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MŒURS, POLICE ET CHATIMENTS

qu'à cette fin, et, comme il n'y en a guères de si bien apparenté, qu'il ne s'en trouve quelque autre qui l’est encore mieux et ainsi successivement, tout s'y maintient dans une grande union et concorde, à quoy leur tempérament doux et humain les porte assez naturellement, et hors la famille Royale, qui se distingue des autres, tout le reste est réputé de condition égale.

Il y a néantmoins une espèce de punition, commune parmi eux et establie de la part du Roy dans toutes les villes et dans tous les bourgs de son Royaume, qui est une espèce de goula ou collier de bois de deux pièces agencées l’une sur l'autre, où il y a des trous pour y passer le cou d'un homme, comme on le met ailleurs au pilori, avec cette diflérence qu'ils y sont couchés tout de leur long sur la terre et tout nuds, hors les parties du corps que l’honnesteté défend d'exposer, car ils connoissent la honte et ont de la pudeur, au contraire de bien d’autres nations sauvages et sont ainsi

exposés à la risée du monde dans les places publiques.

Cette punition s'exerce contre les hargneux séditieux et querelleurs, et, pendant qu'ils y sont, on n’oseroit leur donner à manger le jour. S'ils en ont, c'est la nuit que leurs parents et amis leur en portent. Ils y restent selon la grandeur de leur crime, et le dit Sagean en a vu un, qui y fut quinze jours.

Il y a encore vu faire mourir publiquement un soldat de la garde, qui estoit devant le palais, pour avoir manqué de respect à un Prince de la famille Royale, le soir, comme il se retiroit, et que lesdits soldats estoient en danse et à se réjouir. Il s’en plaignit au Roi qui le condamna à estre tué à coups de flèches, ce qui fut executé par d’autres soldats,

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