MAI-JUIN, AVIS DE PIERRES MÉTALLIQUES
présence, je fis mettre aux fers le soldat, qui avoit eu discus-
sion avec luy.
Le 12, un considéré Nassonite m'ayant assuré qu'il avoit vu des pierres métalliques dans des montagnes, qui sont au Nord des Cadodaquious, à 40 lieues de distance, desquelles pierres les Espagnols faisoient beaucoup de cas, je le priay de m'y conduire. J'eus beaucoup de peine à l'y résoudre, dans la crainte où il estoit, de rencontrer sur cette route quelque parti ennemi; je pris avec moy trois soldats, avec lesquels nous nous mismes en chemin. Les deux premiers jours, notre guide fut brave, mais le troisiesme, quelques pas d'hommes qu'il rencontra sur laroute, qu’il reconnutestre des Anahons!, le déconcertèrent tout à fait. Il fallut user de menaces pour le faire avancer de quelques lieues. L'on tomba ensuite dans de vastes prairies, à la veue des montagnes, d'où nous aperceusmes le feu des ennemis. Pour lors il ne fut pas possible de rassurer notre guide; rien ne put l'engager à nous mener plus loin: il fallut prendre le party de s’en retourner le mesme soir. Nous cabanasmes dans la prairie ; nous fusmes observés par les Anahons. Ils s'approchèrent la nuit de nous, à dessein de nous surprendre. Ma chienne aboya, nous fusmes alertes, mais un peu tard, les Sauvages m'ayant enlevé deux chevaux, ce qui nous obligea à nous en retourner, partie à pied.
Le 20, j'envoyay quatre soldats et six de mes gens bien armés à trois journées des Cadodaquious, dans les terres, à un ruisseau pour y faire du sel; ils furent de retour le 3 Juin avec deux cents livres de sel.
L'envie que j'avois de faire la descouverte des nations
1, Le chevalier de Beaurain met « Osages ».
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