JUIN 1710), DU RIVAGE ENVOYÉ À L'OUEST EN EXPLORATEUR
errantes, situées, à l'Ouest des Nassonites, sur les bords de la Rivière Rouge, me fit prendre la résolution d'y envoyer le sieur Du Rivage, fameux géomètre, que j'avois amené avec moy de France, Je le fis accompagner de quatre soldats, de six de mes gens, de huit guerriers de la nation Nassoos, auxquels je fis des présents considérables pour les engager à ce voyage, Je donnay au sieur Du Rivage quinze cents livres de marchandises pour donner à ces nations errantes de ma part, afin de contracter alliance avec elles, connoissant bien qu'il estoit de l'intérest de la Compagnie de les avoir pour allices, à cause de leur proximité du Nouveau-Mexique. Je luy recommanday de s'informer de la prochaine demeure des Espagnols, et de sçavoir s'ils avoient connoissance de ces nations, establies dans le Nord-Ouest des Nassonites sur les bords d’une rivière, auquel cas il feroit son possible pour m'amener un guide, qui peust me conduire. Il partit pour cette expédition le 4 juin.
Le 6, Saint-François, caporal de la garnison, que j'avois envoyé aux Assinais, arriva avec les chefs de la nation Nadaco, lesquels venoient me chanter un Calumet. Il m'apporta deux lettres, l’une de Don Martin de Alarconne, Gouverneur de la province de Las Texas et l'autre du Pere Marsillo. Voicy la teneur de ces lettres.
Le Gouverneur s’exprimoit ainsi :
« Monsieur, je suis fort sensible aux honnestetez que M. de Bienville et vous me faites la grâce de me tesmoigner. Les ordres que j'ay du Roy, mon maistre, sont d'entretenir une bonne union avec les François de la Louisiane; mon inclination me porte également à leur rendre tous les services, qui dépendront de moy; mais je ne puis m'empescher