AVRIL 1710. AVIS SUR DES NATIONS DU SUD-OUEST
pleurs dans des allégresses, qu'il estoit vray que la pluspart
de leurs compatriotes avoient esté tués ou faits esclaves par
leurs adversaires, qu'ils n'estoient plus qu’un petit nom-
bre, mais que l’arrivée des François empescheroit leur en-
tière destruction, que leurs ennemis, estant alliés des Canou-
ches (qui veut dire François), ne leur feroient plus la guerre,
qu’il falloit en rendre graces au Grand Esprit, dont la colère
cstoit apaisée, et en mesme temps assister les François de tout
leur pouvoir, conserver leur amitié; qu'ils sçavoient par
l'expérience que depuis l'arrivée d'un de ces guerriers dans
leur village', les Naouydiches et autres nations errantes
avoient fait la paix avec eux; qu'il estoit triste que leurs com-
| patriotes, qui avoient esté tués, ne pussent prendre part à la
| 1 1e joye commune ct ajouter ce plaisir à la gloire de leur vie, | A qu'ils avoient sacrifiée pour la liberté de leur patrie; 1l leur | dit là-dessus des choses si touchantes que toutes ces nations ! (
fondoient en larmes,
Après que ce chef eut cessé de parler, je m'informay des
anciens de ces nations des establissements les plus prochains
des Espagnols et des nations sauvages de la partie de “À r
À l'Ouest, desquelles ils pouvoient avoir connoissance; ils C m'assurèrent qu'à 6o licues dans le Sud estoit le village “es 1
Nadacos, leurs alliés, chez lesquels les Espagnols avoisat une 1 p
mission et une autre aux Assinaïis, chez la nation Ame. fe diche, dans le S. un quart S.-O., à 70 lieues de chemin des à Nassonites; que dans le Ouest à So, sur le bord de la Rivière
Rouge à la droite, estoient plusieurs nations errantes, lesquelles d estoient en guerre contre les Cannecy, nation sauvage du ul
Nouveau-Mexique; que dans la partie du N.-O. de leur