NOMBRE DES HABITANS, COMMERCE
La garnison des Natchitoches n'est plus que de vingt-neuf hommes de troupes, y compris deux sergents, deux caporaux et un tambour et y ajoutant le détachement des six hommes qui sont aux Cadodaquious, de trenite-cinq en tout.
Il y a quatre officiers, M. de Saint-Denis, commandant, un licutenant, un lieutenant réformé, un sous-licutenant et un garde-magasin.
Les habitants sont au nombre de trente-trois, qui ont en tout trente-quatre, tant nègres faits que négrillons, négresses, deux esclaves sauvages ct quatre sauvagesses.
Le commerce des François entre eux consiste en mahis, riz. fèves, huile d'ours et tabac; le bled mahis, mesure d’un baril de farine, s'y vend actuellement 16 livres. Les fèves que l'on nomme apalaches, de même, et le tabac 30 sols la livre.
A l'égard de celuv qui se fait au poste des Adayes, il ne consiste qu'en vivres pour de l'argent, c'est-à-dire le baril de bled mahys, à 3 piastres; les fèves de même, et le tabac 15 sols. La quantité de bled mahis, que l'on vend à cette nation, ne passe guères par année 200 barils, 60 de fèves ct 300 livres de tabac. Ce commerce ne peut durer plus de deux ans, Car ils travaillent les terres comme nous cet ont actucllement deux charrues.
Quant au commerce des marchandises de France, que l'on vend aux Espagnols establis de ce côté-cv, il est si peu considérable que 200 piastres peuvent être suffisantes par an pour les payer. La raison est que nos marchandises sont infiniment plus chères que celles que les Anglois leur fournissent et qu'elles ne sont pas d’aussy bonne qualité.
Ils payent Icurs troupes avec ces marchandises angloises,
à raison de 450 piastres à chaque soldat par an, sur lesquelles