TE DEUM A L'OCCASION DE L'ARRIVÉE DES BATEAUX
sont venus en leur perfection, aussi bien que des cotonniers, dont le coton est beaucoup plus fin que celuy du Levant. La graine s'en sème au commencement d'Avril; elie apporte des arbrisseaux de trois à quatre pieds de hauteur, dont les branches sont chargées d'une infinité de boutons de coton qui se recucillent à la fin de Septembre, après quoy ces arbres meurent, Le tabac y vient très-beau. Les prairies sont remplies de plantes d'indigo, de fraises, de champignons et de morilles.
Les bois ordinaires sont des cyprès rouges et blancs, des cèdres, des pins, des copalmes, des bois blancs, des saules, des fresnes, des chesnes, des novyers, des pagamiers ! dont la noix est très-bonne, des müriers, des plaqueminiers, lesquels rapportent un fruit semblable à la nèfle, mais beaucoup
leur, des pruniers dont les fruits sont très bons et une
ndance infinie de vignes. dont les raisins sont très-délicats; mes gens y firent six barriques de fort bon vin. La chasse y est abondante surtout l'hiver; l’on v tue du bœuf à vingt lieues de l'establissement ; l'ours, le chevreuil, le lièvre et le lapin, n'en sont pas esloignés, non plus que la dinde, la bé- Casse et autres oiscaux.
Le 21, mes bateaux arrivèrent aux Nassonites. Je fis chanter le Ze Deum, en action de grâces d’estre arrivés sans accident, après des travaux incroyables. La pluspart de mes gens tombèrent malades de fatigue: il leur prit des fièvres, qui ont duré longtemps.
Le 22, les quatre nations me chantérent le Calumet; c’est une marque d'alliance parmi ces peuples. Cette feste dura vingt-quatre heures, pendant lequel temps leur musique ne
Du Prat t « Pa