GRAND CANAL DE LA RIVIÈRE ROUGE
incroyable de les pouvoir traverser. Il y avoit sur les branches de ces arbres une infinité de serpents, sur lesquels il nous falloit tirer des coups de fusil, de crainte qu'ils n'eussent tombé dans nos bateaux. Cette route nous fut trèspénible et fatigua extrèmement nos gens. L'on entra après dans un rigolet, rempli de crocodiles, où les courants estoient affreux. Nous le passasmes à la cordelle et en nous tirant de branche en branche; nous arrestasmes ensuite à une prairie. La route du jour fut le Nord, 2 lieues.
Le 15, nous entrasmes dans un rigolet, sur lequel nous ismes 3 lieues à l'Est. Nous tombasmes ensuite dans le grand canal de la Rivière Rouge; nous y avançasmes une lieue dans le Nord, après quoy nous arrestames à ja gauche de la rivière à une terre basse.
Il est d'observation que nos guides sauvages ne nous guidérent pas par la route ordinaire, laquelle est de suivre la Grande Rivière à la sortie du second lac; elle est mesme plus courte et moins fatigante; mais ce qui les engagea à nous faire suivre la grande terre à gauche, c'estoit par rapport à la chasse du chevreuil qui est abondante, aussi bien que pour éviter le défaut de cabanage, estant obligés par la rivière, dans les eaux hautes, de coucher deux ou trois jours dans les bateaux.
Le 16, je voulus prendre les devants avec deux pirogues et le grand canot; mais nos Sauvages ne le jugèrent pas à propos, et, pour m'en empescher, ils ont toujours resté sur la rivitre dans une de mes pirogues; nous suivismes tousjours la rivière; la route a esté le Nord, 3 lieues.
Le 17, nous fismes G lieues au Nord, depuis la sortie du dernier ruisseau; les terres sont très-basses ; elles inondent