul, St. Joachim, Ste. /"^

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Anne, Château Rioher restent sans communicationd régulières avec Québec lorsque lur leur rivage coule un fleuve comme le St.

Laurent ou une rivière comme le Saguenay? Evidemment il y a là un manque d'énergie qui fait peine. Le gouvernement . croyons nous devrait prendre l'iniative du mouvement en offrant un subside postal à toute compagnie de bateaux à vapeur qui entreprendrait le voyage régulier de Cbiooutimi à Québec en s arrêtant à tous les ports que nous avons nommés. De cette manière, les nouveaux ciblons de ces paroisses auraient un transport facile jusqu'à Cbicuutimi. De là, aux extrémités les plus éloigni es du lac St. Jean, il serait facile d'organiser le transport par terre ou par eau en s ; s.'rvant du remorqueur de la maison Priée, avec laquelle l'agent de colonisation de la localité pourrait s'entendre potfr le nombre de voyages à faire et les jours de départ. C'est là, croyons-nous un projet beaucoup plus réalisable immédiatement, beaucoup moins coûteux pour le gouvernement et pour les co> Ions, que d'ouvrir un chemin impratiquable à travers une région de montagnes inaccessibles.

Et non-seulement la côte du Nord se

trouverait ainsi reliée à Chiooutimi et à Québec, mais même la côte du Sud jouirait d^s mêmes avantages au moyen du chemin de fer de la rivière du Loup et db la traverse régulière qui doit être établie dès cet ^ té, entre ce port et Tudousao, où est construit actuellement le plus grand hôtel du bas fleuve, otqui promet d'être le plusfashionable de tous les endroits fréquentés par les baigneurs, pendant nos étés excessifs. Un bateau à vapeur doit taire la traverse réguli;';ro de manière à correspondre chaque jour avec l'arrivée et le départ des convois du grand tronc. En arrêtant à Tadousao la ligne .do vapeur de Chicoutimi à Québec relierait donc la côte du Sud au Saguenay.

Ruppelons-nous qu'un chemin d'été entre Québec et le litc St. Jean coûterait avec les ponts au moins $50,000 sans résultat, et nous n'hésiterons plus à abandonner ce projet en faveur des voies de communication intérieures et d'une ligne de bateaux reliant le Suguenay avec la rivière du Loup et Quobec. Si toutefois le gouvernement veut tenter une expérience, qu'il ouvre un chemin d'hiver en se serv.mt des rivières et des lacs glacés et l'avenir dira si la province peut faire plus en faveur de l'intérêt général.

IMPRIMÉ Pa» la RETtE AGRICOLE.

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