JUIN 1710. TITRES DES FRANÇAIS A LA POSSESSION DU TEXAS
avertir de tout ce qui se passera, ct, lorsque les eaux auront baissé, je feray conduire à vostre habitation quatre vaches et un taureau, qui est tout ce que je puis vous envoyer pour le présent, Soyez persuadé, Monsieur, de l'estime parfaite que j'ay pour vous, etc. »
Le 8, les chefs de la nation Nadaco me chantèrent quatre Calumets ; ils promirent d'entretenir une bonne union avec les François; je leur fis quelques présents et les chargeay d'une lettre pour Don Martin Alarconne, de laquelle voicy la teneur :
« Monsieur,
« Les ordres, que vous avez du Roy Catholique, d'entretenir une bonne union avec les François de la Louisiane, et l'inclination qui vous porte à leur rendre service, ne s’accordent point avec vostre procédé à mon esgard. Permettez-moy, Monsieur, d’avoir l'honneur de vous dire que M. de Bienville, instruit parfaitement des limites de son Gouvernement, est certain que le poste des Nassonites n’est point de la dépendance de Sa Majesté Catholique. Il sçait mesme que la province de Las Texas, de laquelle vous avez esté nommé Gouverneur, fait partie de la Louisiane. M. de La Salle en prit ;ossession dans l'année 1684; et, depuis ce temps-là, elle à esté renouvelée par M. de Saint-Denis. A l'esgard des terres qui sont à l'Ouest des Nassonites, je ne puis comprendre par quel droit vous prétendez qu'elles fassent partie du Nouveau- Mexique !. Ce que je puis avoir l'honneur de vous dire à cet
1. Le manuscrit de Beaurain contient une phrase de plus « Ce que j'ay à vous représenter à ce sujet, est que Don Antoine du Miroir qui a découvert en 1683 les provinces du Nord, n’a jamais pénétré dans les terres de l'Est du Nouveau Mexique ct de Rio Bravo, Ce sont les François qui y ont les premiers fait ailiance avec les nations sauvages, joint à cela qu'il est naturel de croire que les rivières qui affluent dans le Mississipi, ete, »