‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 212 sur 662 · CE PAYS AURAIT GRANDEMENT SERVI AUX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CE PAYS AURAIT GRANDEMENT SERVI AUX FRANÇAIS

remplis, et la seconde, pour avoir une entière connoissance des Innatchahez, nation que l’on assure être très nombreuse, presque aussy forte que celle des Chactas et qui s'étend le long des côtes du Ouest, jusqu'aux environs de la baye Saint- Bernard, que les Bidayes occupent.

La seconde rivière, qui descend des Assinays ou au delà, se découvriroit par mer avec quelque bâtiment qui ne tireroit pas beaucoup d’eau, ou une barque que l’on pourroit construire pour cet effet. Car si l’on ne trouve pas de ports à la côte ou d'ile capable de mettre les vaisseaux à couvert des mauvais temps et des insultes des étrangers, le pays “ne pourra se soutenir, telles précautions que l’on y prenne.

Il auroit mieux valu pour la colonie que ce pays eût été aux François qu'aux Espagnols; cela auroit procuré des avantages bien plus grands, soit pour le commerce, duquel nous aurions toujours été les maîtres à cause du voisinage, soit pour les établissemens faciles dans les prairies, sur des collines et à la portée des vaisseaux, sur lesquels on auroit construit des moulins en peu de temps, et enfin pour attirer de cette nation les bestiaux qui nous auroient coûté peu de chose et qui auroient servi d’un grand usage pour la culture des terres, au lieu que les habitans de cette colonie ne sont, pour ainsi dire, établis que dans les bois, auxquels il faudra des siècles avant de trouver un profit équivalent à leurs peines, ce qui ne remplira pas les espérances que l'on a conceues sur le Mississipy, faute de s’y estre bien pris dans les commencemens que l’on a voulu l’établir, sans le connoître ny ses cÔtes.

I est difficile de croire que les Espagnols se retirent de ces pays facilement, leurs intérests étant de s'ouvrir un chemin

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