LES GENS DU NORD PILLÉS PAR LES OU'"AOUAIS, SI
firent l'esté passé les Kristinos et les Monsonis au nombre de six vingts canots, chargez de castor, à cause du mauvais traitement que les Outaouais, conduits par le Brochet et par le Talon, leur ont fait. Les ayant tous pillés le printemps passé 1678, ils les aigrirent sy fort qu'ils dirent hautement que jamais ils ne descendroient sur le bord du Lac qu'à dessein de les charger, et qu'ils s'en iroient tous à la mer du Nord, à moins que les François n'y fussent, avec lesquels non sculement ils traitent de bonne foy, mais encore les regardent comme leur Dieu tutélaire, puisqu'ils empeschent les autres nations de les piller. Cette menace n'a pas esté sans eflet, puisqu'elle a obligé le Brochet avec ses gens d'aller cette année du costé des Hllinois en traite. Je ne sçay s'ils en apporteront beaucoup de castor, veu qu'ils ne pilleront pas les gens de ce costé-là comme ceux du Nord, mais je me doubte bien que, n’en ayant pas, il vous dira que c'est le nombre des François qu'il y a en traitte qui l'a empesché d'en avoir, il ne vous dira pas que c’est la crainte qu'il a eue d’aller au Nord, de peur d’avoir la teste cassée.
Voyez présentement, Monseigneur, si les François, qui viennent en ces lieux, font du tort aux habitans ; et de plus je vous asseure que pas un de ceux qui sont icy ne traitera un castor avec les Sauvages qui descendent aux habitations, puisqu'ils vont tous dans les nations cstrangères, où il ny a eu encore aucun commerce avec nous. Ce n'est pas tout, puisqu'il est vray de croire que, si les François sont exclus de venir en traite du costé du Nord, avant qu'il soit trois ans d'icy, il ne descendra pas un castor de ces lieux-là dans les habitations Francçoises. Ne croyez pas, Monseigneur, que
ce soit un faux-fuyant que je cherche pour colorer mon