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DEVANCER LES ESPAGNOLS SUR UN POINT DES CÔTES

en deci de Saint-Antoine pour aller au Nouveau-Mexique, afin de s'éviter la difficulté des montagnes ct près de moitié du chemin qu’il faut pour s'y rendre. Il n’y a que les Sauvages, qu'ils appellent Apaches, et nous, Padoucas, qui s'y opposent présentement, qu’il leur sera facile de gaigner par présents ou par force, en cas que la voye de la douceur, qu’ils ont déjà tentée, ne leur réussisse pas à l'avenir.

Quant à la baye Saint-Bernard, occupée aujourd’huy par les Espagnols, il y a suffisamment d'eau pour les bâtimens à fonds plats, puisque l'on y trouve régulièrement 11 pieds de fond, qui est le même qu’à l'embouchure du Mississipy. — M. de La Harpe ne l’avoit pas trouvée lorsqu'il a cherché à la découvrir, mais bien celle des Bidayes, qui n’est pas tout à fait si bonne. -— Les Espagnols vont s'établir plus avant dans les terres de ce côté-là pour avoir plus de facilité pour leurs établissements. Ainsy, avant qu'ils occupent le reste des côtes en tirant au Mississipy, la Compagnie devrroit s'efforcer à y former quelque poste, quand bien mème il ne scroit pas des plus considérables; mais il ne pourroit être de moins de cinquante hommes, pourveus de tout ce qu'il faudroit pour s’y fortitier, de vivres, munitions et artillerie, et commandés par une personne d'expérience au fait des Sauvages, qui ne plaigne pas ses peines, non plus que la Compagnie, ses récompenses et son avancement, pour que dans les suites du temps elle y retire ses dépenses et voye jour à fournir dans le Mississipy les bestiaux qui y sont nécessaires, qui est le principal objet auquel la Compagnie doit s'attacher.

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