LA HARPE SE RENSEIGNE SUR L'ARKANSAS
cause de l'ardeur du soleil; ils me peignirent le visage d’un bleu d'outremer ; ensuite ils jetèrent à mes pieds trente robes de bœuf, plusieurs morceaux de sel de roche, des pains de tabac, du vert-de-gris et quelque peu d’outremer. Ils adjoustèrent à ces présents un jeune esclave de nation Cancy de l’âge de huit ans, auquel on avoit mangé un doigt de chaque main, marque qu’on le destinoit à servir un jour de nourriture à ces anthropophages. Pour lors, le chef Toajas, dont la nation est la plus nombreuse, me fit dire qu'il estoit fasché de n'avoir qu'un esclave à me présenter ; que, si j’estois arrivé une lune plustost, il m’en auroit donné dix-sept de la mesme nation, qu'ils avoient mangés dans une feste publique. Je le remerciay de sa bonne volonté, regrettant en moy-mesme de n'estre pas arrivé à temps pour sauver la vie à ces pauvres malheureux, au moyen desquels on auroit pu faire la paix avec leur nation en les renvoyant chez eux. Je donnay pour lors à ces nations les présents, que je leur avois destinés, montant à près de 1,50 : livres.
Le 8, je fis assembler tous les principaux chefs de ces nations pour m'informer d'eux de la situation de la rivière des Alcansas, de la demeure la plus prochaine des Espagnols, du commerce qu'ils faisoient avec les Padoucas. A quoy ils merespondirent que leur rivière formoit deux branches au-dessous de leur village ; que celle, sur laquelle estoient leurs demeures, remontoit au soleil couchant jusqu’à des villages Espagnols et Padoucas; que les Espagnols tiroient de ces contrées du fer jaune, des esclaves et quelques pelleteries; que le pays de ces hommes blancs estoit remply de vaches et de chevreuils domestiques, que leurs prairies
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