DU LHUT PART EN SEPTEMBRE
possible de pouvoir descouvrir le pays des Nadouesioux, ny avoir aucun commerce avec eux, tant à cause de leur esloignement, qui est de 80o lieues de nos habitations, que parce qu'ils avoient la guerre généralement avec toutes sortes de nations, cette difficulté me fit prendre la résolution d'aller chez eux, ce que je ne peus mettre en exécution pour lors, mes affaires m'ayant obligé de repasser icy, d’où, après avoir fait la campagne de la Franche-Comté et du combat de Senef (1674), où j'avois l'honneur d’estre gendarme de la Garde de Sa Majesté et escuyer de Monsieur le Marquis de Lassay, nostre enseigne, je repartis pour m'en retourner à Québec. Je n'y fus pas plustost arrivé que l'envie que j'avois desjà eue d'exécuter ce dessein, s'augmenta. Je commencay alors à prendre mes mesures pour me faire connoistre des Sauvages, lesquels m'ayant asseuré de leur amitié, et, pour preuve de cela, donné trois esclaves, que je leur avois seulement demandez pour venir avec moy, je partis de Montréal avec eux et sept François le 1°" de Septembre de l'année 1678, pour tascher de faire la descouverte des Nadouesioux et Assenidoualaks qui nous estoient inconnus, et leur faire faire la paix avec toutes les nations du tour du lac Supérieur, qui vivent sous la domination de nostre invincible monarque.
Je ne crois pas qu'un tel départ puisse donner lieu à qui que ce soit de m'imputer d’'estre contrevenu aux ordres du Roy de l’année 1676, puisqu'il défendoit seulement à tous ses sujets d'aller dans la profondeur des bois pour y traiter avec les Sauvages, ce que je n’ay jamais fait, ny mesme voulu prendre aucuns présens d'eux, quoyqu'ils m'en ayent plusieurs fois jeté, lesquels j'ay tousjours refusez et laissez, afin qu'on ne pust me taxer d’avoir fait aucune traite indirecte.