‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 25 sur 662 · DU LHUT ENVERRA DES SAULTEURS AU GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

DU LHUT ENVERRA DES SAULTEURS AU GOUVERNEUR

celante, et crainte qu'elle ne tombe, j'espère la raffermir par vostre présence. Pour cet eflect, Monseigneur, je n'auray pas plus tost vos ordres, que je vous envoycray quelques Saulteurs; mais, estans meffians et craintifs, j'auray beau les persuader de descendre, ils n’en feront rien, qu'ils ne soyent cscortez par des srançois, et que je ne leur promette que l'on les reconduira jusques chez eux, pour les empescher de tomber dans les pièges, qu'ils croyent que les autres Sauvages leur tendroient, s'ils s'embarquoient sans François. Je ne sçay si mon appréhension est bien ou mal fondée, mais du moins c'est le sentiment tant d'Oumamins que des autres Sauvages qui sont icy, car pour celuy des Pères Jésuites, je ne le sçay pas, ne leur ayant pas demandé, ny mesme n'estant pas dans la pensée de le faire. Et, comme c'est la nation la plus grande et la plus peuplée de toutes, suivant la commune opinion, ils apporteront toutes les années un profit considérable aux habitans, lorsqu'ils seront en paix, attendu qu'ils chasseront autour du fond du Lac, ce qu'ils n'osent faire présentement non plus que les Saulteurs, se craignans les uns et le: autres, si bien que ce lieu estant, suivant le rapport des Sauvages, une pépinière de castors, veu que depuis plus de dix ans personne n'y a chassé, et le castor que l’on y tucra ne pouvant estre éludé des habitations, il est plausible que ce sera un grand bien pour les habitans, qui fort souvent murmurent contre ceux qui travaillent plus pour leurs intérests que pour le leur propre. Ce qu'il m'est facile de vérifier tant par les Sauvages que par les Pères, lesquels ne sçauroient disconvenir que, si quelques Francois n'estoient allez au Nord, à la fin de l’année dernière, tous les Sauvages dudit lieu auroient porté les pelleteries à la baye d'Hudson, comme

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